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Burundi - Opinion L'Uprona et le Frodebu se lancent dans une campagne de recrutement en pleine guerre, selon un militant des droits de l'homme.
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Bujumbura, le 15 avril 2002 (Net Press). Les deux "grands" partis burundais, à savoir l'Uprona (négociateur) et le Frodebu, ont entrepris depuis le week-end une campagne de recrutement des membres en vue de se positionner par rapport aux futures élections post-transition. L'Uprona de M. Luc Rukingama, allié à l'Annadé, tendance Elysée Ntiranyibagira, a choisi la province de Mwaro où une somme de 450.000 Fbu a été remise aux militants dudit parti pour construitre la maison du parti tandis que le Frodebu a choisi la province de Bubanza pour stopper la "raffle" des partisans par le Cndd et le Palipehutu.
Cette campagne est entamée après la mise en place des institutions de transition que les deux partis contrôlent entièrement à savoir, le gouvernement, le parlement et le sénat à la grande déception des "petits" partis qui escomptaient mieux à Arusha.
Le compte à rebours a donc commencé pour la prochaine étape, celle du contrôle du pouvoir par la voie des élections après la période de transition. Le choix de Bubanza pour le Frodebu et de Mwaro pour l'Uprona n'est pas un fait du hasard : aux élections de 1993, le Frodebu qui recrutait essentiellement les Hutu a obtenu un score record de 86,25 % à Bubanza tandis que l'Uprona qui recherchait les Tutsi a obtenu le score le plus élevé à Muramvya (avant la naissance de la province de Mwaro) de 38,21%. Aussi, d'après les statistiques coloniales du 31 décembre 1956, Bubanza avait le taux le plus élevé de Bahutu tandis que Muramvya avait le taux le plus élevé de Batutsi (26,25%) après celle de Bururi (28,93%).
Cette campagne se déroule en pleine guerre qui vient de durer plus de 8 ans. On se rappelle que les deux partis politiques ont une grande responsabilité dans le putsch sanglant qui a emporté le président Ndadaye et le génocide qui a emporté des milliers de Batutsi et Bahutu membres de l'Uprona. Les deux partis ont géré la convention de gouvernement, le partenariat entre le gouvernement et le parlement. Ils contrôlent aujourd'hui les institutions de transition et se lancent dans une campagne de recrutement alors que la guerre fait toujours rage dans tout le pays.
Il aurait été préférable que les responsables des deux partis politiques demandent d'abord pardon au peuple pour les élections mal conduites en 93, posent ensuite un geste de solidarité avec les sinistrés dans les camps de déplacés ou de réfugiés constitués suite à la guerre post-électorale, et promettent enfin une vraie justice pour juger les coupables de tous les crimes, avant de se lancer dans une nouvelle campagne politique.
