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Joseph Kabila n'est pas le fils de son père, selon l'ancien chef du renseignement sous Mobutu
PARIS, jeudi 25 janvier 2001 (AP). Joseph Kabila, qui
doit prêter
serment vendredi pour devenir président du Congo-Kinshasa, n'est pas le fils naturel du président
assassiné, affirme jeudi dans les colonnes de
"Jeune
Afrique Economie" Honoré N'Gbanda, ancien patron des services de renseignements et de sécurité sous
l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko.
"Celui que l'on présente aujourd'hui comme le fils de Laurent-Désiré Kabila n'est
pas son fils naturel", affirme M. N'Gbanda, qui a fui le Zaïre dans les bagages de Mobutu
en 1997 et avait gardé depuis un silence quasi-total. Le
général-major Kabila, âgé d'une trentaine d'années et qui a passé la plus grande partie de sa vie à
l'étranger, un presque inconnu présenté comme
taciturne et inexpérimenté, serait le fils d'un Rwandais, un certain Kanambe, collaborateur de Kabila dans le maquis
et dont Kabila a épousé la
veuve. Et il a "promis d'adopter, en guise de cadeau de mariage", ce
Joseph Kabila qui ne serait donc ni son fils, ni même de nationalité congolaise, ajoute-t-il.
"Il y a des témoins que je connais et qui peuvent témoigner", ajoute M. N'Gbanda, citant
"ceux qui ont vécu avec la famille Kabila dans le maquis".
M. N'Gbanda, présenté par "Jeune Afrique Economie" comme ayant la réputation d'être, via ses réseaux, l'un des hommes les mieux informés sur la situation congolaise, revient également sur les mystérieuses circonstances de l'assassinat de Kabila. Il dit ainsi avoir été prévenu de la mort de Kabila "30 minutes après l'attentat". Selon lui, le président congolais avait déjà échappé à au moins trois tentatives d'assassinat venues de son entourage, avant de tomber victime de la "guerre des clans qui se déroulait autour de lui". Le garde du corps l'ayant abattu avant d'être exécuté, Rashidi Minzele, était membre d'un commando de cinq hommes originaires de l'est proches du général Anselme Masasu-exécuté par Kabila en octobre 2000 au Katanga- et qui avaient juré de se venger. Ses camarades auraient été arrêtés et "probablement exécutés", alors que d'autres proches de Masasu ont pu fuir le pays. Kabila est arrivé à la clinique de Kinshasa "pratiquement mort et, vers 3h du matin, il a été transporté par avion vers Harare" au Zimbabwe "pour éviter que l'information ne se propage" le matin. Si l'entourage de Kabila a tant tardé à annoncer officiellement sa mort, c'est parce qu'il craignait d'être débordé par une révolte populaire ou une réaction de certains secteurs de l'armée avant de pouvoir organiser la succession, estime-t-il, excluant que "la solution (le choix de Kabila Jr à la présidence, NDLR) soit définitivement trouvée". Pour lui, le système Kabila est "susceptible d'imploser à tout moment".