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Les rebellions burundaises vont-elles signer un  cessez-le-feu?

Daniel MUGISHA
daniel_mugisha@yahoo.fr

Voici les raisons pour lesquelles elles ne voudront ou ne pourront pas signer le cessez-le-feu, du moins dans l'immédiat.

Si l'Afrique des grands lacs connaît beaucoup de rebellions c'est sans doute parce que plus qu'ailleurs, cette région a vu d'anciens maquisards accéder au pouvoir: Le FPR rwandais, L'AFDL congolais, la NRA ougandaise . pourquoi pas nous? Peuvent se dire ceux que le succès n' a pas encore souri. Parmi ceux-ci, il y a les rebellions burundaises qui contre tout pronostic peuvent refuser le cessez-le feu parce que nourrissant l'espoir de faire l'exploit des autres.

S'ils peuvent nourrir l'espoir de remporter la guerre à l'instar des mouvements ayant atteint leur but, il faut remarquer par contre qu'ils n'ont pris aucun de ces mouvement en modèle quant aux efforts à fournir. Tous les chefs militaires de ces mouvements, ont pendant tout le temps de la guerre, vécu aux côtés de leurs hommes sur le terrains, sur le territoire nationale "libéré" et aux ordres de leur chef politique unique. Négocier avec le politique comme cela se fait partout, c'était être sûr que le militaire suivrait automatiquement. Au contraire, les chefs militaires des rebellions burundaises vivent loin de leurs hommes, souvent à l'étranger et dans l'opulence. Il faut les imaginer plus en costume et en Mercedes et plutôt bedonnant qu'en guenilles , maigres et à pieds. De la guerre qu'il font avec le sang des autres, ils ne subissent aucune pression qui pourrait les inciter à signer un cessez-le-feu.

L'autre particularité des rébellions burundaises par rapports aux ex-rebellions de la régions devenues parti au pouvoir, c'est qu'elles ne sont pas parvenues à arracher la moindre zone géographique au contrôle de l'armée nationale. Signer le cessez-le-feu dans ces conditions reviendrait pour elles à signer leur dissolution de fait puisque le cessez-le-feu signifie que chacun reste sur ses positions connues et d'autant plus reconnues par l'ennemi qu'il n'aurait pas été capable de les occuper lui même. Ces positions n'ont jamais existé pour les rebellions burundaises. La suite des événement tournera à coup sûr autour de ce point précis: un territoire contrôlé. Soit elles continueront la guerre pour essayer de contrôler un territoire qui sera leur monnaie d'échange soit sous une forme ou une autre ce territoire leur sera concédé par le pouvoir exercé en partie par les créateurs même des rebellions, mis sous administration internationale et surtout sous la protection des fameuses troupes étrangères (d'occupation ?) dont l'arrivée est aussi imminente que le durée de leur séjour est indéterminée. Les rebelles auraient alors obtenu en négociant ce que d'autres doivent obtenir pour passer du statut de terroriste à celui d'interlocuteur des négociations. Cela ne semble pas envisageable aujourd'hui mais il ne faut pas perdre de vue que d'autres missions aujourd'hui accomplies paraissaient plus impossibles il y a quelques années à peine.

Les rebellions burundaises sont-elles réellement commandées? Si ce n'est pas le cas, il ne faut pas s'attendre à ce que leurs soit-disants ou supposés chefs signent le cessez-le-feu. A juste titre, ils auraient peur en le faisant qu'ils ne soient pas obéis, ce qui prouverait qu'ils ne commandent pas leurs hommes et leur ferait perdre la qualité d'interlocuteurs et adieu les voyages en Afrique du sud , en Tanzanie ou en Belgique. 

Si Ndayikengurukiye snobe si souvent Buyoya, c'est sans doute moins dans l'intention de jouer à l'important que dans le souci d'éloigner l'heure de vérité où il devra prouver qu'il est le chef incontesté qu'il se prétend.

La collusion entre les rebellions burundaises et les Interahamwe et autres ex-FAR n'est plus un secret pour personne, de nombreux documents le prouvent. Il est même certain qu'un pacte formel les lient les uns aux autres. Dans ces conditions, signer un cessez-le-feu pour un chef d'une rébellion burundaise signiefierait trahison par ailleurs et le premier qui rompera le pacte aura certainement à affronter le courroux de tous les signataires du pacte réunis.

Les rebelles ont pris les armes prétendument contre l'armée mais ce sont les civiles qui ont été leur cible principale. Ils ont affirmé le faire dans l'intention de négocier. Les Négociations ont eu lieu et ils ne veulent toujours pas signer le cessez-le-feu et les civils restent quasiment l'unique objet de leur attaques. En réalité, l'intention des rebellions n'a jamais été de négocier. Le double objectif poursuivi dans leur exigence de négociations était d'un côté prouver leurs bonnes dispositions auprès de la communauté internationale et de l'autre trouver le prétexte de rêve à la continuation de la guerre. Sans une pression internationale au moins équivalente à celle qu'a constitué l'embargo qui a permis à Buyoya d'imposer les négociations à son camp, je vois mal les chefs rebelles signer le cessez-le-feu.

Les rebellions burundaises, c'est Teza, c'est Bugendana, c'est Buta, ce sont les nombreuses victimes civiles brûlés vifs dans les minibus de transports de voyageurs, ce sont les attaques de camps de déplacés, bref une interminable négation des droits humains et une violation systématique des lois de la guerre. Comment attendre de ceux qui ont fait la guerre sans en respecter la moindre loi qu'ils la finissent en respectant quelque chose à savoir le cessez-le-feu?

Dix-huit !

Dix-huit fut un chiffre béni

C’était en septembre

C’ était il y a quarante ans

C’était victoire

Dix-huit est un chiffre maudit :

Pour dix-huit mois nous voilà trahis

C’était en novembre

C’était il y a quelques jours

C’est la recolonisation !

Dix-huit serra de nouveau béni

Si un dix-huit un appel est lancé

Nous avons notre Pétain

A quand notre de Gaulle ?

 

Daniel MUGISHA
daniel_mugisha@yahoo.fr

 

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