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REPUBLIQUE
DU BURUNDI
PA-PUISSANCE-D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA
Haut Commissaire des Nations-Unies
aux Droits de l'Homme
à GENEVE.
OBJET : Expulsion de Monsieur Rutamucero Diomède.
Madame le Haut Commissaire,
Au nom de notre mouvement, j'ai l'honneur d'exprimer notre grande indignation vis à vis de la décision de m'expulser de force de l'Office des Nations-Unies aux droits de l'homme au Burundi, où je m'étais réfugié depuis le 23 janvier 2001.
En
date du 02 avril 2001 à 12h 30, Monsieur Guy de Battista chargé de la sécurité
à l'Office m'a informé qu'il avait reçu les instructions du Haut Commissariat
des Nations-Unies aux Droits de l'Homme de me faire sortir de force de l'Office
au cas où je n'accepterais pas de sortir de mon gré et que le directeur de
l'Office, Monsieur Moukhtar Cissé était d'accord avec cette décision. Je lui
ai dit que j'ai demandé refuge à l'office que j' en avais toujours besoin et
qu'il n'était pas possible que je sorte de mon plein gré.
C'est alors que Monsieur Guy de Battista a appelé une quinzaine de
personnes appartenant à la société privée de gardiennage PSG qui s'étaient
caché dans un bureau à côté. Ils
étaient munis de matraques. Il
leur a donné l'ordre de me faire sortir tout de suite de force.
Le Chef de ces PSG a hésité et m'a demandé, en tant qu'homme qu'ils
respectent, de voir comment éviter les complications. J'ai demandé à Monsieur
Guy de Battista de me signifier par écrit l'ordre d'expulsion de force qu'il
avait reçu. Il m' a fait la note qui est annexée à la présente et m'a fait
sortir du bureau de l'Office, de force, escorté par la quinzaine de sentinelles
de PSG.
Madame
le Haut Commissaire, j' ai demandé refuge chez vous parce que je suis victime
d'une violation flagrante des droits de l'homme.
En date du 30/01/2001, je vous ai adressé une lettre pour vous demander
votre intervention auprès du Gouvernement du Burundi et lui faire comprendre
que le respect des droits de l'homme est une nécessité pour tous.
J'ai rappelé ma lettre en date du 01 mars 2001.
Le 28 mars 2001, 583 Barundi vous ont adressée une lettre ouverte sur
mon cas. La seule réaction que
j'ai reçue de votre part est de "me faire sortir de vos locaux de
force".
Ce
comportement a étonné les membres de notre mouvement PA-Amasekanya et les
Barundi qui avaient mis une confiance dans le Haut Commissariat que vous
dirigez. Ils restent convaincus qu'une décision pareille ne peut pas venir de
vous.
Ils trouvent aussi anormal la réaction d'envoyer un peloton de sentinelles
dirigé par un colonel français pour m'expulser de votre Office, après deux
mois et dix jours que je venais de passer réfugié dans votre office.
Ils
se posent aussi la question sur l'intention, en préférant utiliser la force
privée pour me chasser. Une force
qui n'a aucun mandat légal pour faire ce genre d'activité.
La société privée de gardiennage de Monsieur Sinzinkayo Eugène
serait-elle devenue une force d'intervention de l'Office des droits de l'homme
au Burundi ? Puisque le Haut
Commissariat des Nations-Unies aux droits de l'homme avait opté de chasser de
force un réfugié, il pouvait recourir aux forces de police et gendarmerie qui
sont autorisées par la loi pour le faire.
Ils trouvent
aussi anormal le comportement de votre directeur de l'Office du Haut
Commissariat des Nations-Unies aux droits de l'homme au Burundi, Monsieur Moukhtar
Cissé qui a refusé de recevoir ne fut-ce qu'une fois le Président de
PA-Amasekanya pour écouter son problème, alors qu'il a passé 70 jours dans
les bureaux de l'Office.
Ils
s'interrogent aussi sur ce que voulait ce directeur qui au lieu de prendre ses
responsabilités lui même ou envoyer un de ses collaborateurs qui s'occupe réellement
des droits de l'homme pour me dire que le refuge m'était refusé, a envoyé un
colonel français qui a une brutalité caractérisée et démontrée, qui ne
fait que se distinguer dans la violation des droits de l'homme.
En m'expulsant de force, le Haut Commissariat a violé l'article 14 de la déclaration
Universelle des droits de l'homme qui stipule que :
"Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile
et bénéficier de l'asile en d'autres pays."
L'Accord-Cadre de
collaboration entre l'ONU et le Gouvernement du Burundi sur les activités de la
Mission des Nations-Unies pour l'observation des droits de l'homme au Burundi
signé en date du 8 Novembre 1995 n'a pas non plus été respecté par le
directeur de l'office.
Les
parties signataires se sont convenues que les activités de la Mission ou de
l'office sont notamment de :
a)
s'informer de la situation générale des droits de l'homme au Burundi,
particulièrement en ce qui concerne le respect du droit à la vie, à l'intégrité
et à la sécurité de la personne, à la libertéd'expression, d'association,
et de réunion pacifique; faire toutes les recommandations appropriées pour
promouvoir et protéger les droits de l'homme au Burundi,
b)
Recevoir les communications relatives à des violations présumées des
droits de l'homme de toute personne, tout groupe de personnes ou tout organisme
existant au Burundi, soulever ces cas ou situation auprès du gouvernement y
compris en formulant des recommandations et assurer le suivi auprès des autorités
compétentes,
c)
Observer le respect des lois en vigueur pour garantir à chacun le droit
à l'égalité devant la loi sans distinction aucune,
d)
Participer, en étroite coordination avec les organisations non
Gouvernementales, aux efforts visant au renforcement de la société civile au
Burundi.
On
constate que l'Office a choisi de s'aligner du côté du Gouvernement en
brutalisant des Barundi qui cherchaient sa protection.
Madame le Haut Commissaire, nous restons convaincus que malgré que Messieurs
Moukhtar Cissé et Guy de Battista mettent la responsabilité de mon expulsion
sur votre tête, vous ne pouvez pas prendre une décision aussi déshonnorante.
Nous voudrions par conséquent, vous demander de vous dissocier
officiellement de ces actes de barbarie exécutés par des personnes qui sont
sensées vous représenter pour promouvoir et protéger les droits de l'homme.
Nous souhaitons que vous preniez des mesures administratives qui s'imposent
contre le directeur de l'Office Monsieur Moukhtar Cissé et son agent de sécurité
Monsieur Guy de Battista qui sont les responsables directs de cette expulsion.
La réputation des Nations-Unies, votre prestige en tant que Haut
Commissaire aux droits de l'homme pendant cette période en dépendent.
Nous
persistons à espérer que vous ne banaliserez pas non plus le problème de
Nous avons l'espoir que vous réagirez rapidement et positivement à nos préoccupations qui s'inscrivent pleinement dans le cadre du respect des principes des droits de l'homme afin de nous éviter le désagrément de devoir dénoncer publiquement et par tous les moyens cette violation des droits de l'homme par les structures onusiennes des droits de l'homme.
Veuillez agréer, Madame le Haut Commissaire, l'assurance de notre considération distinguée.
Fait à
Bujumbura, le 13/04/2001
PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE –AMASEKANYA
Ir RUTAMUCERO Diomède
PRESIDENT.
