RUGAMBA-NET PRESS

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COMMUNIQUE DE PRESSE



La Ligue Burundaise des Droits de l'Homme Iteka a tenu son Assemblée
générale ordinaire à Bujumbura, ce dimanche 17 décembre 2000. A l'ordre du
jour figurait le bilan des réalisations du dernier semestre de l'année
2000. Au terme des travaux, les participants ont échangé sur la situation
générale des droits de l'homme qui prévaut au Burundi et ont décidé de
rendre public le communiqué de presse suivant :

La Ligue Burundaise des Droits de l'Homme est fortement indignée par la
poursuite des violences au Burundi alors que les acteurs au conflit, les
pays de la sous-région et le reste de la communauté internationale
avaient promis au peuple Burundais le retour à la paix et à la sécurité à
travers les négociations et surtout après un accord de paix signé depuis
bientôt quatre mois à Arusha en Tanzanie.

La Ligue Iteka est d'autant plus préoccupée que le spectre de
l'intensification de la guerre se dessine de plus en plus par la réédition
macabre des embuscades contre des civils non armés sur les voies routières
; de nouvelles infiltrations des rebelles à partir de la Tanzanie dans
les provinces du sud et de l'est du pays ainsi que de nouveaux recrutements
à l'armée nationale. 

Cette évolution ne présage rien de rassurant aux Burundais. La Ligue Iteka
saisit l'occasion pour condamner fermement l'embuscade perpétrée par les
rebelles contre des véhicules civils sur la route nationale N°1 ce vendredi
15 décembre 2000 entraînant des pertes en vies humaines et se joint aux
familles des victimes pour leur exprimer sa compassion en ces moments
difficiles.

Sur le plan socio-économique, la Ligue Iteka voudrait attirer l'attention
des pouvoirs publics et de la communauté internationale sur la famine qui
sévit dans certaines communes des provinces du nord du pays ainsi que la
paupérisation qui se généralise et dont les conséquences sont indicibles
sur le plan humanitaire. Parmi les effets de ces fléaux figure
l'affaiblissement des organismes humains et par voie de conséquence le
développement épidémiologique des maladies comme le paludisme qui emporte
toujours des vies humaines à une allure inquiétante aussi bien au centre
du pays qu'ailleurs.

La Ligue Iteka est également préoccupée par le phénomène de fuite de
cerveaux vers la sous-région dont des médecins spécialistes et des
professeurs d'universités au détriment des secteurs de la santé publique et
de l'enseignement dans lesquels le pays avait pourtant investi d'énormes
moyens pour le bien-être des Burundais et leur développement.

Sur le plan judiciaire, la Ligue Iteka constate que le nouveau code de
procédure pénal n'est pas suffisamment appliqué. Des cas d'arrestation et
détention arbitraire sont régulièrement observés au niveau des polices en
Mairie de Bujumbura. 

Concernant l'encadrement de la Jeunesse, la Ligue Iteka constate un
relâchement de la part des pouvoirs publics en ce qui concerne le commerce
et la consommation des stupéfiants. Les jeunes de la Mairie de Bujumbura et
de certains centres urbains des provinces de l'intérieur du pays
consomment régulièrement la drogue au su et au vu des autorités
administratives de base sans que des mesures appropriées ne soient prises
pour éradiquer ces maux . 

Quant aux résultats de la Conférence de Paris sur la Burundi, la Ligue
Burundaise des droits de l'Homme Iteka tient a remercier vivement le
Médiateur Nelson Mandela et les pays qui ont promis l'aide au Burundi dont
les structures socio-économiques sont gravement affectées par 7 ans de
guerre civile et deux ans de sanctions économiques. En effet, la mise en
application de l'accord de paix ne sera pas possible tant qu'il n' y aura
pas arrêt des hostilités et que des mesures d'accompagnement en matière
d'économie et de développement ne seront pas prises par la communauté
internationale à l'instar du plan Marshall en Europe au lendemain de la
deuxième guerre mondiale. C'est pourquoi la Ligue Iteka encourage les pays
donateurs à continuer à soutenir le Burundi et les invite à ne pas se
laisser intimider par ceux qui veulent perpétuer la violence pour isoler le
Burundi du concert des nations.

Ainsi, la Ligue Iteka demande :

Au Gouvernement 

Que les structures chargées de la gestion des fonds d'aide alloués au
Burundi soient bien utilisés pour relever le niveau de vie des Burundais
éprouvés par la guerre. Des mesures doivent être prises pour éviter les
différents types de malversations déjà relevés par les services
d'inspection du Ministère des finances mais qui n'ont jamais été réprimées
malgré les maintes promesses du gouvernement.

Que les services de police se conforment au nouveau code de procédure
pénale et qu'ils mettent fin aux arrestations arbitraires et tortures.

Que les pouvoirs publics fassent respecter les libertés publiques notamment
la liberté d'association, la liberté de presse et d'expression ainsi que
le sport collectif.


Aux parties signataires des Accords D'arusha :

La mise en application des accords d'Arusha sans faux fuyant tout en
préservant au peuple Burundais des mesures d'amnistie des crimes commis au
Burundi. Les responsables des crimes contre l'humanité et autres crimes
divers devront répondre de leurs actes devant les juridictions nationales
et internationales .

A la communauté internationale

De continuer à appuyer économiquement et moralement le Burundi comme elle
vient de la manifester lors de la dernière conférence de Paris.

D'user de son influence sur les pays qui les hébergent les rebelles ou qui
les soutiennent pour les empêcher de continuer de semer la mort et la
désolation dans la population civile burundaise à partir de leurs territoires.

De continuer à condamner la violence au Burundi et de mettre sur pied un
tribunal pénal international pour le Burundi afin de bannir à jamais
l'impunité des crimes qui est à la base des crises cycliques des violences
qui sévissent dans le pays et la sous-région depuis l'indépendance.




Pour la LBDH , ITEKA
Pie Ntakarutimana
Président


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