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Avis et considérations sur le processus de paix en cours

Par M. Benoît NDORIMANA, Président Directeur Général de la SOGEAR et du Restaurant Chez André. 

Comme cela vient d’être confirmé par le Ministère des Reformes Institutionnelles et des Relations avec l’Assemblée Nationale dans l’émission « Akarikumutima » de ce dimanche 26.08.01, l’accord d’Arusha a été mal négocié et mal rédigé.

L’on ne peut que déduire que son application sera difficile si pas impossible si certaines conditions ne sont pas préalablement remplies.

Ma réflexion va porter sur deux éléments essentiels à savoir :  

-        Le contenu de l’accord et son applicabilité

-        Le cessez le feu 

a) L’autopsie de l’accord et son applicabilité 

D’aucuns s’interrogent sur la valeur, la qualité et le réalisme de l’accord de paix interburundais signé le 28 août 2000 à Arusha. 

L’on sait à priori que cet accord permettra à certains négociateurs d’obtenir des places juteuses au gouvernement ou ailleurs et d’autres attendent une amnistie pour certains crimes commis. 

Le plus grand bénéficiaire de l’accord d’Arusha est sans nul doute le Frodebu et de sa mouvance. 

A mon avis, je soutiens fermement le dialogue interburundais et suis conscient que la réconciliation nationale est à ce prix. 

Cependant, l’accord d’Arusha tel qu’il est aujourd’hui renferme des vices inhérents à la façon dont il a été négocié et à la qualité des négociateurs et son application en devient fort malaisée et cela au grandam du peuple burundais. 

Sur la négociation 

Les négociateurs devaient en principe être soigneusement sélectionnées pour que toutes les compétences scientifiques et techniques soient représentées. L’équipe des négociateurs devait être d’une pluridisciplinarité tel que sociologues, politologues, juristes, historiens, anthropologues qui pouvaient apporter leur contribution chacun dans sa sphère de compétence pour un accord viable et équilibré.

Hélas, cela ne fût pas le cas. 

Sur l’applicabilité 

Nous estimons que l’application des accords d’Arusha devrait impérativement être précédée par une expertise internationale et nationale.

L’on mettrait sur pied une équipe technique composée d’experts internationaux qui connaissent bien le problème burundais;  sous un financement des Nations-Unies. Ces experts analyseraient l’accord sous ses différents aspects et se prononceraient sur son applicabilité ou inapplicabilité; pour son réalisme ou irréalisme.

Pour donner à l’accord et à l’expertise plus de chance de succès, on joindrait aux experts internationaux sus-invoqués un groupe d’experts nationaux qui ont eu à s’exprimer sur les problèmes burundais plusieurs fois dans leur carrière. 

Le Burundi dispose en effet des compétences pluridisciplinaires qu’il faut absolument associer dans la recherche des solutions au conflit burundais. Les « oublier est gage d’insuccès ».  

Sur le cessez-le-feu 

Les bandes armées sont l’œuvre du Frodebu et ses acolytes. Par conséquent, le Frodebu devrait s’investir personnellement pour négocier et obtenir le cessez-le-feu, condition sine qua none pour que les accords puissent être appliqués. 

En tout état de cause, le gouvernement actuel ou à venir devrait appliquer les accords après l’acquisition d’un engagement formel du Frodebu de convaincre les chefs rebelles pour cesser à tout prix les hostilités.     

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