RUGAMBA-NET PRESS

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REPUBLIQUE DU BURUNDI

GROUPE PARLEMENTAIRE
               UPRONA



DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE UPRONA SUR LA COMPLICITE DU GROUPE PARLEMENTAIRE FRODEBU AVEC LES GROUPES TERRORISTES


Dans une déclaration surprenante datée du 02/04/2002 signée du Président du groupe parlementaire FRODEBU, celui-ci prend des positions totalement alignées sur celles des groupes armés. Cet alignement des députés FRODEBU revêt un double sens : D'une part, les députés FRODEBU ignorent les engagements pris par leur parti qui a signé l'Accord. à Arusha. D'autre part, les députés FRODEBU soutiennent sournoisement les violences perpétrées quotidiennement contre les populations civiles par les bandes criminelles.

Face à ces attitudes néfastes pour le processus de paix, le Groupe Parlementaire UPRONA porte à la connaissance de l'opinion ce qui suit :

1. Les députés FRODEBU volent au secours des groupes terroristes en qualifiant de « guerre insensée » les opérations de protection des populations par les Forces armées. Ce qui est insensé, ce sont les attaques meurtrières du FNL et des FDD qui bombardent au mortier les quartiers de la capitale et massacrent des paysans à CANKUZO notamment. Ce qui est insensé, c'est de presser le Gouvernement  - dominé par le FRODEBU- de désarmer au moment où les rebelles intensifient des attaques aveugles contre les populations civiles innocentes. Ce qui est insensé, c'est de combattre le rapatriement volontaire des réfugiés otages des bandes criminelles.

2. Le Groupe Parlementaire UPRONA rejette la thèse d'une négociation directe entre les forces armées et la rébellion. Cette revendication n'est qu'une manoeuvre dilatoire des groupes armés pour refuser le démarrage d'une négociation sérieuse. Il est stupéfiant de constater que les députés FRODEBU épousent la même manoeuvre alors que leur parti domine le Gouvernement. Pour notre part, la négociation du cessez-le-feu incombe au Gouvernement et aux groupes armés.

3. Le Groupe Parlementaire UPRONA rejette les tentatives des députés FRODEBU d'imposer l'application des seules clauses de l'Accord favorables au G7 et aux groupes armés comme « la réforme de l'administration territoriale et des forces de sécurité ». Réformer ces corps en pleine guerre, c'est conforter les groupes terroristes et leurs alliés, c'est conforter ceux qui prônent la violence. C'est également violer la Constitution car l'intégration des groupes armés est prohibée tant qu'un cessez-le-feu global et permanent ne sera pas établi.


4. Le Groupe Parlementaire UPRONA dénonce les pressions des députés FRODEBU pour ouvrir indistinctement les prisons. Il est impérieux de respecter l'institution judiciaire qui doit agir en toute indépendance. Nous mettons en garde le Gouvernement qui doit s'abstenir d'élargir les criminels qui ont planifié et exécuté le génocide des Tutsi et des Hutu modérés ou appartenant à l'UPRONA. Le Rapport de la Commission sur les prisonniers doit être exploité avec discernement. La mise en application de ses recommandations doit se faire dans la concertation. Elle ne peut en aucun cas se confondre avec une amnistie générale.

5. Nous déplorons l'incohérence des députés FRODEBU qui exigent « l'application de l'Accord à la lettre » tout en affirmant qu'il est inapplicable sans cessez-le-feu. Dommage qu'ils le remarquent si tard.

6. Nous dénonçons la duplicité et l'irresponsabilité des députés FRODEBU. Hier, ils réclamaient à cor et à cri la mise en place des institutions pour faciliter la négociation du cessez-le-feu. Aujourd'hui que le FRODEBU domine toutes ces institutions, ses députés se comportent en opposants à leur gouvernement. En parti responsable, le FRODEBU devrait plutôt accomplir les promesses faites au peuple et agir fermement pour hâter l'avènement du cessez-le-feu.

7. Le Groupe Parlementaire UPRONA félicite et encourage les forces armées nationales à défendre la population et le territoire national, et à passer outre les intimidations des députés FRODEBU.

8. Le Groupe Parlementaire UPRONA demande à la région, à la communauté internationale, à toutes les parties - le FRODEBU compris - de développer toutes les pressions, les sanctions comprises, pour contraindre le FNL et les FDD à négocier le cessez-le-feu sans délais, sans faux-fuyants.

9. Le Groupe Parlementaire UPRONA exige du FRODEBU de se comporter non pas en éternel opposant, mais en partenaire loyal, d'assumer les responsabilités du parti dominant les institutions de transition, de choisir clairement entre le camp de la paix et le camp de la guerre, entre les populations innocentes victimes et ceux qui leur infligent des souffrances indicibles.

10. Le Groupe Parlementaire UPRONA encourage le Gouvernement à poursuivre l'application de l'Accord dans toutes ses clauses applicables, en particulier la requête auprès du Conseil de Sécurité pour la désignation de la Commission d'Enquête sur le Génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

Fait à Bujumbura, le 05/04/2002

POUR LE GROUPE PARLEMENTAIRE UPRONA,

LE PRESIDENT DU GROUPE,
 
Alphonse KADEGE.


République du Burundi

Parti de l'Unité pour le Progrès National UPRONA

B.P. 1810 BUJUMBURA

Tél. (257) 22.5089                                   
                                                     
Fax (257) 21 3119


RECONSTRUIRE LA NATION  N° 63

Lettre du Comité Central du Parti UPRONA

05 Avril 2002
                                

POURQUOI  CES TERGIVERSATIONS  AUTOUR DU RAPATRIEMENT DE NOS CONCITOYENS?

Dernièrement, une mission gouvernementale s'est rendue dans les camps de réfugiés en Tanzanie. Pour la première fois, elle a pu atteindre tous les camps, même ceux situés au fin fond des forêts tanzaniennes. Tous les membres de la délégation ont fait un constat unanime : l'immense majorité des réfugiés veulent regagner leur patrie, les billets transmis discrètement aux délégués pour échapper à la surveillance des commissaires politiques des mouvements terroristes et aux gagne-pain du HCR et de la Tanzanie, en disent long. Ils sont las des mauvaises conditions de vie, du mal du pays, des exactions quotidiennes des administratifs tanzaniens ou des agents des mouvements terroristes. Les effets de cette visite d'une mission du Gouvernement burundais dans les camps ne se sont pas fait attendre. 

Les réfugiés manifestent de plus en plus nombreux leur volonté de regagner leur patrie malgré les pressions contraires qu'ils subissent de la part de divers milieux. Près de 48.000 réfugiés se sont en effet faits inscrire auprès du HCR comme candidats au rapatriement volontaire. Le premier groupe d'entre eux, au nombre de 433 personnes, a regagné le Burundi la semaine dernière à bord de camions du HCR. Ils sont entrés dans le pays par le poste-frontière de Kobero, en province Muyinga. Il faut donc s'interroger sur les tergiversations de certaines ONG's comme la JSR, de certains dirigeants du G7 ou encore d'agents du HCR qui s'expriment dans les médias, notamment des radios privées au Burundi, pour interdire aux réfugiés de rentrer sous des prétextes divers. 

On comprend bien l'agitation au sein des FDD-FNL. Pour eux, la rentrée définitive des Barundi qu'ils maintiennent en otage dans les camps, c'est la fin des haricots. Il n'y aura plus ni base de repli, ni pépinière de recrutement, ni... Et les autres politiciens ou ONG's, qu'est - ce qui les motive? Sont -ils pour la poursuite de la guerre? N'en ont-ils pas assez des souffrances au quotidien du citoyen de Bubanza, de Bujumbura rural, de Makamba, de...? N'en ont-ils pas assez des souffrances de l'ensemble du peuple Burundais? S'ils ne changent pas de comportement on n'est pas prêt de voir le bout du tunnel.

IL FAUT SAUVER L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR PUBLIC.

Depuis quelques années, on observe une prolifération des universités privées au Burundi. Cela constitue aux yeux des citoyens burundais une étape vers le développement. L'initiative des collectivités locales est aujourd'hui louable : notre pays connaît une incessante explosion démographique et l'Etat ne peut plus à lui seul subvenir aux besoins de sa population estudiantine. Le taux brut de scolarisation  de l'enseignement supérieur reste un des plus faibles d'Afrique avec 1,31 pour mille, soit un étudiant pour 725 habitants contre un étudiant pour 25 dans les pays développés.
Actuellement les homes universitaires hébergent officiellement 3.160 étudiants , la capacité réelle étant seulement de 2.000 places.

La seule université publique que compte le pays nécessite un soin particulier. Aussi faudrait-il adopter une politique adaptée qui s'inscrive dans la perspective d'une formation compétitive. L'enseignement supérieur public devrait être un lieu de culture de l'excellence, a précisé un cadre du Ministère de l'Education Nationale. Le Gouvernement devrait garder une part prépondérante dans l'enseignement supérieur public, cadre d'humanisme et du rendez-vous du savoir. Il devrait motiver les plus performants. Bien entendu, il sera de plus en plus difficile de satisfaire toutes les demandes d'hébergement aux campus universitaires comme c'est déjà le cas. Aujourd'hui, un des défis majeurs pour les gestionnaires du secteur de l'enseignement supérieur public est de pouvoir mettre sur pied un système qui ne lèse personne, tout en tenant compte du mérite, de la performance et de la prise en charge des catégories sociales démunies.

CURIEUX AUDIT A LA R.T.N.B.

Nous venons de prendre connaissance d'une information pour le moins rocambolesque. Un audit visant une profonde restructuration de la R.T.N.B. aurait été commandité par l'autorité de tutelle à l'insu des organes dirigeants. 

En date du 20 Février 2002, dans sa lettre n°580/073/2002, le Ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement informe le Directeur Général de la R.T.N.B. de l'arrivée le lendemain d'un expert belge, Jean François BASTIN. Il arriverait dans le cadre d'une mission de l'APEFE (un organisme de la communauté française de Belgique) visant à identifier les réformes éventuelles à mener au sein de la R.T.N.B.

Trois raisons essentielles seraient à la base de la mission :

1° Lorsque les pourparlers pour la paix et la réconciliation au Burundi ont débouché sur les premiers accords, les dirigeants burundais en exil auraient souhaité une aide extérieure pour la réforme du secteur ultra-sensible de l'information.

2° L'absence relative de crédit de l'information d'un service public trop longtemps identifié au pouvoir.

3° La confiance de la population dans ses dirigeants est un enjeu capital qui passe par la crédibilité de l'information.

Quant au contenu de la mission, on pourrait noter entre autres :

a) Evaluer les problèmes d'information, en particulier à la R.T.N.B, les moyens humains et techniques et les besoins prioritaires de ce secteur en vue d'une réforme médiatique dans le sens de la professionnalisation et de la responsabilisation des cadres et journalistes.

b) Rétablir la confiance dans l'information publique par une réforme radicale destinée à accompagner la démocratisation des institutions. 

c) Elaborer un projet de réforme dotant la R.T.N.B. d'une structure et des moyens humains et matériels lui permettant d'assurer sa fonction démocratique.

Qu'en dire?

Au  regard des motivations de la mission et du contenu de celle-ci, des interrogations ne manquent pas de subvenir. Comment des dirigeants burundais de surcroît en exil ont-ils pu apprécier l'absence de crédit de l'information livrée par les médias publics? Comment prévoir déjà une réforme radicale qui semble plus viser le personnel (à changer visiblement!) que les aspects structurels proprement dits?

Habituellement, la commande d'un audit externe provient d'une décision des organes de gestion ou tout au moins associe ces derniers. Dans le cas d'espèce ni la direction, ni le Conseil d'Administration, personne n'a été consulté. Ils ont été informés après l'arrivée du consultant. Pourquoi cette dérogation aux habitudes de gestion? Bien entendu, des changements de divers ordres s'avèrent nécessaires au niveau des médias publics comme cela est apparu lors des derniers Etats Généraux de la Communication. Il est même curieux que l'autorité de tutelle qui est restée présente tout au long des débats n'ait pas fait état des recommandations issues de ce forum. Mais, en ce moment où la guerre continue, est-il opportun d'opérer des chambardements au sein du personnel de la R.T.N.B, parce que c'est visiblement de cela qu'il s'agit?

Comme cela apparaît dans le dossier, c'est comme si on opérait un chambardement systématique au niveau de l'administration territoriale et de l'armée, principales institutions qui défendent les populations soumises aux exactions des forces terroristes. Il nous revient de constater que les gestionnaires de la R.T.N.B. devraient dans un premier temps tout faire pour la doter de moyens suffisants et performants. Il est en effet aberrant qu'une partie importante de la population ne puisse aujourd'hui avoir accès aux émissions de la Télévision Nationale, que les installations pour les émissions en ondes courtes ne fonctionnent plus depuis belle lurette, et nous en passons.

A quand l'aide budgétaire promise au pays ?

Le Parti UPRONA s'interroge sur la concrétisation des promesses faites au Burundi par les bailleurs de fonds. Le manque criant de devises risque de donner un coup de pouce à ceux qui portent le glaive contre les institutions publiques au pays. Il est plus que temps que les promesses, surtout celles relatives à l'aide budgétaire et à la constitution du fonds fiduciaire, passent au stade des réalisations concrètes. 


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