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REPUBLIQUE DU BURUNDI

PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA

 

                                         A son Excellence Monsieur le Président

                                           du Conseil de Sécurité des Nations-Unies

         à

           NEW-YORK

Excellence Monsieur le Président, 

Le Mouvement PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya vient de prendre connaissance de la déclaration n° S/PRST/ 2001/26 du 26 Septembre du Conseil de Sécurité des Nations Unies et qui porte votre signature.

En lieu et place des membres de notre mouvement, j'ai l'honneur de vous livrer les observations, voire même les objections que suscite le contenu de la déclaration ci-avant rappelée : 

1° La facilitation de l'ancien Président Nelson Mandela à laquelle "le Conseil de Sécurité réaffirme son appui résolu, a produit sous forcing, un "accord de paix" qui fait honneur à la tribalisation, au racisme ethnique, au génocide en somme.  Il ne pouvait en être autrement du moment que les négociations d'Arusha à l'origine de cet accord avaient péché par excès d'immoralité politique en associant et en faisant la part belle aux génocidaires du Frodebu-Cndd-Fdd-Palipehutu-Fnl.  Par ce fait, l'accord d'Arusha est l'antithèse même de la "cause de la paix, de la démocratie et de la réconciliation nationale" à laquelle le Conseil de Sécurité " demande instamment à tous les Burundais de bonne volonté de se rallier".  A ce sujet PA-Amasekanya fait sien les propos de l'Ambassadeur Ayello quand, dans son livre-entretien récemment édité, il déclare : "Si les dirigeants du Cndd sont des présumés génocidaires, la négociation est terminée avant de commencer (....) Tout cela va donc normalement se terminer par une amnistie! 

De même, la commission de Suivi de l'application, fille aînée de l'Accord impie d'Arusha porte les stigmates de ce dernier et ne saurait davantage oeuvrer pour un objectif de paix et de réconciliation nationale.  Inutile de demander aux Burundais de lui apporter une quelconque coopération. 

2° Le Conseil de Sécurité estime et "est convaincu que la création d'un gouvernement représentatif et ouvert marquera un tournant décisif dans le processus de paix burundais".  En principe, il n'y a pas meilleure méthodologie pour résoudre un conflit à caractère purement politique.  En revanche, pour un conflit de nature génocidaire que le Conseil de Sécurité feint de méconnaître au Burundi, cette méthodologie est contre-productive, voire dangereuse.  Les Burundais en vivent déjà l'amère expérience avec l'actuel gouvernement où prédominent les représentants des organisations génocidaires.

En réalité, l'ouverture ou plutôt la prédominance des organisations génocidaires observable dans l'esprit et la lettre de l'Accord d'Arusha, produit fatalement deux effets d'une rare perversion: l'amnistie formelle des génocidaires et l'autorisation tout autant formelle à ces derniers de passer au parachèvement du génocide des Tutsi. 

3° Au moment où la majeure partie des Burundais sont aux prises avec une insécurité aux proportions rarement observées dans l'histoire du monde, le Conseil de Sécurité se préoccupe outrancièrement  de "la Sécurité personnelle des hommes politiques rentrant d'exil. " Ces derniers, puisqu'il faut appeler les choses par leur nom, sont, à quelques exceptions près, ceux-là même qui portent la responsabilité du génocide des Tutsi déclenché en octobre 1993 et entretenu jusqu'à cette heure.  Et l'Unité spéciale de protection que le Conseil de Sécurité appelle de tous ses voeux pour protéger les génocidaires doit dès lors s'envisager comme une prime au génocide des Tutsi;  lequel avait pourtant été clairement établi à charge du Frodebu par une mission mandatée par le même Conseil de Sécurité.  C'est du négationnisme pur et dure.  Et si l'organe suprême de l'organisation des Nations Unies est ainsi compromis dans le révisionnisme, l'on se prend à se demander qui d'autre pourra sévir contre le génocide des Tutsi dont la réalité n'est pas à démontrer. 

4° Le Conseil de Sécurité "estime que la mise en place d'un gouvernement largement représentatif sur base d'un processus de paix sanctionné par la Communauté Internationale fait de la rébellion armée un moyen d'expression politique inacceptable."  Cela veut dire, à contrario, que les actes de génocide et de terrorisme jusque là posés par les Frodebu-Cndd-Fdd, Palipehutu-Fnl (Bugendana, Teza, Ryansoro, Rukina, Buta, etc......) constituent un moyen d'expression politique admissible justifiant une rébellion armée.  Voilà un type de raisonnement inacceptable du moment que les actes de génocide et de terrorisme ne peuvent jamais servir de moyen de revendication politique.  C'est encore une fois un raisonnement empreint de négationnisme qu'il faut décrier avec force. 

5° Si donc le Conseil de Sécurité des Nations Unies est préoccupé par le retour de la paix au Burundi, il ferait mieux de remuer ses archives pour déterrer le rapport n° S/1996/682 de la Commission des Nations Unies.  Il se rendrait ainsi compte que le service de la paix au Burundi passe nécessairement par la neutralisation du parti Frodebu avec tout ce qu'il a de tentaculaire ( les Cndd-Fdd, Palipehutu-Fnl ... auxquels le Conseil de Sécurité attribue une existence autonome sont les purs produits du Frodebu); Parti reconnu pour avoir planifié, organisé et exécuté le génocide des Tutsi à partir d'Octobre 1993. 

Une fois pour toutes, le Conseil de Sécurité devrait prendre note que la nation entière, hormis, bien entendu, la clique de politiciens pour lesquels les négociations d'Arusha constituent une véritable mine d'or, n'a nullement foi dans l'accord d'Arusha.  Comment, en effet, un peuple responsable pourrait s'accomoder d'un montage machiavélique qui consacre à outrance l'ethnisation du pays; l'amnistie du crime de génocide; la pérenisation d'un système vieillon compromis dans le sang et dans toutes formes d'imoralité, politique et socio-économique; l'invasion du pays par les troupes étrangères?

Pourquoi le Conseil de Sécurité s'évertue-t-il à faire avaler au peuple burundais un poison qu'il a lui-même déjà identifié?  Sous peine d'être taxé de porte-voix pour les organisations génocidaires, le Conseil de Sécurité devrait vite réconsidérer son positionnement face au processus de paix burundais.  Il s'agit de se convaincre que, pour atteindre l'objectif de paix au Burundi, il faut obligatoirement et résolument s'inscrire dans la logique de lutte contre le génocide des Tutsi encours. 

Il s'agit également de se convaincre que l'accord d'Arusha pour lequel le Conseil de Sécurité développe toute une plaidoirie est un produit nocif; que ses sous produits tels la commission de suivi de l'application, le gouvernement de transition, l'unité spéciale de protection et autre force de maintien de la paix etc....  ne sont pas moins nuisibles.  Que par conséquent les peuples burundais, les forces patriotiques parmi lesquelles le mouvement PA-Amasekanya, ne se feront pas prier pour procéder à leur destruction, le salut de la nation oblige.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.

                                                      Fait à Bujumbura, le 03/10/2001

                                        PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA

                                                           Ir RUTAMUCERO Diomède

                                                                      PRESIDENT.

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