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Ambassadeur NDUWABIKE Jean-Marie Bujumbura, le 13/10/2001
B.P. 7013
BUJUMBURA.
A l’Honorable
NZOJIBWAMI Augustin
Président d’une aile.
Objet :
Démission de l’aile NZOJIBWAMI.
En date du 01 octobre 2001 alors que je venais participer à la réunion
ordinaire du Comité Exécutif du parti, j’ai subi une menace injonction de déguerpir
rapidement de la salle des réunions. Nième geste d’humiliation
posé à mon égard.
A mon grand étonnement, j’ai appris plus tard que la réunion qui était
en cours se tenait sur ma personne. Il était pour moi logique de saluer mon
arrivée et de m’inviter à suivre le débat caractérisé par des plaintes et
lamentations dont quelques intervenants venaient de porter à votre
connaissance.
Le combat politique que vous étiez entrain de mener ce jour était porté
contre ma personne qui vous avez déjà ouvert un autre front. Après avoir été
battu sur tous les fronts que vous avez ouverts contre les militants du parti
SAHWANYA FRODEBU, il vous sera difficile de remporter le tout dernier contre ma
personne.
Je voudrais vous rappeler que mes différentes interventions antérieures
lors des réunions du parti n’ont pas été digérées par certains de vos
camarades militants qui se croient politiciens et analystes éclairés.
C’est mon droit le plus inaliénable de vous contredire quand vous osez
mobiliser le peu de militants derrière vous à s’organiser en un front de
refus devant se préparer pour torpiller la mise en application des Accords
d’ARUSHA pour la paix au BURUNDI que vous qualifiez souvent « d’une
montagne qui a accouché d’une souris ». Pourtant, pendant plus de trois
ans vous étiez, au nom du Parlement Burundais, parmi les négociateurs et vous
nous aviez dit en pleine réunion que plus de 70% du contenu de ces Accords émanent
de vos propositions. Ici, il y a contradiction entre vos paroles et vos actes.
Je m’attendais plutôt à ce que vous nous mobilisiez pour arrêter des stratégies
de soutenir les institutions de transition émanant de la mise en application de
ces Accords.
Il y a des comportements de méfiance à l’égard de certains militants
dans la gestion régulière de votre aile. Les communiqués de presse, les conférences
de presse, les déclarations ont toujours été l’émanation de vous-même et
vos proches zélés conseillers. Vous n’avez jamais accepté l’un ou
l’autre amendement à y apporter en séance plénière. C’est une pratique
antidémocratique, une dictature comme tant d’autres au sein de votre aile.
Alors que d’habitude les cadres du parti qui allaient en mission du
parti devraient donner leurs rapports de mission au Comité Exécutif, il y a eu
ces derniers jours des missions louches des cadres que vous avez organisées
mais dont les rapports de mission n’ont jamais été porté à la connaissance
du C.E.
Nous avons appris avec grand étonnement que vous y étiez investi à détruire
si non diviser d’autres mouvements politiques (cfr. I.C.G. Rapport Afrique N°
29 P.9) après avoir échoué de diviser le parti SAHWANYA-FRODEBU dont vous
vous réclamez une aile. Le C.E. n’a jamais appris le mobile de ces
agissements destructeurs et antipopulaires. L’on se demande
jusqu’aujourd’hui d’où vous tiriez le financement de leurs billets
d’avion, leurs frais de voyage et de séjour en centaines de millions de
francs BU.
Depuis qu’il y a eu l’absence totale de concertation et consultation
sur des questions et décisions importantes qui engagent le parti, ce fût le début
des actions et des gestes qui frisent le ridicule.
J’ai été personnellement sidéré quand j’ai appris que vous êtes
allé faire des manœuvres de rapatrier certaines personnalités burundaises
aujourd’hui réfugiées à DAR-ES-SALAAM spécialement mon grand-frère sans
m’avoir avisé ni averti. Quand j’ai su le mobile qui vous avait poussé à
entreprendre une telle action sans consulter votre C.E., j’ai compris pourquoi
vous n’aviez pas osé m’informer du rapatriement envisagé de mon grand-frère.
Vous
avez même poussé très loin jusqu’à s’imiscer dans des questions
strictement familiales que vos conseillers spécialistes en commérages ont pris
soin de divulguer dans tous les bistrots de la Capitale Bujumbura. Qu’est-ce
que votre aile a à voir avec une affaire familiale ? C’est toujours cet
esprit destructeur et divisionniste qui vous anime.
A ce que je sache il y a une commission tripartite de rapatriement qui
s’attelle sur toutes les questions relatives au rapatriement des burundais réfugiés.
Vous vous êtes momentanément substitué au H.C.R. pour des fins qui vous sont
propres. Est-ce que l’objectif que vous visiez a été atteint ? Wait
and see ! L’on se demande encore une fois d’où est venu le
financement de ce rapatriement toujours en termes de millions de francs BU.
Pour le cas de mon grand-frère, je voudrais vous rassurer qu’il va se
rapatrier quand l’heure de rapatriement va sonner et par le biais des
instances habilitées. Comme vous prétendez diriger une aile du parti, je vous
demanderais d’affecter ces frais de rapatriement de mon grand-frère à la
construction de sa parcelle sis à l’AV. de l’Université N° 26. Sa villa
et annexes abritaient de bonne heure le siège du parti de feu S.E. Melchior
NDADAYE et détruis pour avoir servi à cette cause noble.
Mon
grand-frère sera fier :
- de loger dans sa villa de retour au pays natal ;
- de vous trouver reconnaissant du rôle qu’il a joué dans l’éclosion, l’émergence et la victoire du parti dont vous vous réclamez d’une aile ;
- de vous revoir unis, réconciliés et parlant le même langage que les autres militants du FRODEBU;
-
de vous trouver actif comme dans le temps pour que le peuple burundais
recouvre la paix dans sa dignité.
Eu égard à tout ce qui précède et ne
pouvant plus endurer vos propos et manœuvres politiciens au nom du parti
SAHWANYA-FRODEBU qui risquent d’ailleurs de nous éloigner des millions des
militants électeurs de feu Melchior NDADAYE et vous-même et vous-même, j’ai
l’honneur de venir auprès de votre honorablicime pour vous informer de ma démission
de toutes les instances de votre Aile momentanément.
Je voudrais profiter de cette même occasion pour informer mes camarades
militants qui me lisent en copie que l’heure a sonné de se retirer gentiment
et tranquillement comme les autres de ce noyau diviseur et destructeur (ICG
Rapport Afrique N° 29 Pge 9) de notre parti.
"Avant
l’heure ce n’est pas l’heure
Après
l’heure ce n’est plus l’heure
L’heure
c’est l’heure".
Veuillez agréer, Honorable Président, l’expression de ma très haute considération.
Ambassadeur
NDUWABIKE Jean-Marie
Militant
du parti SAHWANYA-FRODEBU.
- Mme, Mr le Membre du Comité Exécutif
de l’Aile NZOJIBWAMI.
