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les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC)
Un
séminaire de concertation nationale des professionnels des Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication s’est tenu l’hôtel
NOVOTEL du 27 au 28 février 2001. Il
était organisé par le PNUD et le Ministère de la Communication dans le cadre
du projet BDI/00/002 « appui à
la mise en place d’une stratégie nationale en NTIC».
Le Burundi , comme les autres pays de la planète est entré dans le siècle
des nouvelles technologies de l’information et de la communication . Des
cyber-café naissent, des centres de formation en informatique prolifèrent, le téléphone mobile gagne les coins le plus
reculés de l’intérieur de pays. Cette « révolution » dans la
communication appelle les pouvoirs publics à mettre sur pied une politique
appropriée de régulation et de promotion
de ces nouvelles technologies car l’expérience des autres pays montre à
suffisance que le NTIC sont devenues incontournables dans le développement.
Une
enquête préalable sur l’état des lieux des NTIC au Burundi
Afin
de mieux élaborer une stratégie de promotion nationale des NTIC, le
gouvernement doit maîtriser l’état des lieux des NTIC au Burundi pour que la
politique à définir tienne compte de la réalité sur le terrain. C’est
ainsi que le projet « appui à la mise en place d’une stratégie
nationale des NTIC » a entamé une enquête
pour évaluer l’ampleur de la pénétration des NTIC dans la société
burundaise. Cette enquête a été orientée sur quatre pistes de recherche :
-
L’évaluation des besoins liés aux NTIC
-
Le parc informatique
-
Les centres de formation
-
Les « Télécentres », les « Cybercafés », les
« Points phones » et « Business center ».
Pourquoi
une séminaire des professionnels des NTIC ?
La
tenue du séminaire à l’intention des professionnels des NTIC est, pour les
organisateurs, une étape importante dans le processus d’évaluation des
besoins et de mise en place d’une stratégie concertée de promotion de ces
nouvelles technologies. Ce sont en effet
les prestataires et utilisateurs des NTIC qui sont d’une certaine manière ,
les mieux indiqués pour appréhender les opportunités, les contraintes et les
défis de leur implantation dans la société burundaise. Des exposés ont été
organisés sur :
-
l’utilisation de la téléphonie cellulaire
-
la politique de régulation des télécommunication
-
l’internet au Burundi
-
L’intranet au Burundi
-
L’E-gouvernance
-
Le télé-enseignement et vidéo-conférence
-
La télé-médecine
-
L’E-commerce
-
La politique burundaise de régulation des média
-
La confection d’un site web
-
Les NTIC et leur impact macro-économique au Burundi
-
L’expérience du Rwanda dans la mise en place d’une stratégie
nationale en NTIC
De
ces exposés devait suivre un débat pour les enrichir et dégager un consensus
pour aboutir à la formulation des perspectives. Les participants devaient
proposer des solutions raisonnables et durables compte tenu des réalités du
Burundi. La stratégie qui devra être
élaborée devrait avoir une portée nationale une portée nationale.
Une
faible pénétration des NTIC au Burundi
Les
différents exposés sur le téléphone mobile et les usages multiples de
l’internet (médecine, commerce, éducation etc) ont mis en évidence le rôle
de moteur des nouvelles technologie de l’information et de la communication
dans le développement des pays. Mais, les participants ont constaté que le
Burundi connaît un taux faible de pénétration des NTIC due principalement à
la faiblesse du pouvoir d’achat et à la situation d’insécurité qui ne
favorise pas l’investissement. D’autres contraintes d’ordres structurel et
organisationnel ont été relevés par les participants :
Une
forte concurrence d’opérateurs de téléphone mobile sur un marché étroit :
Au Burundi, le téléphone mobile a été introduit
pour la première fois en 1994 par
la société TELECEL. Six ans après, en 2000, deux nouvelles autres sociétés
sont nées à savoir : AFRICELL et SPACETEL. Les trois sociétés se
partagent un marché de 24000 abonnés, ce qui s’avère insuffisant au regard
de la taille des investissements parce que ces sociétés sont tenues de couvrir
tout le territoire national. De plus, le manque d’infrastructures socio-économiques
comme l’électrification des centres communautaires de l’intérieur du pays,
la dispersion des concentration urbaines et la topologie montagneuse complique
le travail des société de téléphone mobile. A cela s’ajoute l’imposition
douanière élevée et le tarif de l’Agence de Régulation des Communications
et des Télécommunications » (ARCT)
qui perçoit 5$Us sur chaque appareil de téléphone mobile. Il est à
souligner cependant que le taux de pénétration du téléphone mobile reste élevé
par rapport au téléphone fixe dont le nombre total d’abonnés est estimé à
13.000.
Un
retard manifeste dans la régulation des NTIC : Dans
leurs exposés, les représentants de l’ARCT (Agence de Régulation et de
Contrôle des Télécommunications) et du CNC (conseil national de la communication) ont mis en
exergue les difficultés qu’éprouvent les deux organes de régulation dans
leur mission de réguler et de contrôler les télécommunications. La
privatisation de l’ONATEL a particulièrement attiré l’attention des
participants car les trois opérateurs de téléphone mobile et le service
internet (CBINET) du Centre
National d’Informatique (CNI) dépendent étroitement des services de
l’ONATEL. Le risque évident pour ces opérateurs est que
le futur patron de l’ONATEL pourrait
profiter des énormes investissements consentis par l’Etat pour
mener une concurrence « mortelle » nouveaux
opérateurs du téléphone mobile et d’internet qui se recherchent
encore sur le plan financier.
L’autre
problème soulevé est la double
existence des organes de régulation dans un environnement qui évolue
rapidement sur le plan des
techniques et du marketing . L’ARCT
et le CNC régulent respectivement la surveillance du secteur des télécommunication
et le contenu des média. Pour certains participants, l’existence de deux
organes de régulation est inopportune. Par exemple, les radio sont agrées par
le CNC et l’ARCT octroi des fréquences et se demandaient si cela ne pourrait
être fait par un seul organe de régulation. De plus, un agent d’une radio
privée a déploré le fait que l’ARCT
octroi des fréquences à des conditions particulièrement onéreuses :
5000$ par fréquence et une taxe de transaction de 5%. Quant aux opérateurs du
téléphone mobile, ils se plaignent également des taxes élevées perçues par
l’ARCT sur les terminaux et les réseaux. Par exemple, l’ARCT perçoit 5$ Us
pour chaque terminal si bien qu’elle déploie même des agents à l’aéroport
pour rechercher dans les bagages,
comme les agents de douane, d’éventuels téléphones mobiles. Pour le
Directeur Général de l’ARCT , cette situation n’est que normale car
la loi le prévoit ainsi et elle doit être appliquée dans son intégralité.
De la concertation, a-t-il cependant ajouté, des propositions pourraient être
formulées en vue de faciliter le travail des opérateurs dans le domaine des
NTIC.
Les
participants ont aussi exprimé leur inquiétude quant à la réglementation et
la formation. Les textes de lois sont souvent dépassés par l’évolution des
technologies de communication. Des cas de piratage de domaines
ou d’attaque des sites web existent aujourd’hui sans qu’il y ait un
arbitrage quelconque. Les journaux électroniques ne sont pas régis par une
quelconque réglementation, à reconnu le représentant du CNC. De plus, les
organes de régulation n’ont pas de personnel qualifiée pour arbitré ce
genre de conflits sur le web ou sur le téléphone sans fil. Les participants
ont exprimé le souhait que les pouvoirs publics adaptent la législation à la
situation actuelle. Il en est de même pour la privatisation de l’ONATEL qui
doit tenir compte de nouveaux opérateurs
dans le secteur qui n’ont pas les mêmes infrastructures mises en place par
l’Etat du Burundi.
Usage
fort limité de l’internet au Burundi : L’usage
de l’internet au Burundi se réduit en grande partie à la messagerie électronique
et rarement à la recherche sur des
sites web. Dans les cyber café et les
centres de documentations, les
usagers s’inscrivent pour des
e-mail gratuits , reçoivent ou envoient
des messages alors que l’internet a la capacité de rendre des services
multiformes. Dans le domaine de l’éducation, un professeur peut maintenant
dispenser son cours à partir d’une université se trouvant aux Etats Unis ou
en France. Un éminent médecin se trouvant en Inde peut intervenir dans le
traitement d’un patient éloigné en Afrique ou en Amérique latine grâce aux
multiples applications d’internet. Il en est de même pour le commerce où
actuellement des opérations d’achat et de vente peuvent se faire désormais
sur ordinateur par l’intermédiaire du numéro d’une carte de crédit. Dans
le domaine agricole , des données sur le climat, les conditions de semis,
de traitement phytosanitaires et de situation du marché peuvent être obtenus
grâce à l’internet. De ces applications, il a été constaté que les NTIC
ont un grand rôle à jouer dans le développement socio-économique des pays en
développement. Au cours du séminaire, il a été démontré
qu’une organisation ou un service
peut disposer d’une sorte de site
web privé « intranet » à partir duquel tous les canaux de
communication et de documentation sont installés et accessibles aux concernés ,
quel que soit la distance qui les sépare.
Que
faire pour la promotion des NTIC au Burundi ?
Les
participants ont formulé une série de recommandations en vue de promouvoir les
nouvelles technologies de l’Information et de la communication. Les pouvoirs
publics sont invités à créer un environnement propice aux au développement
des NTIC par un vaste programme de
formation en informatique aussi bien à l’école secondaire qu’à
l’enseignement supérieur. Les cadres et agents des entreprises du secteur
public et privé devait bénéficier également de stage de formation et de
recyclage dans les NTIC. Un accent particulier a été mis sur la privatisation
de l’ONATEL : elle doit
tenir compte du pouvoir d’achat
des Burundais et de ses relations avec les nouveaux opérateurs dans le téléphone
mobile et l’internet car autrement, le futur propriétaire de l’ONATEL bénéficiera
en effet d’énormes investissements
de l’Etat pourra
s’ériger en monopole au détriment des contribuables au pouvoir
d’achat fort limité et des nouveaux opérateurs dans le téléphone mobile et
l’internet qui dépendent, techniquement de l’ONATEL.
Bref,
le séminaire aura été une occasion offerte aux professionnels des NTIC d’échanger
leurs expériences ; de évaluer le pas franchi dans la pénétration de
ces nouvelles technologies et d’envisager des perspectives. Le Burundi comme
les autres pays du tiers monde doit faire face au défi de la mondialisation
dont l’évolution est fort accéléré par les NTIC. C’est pour cette raison
que le gouvernement du Burundi, appuyé par le PNUD se met à l’œuvre pour
faire l’état des lieux de l’implantation de ces nouvelles technologies en
vue de les intégrer dans le processus de développement.
Par Jean-Marie V. Kavumbagu
