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UNITED NATIONS Office for the Coordination of Humanitarian Affairs in Burundi |
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NATIONS UNIES Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires au Burundi
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OCHA Office in Burundi
Bujumbura, 04 avril 2001
COMMUNIQUE DE PRESSE
Crises Humanitaires actuelles au Burundi :
Mise à jour de la situation et Réponse Humanitaire
Le Burundi fait actuellement face à trois grandes crises humanitaires simultanées. En effet, les taux de malnutrition ont considérablement augmenté au cours des derniers mois, surtout dans les provinces du nord, dus aux maigres récoltes provoquées par la sécheresse consécutive. De plus, une épidémie de paludisme sans précédent touche toute la population. La situation s’est d’autant plus aggravée suite à la recrudescence de la violence dans les banlieues situées au nord de la capitale Bujumbura, entre le 24 février et la première dizaine du mois de mars, entraînant le déplacement de quelques 54 000 personnes. De nouveaux déplacements de populations ont également eu lieu dans les provinces de Rutana et Makamba suite à la recrudescence des combats vers mi-mars 2001.
Malnutrition
L’augmentation spectaculaire des taux de malnutrition est le résultat d’une faible production agricole, de la maladie et de l’absence de mécanismes systématiques d’appui. Les provinces situées au nord du pays ont connu une forte sécheresse au cours des trois années précédentes. Les provinces les plus éprouvées sont Karuzi, Kayanza, Muramvya, Muyinga, Mwaro et Ngozi. Quatre-vingt dix pour cent de la population burundaise gagnent leur vie en pratiquant l’agriculture. La fin de l’année agricole 2000 (octobre 2000) a été marquée par une production agricole globale de moins de cinq pour cent des niveaux de production avant la crise. Après sept ans de guerre, une crise socio-économique, le déplacement de population et une faible économie ont d’autant plus aggravé la situation.
Le nombre d’enfants admis dans les Centres de Nutrition Supplémentaire et des Centres de Nutrition Thérapeutique a considérablement augmenté entre septembre 2000 et janvier 2001, passant de 1,800 à 4,227 cas admis dans les CNT et de 46,000 à 95,047 cas admis dans les CNS. L’UNICEF estime que si la situation ne s’améliore pas, le nombre de personnes dans les CNS et les CNT pourraient atteindre 100,000 et 6,000 respectivement. Il est prévu qu’avec la nouvelle récolte, le nombre de personnes admises dans les Centres entre mai et juillet 2001 diminuerait sensiblement.
Pour aider les populations sinistrées à assurer leurs provisions alimentaires après la récolte en mai, entre 330 000 ménages vulnérables situés dans les zones rurales (environ 1,6 millions de personnes) ont reçu des haricots et des semences de légumes lors d’une campagne de distribution nationale financée et organisée par la communauté humanitaire présente au Burundi et coordonnée par la FAO. Les distributions de semences ciblent actuellement près de 25 % de la population burundaise. Chaque famille reçoit 10 kg de graines de haricot et 10 grammes de semences de légumes. Ainsi, un total de 3,500 Tonnes de graines de haricot et 1.8 Tonnes de semences de légumes ont été distribuées dans tout le pays. Selon la FAO, la distribution des semences pour la Saison 2001B est la deuxième plus grande opération du genre jamais menée par l’Organisation au Burundi.
Pour veiller à ce que les semences distribuées pour la saison B 2001 de février à juin soient plantées et non consommées, le PAM a accru les Rations de Protection de Semences (RPS) distribuées, ciblant cinq personnes par famille, soit 550,000 personnes dans les provinces les plus touchées par la malnutrition. Les rations destinées à la province Karuzi, la plus affectée par la malnutrition, ont été calculées pour une durée de quinze jours par personne. Dans les autres provinces touchées par la sécheresse et la malnutrition, des rations de dix jours par personne ont été distribuées. Dans les douze autres provinces du pays, 212,500 Rations ordinaires de Protection de Semences d’une durée de vingt jours ciblant une personne par ménage ont été distribuées. La quantité totale des distributions s’élève à 6,200 Tonnes d’aide alimentaire.
Toutefois, les statistiques des familles vulnérables sont constamment en hausse, en raison des mauvaises conditions climatiques, des pluies torrentielles et des inondations après une grande période de sécheresses consécutives. Des facteurs socio-économiques, tels que les mouvements de population, les taux élevés de malnutrition et une détérioration de la situation sanitaire due surtout à l’épidémie de paludisme sont autant de raisons qui empêchent les agriculteurs de cultiver leurs champs.
Le PAM coordonne deux importants programmes de distribution. Des distributions mensuelles par famille ciblant 1,200,000 personnes par mois dans les provinces les plus touchées entre mars et juin assurent une sécurité alimentaire durant la période prédisposée à la famine. En outre, entre 90,000 et 100,000 personnes traitées dans les centres de nutrition recevront 1000 Tonnes de nourriture par mois.
L’UNICEF, chargé par le système des Nations Unies de coordonner les activités nutritionnelles, essentiellement mises en œuvre par les ONGs internationales, assure la disponibilité des produits thérapeutiques, des médicaments essentiels destinés aux centres nutritionnels thérapeutiques. L’UNICEF, tout en assurant un plaidoyer pour une priorité d’intervention dans le secteur de la nutrition, fournit l’assistance technique nécessaire à la mise en œuvre des protocoles nutritionnels, à la planification de tous les partenaires et enfin à l’analyse de la situation nutritionnelle sur toute l’étendue du territoire.
Situation épidémiologique
Le Burundi a été confronté à plusieurs situations épidémiques courant l’année 2000. Ce sont principalement des épidémies de paludisme, de Choléra, de dysenterie bacillaire et de rougeole. Depuis la troisième semaine du mois d’octobre 2000, le pays connaît la plus grande épidémie de paludisme de son histoire. Cette épidémie a touché les provinces des hauts plateaux du pays initialement indemne de la maladie il y a dix ans. En l’an 2000, 35% des problèmes de santé et 50 % des hospitalisations étaient dûs au paludisme. Les structures de santé ont enregistré environ 3,018,985 cas et 1,500 décès.
Pour faire face à cette situation d’urgence, l’OMS en partenariat avec le Ministère de la Santé Publique, a mobilisé toute la communauté humanitaire à travers les structures de coordination existantes. Une réponse prompte de tous les partenaires (OMS, UNICEF, ONG et Coopérations bilatérales) pour juguler a été acquise. Des quantités importantes de médicaments, d’insecticides, de matériels divers et de ressources financières ont été rendues disponibles. Des efforts importants ont été consenti également pour l’augmentation de la couverture vaccinale de la rougeole (campagne de masse), la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’accès aux services de santé et la fourniture d’eau potable à la population. La situation reste cependant préoccupante. Cette situation épidémiologique d’urgence a favorisé la diminution de la productivité, l’augmentation de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité de la populations face aux maladies.
L’UNICEF et le Ministère de la Santé Publique ont contribué à l’augmentation de la couverture vaccinale générale et plus spécifiquement de la rougeole. L’UNICEF a mis en œuvre des campagnes de vaccination contre la rougeole dans les quatre provinces qui n’avaient pas encore étaient couvertes à savoir Karuzi, Muyinga, Kirundo et Ngozi. L’UNICEF va également poursuivre son appui au Ministère de la Santé Publique pour augmenter la couverture vaccinale générale et assurer en priorité la fourniture de nouveau matériel pour renouveler la chaîne de froid.
Déplacement de population en Mairie de Bujumbura
Le 24 février 2001, des combats entre les forces armées et les groupes rebelles se sont produits à Kinama situé dans les banlieues nord de la Mairie de Bujumbura. Les combats se sont très vite répandus vers les zones voisines de Carama, Cibitoke, Kamenge et Mutakura et se sont poursuivis pendant les deux semaines suivantes. Pour éviter d’être pris dans cet échange de tirs, les résidents ont fui ces zones et la plupart se sont dirigés vers les zones situées plus au centre de la ville ou la zone la plus sécuritaire de Buterere. Quelques 54,000 personnes se sont déplacées et se sont regroupées dans les sites en ville, alors que beaucoup ont trouvé abri chez des parents ou des amis.
La communauté humanitaire, coordonnée par OCHA, est rapidement intervenue dans les sites accessibles, en fournissant une aide d’urgence en eau, assainissement, santé ainsi que des vivres et des non-vivres. Cependant, les distributions de vivres assurées par le PAM ont été perturbées par l’insécurité entraînant une perte de 8,5 tonnes d’aide alimentaire. Par conséquent, toutes les distributions du PAM à Bujumbura ont été suspendues.
Une fois que les forces gouvernementales ont repris le contrôle des zones de combat, les personnes déplacées ont commencé à quitter les sites et regagner leurs maisons le 12 mars. Avant le 18 mars, on a signalé que les populations de Kamenge et de Cibitoke étaient rentrées dans leurs maisons après la fin des combats et le rétablissement de la sécurité. Selon les sources administratives, sur un total de 10,000 familles résident à Kinama, 6,500 sont retournées dans leurs propriétés. Le reste des populations vit toujours dispersé dans les zones environnantes.
Après le retour de ces populations, des évaluations rapides ont été organisées à Kamenge, Cibitoke et Kinama en étroite collaboration avec les autorités nationales. Des interventions ponctuelles dans les domaines de la santé, de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation et de la protection ont été entamées par plusieurs agences humanitaires. Le début des distributions de vivres et non-vivres est prévu pour le 26 mars 2001. L’UNICEF appuie également le Ministère de l’Education Nationale pour assurer la reprise des cours dans les écoles primaires touchées par le conflit ; les classes endommagées seront réhabilitées, du matériel scolaire distribué aux enfants. Tenant compte du danger que la présence de toute une série des engins explosifs comportait pour la population en général et les enfants en particulier dans les quartiers affectés par le conflit, l’UNICEF a entrepris une campagne de sensibilisation aux engins explosifs en collaboration avec le Ministère en charge des Droits de la Personne Humaine ainsi que le département chargé de la protection des populations civiles. De plus, depuis le 15 mars un comité mixte Gouvernement du Burundi - Nations Unies - ONGs a été mis sur pied pour surveiller le processus de retour et a mené des visites quotidiennes dans les zones touchées.
Pour plus d’information, prenez contact :
OCHA Burundi Tel: +257-21 80 34 Fax: +257- 21 80 35 E-mail: dha@cbinf.com
