http://www.cbinf.com/netpress.bi

NZEYIMANA LAURENT
AVOCAT A LA COUR
Bujumbura,
le 05 avril 2001
V/réf.
:
N/réf.
:
Monsieur
le Ministre de la Justice
et Garde des Sceaux
BUJUMBURA.
Monsieur le Ministre,
Concerne : M.P.C/RUGAMBARARA Alphonse.
Je me permets de recourir à votre haute autorité pour que je puisse
exercer les devoirs d’assistance reconnus par la loi au conseil d’un inculpé.
Comme
vous avez pu l’apprendre par la teneur de ma lettre n° 02/7425/73/520/11 du
1er avril 2001, le Dr. RUGAMBARARA Alphonse, Président du Parti MSP-INKINZO et
porte-parole de
huit partis
politiques soutenant
la candidature
du Colonel Epitace
BAYAGANAKANDI durant la première période de la Transition, est en détention
préventive depuis le samedi 31 mars 2001 sous le mandat d’arrêt provisoire
du Procureur Général de la République .
Avant son arrestation, lors de son dernier interrogatoire sur le chef
d’inculpation d’outrage à Chef d’état, le 15 mars 2001, j’avais demandé
au Procureur Général de la République, en sa qualité de magistrat
instructeur, de m’informer sur les éléments du dossier à charge de mon
client.
Après l’arrestation du Dr. RUGAMBARARA A., quinze jours plus tard, le
31 mars 2001, le haut magistrat me donna rendez-vous lundi dans l’après-midi,
02 courant. En me recevant brièvement à son Cabinet, le Procureur Général
m’expliqua son indisponibilité et me fixa de le contacter le lendemain, mardi
03 avril 2001, ce que je fis par le canal de son secrétaire. Mercredi, 04
courant, il fut expliqué que le magistrat participait à une importante réunion,
mais toujours sans aucune perspective d’une autre possibilité de rencontre.
Vous comprendrez certainement que, au 6éme
jour de l’arrestation de mon client, dans les conditions qui sont
totalement illégales, je puisse recourir à votre haute Autorité. En effet, il
apparaît que :
-
d’une part, l’une des infractions libellés
dans le mandat provisoire, à savoir la diffusion des
tracts anonymes, n’a pas fait l’objet d’un interrogatoire préalable
du présumé inculpé avant
-
d’autre part,
l’un des
axes essentiels
de la réforme du code de procédure pénale, à savoir
Compte tenu de cette situation, je vous saurais gré de bien vouloir
m’accorder une audience pour vous exposer plus amplement le bien-fondé de mes
doléances.
Je vous remercie infiniment pour la diligente attention que vous voudrez
réserver à la présente et vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en
l’assurance de mes sentiments de haute considération.
NZEYIMANA
Laurent.
Sé.
c.c.à :
- Monsieur
le Procureur Général
de la République.
