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Bujumbura - Burundi.

Supplément

Le responsable de Burundi Bureau, Albert Mbonerane, gaillardement à Bujumbura. 

Bujumbura, le 10 juillet 2001 (Net Press). Après avoir longtemps distillé la haine ethnique à travers "Burundi Bureau", M. Albert Mbonerane, principal animateur du tristement célèbre medium de la haine à l'instar des radios RTLM du Rwanda et Rutomorangingo du Burundi, est gaillardement rentré au Burundi ce mardi 10 juillet 2001 à 14 heures à bord d'Ethiopian Airlines en compagnie de son épouse et de ses trois enfants et de beaucoup de bagages.

Il a été accueilli par des religieuses, des religieux et des prêtres. Elles étaient 8 religieuses reconnaissables pour leur tenue. Parmi les personnes fortement remarquées figuraient le Dominicain Déo Banzirumuhito, réputé être correspondant de M.Mbonerane et qui a séjourné dans les cachots burundais pour sa diffusion des tracts incendiaires, notamment ceux de "SOS Génocide", précurseurs de "Burundi Bureau". Une personnalité fort remarquée est aussi la patronne de la "Maison Shalom" de Ruyigi. Tout ce petit monde était accompagné de quelques membres de la famille de Mbonerane. Celui-ci a alors été installé dans un véhicule de la coopération allemande de marque Hiace, plaque n° IT. 7025 qui l'a alors conduit jusqu'en ville dans des milieux religieux où il va passer son premier séjour.

L'homme qui rentre est un personnage exceptionnel dans l'art de la manipulation ethnique des opinions. C'est un pur produit de l'église catholique qui l'a formé (il était religieux de la congrégation des frères Bene Yozefu) avant de l'employer comme patron du journal catholique Ndongozi à la fin des années 1980.

Après ses services au journal Ndongozi, il a été secrétaire exécutif et président de la ligue des droits de l'homme "Iteka" avant la victoire du parti Frodebu. Entré officiellement en politique à l'aube du multipartisme tout en continuant à travailler à la ligue "Iteka", une association apolitique, M. Mbonerane va militer au sein du parti du beau-frère de Mgr Ntamwana, M. Ernest Kabushemeye, à savoir le parti RPB. Il en tirera les premières dividendes après la victoire du parti Frodebu en juin 1993 et dont le RPB avait soutenu son candidat Ndadaye en décrochant le poste d'ambassadeur à Bonn en Allemagne. Il restera à ce poste jusqu'en avril 1997 après la chute de la Convention intervenue en juillet 1996 et se mettra officiellement au service de la parlementaire allemande Brigitte Erler dont la phobie contre les Tutsi n'a d'égale que celle de M. Albert
Maus, animateur et créateur véritable du parti PP et de Mgr Perraudin, artisan du Rwanda Parmehutu de Kayibanda.

M. Mbonerane va vite s'illustrer comme un grand travailleur en mettant rapidement sur pied un réseau hutu à travers des ONG européennes; chose que la très dynamique Erler n'avait pas pu faire. Lors d'une réunion tenue le 23 janvier 1997 entre les responsables de "Burundi Bureau" avec les associations qui l'aident, notamment MISEREOR représenté par Mme Silvia Servaes, les Franciscains représentés par Peter Amendt, Pain du Monde représenté par Werner Lottje, etc, il avait été constaté que le travail fait jusque-là par "Burundi Bureau" "n'était pas satisfaisant". Il avait toujours cherché sans succès la coopération avec des ONG européennes, dont International Alert pour mettre au point un réseau pro-hutu. International Alert avait décliné l'offre et pour cela, il a été accusé d'orientation tutsi par les participants à la réunion.

C'est pour cela qu'on a eu recours à Albert Mbonerane qui travaillait déjà avec B. Erler et qui va rapidement réussir à mettre au point le réseau hutu constitué essentiellement d'organisations d'obédience catholique notamment les Pères Blancs, les Xavériens, les Franciscains, ... et des milieux hutu de Bruxelles, Rome, Paris, Washington, etc. Au cours de la réunion du 23 janvier 1997, il avait été constaté par les participants que tous étaient conscients du "reproche d'unilatéralité, c.à.d qu'on sait qu'on est porteur d'un tampon de pro-hutu".

La peur de présenter M. Mbonerane comme dirigeant officiel de "Burundi Bureau" subsista à cause de son cachet d'engagement militant hutu et on décida de "continuer sur le chemin commencé et de garder Albert Mbonerane
sur base honoraire sans le présenter, également à l'extérieur, comme étant le chef de Burundi Bureau".Il restera dans l'ombre et seule Erler continuera à assumer officiellement la direction. Même la fermeture de Burundi Bureau" porte la signature du Righiu allemand, Mme Erler.

M. Mbonerane s'est alors acquitté avec brio de sa tâche d'animateur d'un médium de la haine jusqu'à ce que sa mission s'accomplisse avec la consécration de l'ethnisme dans les institutions de l'Etat en dépit de la charte de l'unité nationale. Il peut même demain être premier ou parmi les premiers responsables de cet Etat. N'est-il pas déjà candidat du CNDD à la gestion de la transition? Il est rentré gaillardement sans s'inquiéter pour les milliers de Burundais envoyés à la mort par son venin de la haine distillé par son organe d'expression. L'accord d'Arusha lui ouvre toutes les portes et on le dit déjà vice-président de la transition selon une certaine rumeur. Tout est possible car au Burundi, la morale connaît pas! Ainsi il pourrait régner sans problème de conscience sur les cimetières des victimes de sa plume de la haine.

En fermant Burundi Bureau, Brigitte Erler a écrit : " Nous allons poursuivre notre travail dans l'espoir de voir s'installer définitivement la paix, la démocratie et le respect des droits de l'homme au Burundi. A tous ceux qui partagent avec nous les mêmes objectifs, nous leur souhaitons bon courage et endurance " L'énigme était là : peu de gens pouvaient croire que Erler fermait son organe de la mort pour envoyer Mbonerane au Burundi renforcer l'équipe piloter la transition avec les élus d'Arusha ou de Prétoria.

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