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Communiqué

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LE BURUNDI SACRIFIE A L’AUTEL D’UNE DEMOCRATIE TRIBALISTE

Par Mamert RUKUKI 

        D’une superficie de 27.834km² aux dimensions nettement inférieures à celles d’une province de la République Démocratique du Congo (RDC), le Burundi, petit pays d’Afrique Centrale et Orientale, est blotti sur la rive Est du lac Tanganyika entre le grand Congo de Joseph Kabila, la Tanzanie de feu Mwalimu Julius Nyerere et le Rwanda du Général Paul Kagame. 

Depuis la signature des Accords d’Arusha le 28 Août 2000, les négociateurs de paix ont décidé sans scrupules de former deux blocs ethniques (G7 et G10), sacrifiant ainsi l’indépendance nationale à l’autel d’une démocratie tribaliste. 

Sous la tutelle des Nations Unies et le protectorat sud-africain de Nelson Mandela, les partis politiques d’obédience hutu (G7) et ceux d’obédience tutsi (G10) risquent de replonger le pays dans le chaos en acceptant la balkanisation ethnique d’une Nation sous prétexte d’assouvir des intérêts inavoués. 

Vouloir à tout prix entrer au gouvernement sous prétexte qu’on a négocié constitue en soi une fausse démarche et une erreur monumentale de la mise en application des Accords. C’est encore une espèce de canular fomenté par des politiciens de seconde génération. Les partis politiques burundais peuvent se targuer d’avoir signé l’Accord d’Arusha et oublient au nom de qui ils ont signé. Bon nombre d’entre eux si pas tous, sont talonnés de l’intérieur et menacent d’éclater sous le poids d’une force surnaturelle. 

Ca sent la fin du règne tutsi, me dira-t-on, et raison de plus de former une coalition pour barrer la route à l’hégémonie hutu qui a décidé d’atteindre le bâton de maréchal. Dans les milieux extrémistes hutu, c’est une occasion en or de chasser définitivement du pouvoir les tutsi Hima qui ont bâti un empire allant jusqu’en Ouganda. 

Un observateur perché du haut du balcon trouve cela bizarre. Vraiment bizarre et anachronique cette façon de penser, cette manière d’attiser le feu et de souffler sur la braise contre des frères qui voudraient fumer ensemble le calumet de la paix. Les narco-trafiquants et marchands de la mafia du monde politique y perdent totalement leur latin. Comme les « chiens de Pavlov », ils sont suffisamment dressés et courent le risque de vendre le pays aux enchères. Chacun cloué dans sa tour d’ivoire et recroquevillé sur soi, il est bourré d’impatience et un jour de moins à la date butoir du 1er novembre 2001 constitue un pas de plus et lui donne franchement du tonus. 

 Au contraire, le commun des Burundais épris de paix affichent une peau de chagrin sous la dictature de la communauté internationale. La mise en application de cet accord signé tambour battant et en cascade risque de poser problème, estime une bonne opinion de la capitale Bujumbura. Beaucoup de gens extrêmement averties recommandent la prudence. Cette course effrénée de nos politiciens a tout récemment débouché sur des propositions que le peuple burundais qualifie de fallacieuses.12 portefeuilles pour les tutsi négociateurs du G10 ,14 portefeuilles pour les hutu signataires du G10, 126 députés du G7, 37 sénateurs dont 17 hutu, 17 tutsi et 3 twa plus les anciens chefs d’Etat, voilà le gros morceau qu’il faut se départager pistolet à la main. 

Tels les chasseurs dans le Burundi profond en train de dépecer un gibier, nos politiciens ont les yeux hagards sur une partie meurtrie par des guerres fratricides. Cela s’appelle ventriotisme cultivé et poussé à outrance. Encore une fois cet accord consacre l’exclusion qu’il prétend enrayer. Ni au gouvernement, ni au parlement, sénat et administration territoriale, les Baganwa n’auront rien. Une ethnie exclue de la gestion  des affaires d’Etat par ceux-là qu’elle avait promu à la tête du pays après des siècles de règne dans la paix couronnés par l’indépendance nationale que le Prince Louis Rwagasore a négocié jusqu’à mourir. C’est vraiment le summum de l’ingratitude. 

Et de tous ces négociateurs, le plus jeune a bientôt 50 ans, pour dire qu’il y en a qui ont servi tous les régimes. Histoire d’oligarchie qui se fout carrément des nouvelles générations ! Finalement, comme le disait l’actuel Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Joseph Ntanyotora, « le problème burundais n’est pas seulement politique. C’est aussi une misère mal partagée et mal gérée ». 

Dix neuf partis signataires de l’Accord d’Arusha sont nombreux comme parties au conflit burundais mais ils représentent combien de citoyens en termes de pourcentages ? Arrêteront-ils la guerre après avoir occupé les fauteuils qu’ils ont négociés ? Seront-ils courageux de remettre le tablier dès lors qu’ils ne seront pas en mesure d’honorer leurs engagements ? Autant de questions que le peuple burundais se pose et cherche en vain des réponses appropriées que nos sprinteurs politiciens voudront bien donner. Il est grand temps la majorité silencieuse sorte de la léthargie pour présider aux destinées du pays. Sinon, demain ce sera trop tard. Adieu la logique de Léviathan.

M. R.

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