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REPUBLIQUE
DU BURUNDI
PA-PUISSANCE
D’AUTODEFENSE-AMASEKANYA.
LES ACCORDS D’ARUSHA OU LA DECADENCE
DE LA MORALITE HUMAINE.
1.
Le Major Pierre BUYOYA, ses courtisans impénitents ainsi que tous ces
“politiciens sans talent ni vision” qui n’ont d’autre idéologie que le
poste à occuper pour le pain à gagner, viennent de tremper leur plume dans le
sang des leurs, pour signer des accords qui font tourner dans leur tombe les
nombreuses victimes du génocide perpétré par le FRODEBU contre les Batutsi à
partir du 21 octobre 1993.
2.
La tradition africaine en général, et burundaise en particulier, impose comme
sacré, le respect aux morts; lui-même se manifestant à travers des obsèques
dignes, le port et la levée de deuil dignement observés. Le pacte scellé
entre nos “politiciens sans talent ni vision” avec les bourreaux impunis,
amnistiés et non repentis de
toutes les pauvres hères tutsi immolées sur l’autel de l’idéologie génocidaire
dont le FRODEBU est l’artisan incontesté, consacre le viol éhonté de cette
séculaire et heureuse tradition. Il ne faut pas s’y tromper, nos morts ont
leur façon de punir ceux qui violent leur mémoire. C’est dire que nos fameux
politiciens qui viennent de cracher sur les tombes de nos morts, ont, par ce
fait même, pris le rendez-vous avec la malédiction.
3.
Loin d’être un accord de braves, comme l’on veut bien nous le faire avaler,
“l’accord d’Arusha” est plutôt un arrêt de mort pour les rescapés du
génocide. Les “politiciens sans talent ni vision” ne peuvent pas être des
braves, encore moins les génocidaires, eux qui se sont vu conforter dans leur
idéologie génocidaire, devenue, sous les cieux burundais, un moyen
d’expression politique explicitement avalisé par la Médiation, dans ses
dires comme dans ses agissements.
4.
Que peut valoir un accord dit de paix, signé sous pression et après avoir
sequestré et pris en otage les porte-flambeaux d’une large opinion intérieure
qui en dénoncent les dangers et l’immoralité,
comme si ces accords trouveront application ailleurs qu’au Burundi.
L’arrestation et la détention injustes et arbitraires du Président de
PA-AMASEKANYA une semaine avant la date du 28 Août 2000 et sa libération le 29
août 2000, avec payement d’une amende de 100.000 FBu, constituent une prise
en otage de ce citoyen honnête, bon patriote à la tête d’une organisation
très soutenue et farouchement opposée aux négociations d’Arusha qui
amnistient les terroristes génocidaires. Ce ne sont ni les emprisonnements, ni
les amendes injustes ou autres harcèlements qui les empêcheront de lutter
contre le génocide des Tutsi. Les autres arrestations en cascade de nombreux
patriotes dont le Docteur Pierre-Claver HAJAYANDI, Président de la COSYBU, les
étudiants et autres citoyens innocents ont fait l’objet, la veille de la
signature de ces accords, se passent de commentaire.
5.
Que peut valoir un accord dit de paix signé à l’aveuglette par un pouvoir et
un certain nombre de partis, se targuant, chacun de son côté, de représenter
la communauté Tutsi alors même que celle-ci leur voue haine et mépris, et
leur en conteste ouvertement le mandat ?
6.
L’ ”accord d’Arusha” manque cruellement d’assise morale et se dresse
comme l’antithèse des pactes internationaux et plus spécialement de la
Convention sur la Prévention et la Répression des Crimes contre l’Humanité
et du Crime de Génocide. La communauté internationale supposée en assurer le
respect vogue malencontreusement dans une turpitude déconcertante où
l’esprit et la lettre de la loi internationale sont désespérément aux
prises avec la volonté des acteurs internationaux dont le faible pour les
organisations génocidaires agissant au Burundi, n’est plus à démontrer.
7.
De là, la question de savoir comment ladite communauté internationale qui, à
plusieurs reprises et dans plusieurs endroits, a affiché son incapacité à résoudre
des conflits de moindre envergure (Angola, Somalie, Sierra-Leone...), saura
mettre fin au conflit burundais, aux contours génocidaires indéniables, en
faisant soigneusement fi des conventions internationales pourtant existantes.
8.
L’ ”accord d’Arusha” est donc un leurre, une caricature, une
provocation, un soutien aux terroristes-génocidaires, voire une déclaration de
guerre. Il consacre le déclin de l’humanité et la capitulation devant le
crime de génocide. C’est pourquoi PA-AMASEKANYA
et tous les citoyens honnêtes se
doivent, non seulement de prendre une distance honorable par rapport à ces
compromissions d’Arusha, mais aussi et surtout de les condamner et de les
combattre par tous les moyens.
9.
PA-AMASEKANYA demande à ses membres et sympathisants ainsi qu’à tous les
patriotes de rejeter ces chiffons de papier de plus de 180 pages sur lesquelles
sont accouchées les compromissions d’Arusha. Ils ont été signés pendant
que les rescapés du génocide des Tutsi étaient en train de crier leur
opposition et que certains de ses leaders étaient pris en otage par le pouvoir
en place qui soutient le génocide des Tutsi. “Ces politiciens sans talent ni
vision” qui ne sont capables que du mensonge vous diront, pour vous berner,
que lesdites compromissions sont un projet plein de promesses. Ils passeront
sous silence, honte oblige, les nombreuses catastrophes qui se profilent à
l’horizon comme la négation du génocide des Tutsi, l’aliénation de
l’indépendance nationale, le démantèlement de l’armée nationale et
l’amnistie des génocidaires, le tout dans un but à peine voilé de
parachever le génocide des Batutsi. C’est encore une trahison de plus que le
pouvoir en place veut faire endosser au peuple burundais.
10.
Ce seul motif suffit pour réserver aux compromissions d’Arusha le traitement
qu’elles méritent : un combat sans faux-fuyant et sans merci. Nous devons
nous y préparer aujourd’hui plus qu’avant. C’est une tâche à laquelle
nous devons nous atteler avec toute notre volonté, toute notre intelligence,
toutes nos forces et avec une détermination sans faille. Notre profonde
conviction est que le génie du peuple burundais saura relever le défi. Le
contenu de cet accord et la manière dont il a été imposé au peuple burundais
donnent raison et plus de forces à PA-AMASEKANYA qui a juré de combattre les négociations
et les accords d’Arusha qui donnent gain de cause aux terroristes-génocidaires
et marginalisent ceux qui sont opposés à cette trahison, à ce crime.
Tous
unis contre le génocide des Tutsi, nous vaincrons.
Fait
à Bujumbura, le 3 septembre 2000
PA- Puissance d’Autodéfense-AMASEKANYA
Ir. Diomède RUTAMUCERO
Président.