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REPUBLIQUE DU BURUNDI
PA - PUISSANCE D'AUTODEFENSE - AMASEKANYA
A Son Excellence Monsieur le Ministre de la Défense Nationale
A Bujumbura.
Excellence Monsieur le Ministre,
Au nom du Mouvement PA - Puissance d'Autodéfense - Amasekanya, j'ai l'honneur de m'adresser à votre autorité pour protester vivement contre la persécution, le harcèlement et autres mauvais traitements que la gendarmerie nationale inflige régulièrement aux membres de ce Mouvement.
Depuis le retour de Pierre Buyoya au pouvoir, la gendarmerie nationale a été petit à petit dressée contre le Mouvement PA-Amasekanya jusqu'au point de le considérer comme son premier ennemi. C'est, somme toute, un procédé diabolique que de prendre pour ce qu'il n'est pas, un Mouvement qui lutte pacifiquement contre le génocide, l'objectif avéré étant de faire oublier à ce corps son véritable ennemi et ennemi de la Nation entière qui se trouve être la coalition des organisations terroristes génocidaires dirigée par le Frodebu.
Si le régime de Buyoya est revenu, muni de sa boîte d'onction en faveur du parti Frodebu qui a commis le génocide des Tutsi, il était du devoir de tout patriote en général et du Mouvement PA-Amasekanya en particulier de protester contre une amnistie en puissance du crime de génocide.
Fort de la morale universelle et des lois internationales, le Mouvement PA-Amasekanya a effectivement dénoncé sans hypocrisie et sans faux-fuyant cet agenda de tous les malheurs. Et à chaque étape significative de réalisation du projet d'amnistie du génocide des Tutsi (partenariat avec le Frodebu génocidaire, négociations avec les terroristes génocidaires à Arusha, signature de l'accord impie d'Arusha, l'appel et le déploiement des troupes d'invasion sud-africaines, le démantèlement programmé de l'armée nationale), le Mouvement PA-Amasekanya n'a pas manqué de hausser le ton et d'adresser des mises en garde répétées à l'endroit du régime de Bujumbura. A toutes ces occasions et à bien d'autres, l'armée nationale, via la gendarmerie, a pourchassé et réprimé sans façon nos membres.
Excellence Monsieur le Ministre, une armée politisée à outrance porte en elle-même les germes de sa propre destruction. De même, une armée qui ne sait pas identifier ses ennemis court sa perte en prêtant ses armes à ceux qui les retournent contre elle. Dans le cas du Burundi, ces scénari sont plus que vérifiables. D'autre part, l'armée nationale, par la gendarmerie interposée, pèche contre le principe de neutralité en étouffant toutes les voix qui ne sont pas en diapason avec les choix politiques désastreux du régime de Bujumbura. Servir, à l'aveuglette, le principe cher à ce régime en vertu duquel "il faut contraindre juridiquement, administrativement et policièrement" quiconque ne cautionne pas l'amnistie du crime de génocide, revient à hypothéquer dangereusement la confiance que toute armée doit mériter vis-à-vis de la population. D'autre part, l'armée nationale se trompe d'ennemi en désignant le Mouvement PA-Amasekanya qui, ironie du sort, s'inscrit énergiquement en faux contre son démantèlement. Dans le même temps, elle déploie ses unités d'élite dans la protection des chefs des terroristes génocidaires qui dominent les hautes institutions de l'Etat et arme les organisations tribalo-terroristes génocidaires via leurs agents de pénétration connus sous le nom de "gardiens de la paix".
Excellence Monsieur le Ministre, hormis les terroristes génocidaires qui massacrent les familles de nos militaires et militent pour la cause du démantèlement de l'armée nationale qui se dresse comme un obstacle au total accomplissement du plan de génocide contre les Tutsi, d'autres ennemis de l'armée nationale sont à chercher ailleurs qu'au sein du Mouvement PA-Amasekanya. Ce sont ces politiques qui, de l'armée nationale, ont fait un titre de change politique. Pour votre enseigne et pour éclairer votre jugement, nous vous proposons la lecture d'un extrait du medium de la haine "Burundi Bureau" paru le 16 mai 2001. Ce numéro est exclusivement consacré à l'interview d'un certain François Grignon de l'International Crisis Group (ICG) s'exprimant sur un rapport publié par ce dernier intitulé : "Burundi : sortir de l'impasse. L'urgence d'un nouveau cadre de négociations".
Une des questions posées était formulée comme suit : "Dans votre rapport, vous semblez dire que le départ de Buyoya ne garantit pas nécessairement le démantèlement de l'oligarchie militaire dont lui-même fait partie ...". Et François Grignon de répondre : "Pierre Buyoya doit mériter la transition (...) et il doit contribuer au démantèlement du système qui a provoqué le conflit burundais et l'assassinat du président Ndadaye. La question qui se pose maintenant c'est comment démanteler ce système. Qui est le mieux à même de le faire ? (...) Dans ce contexte, il est évident que la pression doit être également exercée sur le Président de la République ... Bien évidemment, le départ de Pierre Buyoya en lui-même ne permettra pas le démantèlement du système. Et c'est au système que l'on doit s'attaquer. Une autre recommandation est que le Chef de l'Etat a une contribution à apporter pour le démantèlement de ce système qui est à l'origine du conflit. Il a une contribution à apporter pour que le Burundi bénéficie d'une paix significative et durable, et donc, il doit apporter des garanties sur sa participation au démantèlement de ce système pour obtenir à la fois des conditions et des garanties quant à son propre départ du pouvoir, mais aussi pour qu'on lui fasse confiance pour obtenir des garanties sur l'application de l'accord de paix et sur la remise entre ses mains de la première partie de la transition".
Sans vouloir influencer votre jugement ou votre manière d'interpréter le texte de l'extrait, il sied de faire observer que par pudeur ou par hypocrisie, l'interlocuteur de "Burundi Bureau" a utilisé le vocable "démantèlement du système" en remplacement du "démantèlement de l'armée burundaise", puisque la question faisait expressement allusion au "démantèlement de l'oligarchie militaire". Il ressort de cet extrait une pure transaction donnant donnant où l'octroi de la transition se fait en contre-partie des garanties du démantèlement de l'armée nationale.
Excellence Monsieur le Ministre, le Mouvement PA-Amasekanya s'exprime ouvertement, pacifiquement et dans la non-violence contre le génocide des Tutsi perpétré par le Frodebu depuis octobre 1993 jusqu'à ce jour et reconnu par le rapport S/1996/682 des Nations-Unies. Il s'exprime également contre un régime qui a des velléités de pérenniser ce génocide en en amnistiant les auteurs dont il assure plutôt la promotion. Ce faisant, le Mouvement PA-Amasekanya ne croit nullement aller en contradiction ni avec l'intérêt de la Nation, ni avec celui de l'armée nationale; bien au contraire.
Le Mouvement PA-Amasekanya veut que l'armée nationale garde sa neutralité vis-à-vis des Burundais. Elle est invitée à laisser les membres de ce Mouvement s'exprimer sur les questions politiques qui touchent à l'avenir de la Nation. L'armée doit cesser d'être un instrument d'individus et d'organisations qui mettent en avant l'amnistie des terroristes génocidaires, la poursuite du génocide des Tutsi, le massacre des Hutu non-acquis à ce génocide et le démantèlement de l'armée nationale.
PA-Amasekanya est un Mouvement d'opinion et ses membres ne sont représentés, ni par le Gouvernement ni par le G7, ni par le G10, et tient à ce que tous les citoyens burundais, hormis ceux qui ont les mains souillées (qui n'ont d'autre place que devant les tribunaux et non dans les institutions de l'Etat, nous en sommes convaincus), soient écoutés.
Tous contre le génocide des Tutsi, nous vaincrons.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Ministre, l'expression de nos sentiments hautement distingués.
Fait à Bujumbura, le 18 mars 2002
PA - PUISSANCE D'AUTODEFENSE - AMASEKANYA
Ir. RUTAMUCERO Diomède
Président.-
Copie pour informarion à :
- Monsieur le Chef d'Etat-Major Général de l'Armée Nationale,
à Bujumbura.
- Monsieur le Chef d'Etat-Major Général de la Gendarmerie Nationale,
à Bujumbura.
- Monsieur le Maire de la Ville de Bujumbura,
à Bujumbura.
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