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REPUBLIQUE DU BURUNDI
PA-PUISSANCE
D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA
Après la mention de la Revue
"International Afrique Média n° 36 d'Août -Septembre 2001, qui parle de
la participation du Frodebu dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, les
Chefs du Frodebu se sont levés comme "un
seul homme" pour nier cette réalité.
Il
devient visible que les arguments utilisés par les ténors du Frodebu ne
tiennent pas. Ils disent que: "le Frodebu est un parti politique agréé
par la loi burundaise depuis le 23 juillet 1992, qui lutte pacifiquement pour
instaurer au Burundi un Etat de droit démocratiquement... "Il ne peut
donc pas participer dans la conception et l'exécution d'un crime aussi odieux".
[1]
Quelle justification !
Ils
accusent aussi les responsables de cette Revue de vouloir : "déstabiliser
des millions de militants du Frodebu avec de telles accusations et pourrait
conduire à ce que le Burundi devienne de nouveau un immense champs de bataille."[2]
Veulent-ils dire que le monde doit désarmer, trembler devant des
"millions" de Frodebu mobilisés pour exterminer les Tutsi ?
Dans
leurs tergiversations, les chefs du Frodebu font tout pour protéger leur
laboratoire du génocide des Tutsi dans la Région des Grands-Lacs des
Grands-Lacs, qui est le Frodebu et ne nient pas que leurs membres aient participé
au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Qu'il
s'agisse du génocide des Tutsi au Burundi en 1993 conçu, planifié, organisé
et exécuté par le Frodebu, comme le reconnaît
le rapport des Nations Unies n° S/1996/682 ou de sa participation dans
celui du Rwanda en 1994, la main du Frodebu est bien visible.
Concernant
le Burundi, notre Mouvement PA-Amasekanya ne cesse de dénoncer ce parti.
La dernière dénonciation a eu lieu au Parlement de Kigobe en date du 07
Août 2001, où nous avons accusé une fois de plus le Frodebu et ses alliés d'être
responsable du génocide des Tutsi au Burundi, déclenché en 1993 et qui
continue actuellement. Une dénonciation
qui a montré que malgré les persécutions, les intimidations, les humiliations
et les tortures du gouvernement Frodebu, notre Mouvement n'est pas prêt à
renoncer à rappeler au Frodebu et ses alliés qu'ils sont responsables du génocide
des Tutsi. Ils n'ont fait aucune réaction
et préfèrent passer derrière notre dos pour nous harceler via certains
gendarmes et policiers.
Les
gros poissons du Frodebu continuent à cor et à cri à proclamer que leur parti
ne peut pas être responsable du génocide, que les victimes n'ont qu'à faire
la liste de leurs bourreaux et les poursuivre individuellement.
Pourtant ils savent bien que comme l'écrit Gérard Prunier que : " L'organisation
du génocide et finalement le déclenchement des massacres sont des décisions
politiques"[3]
Cela
est visible avec le génocide des Juifs: "Pendant le procès de Nuremberg,
la cour de justice internationale avait à juger vingt-quatre accusé et huit
organisations hitlériennes. Sur
les huit organisations inculpées, quatre furent déclarées criminelles, ce qui
signifie que chacun des membres est individuellement punissable, du seul fait de
son appartenance à l'organisation".[4]
Plus
près de nous au Rwanda, les partis responsables du génocide des Tutsi (le
MRND, le CDR et les Interahamwe) ont été disqualifiés de la scène politique
rwandaise. Que ce soit en Allemagne ou au Rwanda, l'avis des génocidaires
n'a pas été nécessaire. Même au
Burundi, il ne faut pas attendre que le Frodebu et ses complices endossent le
crime sans contrainte.
Les
membres du Frodebu, du Palipehutu, du MRND, du CDR et les Interahamwe ont suivi
les mêmes écoles génocidaires. Mme
Colette Braeckman le dit dans sa description de la situation pendant le génocide
d'Octobre 1993: " Pendant ce temps, dans tout le pays, à l'exception des
provinces du Sud, les paysans s'étaient mis au "travail". De
la même manière qu'au Rwanda quelques mois plus tard, ils massacrèrent leurs
voisins Tutsi : mêmes coups de machette méthodiquement assenés, même façon
d'incendier les maisons et d'exterminer jusqu'aux enfants....
Comme au Rwanda encore, des responsables communaux dirigèrent les équipes
de tueurs, mirent des véhicules à leur disposition".[5]
Ces
organisations génocidaires avaient aussi les mêmes alliés au niveau européen,
notamment l'IDC comme le souligne Colette Baeckman ! "Les prises de
position de l'IDC, se posant en véritable maître à penser du MRND, comme par
la suite celles du Frodebu au Burundi".[6]
Actuellement
le Frodebu se trouve à la tête du groupe G7 où on trouve le Frodebu-Cndd-Fdd
et le Palipehutu-Fnl qui sont les mouvements armés "assimilés" au
groupe G7 ([7]).
Plusieurs rapports de l'ONU et des ONG ont montré document à l'appui
l'alliance entre le Frodebu-Cndd-Fdd, le Palipehutu-Fnl, les ex-Far et les
Interahamwe pour continuer le génocide des Tutsi dans la Région des
Grands-Lacs. Cette alliance a été
remarquée par François-Xavier Verchave en ces termes : "Ces cohortes
miliciennes (Interahamwe) reçoivent une formation accélerée à la fin de 1993
et au début de 1994, de même qu'un certain nombre de réfugiés hutu du
Burundi –ceux notamment du camp de Gako, près de Gasenyi".[8]
L'exécution du génocide des
Tutsi au Burundi à partir de 1993, de celui du Rwanda en 1994 et les autres
actes de génocide qui ont suivi, montrent bien que le Frodebu, le Palipehutu,
le MRND, le CDR, les ex-Far et les Interahamwe suivent la même idéologie,
conjuguent les efforts pour atteindre leurs ignobles objectifs.
Les
dirigeants du Frodebu n'ont pas à exiger de la Revue "International
Afrique Média" la liste des personnes incriminées.
Ils savent qu'ils sont à la tête d'un parti qui fait partie de la chaîne
des organisations responsables du génocide des Tutsi dans la Région des
Grands-Lacs (Burundi, Rwanda, Congo). Il
n'y a pas donc de raison à ce que celles du Rwanda et du Congo soient
poursuivies par la justice nationale ou internationale et que ceux du Burundi se
considèrent comme des intouchables.
Nous
voudrions que ces dirigeants lisent ce passage de Colette Braeckman: "Face
à cette perspective de justice et d'inévitables châtiments, il s'est
cependant trouvé de bonnes âmes pour plaider en faveur de l'amnistie, du
pardon généralisé au nom de la nécessaire réconciliation, du retour des réfugiés. Alors qu'un demi-siècle après la libération les Européens
n'ont ni oublié les crimes nazis ni amnistié leurs complices, réclamer pour
les auteurs du génocide rwandais un pardon sans jugement et sans peine,
n'est-ce pas la forme la plus perverse du racisme ?
Comme si les peuples d'Afrique devaient être exemptés de cette loi du
bien et du mal qui est le socle commun de l'humanité".[9]
Depuis
1993 à nos jours au Burundi, en passant par le Rwanda en 1994 et au Congo en
1996, il est clair que les génocidaires ne font pas de différence entre le
Tutsi du Burundi, du Rwanda ou du Congo, ils visent le Tutsi tout court.
Il n'y a pas de génocide des Tutsi du Burundi, du Rwanda ou du Congo.
Il y a tout simplement le génocide des Tutsi dans la Région des
Grands-Lacs, qui doit être combattu de la même manière dans ces différents
pays et dans le monde entier.
C'est sur cette voie que les
hommes justes doivent se diriger et nous félicitons la Revue
"International Afrique Média" d'avoir osé dénoncer le parti Frodebu
pour sa participation au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.
C'est une information qui complique les
choses pour ce parti. C'est un
encouragement pour le Mouvement PA-Amasekanya qui se bat pour le jugement de ce
parti et de ses responsables.
Tous contre le génocide des Tutsi, nous vaincrons.
Fait à Bujumbura, 05/09/2001
PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA
Ir RUTAMUCERO Diomède
PRESIDENT.

[1]
Déclaration n° 09/2001 du parti Sahwanya Frodebu.
[2]
Conférence de presse de Domitien Ndayizeye, in Netpress du 31 Août 2001.
[3]
Gérard Prunier, Rwanda 1959-1996, Histoire d'un génocide –Paris-1995.
[4] Claude David, Hitler et le nazisme –Que sais-je? N° 624 (Paris 1972)
[5]
Colette Braeckman, Rwanda, Histoire d'un génocide – (Fayard 1994)
[6]
Idem
[7]
Memorandum adressé à N.Mandela par le G7 – le 16/06/2001.
[8]
François-Xavier Verschave, Complicité de Génocide (Paris- 1994)
[9] Colette Braeckman, Rwanda, Histoire d'un génocide – (Fayard 1994).
