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REPUBLIQUE DU BURUNDI Bujumbura, le 3.11.2000
JEUNESSE REVOLUTIONNAIRE RWAGASORE "JRR"
Cabinet du Secrétaire Général.
A Monsieur le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République du Burundi
à
Bujumbura.
OBJET : Emprisonnement arbitraire du Président
de PA-Amasekanya et violation des droits
de la personne humaine.
Monsieur le Ministre,
La Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore (JRR) suit avec attention et depuis 3 ans le comportement de certains policiers et magistrats du parquet placés sous votre haute responsabilité dans le traitement des dossiers des responsables des organisations politiques et de la société civile opposés aux négociations d'ARUSHA dont les principaux objectifs sont l'amnistie des génocidaires, le démantèlement de l'Armée Nationale et de Magistrature afin d'éloigner les derniers obstacles au parachèvement du génocide des Tutsi ainsi que l'institutionnalisation du racisme ethnique et de l'idéologie de génocide à la tête de l'Etat
Cela fait donc 3 ans, jour pour jour, que le pouvoir en place persécute, malmène et emprisonne les responsables de ces organisations en violation des lois de la République et des pactes internationaux relatifs aux droits et libertés fondamentaux de l'homme par l'intermédiaire de vos policiers et magistrats.
Le crime leur reproché est presque tous les jours le même : "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat". En réalité, le vrai crime que ces braves et honnêtes citoyens ne cessent de commettre est celui d'oser dénoncer publiquement les génocidaires du FRODEBU et de ses alliés et de crier haut et fort contre le parachèvement du génocide afin d'amener le peuple burundais et la communauté internationale à prévenir ce mal absolu.
Monsieur le Ministre, la dernière victime de cette politique du pouvoir négationniste du FRODEBU (pouvoir en place) est Monsieur Diomède RUTAMUCERO, Président de PA-Puissance d'autodéfense-Amasekanya. Il a été arrêté le 24 octobre 2000 et emprisonné dans un premier temps à la BSR (du 24 au 26 octobre 2000) et dans un deuxième temps à la prison centrale de Mpimba. Il lui est reproché par le Procureur de la République en Mairie de Bujumbura, M. François NDAYIRAGIJE d'avoir porté "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat" en répandant de faux bruits dans sa déclaration du 10 octobre 2000 par laquelle il a porté à la connaissance de l'opinion tant nationale qu'internationale le contenu d'un document intitulé : "Identification des possibilités de réinsertion socio-professionnelle des démobilisés dans le cadre du conflit burundais" produit par des consultants burundais mandatés par l'Ambassade de France au Burundi sur demande du pouvoir de Bujumbura et par laquelle il a exprimé ses points de vue sur ce contenu.
Le gouvernement est en contradiction avec lui-même quand il dit qu'il cherche à réconcilier son peuple en conflit alors qu'en même temps il emprisonne arbitrairement des gens parce qu'ils ont exprimé des opinions contraires aux siennes.
Par la présente, la JRR, dont vous êtes ancien membre, voudrait vous amener à faire un examen de conscience afin de constater avec elle que la magistrature sous votre haute autorité est à côté de la loi et l'amener à votre tour, à libérer immédiatement et sans condition le président de la PA-Amasekanya, Monsieur Diomède RUTAMUCERO. Vous aurez fait honneur au droit et à la justice.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos sentiments les plus patriotes.
Pour la JRR,
Raphaël HORUMPENDE
Secrétaire Général-Adjoint.
CPI à :
- Monsieur le Ministre des Droits de la personne
humaine et des relations avec l'Assemblée Nationale
- Monsieur le Procureur Général de la République
- Monsieur le Procureur de la République
en Mairie de Bujumbura
à
Bujumbura.