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MEMORANDUM SUR LES PRINCIPAUX PROBLEMES AUXQUELS L'ONATEL  ET SON PERSONNEL SONT CONFRONTES AINSI QUE LES VOIES DE SOLUTIONS A Y APPORTER

 

  I. INTRODUCTION

 

Chaque fois que l'ONATEL a été confronté  à des difficultés qui menacent sa survie, les organes représentant le personnel n'ont ménagé aucun effort pour que ces problèmes trouvent des solutions appropriées.

Même actuellement, l'ONATEL est confronté à des problèmes graves qui, s'ils ne trouvent pas de solutions appropriées, risquent d'occasionner la liquidation de l'ONATEL. Fort malheureusement, l'actuel comité de Direction comme les comités de Direction Précédents reste insensible  à ces problèmes.

 

Dans le présent mémorandum, les  organes représentants le personnel à savoir le Syndicat, le Conseil d'Entreprise et le représentant du personnel au Conseil d'Administration vont mettre en exergue ces principaux problèmes. Ce mémorandum a été rédigé après consultation des représentants de CASOCHA, ALETEL, POS 97 et AFO.

 

II .PRINCIPAUX PROBLEMES AUXQUELS L'ONATEL EST CONFRONTE

 

II.1.POUR  LE PERSONNEL

  Si on se réfère au secteur des télécommunications, c'est l'ONATEL qui paye mal son personnel. Les conséquences malheureuses se traduisent par la fuite de ses cadres et   techniciens .

  Ci-après la liste de ce personnel qui a fui l'ONATEL vers les nouvelles sociétés des télécommunications  :

 NOM ET PRENOM                

QUALIFICATION     SOCIETE DE REFUGE

1. Yves NSABIMANA

Economiste Maîtrise en Gestion.

TELECEL

2. Rose SINDABOKOKA

A1   Economie

TELECEL

3. NISHEMEZWE Vianney

Ingénieur en Télécom

TELECEL

4. HAMENYIMANA Damien Ingénieur en Télécoms

TELECEL

5. NDINKABANDI Bernard Ingénieur en Télécoms

TELECEL

6 SIMBA Janvier

Ingénieur en Télécoms

TELECEL

7. HAKIZIMANA Emmanuel Ingénieur en Télécoms

TELECEL

8. HAKIZIMANA Constaque Ingénieur en Télécoms

A.R.C.T.

9. RUMOGI Alphonse Ingénieur en Télécoms

AFRICELL

10. NDUWAYEZU Juvénal Technicien  en Télécoms

AFRICELL

11. NTANDIKIYE Michel Technicien  en Télécoms

AFRICELL

12. NIRUTAVYOSE Isaïe Technicien  en Télécoms

AFRICELL

13.IRABAGANJE Emmanuel Technicien en télécoms

TELE 10

14. KIBEYA Saïdi Ingénieur en télécoms

Université du Burundi

15. RWITANAGA Jean Paul Ingénieur en télécoms

PNUD

Pour éviter cette fuite des cadres de l'ONATEL qui, pour la plupart, l'ONATEL a consenti un investissement énorme, il faudrait créer des conditions salariales attrayantes et la situation financière le permet.

  L'ONATEL a consenti certains avantages à son personnel et notamment les frais de déplacement . Fort malheureusement ces frais ne répondent plus aux réalités actuelles.  

Même l'accroissement de ces frais par le Conseil d'Administration  s'est fait sans tenir compte  des conditions actuelles du marché.. Il faudra accorder au personnel de l'ONATEL des frais de déplacement qui répondent aux conditions actuelles.

  Les frais de mission accordés au personnel de l'ONATEL qui se déplace pour des raisons de service ne répond plus aux conditions de vie actuelles (coût du logement et coût de restauration). Il faudrait faire une révision de ces frais pour les faire correspondre aux réalités actuelles.

L'ONATEL n'a jamais adopté une politique de logement qui permet à son personnel d'avoir un logement décent. Il faudrait élaborer une politique de logement qui permettrait au personnel de l'ONATEL  de se loger dans de bonnes conditions.

Le système actuelle de la mutuelle ne permet plus au personnel de l'ONATEL et  aux ayants droits de se faire soigner comme il faut. En effet, les hôpitaux et centres de santé autorisés par la mutuelle (hôpitaux et centres de santé de l'Etat) ne dispensent plus les soins dans des conditions satisfaisantes suite à une carrence de médicaments et de médecins.

  Il faudrait que l'ONATEL mène une politique de faire soigner son personnel comme cela  se fait dans certaines entreprises publiques et privées de sa taille.

 

II.2. LA LIBERALISATION DU SECTEUR DES TELECOMMUNICATIONS

  Depuis le jour où le secteur des Télécommunications a été libéralisé, la Direction de l'ONATEL n'a fait aucun effort pour que l'ONATEL ait une licence d'exploitation qui tient compte de ses intérêts.

Il faudrait qu'une licence d'exploitation soit d'urgence accordée à l'ONATEL. Cette licence devra englober tous les projets de développement inscrits dans le plan directeur de l'ONATEL.

  Les sociétés AFRICEL, SPACETEL utilise les équipements de l'ONATEL sans qu'aucun accord de location de ces équipements n'ait été négocié. Cela occasionne un manque à gagner à l'ONATEL. Il faudrait qu'un contrat de location de ces équipements  intervienne d'urgence.

    L'ONATEL a donné un accord de principe à la société USAN pour qu'il puisse avoir 500 lignes  qui lui servirait d'exploiter l'internet avec la voix. Il en est de même pour la société CNI qui vient d'avoir l'autorisation d'utiliser la voix avec son projet Internet.

  De même la société SITA a accès aux infrastructures de l'ONATEL sans que l'ONATEL sache exactement à quoi les lignes mises à sa disposition servent.

  Il est inconcevable que  les trois sociétés, en complicité, avec l'A.R.C.T. fassent une concurrence déloyale à l'ONATEL et que la Direction de l'ONATEL au lieu de protester, joue le jeu comme si de rien n'était. Il ne faudrait pas que l'A.R.C.T. accorde des autorisations à des sociétés qui fassent une concurrence déloyale à l'ONATEL et que  la Direction  de l'ONATEL reste les bras croisés.

L'ONATEL a donné un accord de principe à la société TELECEL pour un paiement d'un certain montant pour chaque minute acheminé par l'ONATEL vers TELECEL  et cela avec effet retro-actif.

  En attendant que l'ONATEL s'entende avec TELECEL il fallait que l'ancien accord qui liait l'ONATEL à TELECEL reste un vigueur . Cet accord ne prévoyait pas un échange de compte et on ne peut pas comprendre comment on ne continuerait pas à l'appliquer  jusqu'à la date de mise en vigueur d'un nouvel accord négocié

  La négociation de cet accord ne devrait pas seulement se faire sur base du tarif appliqué par l'ONATEL mais elle devrait tenir compte d'autres éléments notamment :

Le coût de production d'une ligne téléphonique

Les recettes de la communication  des sociétés interconnectées au réseau de  l'ONATEL etc...

  Les capacités techniques de pouvoir mesurer le trafic.

  II.3. LES INVESTISSEMENTS

L'ONATEL présente depuis plusieurs années un besoin urgent de renouvellement et de modernisation de ces équipements du nouveau central de Bujumbura et des unités de raccordement distantes de l'intérieur du pays.

Un contrat d'acquisition de ces équipements a été signé et même l'acompte de 15% prévue  dans le contrat a été payé depuis 2 mois. Toutefois le dossier reste bloqué par l'ouverture  du crédit documentaire et les efforts faits pour débloquer le dossier ne sont pas proportionnels à l'urgence que présente le dossier. Il faudrait que toutes les conditions soient remplies avant le 25/01/2000 faute de quoi le personnel de l'ONATEL reprendra la grève suspendue le 16/09/1999..

  L'ONATEL  a toujours fonctionné sans  programme clair d'investissement. C'est ainsi que ses investissements se font avec tâtonnement alors que le service Planification et Etudes des Projets avait été crée pour jouer le rôle.

  Ainsi par exemple, le projet commutateur de paquet a passé plusieurs années sans fonctionnement alors que l'ONATEL avait payé plus de 90% du coût du projet...

  Dans le même ordre d'idée le projet Internet   a déjà consommé plus de 225.000.000 FBU sur un budget total de 257.000.000 FBU soit 88% alors que les équipements sont à l'ONATEL depuis plus de 10 mois sans fonctionner, ce qui représente un manque à gagner non négligeable à l'ONATEL.

  Il faudra d'urgence prendre des mesures pour que ce projet soit exploité.

  L'ONATEL utilise un charroi non négligeable dans l'accomplissement de sa mission. Ce charroi est régulièrement détourné pour d'autres missions par le Gouvernement.

  Toutefois l'ONATEL, qui aujourd'hui se concurrence avec d'autres opérateurs devraient travailler dans les mêmes conditions que ses concurrents. Il ne faudrait pas que l'ONATEL continue à subir les réquisitions.

Pour le passé il faudrait qu'on puisse déterminer le manque à gagner  subit par l'ONATEL suite à ces réquisitions afin que le Gouvernement couvre ce manque à gagner. La formule du coût de location journalier serait appliqué pour le calcul de ce manque à gagner.

  Ci-après le tableau relevant les véhicules actuellement en état permanent de réquisition :

 

PLAQUE A LA REQUISITION MARQUE ANNEE D'ACQUISITION

PLAQUE ACTUELLE

74913

MAZDA D.C.

1998

IDEM

74915

MAZDA D.C.

1998

IT 5400

74907

ISUZU D.C.

1996

IDEM

74412

MAZDA S.C

1994

IDEM

 80378

CORONA

1994

IDEM

74916

MADZA S.C

1998

3BA1536

74183

NISSAN S.C

1992

IDEM

74918

MAZDA S.C

1998

IDEM

  N .B : Un véhicule de l'ONATEL réquisitionné par le gouvernement a été déclassé et vendu  par le S.T.B. sans que l'ONATEL soit informé.

 

L'ONATEL connaît régulièrement des ruptures de stock des accessoires destinés à l'entretien de son réseau. Le manque de ces accessoires occasionne une dégradation progressive des équipements qui coûtent des sommes énormes à l'ONATEL.

  Des mesures de planification des approvisionnements s'appuyant sur un système planifié de gestion des stocks qui permettraient d'éviter ces ruptures doivent être prises d'urgence.

  L'ONATEL n'a aucun programme d'investissement dans la formation élaboré en adéquation avec les équipements à entretenir. Ce programme doit être élaboré et les budgets actuellement utilisés de façon anarchique peuvent  suffir pour l'exécution de ce programme si de bonnes stratégies étaient adoptés.

La gestion non informatisée du compte client occasionne d'importantes pertes à l'ONATEL. Pourtant, l'ONATEL dispose des moyens humains qui peuvent contribuer à son informatisation. Il faudrait d'urgence que la Direction mette en pratique cette informatisation  et que cela se fasse dans les plus brefs délais. Par ailleurs, l'ONATEL doit adopter une politique qui lui permette de garder son taux de recouvrement à des niveaux acceptables.

  II.4. LA PRIVATISATION DE L'ONATEL

La répartition du capital de la future société privatisée s'est faite de façon unilatérale par le Comité de privatisation. Cette répartition accordait 51% au partenaire stratégique étranger.

  Toutefois, on connaît l'expérience des sociétés qui ont accordé moins de 50% au  partenaire stratégique et qui ont bien réussi la privatisation :

  L'exemple de la société sénégalaise des télécommunications où le partenaire stratégique  s'est vu accorder 33% du capital de la Sonatel est à relater.

  Même pour l'ONATEL, il faudrait accorder au partenaire stratégique moins de 50% du capital et par ailleurs il ne faudrait pas qu'un actionnaire seul puisse disposer de la majorité absolue. De plus, le partenaire stratégique devrait être un exploitant expérimenté dans téléphonie fixe.

Le Gouvernement n'a jamais voulu négocier avec le personnel les parts qu'il aura dans la future société ainsi que les conditions d'acquisition de ces parts. Il faudra qu'un cadre de négociation soit rapidement ouvert pour que cette question soit vidée et que le personnel sache une fois pour toute son importance dans la future société.

  La libéralisation du secteur des Télécommunications s'est faite sans que l'ONATEL n'ait été préparée à la concurrence. Comme ce processus traîne, il faudrait au moins à court terme, permettre au personnel d'entrer dans le capital de l'ONATEL.

  Cette démarche permettra à l'ONATEL d'être gérée comme une société mixte avec des conséquences que ça aura sur le plan de la gestion. L'économie des 4 milliards faite avec l'acquisition du central téléphonique de Bujumbura suite aux efforts du personnel doit bénéficier au personnel et constituer la participation du personnel dans la future société.

  II.5. L'ORGANISATION DE LA GESTION DE L'ONATEL

    La gestion de l'ONATEL a été régulièrement caractérisée par les malversations, les négligences et les gaspillages de toutes sortes. Les responsables de ces malversations, négligences et malversations n'ont jamais été inquiétées.

  Par ailleurs, l'actuelle équipe de Direction ne s'organise pas pour donner des orientations en matière de gestion et d'en assurer le suivi. L'exemple le plus frappant est celui du recouvrement des créances qui est abandonné à lui-même. Il faudrait renforcer le contrôle et la vérification de la tenue des fiches par une équipe solidement outillée pour éviter toutes formes de  fuites de recettes.

  Il faudra à la tête de l'ONATEL une équipe de Direction capable d'assurer le rôle de moteur du développement de l'ONATEL. Par ailleurs, les responsables des malversations connus à l'ONATEL doivent être punies.

  II.6. REPRESENTATION DES INTERETS DE L'ONATEL

  Les intérêts de l'ONATEL n'ont jamais été correctement représentés. Il suffirait de prendre comme exemple l'accord d'exploitation négocié entre TELECEL et la Direction de l'ONATEL en 1994 pour s'en rendre compte. Cet accord donne le droit à TELECEL International de prélever  exagérement des frais qui représentent environ 20,5 % du chiffre d'affaires. Ces frais prélevés par TELECEL International se répartissent comme suit :

  La partie " TELECEL INTERNATIONAL " rémunère son capital au moyen des " fees " de trois types :

Frais de gestion :                                                    7,5% du chiffre d'affaire

 

Frais de franchise " sigle TELECEL " :                    5,5% du chiffre d'affaire

 

Frais de maintenance :                                             7,5% du chiffre d'affaire


TOTAL :                                                                 20,5% C.A.


L'actuelle équipe de Direction, au lieu de négocier la révision de l'accord pour que ces frais soient supprimés, se contentent de demander l'accroissement du capital de l'ONATEL chez  TELECEL. Nous tenons à rappeler que les 229 millions investis, soit 41% du capital de TELECEL BURUNDI, n'ont jusqu'à présent rien rapporté à l'ONATEL sous forme de dividendes et cela depuis sa création (1992).

  Il faudra que cet accord soit révisé et que ces frais qui ne se justifient pas soient supprimés. L'augmentation du capital de l'ONATEL chez TELECEL serait étudiée après la révision de l'accord.

  CONCLUSION

L'environnement dans lequel l'ONATEL évolue actuellement doit amener à tous les partenaires concernés, dont en premier le personnel à plus de vigilance pour  que l'ONATEL ne subisse pas le même sort que certaines sociétés qui ont abordé la concurrence sans s'être munies de tous les outils qui leur permettent d'y faire face.

  Les actions doivent également porter sur l'octroi des avantages au personnel tout en  sauvegardant les équilibres financiers de la société.

  Ces actions du personnel doivent donc aujourd'hui se concentrer sur :

Le processus de privatisation de l'ONATEL

  Les investissements tant humains que matériels

  Les accords des licences en sauvegardant une concurrence loyale à l'ONATEL.

  Les accords d'interconnexion qui sauvegardent les intérêts de l'ONATEL

  L'octroi rapide d'une licence d'exploitation à l'ONATEL.

 

Pour les organes sociaux représentants le personnel de l'ONATEL :

 

  LE REPRESENTANT DU   CONSEIL D'ENTREPRISE :   Nicedème Ntahomvukiye     

 SYNDICAT  S.P.T.T.: Ildephonse NDAGIJIMANA

PERSONNEL AU C.A.  Ernest BARANSHIKIRIYE      


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