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REPUBLIQUE DU BURUNDI
P.A. - PUISSANCE D'AUTODEFENSE - AMASEKANYA.
Aux Evêques Catholiques du Burundi
Objet : Votre déclaration du 08 septembre 2000.
Messeigneurs,
PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA, par la présente, voudrait percuter jusqu'à vos oreilles son cri d'alarme pour que cesse au sein de votre Eglise la tendancieuse manipulation des fervents catholiques pour soutenir des negociations sur fond de génocide.
En effet, l'Eglise Catholique dont l'unique mission est d'évangéliser le peuple burundais vient de célébrer son centenaire dans un pays au comble du désespoir. N'a-t-elle pas failli à sa mission ! Celle d'encadrer moralement, spirituellement et socialement la population dans un pays pourtant christianisé à plus de 70%. Pasteur Emmanuel KAGABO dans ses ateliers du 31 août au 03 septembre 1999 reconnaît l'erreur en ses propres termes "dans toutes nos Eglises du moins dans la plupart d'entre elles, nous prions chaque dimanche pour la réconciliation intercommunautaire, pour la sagesse des dirigeants, pour l'unité du pays, alors que nous sommes nous-mêmes l'exemple type de la division et des luttes intestines. Comment voulez-vous que nos prières soient d'un parfum de bonne odeur et agréables à Dieu ? Car Dieu écoute la prière des justes et la justice et le Droit sont la base du royaume de Dieu...". Il n'y a donc pas de justice possible là où la vérité n'est pas respectée. L'Eglise a été courcircuitée et minée par sa représentation toujours au service du pouvoir, parfois des partis politiques. Or, dans son apologie, Socrates admet que "quiconque occupe un poste a pour devoir d'y demeurer ferme, quel qu'en soit le risque, sans tenir compte ni de la mort possible, ni d'aucun danger plutôt que de sacrifier l'honneur". Voilà justement l'honneur et le substratum de la doctrine divine sacrifiés par l'Eglise Catholique au profit des partis politiques dont l'idéologie du génocide n'a pas tardé de faire ses preuves dans différentes paroisses.
Ces dernières sont devenues des sanctuaires d'ablégats au service de l'I.D.C. qui fonctionne à la manière d'une maison-mère, multipliant agences et succursales pour un raffermissement plus performant de l'idéologie génocidaire si généreusement déversée sur la région des Grands Lacs.
A l'instar du RWANDA en 1959 et plus récemment en 1994, ces âmes-soeurs de Don MATTEO ZUPPI n'ont pas hésité de tomber en admiration devant des organisations génocidaires comme le Frodebu dans leur déclaration du 8 septembre 2000 où affirment-elles que "...la signature de cet accord constitue une étape très importante sur le chemin de la paix. A travers tout le pays, les burundais ont poussé un Soupir de soulagement à l'annonce de cette signature". Dans sa lettre et son esprit, l'Eglise Catholique n'a pas été à l'abri de l'idéologie génocidaire.
En témoigne la complicité et même la participation des Prêtres, Frères et Soeurs Hutu dans le génocide des Tutsi depuis 1993. C'est justement là que la démission de l'Eglise s'est fait lourdement sentir car au lieu d'en excommunier les inculpés, elle les béatifie et prêche leur promotion à l'image du Prêtre SERAPIE. Autant s'en rappeler, autant s'en prévenir. Au mépris de la morale, les églises catholiques et protestantes ont en 1992 initié des négociations secrètes à Rome entre le gouvernement du Burundi et le Palipehutu, conduites par Monseigneur Bernard BUDUDIRA, Président du Conseil des Evêques Catholiques au Burundi et Monseigneur NDORICIMPA Alfred, Représentant Légal des missions protestantes, actuellement en exil pour son idéologie génocidaire. Il ressort clairement que la signature de l'accord n'est qu'un aboutissement d'une oeuvre à laquelle s'est profondément donnée l'Eglise.
Elle est l'unique dans l'histoire de toutes les civilisations, la honte et l'abomination pour l'Eglise, ailleurs source de la morale et de la dignité humaine. Au paragraphe 2 de leur déclaration ces Evêques affirment que "...nous les invitons tous à poursuivre, avec plus de détermination, le dialogue déjà en cours pour aplanir tous les différends afin de rendre possible la mise en application sincère et complète de cet accord..."
Messeigneurs, votre comportement risque de créer un précédent dangereux en ce qu'il consacre le recul de la morale et du droit par l'impunité et l'amnistie du crime de génocide. Qui peut et n'empêche, pèche. Dieu lui-même n'a-t-il pas puni Caïen pour le meurtre de son frère Abel ?
Les Evêques du Burundi, devraient user du moindre courage pour reconnaître eux aussi qu'aucune autorité morable n'a su incarner l'unique arbitrage conciliateur qu'est la justice et en faire la promotion à l'image du Tout Puissant.
Dans son rapport, la commission internationale d'enquête n'a-t-elle pas déclaré que "des actes de génocide ont été perpétrés au Burundi contre la minorité Tutsi le 21 Octobre 1993 et les jours suivants à l'instigation et avec la participation de certains militants et responsables Hutu du Frodebu, y compris jusqu'au niveau des communes."
Le génocide des Tutsi au Burundi est donc une réalité fallacieusement occultée par le pouvoir Frodebu et manifestement désavouée par l'Eglise Catholique du Burundi. Cette complicité de l'Eglise Catholique relève de l'essence même de l'idéologie génocidaire dans sa conception comme dans son enseignement. En témoignent certains Evêques à l'image de PERRAUDIN dont les velléités de son idéologie de la haine ethnique font encore éclat dans la sous-région.
Le calcul froidement égoïste de certains religieux, profondément encrés dans l'ethnisation des communautés burundaises s'acharnent à soutenir les accords impies qui sèment la confusion afin d'accorder la légitimité au parti génocidaire, le Frodebu et aux différents groupes tribalo-terroristes génocidaires (CNDD, FDD, Frolinat, Palipehutu).
Au lieu de prêcher la promotion de la justice à l'image du Roi Salomon et de feu Monseigneur Joachim RUHUNA, serviteur de Dieu et Apôtre de la paix, l'Eglise Catholique, prône la haine ethnique et la consécration de l'impunité.
Le conflit burundais étant fondamentalement un conflit de génocide, la seule voie de paix possible réside dans le processus d'interdiction du génocide pour la promotion du "PLUS JAMAIS çA".
PA-AMASEKANYA a la douloureuse impression qu'un tel comportement des Eglises Catholiques est un déni de droit et la consécration de la morale au profit de l'engourdissement des facultés intellectuelles et morales et par conséquent conduit inexorablement les fidèles tout droit dans un gouffre hideux de la stupidité : la Géhenne.
A votre endroit, les fidèles risqueront-ils de répéter cette célèbre phrase "Juisque quando patientia nostra abuti, exurbe, Catilina, i." Jusque quant vas=tu cesser d'abuser de n otre p atience ,Catilina, de l a ville, vas-t-en.
Messeigneurs les Evêques, la négation, l'occultation et la banalisation du génocide est un crime odieux prévu et puni par la loi, en porter volontiers la responsabilité relève de votre détermination à soutenir et à promouvoir le crime de génocide commis par le Frodebu depuis 1993.
Dans un Etat de Droit, autant la justice s'en occupera, autant les fidèles vous désapprouveront, et votre première mission s'en trouvera compromise, ce qui consacrera l'effondrement de l'Eglise Catholique en mal de pasteurs.
Cette lourde et honteuse responsabilité devant l'histoire, l'Eglise Catholique toute entière et devant Dieu est une monstruosité qu'il faut à tout prix éviter au risque de subir le même sort que l'Abbé MISAGO du Rwanda.
Tout en espérant que vous réserverez une attention voule, veuillez agréer, Messeigneurs les Evêques, l'expression de ma considération très distinguée.
TOUS UNIS CONTRE LE GENOCIDE, NOUS VAINCRONS.
Fait à Bujumbura, le 27 Septembre 2000
POUR PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA
Gédéon NTUNZWENINDAVYI,
Porte-Parole.-
COPIE POUR INFORMATION A :
- Mission diplomatique (toutes).
- Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire
Général de l'ONU.
- Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire
Général de l'OUA.
- Confession religieuse (toutes).
- Ligue des Droits de l'Homme au Burundi (toutes).