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LETTRE
OUVERTE A
SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT MANDELA
PAR
LES FEMMES BURUNDAISES.
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Monsieur le Président,
Nous avons l'honneur
de nous adresser à votre Excellence pour vous faire part de nos avis et considérations
sur votre décision de nommer les institutions de transitions et sur les accords
d'Arusha que vous avez fait signer par les Partis burundais le 28/08/2000.
Nous
sommes un groupe de femmes burundaises toutes tendances confondues, nous ne
sommes pas inféodés au pouvoir en place et exprimons l'opinion de toute une
catégorie de la population réduite au silence par ce pouvoir.
Nous considérons qu'en tant que citoyennes à part entière, il est de
notre devoir impérieux de vous éclairer sur les dangers énormes encourus par
notre patrie suite à votre décision inattendue de maintenir au pouvoir le
Major Buyoya.
Monsieur
le Président,
Avant
d'émettre notre opinion sur la médiation qui vous a pris tant de temps, qui a
coûté tant d'argent et vous a causé beaucoup de tracas, laissez-nous vous
expliquer avec la sincérité et la spontanéité qui est reconnue à
la nature de la femme, ce que nous pensons de votre décision de Pretoria du
12/07/2001.
Nous, femmes burundaises sincèrement parlant : "Nous n'en voulons pas de ce tandem Buyoya Pierre et Domitien Ndayizeye".
Pourquoi
ce refus catégorique ?
N'allez
tout de même pas nous dire,
Monsieur le Président, que c'est le meilleur Tutsi que vous connaissez.
Si c'est un Tutsi, c'est un traître éhonté qui condamne son ethnie.
Il mérite le châtiment que chez vous, vous infligiez aux Noirs qui
espionnaient pour le compte des Blancs.
Monsieur
le Président,
Pourquoi tient-il à se faire nommer par vous, par tout le monde sauf les personnes concernées ? - (N'est-il pas allé jusqu'à appeler au secours le Président Kadhafi sans tenir compte de son éloignement du champ des événements)
La raison est simple : personne ne veut de lui au Burundi alors qu'il tient à rester au pouvoir.
(En
témoigne les élections de 1993)
Pourquoi
tout le monde en a marre ?
- quiconque dit le contraire de ce qu'il pense, se retrouve immédiatement en prison, est menacé physiquement ou privé d'emplois,
- les journaux libres ont été fermés un à un,
- la radio nationale ne rapporte que ses propos uniquement,
- les Partis politiques n'ont pas le droit d'organiser des congrès ni tenir des meetings populaires. Tous ces Partis que vous voyez défiler à Arusha n'ont jamais été délégués par leurs membres. On les accuse de n'avoir pas beaucoup de membres, comment peut-on recruter et convaincre sans expliquer votre programme et votre idéologie au peuple.
- Les manifestations publiques, les grèves sont prohibées par la loi.
- Plus personne n'ose extérioriser ce qu'il pense au risque de se faire enfermer par ses agents de sécurité. Ceux-ci sont vus partout dans les bistrots, dans les stades, dans les réunions publiques, etc….
- Les organisations civiles qui combattent le génocide comme PA-Amasekanya, AC-génocide-Cirimoso, sont exclues, persécutées et matraquées avec force. Gare à elles s'elles osent tenter une manifestation publique. Elles se trouvent au milieu de plusieurs pelotons de gendarmes armés jusqu'aux dents pour les disperser avant que personne ne les voit sur la rue. Les gens n'ont même plus le droit de faire du sport.
-
Leurs chefs, les chefs des syndicats des travailleurs ainsi que ceux des
Partis d'opposition sont régulièrement coffrés et sont obligés de se
comporter comme des personnes à la disposition du gouvernement.
En prison ils sont tellement torturés qu'à la sortie ils ne penseront
plus à recommencer.
Or,
la démocratie c'est du simple bon sens, le peuple n'a pas besoin du président
pour le comprendre.
Quand vous êtes passé au Burundi, rien que des hommes du pouvoir ont pu vous atteindre, vous ne pouviez pas connaître la vérité.
Puisque
Buyoya a tellement confiance en vous, demande-lui de permettre aux burundais de
parler librement sans se sentir menacés ne fut-ce qu'une journée, vous verrez
ce qui va en sortir. 80% de la
population est capable de le lyncher sur le lieu.
Ne
voyez-vous pas quelque chose de drôle et louche dans son attitude, de vous
envoyer tout le temps des messagers pour vous forcer la main afin que vous
l'imposiez au pays alors que ce n'est même pas votre rôle premier.
Trouvez-vous
normal qu'il aille jusqu'à vous envoyer des militaires avec mission de prouver
qu'ils le soutiennent. Vous le savez vous-même, l'armée est uniquement chargée
de défendre tout le pays mais jamais elle ne s'engage pour un individu.
Nous sommes pertinemment convaincues que le reste de l'armée ne les a
jamais délégués pour poser leurs signatures.
La preuve est qu'en février 2001, ils ont tenté de le renverser et vous
pouvez être sûr que le Coup d'Etat était approuvé par beaucoup des Barundi.
Pour nous les fameux hauts officiers que vous avez vus, sont de simples pions,
manœuvrés et soudoyés à cet effet.
La barbarie qui a surgi sous le régime Buyoya n'aura pas eu d'égal même durant l'apartheid le plus cruel dans votre pays. C'est dire que c'est quelque chose que vous ne pouvez pas vous imaginer.
Les
cruautés commises pendant le génocide des Tutsi depuis 1988
jusqu'aujourd'hui ne peut trouver comparaison qu'avec celui commis par les
Rwandais Interahamwe du régime Havyarimana à l'endroit de leurs compatriotes
Tutsi en 1994. Rien d'étonnant
bien sûr ils sont les mêmes
concepteurs et les mêmes exécutants dans les deux pays.
Ce
Buyoya Pierre que vous nous imposez est tout à fait consentant avec eux:
Ceux qui ont massacré tous les Tutsi en communes Ntega et Marangara en
1988, ont été publiquement récompensés par le Chef de l'Etat lui-même qui
leur a construit de très belles villas sur leurs collines. Ils étaient tellement heureux qu'ils ont fièrement continué
la sale besogne dans tout le pays en 1993 prétextant par après qu'ils l'ont
fait sous le coup de la "petite colère" à cause de la mort du Président
Ndadaye Melchior.
Nous
disons bien "prétextant" parce que le génocide des Tutsi et des Hutu
UPRONA avait commencé bien avant le coup d'Etat contre Ndadaye.
Le
génocide continue jusqu'à l'heure où nous vous écrivons cette lettre.
- Buyoya
Pierre en sa qualité de Président n'a jamais daigné reconnaître une seule
fois qu'il y a génocide dans son pays.
Au contraire, il soutient fermement le Parti Frodebu que d'aucuns
connaît comme organisateur et exécutant du génocide.
Ce Parti bénéficie même des droits que les autres Partis n'ont
pas à savoir tenir des congrès, jouir des bâtiments payés par l'Etat et lui
servant de siège permanent.
- Une
Commission d'enquête des Nations Unies a publié un rapport démontrant noir
sur blanc qu'il y a eu bel et bien génocide des Tutsi au Burundi en 1993.
Le Président Buyoya Pierre prend toujours soin de le passer sous
silence. Jamais il n'a prononcé
un seul discours que ce soit aux Nations Unies ou ailleurs condamnant ce crime.
- Le parlement burundais dominé par les génocidaires préfère jusqu'aujourd'hui garder dans le tiroir le projet de loi contre le génocide malgré les réclamations répétées de la société civile.
-
Nous ne savons pas si les discussions tenues à Arusha en ont parlé ne
fut-ce qu'en passant.
Monsieur
le Président,
Comprenez
qu'un comportement pareil est de mauvaise augure pour les victimes du génocide.
Pour nous cela signifie ceci : "Tenez-vous bien qu'on vous
massacre". Apprêtez vos têtes à couper.
Le
Président Buyoya n'a-t-il pas dit un jour sur les antennes de la radio
nationale, nous le citons : "si vous ne voulez pas comprendre ce que moi
je fais, taisez-vous au moins, surtout n'essayez pas de vous opposer à moi car
je suis plus fort que vous".
Il
veut parachever le génocide c'est sa mission.
Il ne veut pas quitter le pouvoir avant cela.
Il a accepté de diriger pendant 18 mois.
Si "sa mission possible" comme il écrit dans son livre
n'est pas terminée, il trouvera certainement d'autres raisons pour prolonger
son mandat, il a toujours agi comme cela, nous en avons l'expérience.
Avant
l'ouverture des négociations à Arusha, il avait déclaré : moi je ne négocie
pas avec les génocidaires en parlant de Nyangoma, de Minani et de Chefs de tous
les autres Partis qui ont trempé dans le génocide de 1993.
Après
il se rend à Arusha mais il ne les dénonce plus comme génocidaires. Son seul
souci était d'être retenu par tous les Partis comme candidat à la présidence
de la République. Voyant que
personne n'a voté pour lui, il a commencé à les traiter de petits Partis qui
n'ont pas de membres. Il déclare
qu'il ne quittera pas le pouvoir tant qu'il n'y aura pas cessez-le feu.
Il met en avant le cessez-le feu avant la mise en place des institutions.
Aujourd'hui
que vous l'avez désigné, il trouve que c'est mieux de mettre en place les
institutions d'abord.
Désormais, arrêter la guerre sera le cadet des soucis s'il l'avait voulu, il l'aurait fait depuis 13 ans qu'il est au pouvoir.
En outre, il y a un mystérieux dona-dona entre les hommes au pouvoir qu'aucun d'entre eux ne pourra jamais contribuer à faire sortir le Burundi d'engrenage où ils l'ont enfoncé.
Donc
reconduire Buyoya c'est garder le statu quo c'est à dire laisser la guerre
continuer allègrement et vous n'aurez sauvé aucune vie humaine.
Concernant la candidature de Monsieur Domitien Ndayizeye comme vice-Président Hutu.
Déjà
cette connotation tribale est vraiment dégradante.
Tout expérimenté que vous êtes, dans quel autre pays a-t-on jamais
vu cela ?
Ce
qui est encore plus grave c'est qu'il est un grand chef des terroristes génocidaires
du Frodebu Cndd-Fdd. Ces collègues
et frères reconnaissent eux-mêmes. Ces deux défauts se passent de
commentaires.
Or, la paix ne peut reposer que sur la vérité.
Introduire
les rebelles à l'armée nationale, serait leur donner une chance ultime pour
arriver à leur but longtemps recherché.
Voilà
à quoi vous nous engagez, Monsieur le Président, Médiateur, nous ne pouvons
nous empêcher de vous dire que nous avons compris ce que veut dire votre geste
d'investir Buyoya et ses génocidaires. Si
ce n'est pas là votre intention, nous osons l'espérer, faites le maintenant en
connaissance de cause et lisez cette lettre peut être que vous reviendrez sur
votre décision extrêmement compromettante.
Monsieur
le Président,
Maintenir
ces candidats c'est être d'accord qu'on massacre une fois pour toute, tous les
Tutsi qui vivent encore au Burundi comme cela s'est passé au Rwanda voisin en
1994.
Le
Président Kagame Paul du Rwanda qui était avec vous à Lusaka connaît trop
bien ce qui s'est passé chez lui. Le
génocide a eu lieu avec la bénédiction de la Communauté Internationale qui
était présente à Kigali, avec le concours des grandes Puissances comme la
France, soi-disant grand défenseur des Droits de l'Homme.
La Communauté Internationale pour nous aura été vous, vos collaborateurs à Arusha, les Chefs d'Etats des pays de la Sous-région et les grandes Puissances qui ont tout temps financé ce programme.
Avant
donc que les massacres que vous consacrez ne commencent nous savons qu'ils vont
bientôt commencer, nous femmes burundaises, nous aimerions lancer un cri
d'alarme et vous avertir que si les problèmes burundais s'aggravent vous ne
faites pas croire au monde que vous aviez contribué à les résoudre.
Monsieur
le Président,
Nous, femmes burundaises, nous n'avons jamais été considérées comme actrices politiques importantes mais :
- C'est nous qui constituons une grande partie du peuple;
- C'est nous qui mettons au monde tous ces enfants qu'on supprime tous les jours sans raison;
- C'est nous qui sommes violées par ces malfaiteurs, qui sommes torturées physiquement et moralement sans que personne ne tienne compte de la gravité de nos malheurs;
- C'est nous qui n'avons rien à donner aux enfants, qui sommes obligées de gérer cette misère sans précédent à laquelle le Burundi est réduit;
- C'est nous qui errons, les enfants au dos, à travers tout le pays même à l'étranger, dans les camps de déplacés et de regroupés et vivons dans les conditions les plus déplorables;
- C'est nous qui n'avons plus rien à manger parce qu'on ne nous permet plus de travailler notre lopin de terre qui nous faisait vivre;
- C'est nous qui sommes désignées pour la prostitution forcée et qui était jadis quelque chose d'inconcevable dans nos mœurs;
- C'est nous qui mourrons tous les jours du SIDA causés par cette malheureuse situation;
- C'est
encore nous maintenant que vous condamnez à mort par votre décision de
maintenir au pouvoir des génocidaires que vous connaissez très bien.
Monsieur
le Président,
Nous,
femmes burundaises, nous pleurons nos enfants, nos pères, nos mères, nos
cousins, nos frères, et nos sœurs qui meurent chaque jour qui passe, nous
voulons quelqu'un pour nous délivrer de cette crise. Le cri que nous lançons
n'est pas celui des femmes bêtes et apolitiques mais celui des parents
malheureuses qui comprennent tout, mais qui assistent impuissantes à la
destruction de la terre de leurs ancêtres, à l'arrivée des nouveaux
colonisateurs au 21e siècle, à la consécration d'un génocide par la
communauté Internationale au moment même où le génocide commis il y a 50 ans
dans les pays puissants est continuellement réprimé même aujourd'hui.
Monsieur
le Président, nous crions encore plus fort, saisissez l'impact de votre décision
sur le peuple burundais. Elle est
extrêmement grave. Nous ne voulons
pas vous entendre dire plus tard et trop tard que vous ne saviez pas.
Concernant
les accords d'Arusha, ils se passent de commentaires :
-
Le Burundi est recolonisé, le génocide est consacré, la division ethnique
est officialisée. Et nous en passons.
En
un mot voilà à quoi va ressembler le Burundi de ce début du 21e siècle.
Monsieur
le Président,
Nous
savons que vous n'aurez jamais aimé
que des décisions pareilles soient appliquées dans votre propre pays.
Elles ne sont pas applicables, vous-mêmes vous avez choisi de séjourner
27 ans dans les prisons pour combattre des choses pareilles.
Monsieur
le Président,
Nous
les femmes burundaises, nous sommes comme vous chez-vous, nous n'aimons pas les
injustices faites aux autres, nous aimons notre pays profondément, nous voulons
un pays où tout le monde peut vivre en paix comme dans le temps.
Il
n'y a aucune raison d'imposer des dirigeants au peuple burundais, consultez les
véritables burundais, patriotes et responsables Hutu et Tutsi laissez le pays
aux vrais Bashingantahe, vrais notables et vous ne vous serez pas fatigué pour
rien pendant 2 ans. Sinon c'est un échec de votre médiation.
En
conclusion Monsieur le Président,
Permettez-nous
de vous transmettre les quelques recommandations des femmes burundaises :
- Ne nous imposez pas des dirigeants : ils créent une situation favorable à des contestations interminables et à des conflits ouverts. Ceci ne permettra pas au pays de se relever au contraire il l'enfoncera d'avantage dans sa crise déjà profonde;
- Aidez-nous à sortir de ce cache-cache afin que les burundais désignent eux-mêmes les personnes qui leur conviennent;
- Permettez à tous les burundais de s'exprimer librement, ils sont tellement muselés aujourd'hui;
- Tenez compte du rapport de la Commission d'enquête de l'ONU n° S/1996/682;
- Laissez la justice jouer son rôle;
-
Effectuez un démantèlement complet et inconditionnel des milices et réinstallez
dans leur milieu des rescapés du génocide et les réfugiés.
Ainsi
vous aurez soulagé les burundais découragés et fatigués et qui ne savent
plus où donner de la tête. Vous
aurez été le sage Mandela tel
qu'il est reconnu et nous comptons sur la même lucidité dont vous avez
fait montre lors de la sortie de l'apartheid en votre pays.
C'est
sur ce vœu ardent que nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président,
l'expression de notre profond respect.
Fait à Bujumbura, le 23 juillet 2001.
Les Représentantes des femmes burundaises.
Président de l'Uganda et Président de l'Initiative Régionale pour le Burundi
- Son Excellence Paul KAGAME, Président du Rwanda
- Monsieur Kofi ANNAN, Scrétaire Général des Nations Unies
- Monsieur le Secrétaire Général de l'Union Africaine
- Son Excellence Mouammar KADHAFI, Président de la Libye.
Liste des signataires
1. Bénigne NDARUBAGIYE Sé
2. Euphrasie SINANKWA Sé
3. Anne Marie NISUBIRE Sé
4. Marie – Viola NTIMPIRANGEZA Sé
5. Immaculée KAMBUGO Sé
6. Claire NTACOYANGEREYE Sé
7. M. Salomé RUKINGAMUBIRI Sé
8. Christine KABIRIGI Sé
9. Domine RUFYIRI Sé
10. Rose NDAYISHIMIYE Sé
11. Aline NGENDANKAZI Sé
12. Hyacinthe GAHIMBARE Sé
13. Dominique VYUNGUZA Sé
14. Renée NSAMBIRUBUSA Sé
15. Spès HAKIZIMANA Sé
16. M. Thérèse NSABIMANA Sé
17. Félicité NJEBARIKANUYE Sé
18. Béatrice MANIRATANGA Sé
19.Véronique NTIRABAMPA Sé
20.
Godeberth NAHIMANA Sé
21. Concilie NIKOYAGIZE Sé
22. Odette NDAYISENGA Sé
23. Capitoline NYAKIKI Sé
24. Véronique NTISEZERANA Sé
25. Frédérique NDEREYIMANA Sé
26. Léocadie NDORERE Sé
27. Perpétue MUBERUKA Sé
28. Marie KAYOYA Sé
29. Jeanne SABUSHIMIKE Sé
30. Rita SABUSHIMIKE Sé
31. Marline SABUSHIMIKE Sé
32. Agnès MISAGO Sé
33. Chantal KAKIZI Sé
34. Marthe NISUBIRE Sé
35. Rose HAKIZIMANA Sé
36. Césarie NZEYIMANA Sé
37. Rose Niyonzima Sé
38. Chantal UWAMWIZA Sé
38. Gloriose
RUTERAKAGAYO
Sé
