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Détresse d'un Etudiant Burundais en Chine

 


Par KABUNDUGURU Ezechiel

Les récentes mesures du Ministre de l'Education Nationale qui concernent la suppression des frais liés à la formation, ont certes désagreablement surpris tous les étudiants Burundais évoluant à l'étranger, ceux de la Chine en particulier. Ces derniers attendaient plutôt la suite réservée à leurs multiples doléances concernant l' augmentation de leurs bourses d' études suite au coût de la vie sans cesse croissant dont ils font face quotidiennement, à tel enseigne que même dans la situation actuelle, la situation est déjà intenable.
 
Mais hélàs, ils sont complètement désemparés et profondément écoeurés par les conséquences désastreuses liées à ces mesures, si jamais elles seraient déjà en application. La bourse chinoise est tellement maigre qu'elle ne peut même couvrir les besoins d'alimentation. A cela s'ajoutent, les services et les fournitures académiques relatives à la recherche qu'il faut bien honorer, la rigueur climatique qu'il faut affronter à chaque saison, une partie des frais de santé, d'hébergement qui étaient jadis couverts par les Universités, sont actuellement supportés par les Etudiants eûx-mêmes. Le complément de bourse ainsi que les frais d'équipement servaient à faire face à ces différents engagements.

Que feront-ils alors???
 
 Ce problème sera plus ressenti par ceux qui ont leurs familles en Chine qui se verront privées des indemnités familiales car : Aux frais liés au logement, l'entretien des familles et la scolarité des enfants, viennent aussi le coût cher des visas de résidence qu'il faut renouveler chaque trois mois, les frais de santé payés à 100% . Il n' y a pas d'assurance ni médicale ni sociale. Bien plus, le supplice supplémentaire de refuser unilatéralement les billets de rappatriement aux familles, vient exacerber leur peine.
 
Que pourrait-on alors attendre de cette mesure???

L'application de l'Ordonnance ministérielle aurait des conséquences aussi profondes que variées :


- Cette suppression occasionnerait des « sinistrés de fait », honte nationale que nous ne devrions pas exporter. En effet, ils seront incapables d'assurer les besoins primaires minimum, sans possibilité de faire soigner ni leurs familles ni eux-mêmes en cas de maladie, les enfants seront renvoyés de l'école, les Universités respectives exigeront toujours les frais des services divers rendus, car ils ne sont pas responsables de ce nouveau statut d'indigent que le Ministre veut imposer à ces Etudiants.


- Ceci affectera leurs études de façon très sérieuse. Leur survie sera alors compromise et leurs jours incertains. Envoyés aux études par l'Etat, cette rupture brutale du contrat les humilierait profondément et les réduirait à choisir entre devenir mendiant et/ou délinquant. Que faudra-t-il dire des familles qui attendaient regagner leur nation à la fin de leur formation qui se retrouveront sans billet d'avion ni logement ? Cette mesure n'est pas seulement dangereuse mais aussi tue à coup sûr.

Si, vraiment cette mesure émanait du conseil des Ministres, celui-ci aurait nécessairement pris des mesures accompagnatoires. Le Ministre devrait tout au moins respecter la non-rétroactivité de la loi afin de permettre aux générations à venir de faire un choix judicieux. Car, il est bien évident que ses prédécesseurs n'avaient pas pris la décision d'accorder ces frais au hasard.

Une serie de questions se posent alors :


1. Pourquoi le pays enverrait ses filles et fils pour une mission déterminée, légale et en même temps les imposerait à un dénuement le plus absolu, dans un pays étranger ?

2. Comment expliquer cet acharnement du Ministre à paralyser de façon déliberé tout le système éducatif, piétiner règles et principes qui étaient jusque là en cours dans ce Ministère ?

3. Pourquoi ce silence affiché par les Burundais face à cette pérsecution cinique d'un seul homme, ne fût-ce un Ministre, qui ne manquera pas d'affecter les générations prochaines et hypothéquer l'avenir de la formation ?

4. Pourquoi ne pas arrêter cette série de mesures qui condamne vos fils, filles, frères et soeurs à la honte ,à la désolation, et au désespoir.

5. Pourquoi le Ministre condamne de fait des familles entières à l'exil forcé en leur refusant les billets de rapatriement lorsque les autres réfugiés rentrent au pays?

 Ce cri d'alarme vous est adressé, vous Son Excellence Monsieur le Président de la République, Son Excellence le Vice-Président, Ministre, Sénateur, Parlementaire, Citoyen Burundais où que vous soyez pour éviter à vos fils et filles les drames de l'arbitraire qui découleraient de la mise en application des dernières mesures du Ministre de l'Education Nationale.

KABUNDUGURU Ezechiel
 


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