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LE PRESIDENT DU RADDES, JOSEPH NZEYIMANA, EST EN PRISON...

Bujumbura 1er juin 2001 (burundinet). Le Président du parti RADDES est emprisonné depuis jeudi 31 mai 2001. Officiellement, il est poursuivi pour malversation économique... Mais en réalité, personne ne se fait des illusions, Joseph NZEYIMANA ne plaît pas au pouvoir en place depuis qu'il a décidé de soutenir BAYAGANAKANDI contre BUYOYA comme candidat-Président du groupe des partis politiques dits Tutsi à ARUSHA.

Il s'agit donc sans nul doute d'une persécution politique dans le plus pur style du régime BUYOYA. Contre ses opposants, Pierre BUYOYA a toujours invariablement eu recours à deux armes: les vrais-faux coup d'Etat et les malversations économiques. Depuis un certain temps, il vient d'ajouter à la panoplie l'injure à chef d'Etat... Chaque fois, la justice a blanchi les accusés, mais le pouvoir avait eu l'occasion de mener une campagne de déstabilisation contre les infidèles; l'opinion les prend en horreur pour avoir détourné les fonds du contribuable et les organisation de défense des droits humains ne peuvent pas intervenir en faveur des persécutés car il s'agit de crimes économiques...

Cette stratégie a été appliquée contre les anciens dignitaires de BAGAZA et il y a recours chaque fois qu'il croit avoir identifié une personnalité soupçonné de ne pas être un fidèle parmi les fidèles...Revenu au pouvoir en 1996, Pierre BUYOYA a relancé le même slogan...

Mais en termes de lutte contre les malversations, les observateurs sont unanimes, les 14 dernières années sont les plus noires de l'histoire burundais en matière de corruption. Jamais l'appareil de l'Etat n'avait été si corrompu et mauvais gestionnaire. Cela est tellement vrai, précisent les mêmes observateurs, que le pouvoir lui-même publie régulièrement des déclarations d'aveu révélant que les grands responsables de l'Etat sont corrompus. Le Chef de l'Etat lui-même a confirmé que ce sont les hauts dignitaires qui détournent le plus, car ce sont eux qui ont accès aux greniers...

Mais jamais les véritables dossiers de détournement, de mauvaise gestion n'apparaissent au grand jour...

Pourtant, il est aujourd'hui établi que le dossier troc café-carburant a occasionné une fuite de 12 milliards de FBU en moins de trois mois seulement; que sont devenus les dossiers d'importation des groupes électrogènes...l'achat d'hélicoptères non utilisables, la fraude du sucre, le mauvaises décisions qui font fermer des établissements publics, le cas de la CAMOFI...l'affaire AFFIMET... Voilà de véritables dossiers de malversations où le pouvoir en place gagnerait à être convaincant; mais comme pour le génocide, ces crimes sont sans auteurs...

En réalité, le pouvoir joue la-dessus; il s'agit d'une monnaie de change où le pouvoir ferme les yeux et les présumés coupables relancent l'ascenseur en direction du pouvoir en étant le farouches défenseurs des initiatives iniques du pouvoir contre la raison élémentaire. Lorsque le thermomètre du thuriféraire baisse, on agite la menace: certains se rangent, à commencer par les plus vieux dans le métier. Mais il semble que la recette est entrain de perdre de son effet...

Joseph NZEYIMANA est victime de ce système, celui dénoncé depuis Jean de la FONTAINE où l'âne fut crédité d'un crime abominable pour avoir tendu la largeur de sa langue sur une vaste prairie, alors que le lion qui s'était permis de s'offrir le berger comme dessert après avoir dévoré force moutons avait, déclara la justice, rendu un grand honneur à ces victimes en les croquant...

Jean RUKANKAMA, un opposant politique de la première heure est en prison depuis bientôt quatre ans pour un montant hypothétique de 500.000 FBU qu'il a entièrement justifié devant le tribunal sans que l'accusation trouve à redire...Il a commis le tort de déclarer en son temps que le pouvoir devait être évalué sur la pertinence de ses choix...

En attendant, le Burundi est gouverné par l'organisation génocidaire Frodebu. Cette organisation qui contrôle toutes les institutions du pouvoir en place commet le génocide depuis octobre 1993 à nos jours.

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