RUGAMBA-NET PRESS

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BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA

 

33 DU 25/07/2002

 

Le pays est assailli de partout ! entre silence et les platitudes, la Présidence balance.

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Le pays brûle du sud au centre. On enterre à Makamba, à Rutana, Rutovu, Ryansoro, Ndava, Rutegama et ailleurs, mais les Barundi vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était, fréquentent encore plus assidûment les cabarets, célèbrent des mariages et des communions solennelles pompeux, assaillent les plages et autres lieux de villégiature encore protégés pendant que des milliers de leurs concitoyens fuyant les zones de combat, meurent de faim, de malaria et de choléra dans les misérables camps de déplacés.

L’inconscience collective, la résignation, la peur du sacrifice ou de perdre son petit confort douillet constituent les meilleures armes de l’arsenal de la rébellion.

Au gouvernement, c’est un véritable capharnaüm : les ministres du G7 téléguident les attaques en cours pendant que leurs homologues du G5 n’ont de regard que sur l’accréditif de la fin du mois, les nominations ici ou là de leurs proches et d’autres futilités similaires.

Le Président de la République et son adjoint se taisent comme si les massacres en cours, les incendies de maisons, les pillages et les destructions d’usines, le génocide des Batutsi dans les campagnes, les quartiers et sur les axes routiers n’étaient que de minables faits divers !

Les députés quant à eux n’ont, comme nous le disions précédemment, d’autres circonscriptions que les restaurants et les hôtels huppés de Bujumbura. Devant l’errance et la misère des populations qu’ils prétendent représenter en temps de paix, ils joignent leur silence à celui de leurs véritables mandants évoqués ci-avant.

Le porte-parole du gouvernement nous fait régulièrement lecture du compte rendu du conseil des ministres dont les débats, déconnectés de toute réalité s’éternisent sur des soi-disant programmes sectoriels que les différents ministères ne sauront, faute de sécurité et d’argent, réaliser.

Les accords d’Arusha dans lesquels personne ne croit plus, sont devenus la Bible et le bréviaire d’un gouvernement en panne d’idées et dont les contradictions apparaissent désormais au grand jour.

Le ministre de l’intérieur est devenu muet comme une carpe alors qu’on attendait de lui une impulsion nouvelle pour galvaniser la population afin qu’elle puisse se défendre face aux assauts de la rébellion.

Comme écran de fumée, les deux ministres précités exhortent les journalistes à soutenir l’armée dans son combat contre les rébellions hutu conjuguées du Rwanda et du Burundi. Ils devraient se tenir à l’écart du combat des journalistes et convertir plutôt à l’humanité les hordes génocidaires que leur groupe politique(G7) a enfantées, déshumanisées, entraînées, financées et lancées pour tuer leurs concitoyens.

Le ministre des Relations Extérieures quant à lui, s’adonne à un drôle de Tango diplomatique lorsqu’il accuse, dans sa déclaration liminaire faite le 19 juillet 2002 devant le coorps diplomatique, la Tanzanie d’abriter la rébellion qui nous attaque, mais absout tout aussitôt ce pays en faisant porter le chapeau du soutien à la rébellion aux autorités locales de la frontière tanzanienne, comme si celles-ci ne répondaient pas aux ordres du gouvernement central de Dar-Es-Salaam.

Le ministre des Relations Extérieures, reste conformément à ses habitudes, le roi de l’ambiguïté, ce qui lui permet de servir à la fois Dieu et Lucifer et de manger en même temps aux râteliers de l’Uprona et du Frodebu. C’est ainsi que l’on troque les intérêts du pays à ceux d’une « carrière politique ».

Ses multiples tergiversations, les demi-vérités qu’il distille pour les contrarier aussitôt après, fragilisent la position diplomatique du Burundi et confortent la Tanzanie dans son entreprise destabilisatrice à l’encontre du Burundi.

Ses contradictions, son manque de courage (il se refuse à désigner à l’opinion internationale le véritable rôle de la Tanzanie dans cette agression) camouflé en fausse retenue diplomatique, offre à la Tanzanie sur un plateau d’or, les arguments pour tourner en dérision les accusations du Burundi, nier son soutien politique, diplomatique et militaire à la rébellion et se disculper à si bon compte devant l’opinion internationale.

Il est particulièrement déroutant d’entendre, au moment où la Tanzanie envoie par vagues successives des hordes des rébellions burundaise et rwandaise semer le carnage au Burundi, notre ministre des Relations Extérieures affirmer «urbi et orbi » sa disponibilité permanente d’accourir à Dar-Es-Salaam à la moindre injonction de son homologue Kikwete, pour négocier, dans un environnement choisi, imposé par la rébellion et sous la médiation des parrains de celle-ci.

Depuis 1987, la diplomatie burundaise n’a pas régressé, elle a simplement disparu de la scène régionale et internationale.

Elle est absolument incapable d’envoyer le moindre signal diplomatique à ses partenaires pour préserver l’honneur et les intérêts du pays. Elle est devenue l’objet de la risée internationale.

Ce n’est pas en se vassalisant à la Tanzanie qu’on prouve sa bonne foi à la communauté internationale qui en est particulièrement dépourvue lorsqu’il s’agit surtout du conflit burundais.

Il s’agit d’une de ces naïvetés politiques dont le gouvernement burundais garde l’intime secret.

Ce type de comportement politique est le fruit de la confusion de genres savamment entretenue par le pouvoir actuel qui prône la paix mais engraisse en son sein les commanditaires de la rébellion.

Nous comprenons aisément l’exaspération du ministre de la Défense Nationale qui voit les efforts de son armée pour ramener la paix, constamment torpillés par la cacophonie, l’ambiguïté et les coups bas de ses collègues au gouvernement.

Nous regrettons cependant son réveil tardif, parce que dans un des clins d’oeil que la Lettre à la Nation n’a cessé de lui faire (Cfr n°28), on lui signifiait que le cerveau de la rébellion siège avec lui au conseil des ministres et loge dans les villas cossues de Kiriri, sous la protection de l’USI et du contingent sud-africain.

Il ne viendra à bout de la rébellion que le jour où il décidera d’en éliminer la tête.

Les documents saisis sur les chefs de la rébellion abattus au cours des récentes batailles, les adresses et les répertoires téléphoniques de leurs commanditaires confirment nos allégations.

Nous demandons aux services concernés de rendre publiques ces informations pour que l’opinion nationale et Internationale sachent le véritable jeu auquel se livrent certains membres du gouvernement, de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

A chaque opération d’envergure menée par l’armée, le public a eu droit à une déclaration musclée du ministre de la Défense Nationale à l’encontre du groupe politique du G7. Ce genre de condamnations n’a été suivi d’aucun effet, quelqu’un au sommet finissant toujours par lui imposer un silence radio pour ne pas créer de vague au sein du gouvernement.

Les incriminés se sont payés la tête du ministre de la Défense et n’ont modifié en rien leur entreprise criminelle.

Les déclarations du ministre de la Défense Nationale après Kinama, Tenga et ailleurs n’ont été considérées que comme de simples jérémiades d’un ministre surexcité. Celles du 21 juillet 2002 risquent d’emprunter le même parcours.

Les Barundi qui enterrent quotidiennement leurs enfants, leurs parents, leurs amis et leurs voisins, réclament un changement radical dans le traitement et le suivi des informations que le ministre de la Défense vient de livrer au public.

Ils exigent de connaître les responsables politiques incriminés, quel que soit leur rang dans les institutions actuelles de la République.

Ils veulent aussi savoir qui les protègent et au nom de quel principe (moral, juridique ou politique) et pour quelle fin !

Aucun accord, aucune médiation, ne sauraient imposer encore longtemps au peuple burundais, un gouvernement ou toute autre institution dont les membres commanditent au grand jour le génocide d’une population qu’ils sont censés protéger !

Pourquoi celle-ci manque-t-elle cruellement d’encadrement à l’autodéfense au moment où elle en a le plus besoin ?

Doit-elle pour autant se laisser conduire comme un agneau à l’abattoir ? Où est donc passé le courage des Barundi ?

Les prochaines victimes ne devraient pas se laisser distraire par des manœuvres politiciennes visant à entretenir un faux suspens sur le départ ou non des leaders du G5 du gouvernement et des institutions de transition !

Il s’agit d’un faux débat qui ne mérite même pas qu’on s’y arrête.

Le problème fondamental est celui de la survie d’une composante de la population burundaise à laquelle les accords d’Arusha n’offrent aucune solution viable ni à court, ni à long terme. C’est pourquoi le PARENA les qualifie, non sans raison, d’un non accord de paix.

L’approche de nos amis du G5 est singulière : l’ultimatum médiatisé qu’ils viennent de lancer au pouvoir et que tout un chacun soupçonne être sans lendemain, nous amène à réfléchir sur la véritable équation qu’ils posent au sujet des accords d’Arusha.

On a l’impression que pour eux, la pertinence des dits accords ne se mesure pas à leur capacité ou non de ramener la paix (puisque les leaders du G5 ne mettent nullement en cause leur fond), mais plutôt à la participation des leaders concernés ou à défaut, de leurs parents, dans les institutions issues d’Arusha.

Pour eux, les accords d’Arusha se résument en clair à l’obtention des postes au gouvernement, à l’Assemblée et au Sénat et dans d’autres secteurs jugés juteux de l’administration !

Nos amis du G5 ne se sont toujours pas remis du virus qui mine la classe politique aux affaires depuis la convention de gouvernement de 1994.

L’ultimatum des vingt jours, à l’expiration desquels ils menacent de claquer la porte des institutions, risque de se retourner contre leurs auteurs et d’hypothéquer le crédit qui leur restait, dans la mesure où la présidence de la République vient de leur répondre dans un communiqué qu’on pourrait résumer de la manière suivante :

« Messieurs les leaders du G5, je vous ai compris. Partez si cela vous amuse, et bon débarras ! »

Le PARENA estime que le G5 et le pouvoir qu’ils ont aidé à instaurer devraient éviter de distraire la population en détournant l’attention de celle-ci du vrai débat que nous avons posé plus haut.

L’urgence est la lutte pour la survie du peuple et de la nation et non à la course aux strapontins politiques, administratifs ou autres !

Ne pas le comprendre, c’est faire montre d’une absence criante de leadership et de vision.

Le peuple qui n’est pas idiot jugera le moment venu !

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