RUGAMBA-NET PRESS

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REPUBLIQUE DU BURUNDI

PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA

 

A Madame la Présidente

du Parlement Européen

à STRASBOURG.

 

Objet : La paix au Burundi.

 

Madame la Présidente,

Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance la position des Burundais membres de l'organisation PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya vis-à-vis de la résolution du Parlement Européen sur la situation au Burundi.

 

Notre organisation a été créée pour faire face au génocide des Tutsi conçu, planifié, organisé et exécuté par le FRODEBU et ses alliés, à partir d'octobre 1993. Ce génocide est toujours accompagné de massacres de Hutu non acquis à l'idéologie du génocide. C'est un génocide reconnu par l'ONU dans son rapport N°S/1996/682 et que le Parlement Européen ne nie pas. C'est pour cette raison que notre organisation a décrié et condamné les négociations d'Arusha qui amnistient les terroristes tribalo-génocidaires en faisant fi à la loi burundaise et la convention internationale pour la prévention et la répression de crime de génocide.

 

Notre organisation est catégoriquement opposée à l'accord d'Arusha signé le 28 août 2000 entre les terroristes génocidaires et leurs complices. C'est un accord qui soutient le génocide des Tutsi, une négation de plus de ce génocide, une auto-amnestie des terroristes génocidaires du FRODEBU et ses alliés, une démolition des piliers de l'Etat burundais (Armée, Justice, Administration, etc....), une recolonisation de la nation burundaise, un accord de haute trahison. C'est pour ces raisons que notre organisation appelle tous les Burundais épris de paix (civils et militaires toutes ethnies confondues) de combattre par tous les moyens cet accord d'Arusha qu'on tient à nous imposer par la force des armes.

 

L'accord d'Arusha n'est pas un nouveau pas sur la voie de réconciliation nationale mais un pas de plus vers le génocide et la division ethnique au Burundi. Cet accord qui exclut toutes les associations opposées au génocide des Tutsi et qui prend partie des terroristes génocidaires.

 

Cet accord d'Arusha banalise ce que nous avons dit au Président Nelson Mandela et à la communauté internationale présente à Arusha. Cette exclusion ne fait que révolter les rescapés du génocide et les encourage à renforcer leur résistance contre ce montage d'Arusha.

 

Ce n'est pas une minorité ethnique qui a toujours la mainmise sur l'appareil de l'Etat en particulier l'Armée,  mais une minorité dirigeante composée de Tutsi et de Hutu, qui fait tout pour continuer à exploiter la majorité des dirigés composés de Tutsi, Hutu, Twa, Ganwa et autres. Vouloir résoudre le problème burundais en favorisant une ethnie est un renouvellement pur et simple de la politique coloniale au Burundi.

 

Le protocole d'Arusha ne vise pas à repartir équitablement le pouvoir entre la minorité tutsi et la population majoritaire hutu mais complique le problème burundais en encourageant les génocidaires à continuer l'extermination des Tutsi. C'est une situation qui pousse à la mort cette majorité de dirigés. Le problème de cette majorité composée de Tutsi, Hutu, Twa, Ganwa et autres n'est pas de conquérir le pouvoir mais de survivre dans la pauvreté. Il faut un pouvoir qui les protège en tant que citoyens du Burundi et pas en tant que Tutsi, Hutu ou autre.

 

Le Parlement Européen doit dénoncer ceux qui font le terrorisme et le génocide au Burundi comme s'est fait ailleurs en France en arrêtant le chef présumé de l'ETA, en Sierra Leone, au Rwanda, en ex-Yougoslavie, aux Etats-Unis et ailleurs. Nulle part dans le monde sauf au Burundi, on ne négocie un accord avec des terroristes génocidaires. On cherche les moyens pour décourager et sanctionner ces criminels. C'est ce comportement que le Parlement Européen doit adopter vis-à-vis du Burundi. Les crimes sont punis par la justice et jamais par des négociations. Le Burundi serait-il une nation inférieure à traiter par pressions et menaces ? Le Parlement Européen, par sa position sur le Burundi est en train d'appuyer le génocide en favorisant les génocidaires et en leur fournissant les moyens financiers et militaires.

 

Le Burundi ne peut pas être dirigé par des terroristes génocidaires ou leurs complices qui ont apposé leur signature sur l'accord d'Arusha. Cela serait un "coup d'Etat" organisé à partir d'Arusha. Les rescapés du génocide auront alors raison de concrétiser leur coup d'Etat contre ceux qui ont signé les accords impies d'Arusha. Le Burundi doit être dirigé par des Burundais qui ont les mains propres, qui n'ont pas organisé le génocide des Tutsi et les putschs qui ont eu lieu depuis octobre 1993. C'est pour cela que le Parlement Européen s'il tient à contribuer à ramener la paix au Burundi doit aider à identifier les Burundais propres et les criminels responsables des crimes contre l'humanité commis au Burundi. C'est le premier pas vers la paix.

 

Les Burundais ne peuvent pas accepter que les terroristes génocidaires du FRODEBU et ses alliés soient considérés comme des prisonniers politiques. Le jugement et la condamnation de ces terroristes génocidaires constitue le premier jalon pour un processus de paix réel au Burundi. Il est impensable d'accepter d'associer les terroristes génocidaires dans un accord de paix. Le Parlement Européen peut consulter l'histoire et regarder ce qui s'est passé avec l'Allemagne d'Hitler et les autres pays européens avant la deuxième guerre mondiale.

 

Madame la Présidente, les Burundais qui soutiennent la position de PA-Amasekanya vous demandent de fournir aux rescapés du génocide seulement les mêmes appuis que le Parlement Européen donne aux organisations terroristes génocidaires du Burundi.

 

Veuillez agréer Madame la Présidente, l'expression de notre haute considération.

 

Fait à Bujumbura, le 21 septembre 2000.

PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya

Ir. Diomède RUTAMUCERO

Président.-

 

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