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REPUBLIQUE DU BURUNDI
PARTI SAHWANYA-FRODEBU
SECRETARIAT
GENERAL
Tél : 24 35 45 / 0910 240
B.P 62 28
BUJUMBURA.
Ce samedi 14 Juillet 2001, le Bureau Exécutif du Comité Directeur National du Parti SAHWANYA-FRODEBU s’est réuni en sa séance ordinaire à la Permanence Nationale sise au Bld du 28 Nov. N°78 sous la direction du Président et Représentant Légal, l’Honorable Augustin NZOJIBWAMI.
Un seul point était à l’ordre du jour à savoir :
Les
conclusions de la récente rencontre de Prétoria sur le processus de Paix.
A l’issue de cette réunion, le Bureau Exécutif du Comité Directeur National porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ce qui suit :
1° L’identification correcte des parties au conflit burundais.
2° L’adoption d’une méthodologie adéquate à savoir
a) Négocier le cessez-le-feu
b) Négocier un Etat de droit
c) Négocier les institutions capables d’assurer le passage de l’Etat de guerre à l’état de droit.
1°
De l’identification des négociateurs
a)
Les partis politiques.
Aussitôt les négociations commencées , la quasi totalité des partis
politiques s’est scindée en deux en raison des divergences de vision qu’il
fallait imprimer au processus de paix. Les uns prônaient la résolution du
conflit burundais, les autres privilégiaient la logique de la confrontation
ethnique avec le cortège de malheurs que cela doit entraîner.
L’équipe de la facilitation opta malheureusement pour travailler avec
le groupe qui a choisi la logique de la confrontation ethnique.
b)
La rébellion.
De même, en excluant des négociations la rébellion armée des FDD et des FNL, l’équipe de l’ancienne facilitation a hypothéqué dangereusement et irréversiblement toute chance d’obtenir un cessez-le-feu et l’arrêt définitif de la guerre.
2° De la procédure
méthodologique.
a)
La négociation du cessez-le-feu.
Dès
lors que les négociateurs étaient mal identifiés, qu’ensuite la rébellion
FDD et FNL était exclue, il était littéralement impossible d’obtenir un
cessez-le-feu. Il n’est donc pas étonnant que la Déclaration de
cessez-le-feu du 20 Juin 1998 n’a jamais été suivi d’un quelconque effet.
Par la suite, la médiation préférera escamoter cette question, la renvoyant ainsi aux calendes grecques.
b) La négociation de l’Etat de droit.
c) La Négociation des institutions.
A défaut d’un accord sur le cessez-le feu, à défaut d’un accord sur un
Etat de droit, les négociateurs sont arrivés à un accord dépourvu de contenu
et se sont finalement rabattues sur le partage pernicieux et mesquin des postes
sur base des critères éhontés d’ethnisation de la société burundaise. Le
paroxysme du cynisme vient d’être atteint à Prétoria où Mandela, le sud
Africain, vient de désigner un Président et un vice-président de la République
pour piloter des institutions chargées de mettre en application un accord vide
de contenu au grand mépris de la souveraineté nationale ; de l’intérêt
supérieur de la Nation et de la dignité du peuple burundais.
1° La Responsabilité du Gouvernement.
Le gouvernement qui devait se démarquer en défendant d’entrée de jeu l’intérêt supérieur de la Nation qu’était l’arrêt du conflit armé, s’est montré démissionnaire en se confondant au Parti UPRONA.
2° La Responsabilité du Président de la République.
Le Major Pierre Buyoya, Président de la République, ne trouvant pas suffisante la légitimité reçue des représentants du Peuple à travers l’Assemblée Nationale le 6 Juin 1998, a préféré rivaliser d’ardeur avec certains partis politiques dans la recherche d’une hypothétique légitimité étrangère.
Par ses positions instables et cyclothymiques sur les questions de cessez-le-feu et de mise en place des institutions de transition, le Major Pierre Buyoya a complètement désorienté tout le peuple burundais.
En outre le fait d’avoir accepté d’être désigné à Prétoria, en terre étrangère, est un autre paradoxe de plus à la charge du Major Pierre Buyoya.
3) La responsabilité de l’Assemblée Nationale.
En acceptant de se diluer dans des ailes des partis politiques, l’Assemblée Nationale devenait ainsi capable d’éclairer la facilitation sur les réalités burundaises.
4) La part des commissionnaires de la Facilitation.
Les commissionnaires de l’ancienne facilitation, représentés par le Dr. Jean MINANI et autres NDAYIZEYE Domitien, préoccupés par l’appât du gain, ont brillé par le montage des manœuvres d’exclusion et de désinformation jusqu’à mentir à la facilitation que ce sont eux et eux seuls qui sont les représentants invétérés de la rébellion et de l’ethnie hutu au Burundi. C’est là une course éhontée vers des intérêts égoïstes et abjects.
De son côté, le commissionnaire Jean MINANI, vivant en exil depuis plus de
cinq ans, loin des militants du FRODEBU et déconnecté des réalités du
terrain, a toujours nourri des prétentions que c’est lui le représentant du
Parti SAHWANYA-FRODEBU.
5)
La responsabilité des délégués de l’UPRONA.
Les délégués de l’UPRONA, Parti de l’Indépendance et de l’Unité Nationale, ont rivalisé avec les commissionnaires de l’ancienne facilitation dont Jean MINANI et Domitien NDAYIZEYE dans la consécration de la société burundaise en participant à la création des groupements ethniques dans les négociations et en acceptant la désignation d’un chef de l’Etat et de son Adjoint en terre étrangère.
La facilitation, profitant de cette situation anarchique, a supplée le Peuple burundais dans l’exercice de son droit le plus absolu qui est celui d’élire directement ou indirectement ses dirigeants.
FACE A CETTE SITUATION ; LE BUREAU EXECUTIF DU PARTI SAHWANYA-FRODEBU :
1.
Réaffirme sa détermination à poursuivre sa politique de réconciliation,
de cohabitation pacifique, de recherche de la paix d’un Etat de droit afin
d’asseoir la démocratie au Burundi.
2.
Déplore que les négociations d’Arusha aient eu comme résultat
l’ethnisation de la société burundaise.
3.
Déplore que les négociateurs d’Arusha n’aient pas eu pour priorité
la négociation du cessez-le-feu et l’arrêt définitif de la guerre.
4.
Acte par la proposition du Médiateur Mandela sur la question du
leadership de la transition et la rejette de fond en comble parce qu’elle
viole la souveraineté nationale, et ne vient pas répondre aux aspirations ni
des signataires des accords, encore moins aux préoccupations exprimées à
maintes reprises par le Peuple burundais en général et le Parti
SAHWANYA-FRODEBU en particulier. Cette proposition de MANDELA vient
remettre le Burundi cent ans en arrière, à l’époque du Traité de KIGANDA
en 1903 lorsque le Mwami MWEZI GISABO capitula devant la WEHRMACHT Allemande.
5.
Déplore la désorientation délibérée du peuple burundais par le Major
Pierre Buyoya sur la question fondamentale de cessation des violences et de
cessez-le-feu.
6.
Rejette le tandem BUYOYA – NDAYIZEYE pour les raisons suivantes :
- Le tandem en question tire sa légitimité de l’Etranger et non du Peuple burundais
- C’est un tandem qui voudrait venir appliquer un accord vide de contenu essentiel
- C’est un tandem forgé sur fond de préoccupations égoïstes et non sur priorité de l’intérêt supérieur du Peuple qu’est la Paix et la sécurite
- Ensuite le Major Pierre BUYOYA brille par son instabilité dans le discours politique.
- Quant à Domitien NDAYIZEYE, il est plutôt le candidat de la Tanzanie et du juge Mark BOMANI.
7.
Au cas où le Facilitateur persistait à imposer un tel tandem au peuple
burundais, le Parti SAHWANYA-FRODEBU annonce
qu’il s’y opposera énergiquement, farouchement et pacifiquement.
8.
Réaffirme son engagement de faire tout ce qui est en son pouvoir, pour
que le pays recouvre son indépendance et sa souveraineté et le Peuple
burundais sa dignité d’antan.
9. Rappelle au Peuple burundais et aux INZIRAGUHEMUKA que le pouvoir émane du peuple et qu’il en est le souverain primaire. Ainsi est)il invité à se mobiliser pour défendre jalousement et pacifiquement ses prérogatives en cours d’usurpation par un groupuscule mu par des intérêts égoïstes.
Aucune
force, aucune intimidation d’où qu’elle vienne ne pourra nous arrêter sur
le chemin de la remise à notre pays et à tout le Peuple burundais son honneur
vendu à Arusha au prix de 18 mois d’intendance.
10.
Demande à la Communauté Nationale et Internationale de continuer à
soutenir le Peuple burundais tout en reconnaissant son droit inaliénable de se
choisir ses leaders.
11. Enfin, pour sauver ce qui peut encore l’être, le Parti SAHWANYA – FRODEBU propose aux fameux tandem et au Peuple burundais les mesures suivantes :
| Etant donné qu’il y ait cessez-le-feu ou pas, le tandem actuel, désigné par Mandela, dit être décidé de partir après dix-huit mois ; pourquoi ne pas lui faire la décompte des intérêts personnels recherchés pendant cette période pour qu’il parte immédiatement et sans autre forme de procès. Le tandem de Mandela aura ainsi évité au peuple burundais dix huit mois de malheurs supplémentaires. |
| En tout état de cause, si le Gouvernement trouve des difficultés à mobiliser ces montants pour ledit tandem, les militants du FRODEBU et le Peuple burundais se déclarent prêts à leur rassembler ces indemnités de préavis. |
| Le départ immédiat de ce tandem permettra ainsi la mise en place d’une autre Equipe, porteuse d’espoir, qui s’attellera non stop à la négociation d’un cessez-le-feu avant la transition et qui ramènera l’indépendance et la souveraineté violées tout en continuant à remettre le pays sur la trajectoire du processus démocratique aujourd’hui en panne. |
C’est dans cette nouvelle Equipe, qui cherchera d’abord et avant tout un cessez-le-feu et un Etat de droit, que le Parti SAHWANYA-FRODEBU confirme et maintient son candidat, Monsieur Denis NSHIMIRIMANA.
Fait à Bujumbura, le 14/7/2001
Pour le Bureau Exécutif du Comité Directeur National
du Parti SAHWANYA-FRODEBU
LE SECRETAIRE GENERAL ET REPRESENTANT
LEGAL SUPPLEANT
Honorable Thomas BUKURU.
