Ligue Burundaise des Droits de L'Homme
Iteka

Communiqué
de Presse
La
Ligue Iteka a tenu
son Assemblée Générale ordinaire à Bujumbura dimanche 25 juin 2000.
Les participants ont
analysé le bilan des réalisations
de la Ligue durant les six mois écoulés et les perspectives d'avenir de
l'association.
Au terme des travaux, les membres de la Ligue ont échangé sur
la situation des droits de l'homme qui prévaut dans le pays et ont décidé
de rendre public
le communiqué suivant:
Lors
de l'Assemblée générale de janvier 2000, la Ligue Iteka
avait dénoncé les violations massives des droits de l'homme dans les
provinces de Makamba, Rutana, Ruyigi, Muramvya, Bujumbura Mairie , Bujumbura
Rural et Bubanza. Cinq
mois après, la Ligue Iteka constate que le climat d'insécurité et de
guerre s'intensifie dans le pays: les mêmes
violations (affrontements entre forces de l'ordre et rebelles,
embuscades ou attaques dirigées contre des civils, pillage et
destruction des biens)
atteignent
les communes
du centre du pays de
Gitega et de Mwaro ainsi que certains quartiers périphériques de la
Mairie de Bujumbura.
La
Ligue Iteka, tout en se félicitant de la mesure du gouvernement de démanteler
progressivement les camps de regroupement dans la province de Bujumbura rural, déplore
que de nouveaux camps de sinistrés se reconstituent dans les zones touchées
par les violences,
augmentant le nombre de ceux existant depuis octobre 1993.
La
Ligue Iteka considère
que toute
mesure de réinstallation des sinistrés dans leurs foyers restera vaine tant
que l'insécurité, principal
facteur du déplacement forcé des populations,
persiste.
Pour
ces raisons, la Ligue Iteka
recommande:
-
Au médiateur:
de
considérer la question de la cessation des hostilités comme
préalable à la signature d'un accord de paix.
-
Aux négociateurs:
de
privilégier le dialogue franc et sincère à la
place des solutions militaires qui risquent de compromettre les chances
de paix et de réconciliation au Burundi
-
A la communauté internationale:
de sortir de son mutisme et de condamner
les massacres de civils
comme mode de lutte politique.
Fait
à Bujumbura le 28 juin 2000
Pie Ntakarutimana
Président