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Le PALIPEHUTU-FNL soupçonne des plans cachés d'alliance militaire burundo-sud-africaine
Itek@, 30 octobre 2001 - Les Forces Nationales de Libération sont prêtes à faire solidement face aux opérations militaires burundo-sud-africaines contre elles que semble présager l'arrivée de troupes et d'armements sud-africains au Burundi, a déclaré Anicet Ntawuhiganayo, porte-parole du Parti pour la Libération du Peuple Hutu (PALIPEHUTU-FNL), interrogé ce lundi par un responsable de la Ligue ITEKA. De source officielle burundaise, depuis dimanche, des contingents et des cargos militaires sud-africains atterrissent à l'aéroport international de Bujumbura dans le cadre de la " force de protection des institutions de la Transition " dont la création a été convenue lors du sommet régional sur le Burundi tenu le 23 juillet 2001 à Arusha. Au total, 700 soldats sud-africains sont attendus d'ici jeudi 1er novembre 2001 au Burundi et plus de la moitié d'entre eux sont déjà sur le sol burundais.
Il y a des signes qui ne trompent pas, a déclaré le porte-parole du PALIPEHUTU-FNL, Anicet Ntawuhiganayo, à l'appui de ses soupçons de collusion entre les armées burundaise et sud-africaine. Il n'a donné aucune précision sur ces signes, désignant toutefois l'Afrique du Sud post-apartheid comme un pourvoyeur de longue date d'équipements militaires pour les armées du Burundi, du Rwanda et de l'Ouganda. En réclamant l'arrivée d'une force internationale de protection, a critiqué M. Anicet Ntawuhiganayo, les leaders du parti FRODEBU sont tombés dans un piège en ouvrant une brèche pour l'arrivée de renforts pour l'armée burundaise. Jean Minani n'est pas notre leader, Domitien Ndayizeye n'est pas notre leader, a souligné le porte-parole du PALIPEHUTU-FNL. " Certaines personnes semblent ne pas l'admettre ou le comprendre ". Et d'ajouter : " Si à ce stade du processus, ces leaders ont accepté de siéger au sein du gouvernement et de participer à ce régime, pour nous ils auraient dû aussi, en toute logique, accepter d'être protégés par son armée. "
S'exprimant sur l'évolution des négociations entre le PALIPEHUTU-FNL et le gouvernement burundais, le porte-parole a dénoncé l'armement et les recrutements intensifs opérés depuis quelques mois au sein des forces armées burundaises ainsi que la recrudescence des opérations lancées contre les FNL. Cela dénote, selon lui, le choix fait par le gouvernement de l'option militaire aux dépens de la voie politique. Le gouvernement burundais a matraqué la main tendue du PALIPEHUTU, a accusé M. Anicet Ntawuhiganayo qui a soutenu que son mouvement avait, pour sa part, posé des " gestes de bonne volonté ". " Pour nous, cela ne change rien. Nous sommes préparés à toute éventualité ".
Il a appelé le gouvernement burundais à développer une stratégie unique et globale de négociations avec les deux principaux groupes rebelles armés au lieu de tenter de les diviser en menant avec chacun d'eux des agendas de négociation distincts et secrets. Interrogé sur la destitution annoncée de Jean-Bosco Ndayikengurukiye à la tête du Conseil National pour la Défense de la Démocratie (CNDD, autre mouvement de rébellion armée) et ses conséquences politiques et militaires, le porte-parole des FNL a déclaré à la Ligue ITEKA qu'il était encore trop tôt pour tirer des conclusions sur des changements qui restent à éclaircir et à confirmer définitivement. Du reste, le PALIPEHUTU-FNL ne s'immisce pas dans les affaires des autres partis et mouvements, a-t-il poursuivi. Toutefois, M. Ntawuhiganayo a souligné que le successeur annoncé de Ndayikengurukiye possédait l'avantage déterminant et la légitimité de sa présence sur le terrain aux côtés des combattants.
