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REPUBLIQUE DU BURUNDI

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Déclaration du S.E. l'Ambassadeur Marc NTETURUYE, Représentant Permanent du Burundi auprès des Nations Unies, lors du débat public sur la R.D. CONGO  au conseil de sécurité.

 

New York, le 13 juin 2001

 

 

Monsieur le Président,

                        Permettez-moi de vous adresser mes sincères félicitations pour votre accession à la présidence du Conseil de Sécurité au cours de ce mois de Juin. La délégation burundaise ne doute pas un seul instant que vous conduirez les travaux du Conseil avec votre brio habituel.

  Monsieur le Président,

  Cette session publique du Conseil de Sécurité sur la RDC me donne l’occasion de rendre hommage au Conseil pour les efforts constants qu’il déploie en vue de ramener la paix dans l’Afrique des Grands-Lacs, comme l’a démontré notamment sa dernière tournée dans la région.

Le Burundi voudrait, en référence au 8ème rapport du Secrétaire Général des Nations Unies sur la MONUC et du rapport de la Mission du Conseil de Sécurité dans la région des Grands-Lacs, rappeler les menaces actuelles qui pèsent sur la sécurité du pays et sur le processus de paix inter-burundais :

  1. Les perspectives heureuses pour la paix en R.D.C. sont paradoxalement mais délibérément à la base de l’évolution malheureuse de la situation sécuritaire au Burundi. Le Secrétaire Général de l’ONU et le Conseil de Sécurité l’ont compris, et nous leur en sommes reconnaissant, lorsqu’ils constatent que « il n’y aura pas de paix durable en RDC si elle doit se construire au dépens de la paix au Burundi ».

  1. Les pays de la région, qui ont parrainé l’Accord de paix signé à Arusha le 28 Août 2000 doivent travailler dans un front uni, pour la fin de la guerre au Burundi. C’est le vœu le plus ardent du gouvernement et du peuple burundais. La paix sera régionale ou ne sera pas, pour ceux qui connaissent les réalités socio-politiques de cette partie de l’Afrique.

Or, chaque jour qui passe laisse croire quelque part à un double jeu de quelques pays de la région, un agenda qui n’est plus caché puisque certains déclarent à la Mission du Conseil de Sécurité que les forces négatives le sont ici et ne le sont pas là-bas, et qu’en définitive elles ne le sont même pas du tout. Cela est troublant lorsqu’on sait que les Accords de LUSAKA et d’ARUSHA ont été signés sous le parapluie moral des représentants de tous les pays intéressés de la même région.

La délégation du Burundi voudrait rappeler ici qu’aussi longtemps que les FDD et FNL ne cesseront pas les violences, ne seront pas désarmés selon les Accords de Lusaka et rapatriés au Burundi pour être réinsérés socialement, pour ceux qui n’auront pas été reconnus coupables de délits prévus par l’Accord d’Arusha, ils seront considérés comme « forces négatives » à combattre et à traduire en justice partout où ils seront. Car ils constituent un danger régional, tout comme leurs alliés Interahamwe et ex FAR devenus mercenaires du génocide en Afrique Centrale.

Que faire ?

-        Le Gouvernement du Burundi demande au Conseil de Sécurité de ne pas laisser les deux processus de Lusaka et d’Arusha se détruire mutuellement. Il faut que le Conseil trouve une formule pour assurer une présence de dissuasion aux frontières du Burundi avec la R.D.C. et la Tanzanie, et éviter que les efforts actuels pour ramener la paix dans la région soient vains. Car en définitive le transfert de la guerre de la R.D.C. vers le Burundi (et le Rwanda) maintiendra et même rendra plus cruel le conflit régional.

-        Des pressions fortes doivent être exercées par les pays qui ont une influence réelle sur les groupes armés burundais, en l’occurrence la Tanzanie afin que ces derniers arrêtent les violences et rejoignent le processus de paix. Nous sommes convaincus que si les FDD et les FNL n’avaient pas de base-arrières et de soutien multiforme extérieur, ils auraient depuis longtemps accepté les conclusions de l’Accord de paix comme ils avaient promis de le faire. Mais pourquoi alors continuer la guerre après la signature d’un Accord politique ? Toutes leurs revendications politiques ont trouvé la réponse dans l’Accord de paix, mais ils s’obstinent à continuer la guerre et défient même le Conseil de Sécurité à en croire leur dernière déclaration.

-        La communauté internationale doit aussi exercer des pressions, et nous sommes heureux de constater que le Conseil de Sécurité le fait surtout depuis sa rencontre avec les deux mouvements armés, à Dar-es-Salaam et Kinshasa. Nous exhortons le Conseil à prévoir des mesures coercitives utilisées ailleurs dans des cas similaires, au cas où la rébellion tournait définitivement le dos à la solution négociée. La violence au Burundi bloque l’application de l’Accord de paix. Les divers appuis aux groupes armés ne donnent pas l’impression d’être intéressés à l’application de l’Accord de paix, eux aussi semblent s’inscrire dans la logique de la victoire militaire. Il faut sauver la paix au Burundi, il faut sauver l’Accord d’Arusha avant qu’il ne soit trop tard.

Pour terminer, je voudrais encore une fois saluer l’engagement pour la paix du Conseil de Sécurité en RDC, au Burundi, et souhaiter que les Nations Unies s’associent aux efforts de Nelson MANDELA, Ketumile MASIRE et des Chefs d’Etat de la région pour redonner l’espoir à ces populations de l’Afrique des Grands-Lacs qui meurent chaque jour et errent à l’intérieur et l’extérieur des frontières. Mais le gouvernement du Burundi voudrait attirer l’attention de l’Auguste Conseil de Sécurité qu’il y a péril en la demeure et donc urgence.

Je vous remercie.

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