RUGAMBA-NET PRESS

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Déclaration du CNDD face à la situation sécuritaire prévalant dans le pays.

1. Depuis bientôt deux semaines, on assiste à une recrudescence de la violence sur l'ensemble du territoire national est particulièrement dans les provinces de l'Est du Burundi et tout près de la capitale Bujumbura et spécialement dans les localités de Tenga et Kivoga.

2. Le CNDD constate que dans ce que le gouvernement appelle des opérations de contre-offensive contre les rebelles, l'armée monoethnique tutsie pratique une politique de la terre brûlée, en massacrant sauvagement les populations civiles et en détruisant systématiquement tous leurs biens. Bien que le pouvoir s'ingénie à vouloir persuader l'opinion internationale que les violences sont circonsrits à l'Est et tout près de Bujumbura, force est de constater que l’armée sème l’insécurité et la désolation partout. L’exemple le plus éloquent est la destruction entre autre du centre protestant de Mweya tout près du chef lieu de la province de Gitega où l’armée a détruit les maisons du centre et pillé tous les biens et les avoirs des élèves du centre de Mweya, ce vendredi soir.

3. Passé maître dans l’art de mentir et poussant la versatilité à l’extrême, le pouvoir de Bujumbura profite de l’opprobre que les chefs de la sous-région ont jeté sur les rebelles non signataires de l’Accord de paix d’Arusha, pour s’adonner à une barbarie extrême qu’il impute allègrement aux dits rebelles, question de couvrir ces exactions et de poursuivre impunément ce qu’il appelle ouvertement "la guerre du nombre " qui n’est rien d’autre qu’une pratique génocidaire jamais observée nulle part ailleurs dans le monde.

4. Le CNDD demande aux chefs d’Etats de la sous région et au Facilitateur Nelson Mandela de ne pas se laisser abuser par les jeux extrêmement subtils et cyniques du pouvoir de Bujumbura, de prendre des mesures sérieuses, dénuées de toute ambiguïté ; susceptibles d’alléger les souffrances du peuple burundais qui croupit sous un régime véritablement raciste. Concrètement, le CNDD demande de la part de la communauté internationale, des chefs d’Etat de la sous région et du Facilitateur, la condamnation et l’isolement du régime de Bujumbura, qui sous-prétexte de poursuivre les rebelles, s’adonne à un odieux pogrom visant selon le pouvoir à établir l’égalité du nombre ( de hutu et de tutsi) au Burundi.

5. Le CNDD rappelle que s’il a accepté le principe de la cessation des hostilités pour donner la chance à la paix, cela ne veut nullement signifier qu’il restera insensible à l’agonie d’un peuple extérminé par un pouvoir qui était censé le protéger ; seule une politique musclée envers ce pouvoir sanguinaire viendra à bout de l’oligarchie putschiste de Bujumbura.

 

Fait à Musenyi, le 15 Octobre 2000
Léonard NYANGOMA
Président


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