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REPUBLIQUE DU BURUNDI 

PA - Puissance d'Autodéfense - AMASEKANYA

 

Pierre Buyoya nie le génocide des Tutsi déclenché en 1993 !

1. En 1993 au mois de juin, des élections furent organisées. Les deux principaux candidats à la présidence étaient Ndadaye Melchior (candidat du Frodebu) et Pierre Buyoya (candidat de l'Uprona). Ce dernier ne récolta que mois de la moitié des voix du candidat du Frodebu. 

2. Au cour de la campagne électorale, les leaders du parti Frodebu prêchaient haut et fort que ceux qui ne voteront pas pour le candidat du Frodebu seront emportés par le "déluge" ( isegenya).Tous les documents de la campagne éléctorale du Frodebu montrent que cette campagne n'était autre chose que la sensibilisation pour le génocide des Tutsi et le massacre des Hutu non-acquis à ce génocide. Pierre Buyoya était au courant de ce danger. 

3. A partir du 21 octobre 1993, des centaines de milliers d'innocents Tutsi (hommes et femmes, vieux et vielles, jeunes, enfants et bébés) furent sauvagement massacrés. Les candidats à la mort étaient tous, les membres des familles tutsi et hutu qui avaient choisi d'élire P. Buyoya à la place du candidat du Frodebu. Pendant cette période, P. Buyoya était sur terre et au Burundi. Il sait que d'innocents Burundais qui, pour la plupart avaient voté pour lui, ont été massacrés parce qu'ils étaient Tutsi ou Hutu du parti Uprona et que  la majorité des survivants croupissent dans les camps de déplacés où ils sont toujours pourchassés par le Frodebu et ses alliés. 

4. Tous les rescapés du génocide des Tutsi et le collectif des partis d'opposition ont reconnu la participation des responsables du Frodebu dans le génocide des Tutsi. P. Buyoya ne disait pas le contraire avant le 25 juillet 1996. 

5. En date du 18/08/1995, le Président de la République du Burundi de l'époque, S. Ntibantunganya ( du Frodebu) et son premier ministre, A. Nduwayo ont adressé une requête au secrétaire général des Nations-Unies, pour la constitution d'une commission internationale d'enquête judiciaire au Burundi. Cette commission avait pour mission notamment : " fixer les partenaires politiques si les crimes commis peuvent être qualifiés de génocide ou pas". 

6. Cette commission dûment mandatée par les Nations-Unies a effectué cette enquête. Dans son rapport n° S/1996/682, cette commission atteste que des "actes de génocide ont été commis contre la minorité Tutsi" et a clairement montré la responsabilité du parti Frodebu et ses dirigeants dans ce génocide (§ 477) 

7. P. Buyoya connaît parfaitement ce rapport parce qu'en date du 19 mai 1997, par l'intermédiaire de son ministre des relations extérieures et de la coopération, L. Rukingama, il a adressé une lettre au Secrétaire Général des l'ONU pour lui dire que  : " Le Gouvernement du Burundi m' a chargé de rappeler à Votre Excellence sa requête de constitution du Tribunal  Pénal International pour le Burundi tel que recommandé par le rapport de la commission Internationale d'enquête (§ 496,498) et le rapporteur spécial des droits de l'homme au Burundi dans son rapport d'octobre  1996 au conseil de sécurité, afin d'assister le Burundi dans sa détermination de rompre avec l'impunité qui couvre des crimes abominables tel le crime de génocide".

Dans cette lettre, le Gouvernement de P. Buyoya mentionnait que : " Le Gouvernement du Burundi vient d'engager des procès contre les présumés auteurs de l'assassinant du Président du Burundi le 21 octobre 1993 et les présumés auteurs des actes de génocide et autres massacres qu'a connus le Burundi depuis 1993". Pourquoi alors P. Buyoya refuse-t-il de reconnaître  ce génocide, actuellement ? 

8. Les Burundais opposés au génocide des Tutsi ne peuvent pas accepter le discours que P. Buyoya a tenu sur la question du génocide des Tutsi au Burundi pendant son récent voyage en Europe. Il a dit que : " les exactions seront punies par les autorités internationales, après examen de la situation afin de déterminer s'il y a eu ou non un génocide au Burundi". Ses  discours remettent en cause tout ce qui a été fait par les Nations-Unies et prouvent sa grande volonté d'occulter le génocide de Tutsi et protéger encore une fois ses partenaires responsables de ce crime des crimes qui dominent le gouvernement qu'il dirige. 

9. Les Burundais opposés au génocide des Tutsi refusent ce montage concocté pour sauver les responsables du crime de génocide. Ils exigent la mise en application du rapport des Nations-Unies n° S/1996/682 et le respect de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide à laquelle notre pays a adhéré en date du 22/07/1996. Nous tenons à ce que soit appliqué l'article IV de cette Convention qui stipule : "les personnes ayant commis le génocide ou l'un quelconque des autres actes énumérés à l'aticle III seront punies, qu'elles soient des gouvernants, des fonctionnaires ou des particuliers". 

10. Les Burundais opposés au génocide des Tutsi désapprouvent une fois de plus les institutions terroristes génocidaires issues de l'Accord ethniste d'Arusha qui met en avant l'impunité du crime de génocide des Tutsi. Ils ne reconnaissent pas P. Buyoya imposé comme Président,  pour représenter la communauté Tutsi. Ils exigent qu'ils soient consultés pour la nomination de la personne qui doit diriger le pays. Leur exclusion ne fait que confirmer la volonté de certains de parachever le génocide des Tutsi au Burundi. Le régime actuel n'a aucun mandat de négocier quoi que ce soit à leur place. 

11. Le Mouvement PA-Amasekanya porte encore une fois, à la connaissance de la communauté nationale et internationale que le génocide commis envers les Tutsi au Burundi n'est pas un mal ordinaire. Nous devons connaître ses moyens et savoir les combattre avec toutes nos  forces, sans fausses pudeurs. Et les pouvoirs politiques, quels qu'ils soient, devront toujours comprendre que les choix ne sont pas multiples. Parce que cette lutte va au delà des régimes et des hommes. Le génocide des Tutsi au Burundi est une réalité depuis le 21 octobre 1993. Ce ne sont pas ses planificateurs, ses concepteurs, ses organisateurs et leurs complices qui vont le dénoncer. C'est un miracle qui ne se produira jamais.

Tous contre le génocide des Tutsi, nous vaincrons.

 

                                                    Fait à Bujumbura, le 17/12/2001

                                                    Pour PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya,

                                                    Ir Diomède RUTAMUCERO

                                                    Président.

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