BURUNDINET

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Responsable: Charles MUKASI

 

BUYOYA SAIT QU'IL AGIT MAL...

Bujumbura 21 août 2002 (burundinet). Les soldats du pouvoir Buyoya-Frodebu ont de nouveau déployé du muscle pour interdire la réunion de la prestigieuse association pour la lutte contre le génocide, AC GENOCIDE CIRIMOSO. Chaque mois, le 21 précisément, cette association réunit les militants et les sympathisants d'une lutte rigoureuse et sans merci contre le génocide que continue de commettre au Burundi les organisations qui contrôlent le pouvoir BUYOYA-NDAYIZEYE.

Ce 21 août, c'est la section estudiantine de cette association qui devait animer une conférence publique dans les enceintes du Carrefour de la JRR à NGAGARA. Pour cette séance de recueillement, d'échanges et de réarmement moral, le thème du jour était que "le pouvoir en place portera devant l'Histoire la responsabilité de ce suicide collectif et pour les forces de paix, l'heure du sacrifice a sonné".

Le meilleur "conférencier" et animateur de ce thème du jour aura donc été, paradoxalement, le pouvoir en place lui-même. En interdisant manu militari une assemblée de lutte contre le génocide, Pierre Buyoya a posé un nouvel acte de complicité avec le terrorisme génocidaire, illustrant à suffisance que son pouvoir porte une lourde responsabilité devant l'histoire, pour avoir combattu les forces de paix, interdit la lutte contre le génocide et les crimes contre l'humanité au moment où le Burundi en souffre tant, au moment où le monde entier est coalisé pour une lutte sans merci contre le terrorisme et les crimes contre l'humanité.

Malgré l'interdiction formelle de l'assemblée par les gendarmes de la capitale, le message a donc parfaitement été bien compris: si la lutte contre le génocide piétine au Burundi, si ce pays est devenu le sanctuaire des génocidaires au pouvoir, la responsabilité historique incombe directement au régime de Pierre Buyoya, qui a déclaré qu'il n'est "pas de ceux qui à qui on demande de combattre l'organisation génocidaire Frodebu", qui prêche que le génocide "c'est la démocratie qui s'est défendue", qui est entrain d'installer dans toutes les institutions de l'Etat burundais les génocidaires rwandais et des pays de la région, lesquels génocidaires sont pourtant combattus par la communauté internationale, au nom du droit et de la morale universels.

Pierre Buyoya, qui est certainement derrière ces ordres d'interdiction des assemblées anti-génocide, a ainsi choisi publiquement son camp. Tel est son destin. Il y a plus de quinze ans, son prédécesseur combattait l'Eglise catholique, la morale chrétienne, persécutait les chrétiens et fermait les lieux du culte. Pierre Buyoya combat l'Etat de droit, la morale du "PLUS JAMAIS CA", persécute les personnalités qui luttent contre le génocide et interdit les assemblées de lutte contre le terrorisme génocidaire...

Au moment où les gendarmes persécutaient les militants anti-génocide, Buyoya était en effet entrain de défendre devant un public trié sur le volet les mérites des pourparlers de Dar es Salaam où ses émissaires organisent la destruction de l'armée burundaise en tant que corps de l'Etat obstacle au génocide. En même temps, ils continuent de comploter pour créer une armée composée de génocidaires burundo-rwandais, dans un esprit de poursuite et du parachèvement du génocide.

Cette complicité avec les génocidaires et les criminels n'est plus à prouver. Il y a un mois exactement, le ministre de la défense nationale rappelait à l'armée burundaise, au Peuple Burundais et au monde entier qu'il ne fallait plus se laisser endormir par les discours mensongers du pouvoir.

Parce que précisait le ministre, il n'y a pas de rebelles au Burundais. Les responsables du terrorisme génocidaires sont des milices des organisations au pouvoir. Des personnalités haut placées au gouvernement et dans les institutions encadrent la barbarie génocidaire en cours. Enfin, ces milices sont les forces négatives condamnées au démantèlement par les accords de Lusaka, et l'objectif de cette coalition génocidaire est le parachèvement du génocide et non le cessez-le-feu...

Le ministre de l'environnement renchérit en apportant la précision utile que pour la bonne compréhension des choses, ce que le ministre de la défense avait déclaré était parfaitement exact, mais qu'il fallait aussi et surtout savoir que ce n'était pas les personnalités du groupe génocidaire G7 qui entretenaient les bandes terroristes et génocidaires, que des personnalités du groupe dit tutsi étaient également impliquées dans cet entretien des génocidaires, que ces personnalités en vivaient confortablement. Traduction publique: Hutu et Tutsi sont au coude-à-coude pour détruire la nation, il n'y a plus de ségrégation; l'Unité nationale règne...

Jusqu'à ce jour, aucun démenti n'a été formulé contre cette lourde vérité. Ces ministres n'ont pas été désavoués. Pire, Buyoya a envoyé des émissaires pour parfaire l'alliance génocidaire sous la supervision des dignitaires de la région des Grands Lacs. L'interdiction de l'assemblée de AC GENOCIDE CIRIMOSO est un élément en plus, sans doute de trop... Buyoya aurait voulu prouver autrement que son régime était protecteur du génocide et des génocidaires qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Ainsi il marque des points dans les négociations de Dar es Salaam...

Car, au même moment où la gendarmerie interdisait l'assemblée de recueillement contre le génocide, Buyoya en personne était entrain de défendre la rencontre de Dar es Salaam, laquelle réunit les forces génocidaires coalisées et fusionnées avec les milices du Frodebu. Comme un rappel au régime de Buyoya, au cas où il aurait oublié qu'il était en partenariat avec une coalition génocidaire, l'ONU venait de faire arrêter le signataire des accords de coopération avec le CNDD/FDD, une coalition appelée rébellion par le régime en place, alors qu'elle est entretenue par les organisations au pouvoir et déclarée partenaire incontournable du projet défendu par Pierre Buyoya lui-même.

Selon les observateurs attentifs, le choix de cette date du 21 n'était pas gratuit non plus. Ce choix devait permettre au pouvoir d'éloigner l'attention de la presse et de l'opinion publique du message de AC GENOCIDE. Il y a quelques temps, les assemblées de cette association se tenaient à l'Hôtel Source du Nil. Depuis, le gouvernement choisit systématiquement les dates du 21 pour y tenir ses propres réunions. Ainsi sans le dire officiellement, le pouvoir souhaitait que le mouvement anti-génocide manque de lieu de rassemblement...

Au moment où Pierre Buyoya rencontrait les représentants de la population de la mairie, le maire de la ville a été mandaté pour rédiger une lettre interdisant au Président de AC GENOCIDE qu'il n'y avait pas assez de sécurité pour ceux qui luttent contre le génocide et qui veulent l'exprimer pacifiquement.

La décision semble avoir été prise avec une telle urgence que le jeune maire de la ville n'a pas eu le temps de porter la lettre au Président et Représentant Légal du mouvement anti-génocide. Le Chef de zone Ngagara a été dépêché pour remettre la lettre sur place, à Ngagara-même, comme si les services du Maire de la Ville n'avaient pas eu le temps d'aller jusqu'à la Permanence de l'Association anti-génocide. Pourtant tout le monde sait que tous les 21 du mois, ces assemblées sont obligatoires, comme la messe catholique du dimanche!

Y avait-il alors une insécurité particulière à Ngagara? Le Chef de zone Ngagara et ses administrés n'avaient nullement l'impression d'être particulièrement préoccupée d'une situation d'insécurité susceptible de priver de cette zone de la Mairie le prestige d'abriter les assises d'une assemblée aussi digne et prestigieuse...

Le Chef de zone était même détendu et en grande tenue, ce qui révélait aux non informés qu'il avait plutôt été contraint de quitter d'urgence la réunion tenue par Pierre Buyoya, une preuve supplémentaire que l'animateur de la rencontre présidentielle avait suffisamment d'intérêts dans le déplacement du Chef de zone Ngagara, au point que ce dernier pouvait boycotter sans risques pour ses fonctions la réunion du président...

Mais pour éviter que la correspondance ne soit traités administrativement, notamment que le Président de AC GENOCIDE ne demande aux services du Maire de la Capitale de faire acheminer plus régulièrement et plus administrativement ses correspondances administratives et officielles, et attendent un traitement administrative des mêmes correspondances, le régime Buyoya a dépêché un bataillon de soldats et gendarmes pour interdire l'accès à la salle de conférence et veiller à la dispersion manu militari des invités. Le commandant du district a personnellement dirigé les opération sur terrain à Ngagara, commençant par chasser le Président de AC GENOCIDE interdit de présence sur les lieux, ce qui ne figurait pas dans la lettre du Maire...

Devant tant d'interrogations, les observateurs formulent les hypothèses suivantes. Notamment que Pierre Buyoya a désormais la peur au ventre. Il sait qu'il agit contre le droit et la morale, et il connaît le sort traditionnellement et universellement réservé aux dictateurs complices du terrorisme génocidaire...

Le contexte était particulièrement explosif. Cette assemblée était la première depuis la conférence de presse du ministre de la défense révélant que son gouvernement était en complicité avec les génocidaires Interahamwe, la première aussi depuis les bombardements aveugles de la capitale par les alliés privilégiés du régime et qui n'ont toujours pas encore été dénoncés par le Chef de la nation, la première depuis l'arrestation par l'ONU du génocidaire BIZIMUNGU Augustin allié avec les partenaires privilégiés du pouvoir Buyoya, la première depuis les rencontres immorales et pro-génocidaires de Dar es Salaam, la première surtout depuis la mise en circulation d'une nouvelle preuve à la trahison du régime en place: le projet de destruction de l'armée en discussion à Dar es Salaam...

Trop pour condamner sans retour un pouvoir... Car pour moins que cela, des régimes sont tombés au Burundi et ailleurs... Pierre Buyoya aurait voulu prévenir et circonscrire les dégâts; en espérant que la prochaine assemblée ce sera dans un mois. D'ici là, c'est toujours cela de gagner: un mois pour faire reculer la lutte contre le génocide. La vie est courte, il faut se hâter d'en jouir.  "CARPE DIEM", écrivait le romain Horace...

Mais les observateurs ne laissent pas de côté la thèse d'une manipulation; thèse qui n'est pas très éloignée de la précédente. En envoyant l'armée persécuter les personnalités et les organisations en lutte contre la coalition génocidaire et contre laquelle cette armée était supposée se battre, Pierre Buyoya démobilise la même armée, laquelle de ce fait ne sait plus pour qui et contre qui elle se bat. C'était visible sur place, les troupes n'arrêtaient pas de poser des questions.

Au passage, le pouvoir espèrerait également que le mouvement anti-génocide, devenu par ce fait même anti-Buyoya, condamne définitivement l'armée qui se retrouvera ainsi laissée à elle-même, ayant perdu la confiance des forces de paix, condamnée par la propagande génocidaire et vomie par la mobilisation anti-génocide. Ainsi seraient réunies les conditions optimales pour la dernière phase de la destruction de l'armée... Au moment où le pouvoir Buyoya fait les yeux doux aux terroristes génocidaires à Dar es Salaam, la persécution contre les forces de paix est un gage de bonne foi présidentielle...

Les mêmes observateurs signalent que jamais la popularité de Pierre Buyoya n'avait été aussi grande dans les rangs du groupe génocidaire G7! Désormais il ne perdra plus les élections, lui qui s'était plaint d'avoir perdu le pouvoir parce qu'il n'avait "pas l'ethnie qu'il fallait" (Mission Possible, page 92); il se rachète...

Malgré cela, la lutte contre le génocide tire également ses dividendes. Les choses sont désormais claires; il n'y a plus d'inconnu sur la complicité du pouvoir en place avec les terroristes génocidaires. Le pouvoir les protège contre la condamnation par les partisans du droit et de la morale. Les illusions finissent par tomber...

La lutte contre le génocide marque ainsi des points, parce que désormais est remise en cause la propagande démobilisatrice émanant du même pouvoir et déclarant que les assemblées du 21 de chaque mois ne servaient à rien, que ce n'était que lamentations. Si le pouvoir manifeste sa peur et fait interdire les assemblées de AC GENOCIDE CIRIMOSO, c'est que certainement le mouvement de recueillement et de réarmement moral contre le génocide est redouté par le régime Buyoya-Frodebu...

Enfin, il n'y a plus de doute, Buyoya sait qu'il agit mal, sauf s'il croit vraiment que c'est mauvais de lutter contre le génocide, et qu'entretenir les génocidaires serait une bonne chose. C'est autant dire la même chose, affirment les observateurs...

En attendant, le Burundi continue d'être gouverné par les organisations terroristes et génocidaires comme le Frodebu. Ces organisations qui contrôlent toutes les institutions du pays commettent le génocide et le terrorisme depuis octobre 1993 à nos jours.


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