RUGAMBA-NET PRESS

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SOS corruption: Sauvez l’Etat du Burundi

 

                                          Par J.P. Nzinahora,

                                                                                       lecteur des dépêches Net Press


          L’agence Net Press fait de temps en temps écho de faits qui frisent le scandale dans un pays normal et organisé. Timidement elle nous informe des actes de corruption qui prennent des dimensions  de plus en plus inquiétantes avec la manipulation des textes sur mesure des individus, des attributions de marchés de façon fantaisiste au gré de quelques bénéficiaires particuliers, des avantages accordés abusivement à certaines sociétés privées au détriment de la concurrence loyale et de l’intérêt général, des investissements fantaisistes pour caser telle catégorie personnes, etc. Autant de scandales qui font la une des bistrots et des salons car l’espace d’expression est au Burundi verrouillé tandis que la presse presque inexistante est muselée.

 

           Tel ministre passe pour être la vedette de la semaine quand ce n’est pas un monopole permanent et qui lui donne le « trophée de l’abusier ». Tel autre tente de faire comme les autres car la règle devient de plus en plus : « faire vite et partir »; le contexte de la pré-transition fait le lit de la corruption et certains responsables n’y vont pas par quatre chemins: ils se servent ou se font servir par les plus offrants avant qu’Arusha ne sonne la fin de la course. Si un jour International Transparancy passait au pays pour faire ses investigations, le Burundi risque de damer la place au Cameroun ou au Nigeria. La corruption est inquiétante au Burundi et le vandalisme risque d’être une valeur comme au Zaïre de Mobutu.

 

    Des cas de corruption ou de malversation qui défraient souvent la presse sont nombreux. On ne saurait pas les passer toues en revue et on évoquera ici quelques cas à titre d’illustration sans que cela puisse être les plus exemplaires. Les cas évoqués dans ces lignes sont donc des cas parmi tant d’autres. Ils sont indicatifs et non des modèles choisis. En voici donc quelques uns.

 

       Le marché d’informatisation de l’INSS et l’intervention abusive du ministre des finances, M. Charles Nihangaza (voir les dépêches Net Press de ces derniers mois) a poussé plus d’un à lancer un SOS. Il faut lancer cet SOS pour attirer l’attention du public sur le nouveau mal burundais qu’est la corruption et le bradage du patrimoine de l’Etat. Le zèle du ministre des finances cachait quelque chose de difficile à avouer. Comment est-ce que le ministre des finances pouvait être le mieux avisé que la direction et le personnel de l’INSS pour juger l’urgence de l’informatisation de cet institut à des coûts qui ont été portés à la connaissance du public? Au Rwanda l’institut-frère de l’INSS a été informatisé au coût de 800 000 US $ alors qu’on veut le faire pour INSS à près de 2 millions de US $. Pourquoi l’activisme de la société GALINT au point de singulariser le ministre Nihangaza en éclipsant  et en isolant la direction de l’INSS?

 

         Si ces questions se posent aujourd’hui pour le dossier d’informatisation de l’INSS, elles le sont aussi pour d’autres sociétés et pour d’autres secteurs publics. Mais l’intervention du ministère des finances a été jugée exagérée par l’opinion publique.

La société GALINT devient la nouvelle AFFIMET dans l’opinion publique. Néanmoins celle-ci a fait face à la vigilance et à la détermination du personnel et de la direction de la société INSS. Pour une fois la direction d’une société publique a pu parlé le même langage que son personnel pour défendre les intérêts de la société. C’est un progrès.

 

            Après avoir échoué dans le dossier téléphonique de l’ONATEL, un dossier qui a fait préjudice aux usagers des services de l’ONATEL depuis plus de 2 ans, la société GALINT avait rechargé ses batteries pou gagner la cagnotte de l’INSS; peu importe le prix à payer. Dans ce dossier une main longue, invisible pour les non avisés et remarquable pour les initiés, était en train de tirer les ficelles au détriment de la société et de ses affiliés. Ce sont les mêmes intérêts qui ont prévalu à l’ONATEL qui étaient à l’INSS. Il a fallu la forte détermination du syndicat de l’ONATEL pour casser les manœuvres entourant l’offre du marché du central téléphonique de la société. Le personnel de l’INSS a été aussi déterminé que celui de l’ONATEL. des exemples à suivre pour sauver l’Etat burundais de la galère actuelle de corruption.

 

         Ailleurs la situation n’est pas reluisante. On déplore l’attribution fantaisiste des marchés au détriment du trésor public. La presse nous a servi les magouilles récentes autour de l’attribution du marché d’engrais à la société CHIMUSA par le même ministère des finances. Les lecteurs des dépêches Net Press avons remarqué le caractère douteux qui entouraient ce marché. Les correspondances qui ont été faites à ce sujet montrent à suffisance qu’il y a anguille sous roche dans l’attribution de ce marché à CHIMUSA.

    Les normes ne sont plus observées; les antécédents ne sont pas tenus en considération,...etc. Pour le ministère de l’agriculture, il ne se passe jamais une année sans qu’il y ait un scandale autour des marchés de fourniture d’engrais à ce ministère.

 

              On ne peut pas inventorier tous les cas qui font honte à la gestion du patrimoine de l’Etat. Chaque ministère à son coin d’ombre et qui fait mystère impénétrable car l’absence de transparence et de média d’investigation fait que le public se contente des bribes et des demi-verités. L’opinion publique se contente de la grogne.

 

           A la présidence de la République, ce sont plus 55 millions de francs Bu qu’on ne peut ou qu’on ne veut pas rembourser et qui ont été attribués aux grands dignitaires du pays qui sont en fonction, en exil ou font leurs affaires. Les uns sont aujourd’hui à la rébellion comme Léonard. Nyangoma. Ils ont des biens au pays mais on ose pas les toucher. Les autres sons des grands dignitaires en fonction ou considérés comme tels. On ose pas leur exiger le remboursement, car là-bas c’est le carré des intouchables dont tout est permis pour eux.

 

            A l’Assemblée nationale, c’est notamment le patrimoines de celle-ci qui a volé en éclat avec le système Frodebu. Ou est passé le mobilier du palais des congés de Kigobe? Demandez à Léonce Ngendakumana. Il ne répondra pas même s’il a mis sur pied une commission pour contrôler les autres. Le public s’interroge avec amertume sur le sort de cette commission d’enquête sur la corruption et les malversations économiques dans les affaires de l’Etat. La commission a-t-elle échoué ou a-t-elle été empêchée de travailler? Elle a le devoir de répondre au peuple burundais qu’elle prétend représenter.

 

             Dans  certains ministères, comme les relations extérieures, on signale des montants détournés dans les ambassades ou des sommes importantes qu’on doit à d’anciens diplomates au titre de rapatriement. C’est aussi le ministre de ce ministère qui gagne la complicité de son collègue des finances pour avoir l’exonération de sa voiture Mercedes grandeur nature. Pourtant un petit citoyen qui importe une misérable japonais à Doubaï ou à Bruxelles est roué de tous les fouets par le ministère de Charles Nihangaza. Personne n’a le droit d’exiger la restitution du au trésor car le responsable de celui-ci a marqué son accord, peu importe l’argument.

 

               A la justice, on parle de la corruption de tout genre. Les procès des génocidaires seraient en voie d’être rémunérées et les cours d’appel acquitteraient facilement et de façon fantaisiste des génocidaires d’octobre 1993. La cour de Bujumbura est dans le collimateur de l’opinion des familles des victimes d’octobre 19993. On ose pas crier, car la justice réprime ce genre d’indiscrétion. Le dossier de libération conditionnelle des deux plus grands concepteurs e exécutants du génocide d’octobre 1993 en détention, à savoir les ex-gouverneurs de Bujumbura Rural et Muyinga, respectivement MM. Aloys Hakiziana et balthazar Ndimurwanko, est en cours sur demande du militant Frodebu procureur général de la République, M.Gérard Ngendabanka. On craint que le ministre T. Sinunguruza ne cède à cette demande qui n’honore pas la justice. Peut-on libérer ce genre de criminels pour la simple fait qu’ils déjà purgé le quart de la peine (20 ans)? Non ces gens se la coulent douce à Mpimba après avoir fait massacrer des milliers de Tutsi à Bujumbura Rural et à Muyinga pour s’acquitter du devoir Frodebu : en finir avec les Tutsi comme le faisait sous-entendre Ndadaye quand il disait qu’en cinq ans , on ne parlera plus de la question Hutu-Tutsi. Il envisageait sa « solution finale ».

 

             Au ministère de l’intérieur, on se plaint de la corruption dans la gestion des dossiers des O.N.G. La population n ’en peut plus avec les abus de certains gouverneurs et administrateurs impliqués dans l’attribution des propriétés foncières à certains dignitaires ou qui attribuent ces propriétés. La gestion des terrains domaniaux est opaque et le patrimoine de l’Etat en partit beaucoup. Personne n’est poursuivi car les personnalités impliquées sont rois dans leurs circonscriptions.

 

             Au ministère de la défense, la presse a fait écho ces dernières années de l’achat « d’avions-épaves » qui aurait coûté cher au trésor public. Mais on ne connaît pas la suite, peut-être qu’il y a là un secret défense.

 

               Au ministère de l’environnement, la gestion des terres est devenue un scandale : des centaines des dignitaires ont bénéficié de ce ministère des milliers des hectares qu’ils n’exploitent même pas alors que des centaines de milliers de burundais croupissent dans des camps de déplacés ou de regroupés sont sans terre. La corruption guide toutes ces transactions et on dit ici et là qu’on attend le rapatriement des réfugiés pour y avoir clair, selon une certaine opinion optimiste qui pense qu’on pourra déroger les bénéficiaires actuels.

 

    On ne peut que s’arrêter là, car il est impossible de tendre vers l’exhaustif. On ne peut que rester indicatif. En dehors des ministères, il y a les sociétés publiques qui connaissent le même phénomène. La corruption y est aussi devenue un art qui se généralise. Elles sont touchées du doigt par l’opinion publique. Les unes ferment après les autres pour cela et pour scandaleuse gestion.

 

    Ailleurs ce n’es pas non plus reluisant. Il serait trop prétentieux de croire que l’on peut inventorier tous les cas qui font honte à la gestion de l’Etat. Les rapports d’inspection des finances montrent toujours des cas inquiétants et qui restent impunis. Rares sont les dossiers qui arrivent devant les juridictions. Tout est couvert par le système de corruption et un réseau dense de couverture se tisse petit à petit si bien que International Tranparency aurait de quoi dénoncer si elle s’intéressait davantage au Burundi. Les pouvoirs publics et surtout les trois présidents de la République, particulièrement Buyoya et Sinamenye, devraient se ressaisir et exiger l’assainissement de la gestion de la chose publique. Le citoyen a lui aussi le devoir de dénoncer ces cas de dilapidation du patrimoine et du trésor de l’Etat, car c’est son argent lui soutiré sous diverse forme d’impôts qui va directement dans les poches de ces « bandits au col blanc » et qui affichent le soir l’arrogance au bistrot au tour d’un verre de bières importées. Nous n’avons lancé ici qu’un simple SOS pour qu ’il y en ait qui puisse encore se rappeler qu’un jour la vertu a existé au Burundi.

 

JP. Nz.


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