RUGAMBA-NET PRESS

REPUBLIQUE DU BURUNDI

PA - PUISSANCE D’AUTODEFENSE « AMASEKANYA ».

 

                                                  A Monsieur KOFFI ANAN,

    Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies

à

          NEW YORK.

OBJET : Génocide des Tutsi au BURUNDI.

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

            En mal de légitimité internationale, le régime de Bujumbura, issu du putch du 25/7/96, a entamé, contre vents et marrées, des négociations avec des organisations génocidaires (FRODEBU-CNDD-PALIPEHUTU…) qui commettent le génocide des Tutsi depuis le 21/10/93. Une première dans l’histoire de l’humanité !

 

            Ce fut d’abord à Rome sous la houlette de la Communauté de San Egidio. Elles furent ensuite transférées à Arusha, en Tanzanie. Comme d’aucuns le savent, la Tanzanie constitue un sanctuaire des organisations génocidaires depuis des décennies. L’on se souviendra que les attaques génocidaires d’Avril 1972 dirigées contre la Communauté Tutsi furent organisées dans ce pays d’où elles prendront le départ.

 

            Le mouvement terroriste Palipehutu, responsable du génocide des Tutsi à Ntega-Marangara en 1988 et d’incessants massacres sélectifs dans les camps de déplacés et sur les voies routières actuellement vécus chez les Tutsi comme un cauchemar, prendra naissance en Tanzanie où il évoluera sans se faire inquiéter. Le Frolina sera quant à lui, une création pure et simple de l’armée Tanzanienne sous la bénédiction de Mwalimu Julius Nyerere. Dans la même logique, la Tanzanie fera asile aux terroristes du CNDD-FDD, mouvement sorti des entrailles du FRODEBU avec l’unique mission de parachever le génocide des Tutsi commencé en octobre 1993. Toute l’intendance politique, médiatique, diplomatique et logistique leur sera offerte en sus par la Tanzanie. Elle est en même temps, le terrain d’entraînement, le départ des attaques et le point de repli.

 

Ailleurs, cela s’appelle de l’agression d’un Etat contre un autre. Une affaire à porter devant les instances Internationales habilitées. Mais tel n’est pas le sentiment de l’autorité de la République du Burundi puisqu’elle n’a jamais daigné lever le petit doigt. Au contraire tel le Roi Henri IV d’Angleterre se rendant à Canossa, l’autorité suprême de la république entreprendra une marche misérable vers la Tanzanie, dit-on pour négocier la paix avec les groupes terroristes et tribalo-génocidaires du FRODEBU-CNDD-FDD-PALIPEHUTU-FROLINA-INTERAHAMWE-ex-FAR etc.. Ce fut un double péché : Celui d’entrer en pourparlers avec des organisations coupables de génocide en violation des pactes internationaux et de la morale universelle. Celui tout autant grave, de loger ces fallacieuses négociations sur le territoire d’un Etat déclaré ennemi et sous la facilitation de ce dernier.

 

2

 

            Tout cela sentait l’odeur de la trahison. Le peuple burundais n’a pas caché son désaccord avec son leadership politique. Celui-ci s’est investi à étouffer la voix du peuple criant au scandale. Ce fut le début du viol des consciences si bien que le pouvoir se rendra à Arusha en compagnie de quelques partis politiques qu'il a mutilés à dessein et à coup de corruption.

 

            Dans le même sens, la Communauté internationale s’est laissée désabusée par le pouvoir FRODEBU en place à Bujumbura et ses lobbies disséminés à travers le monde. En acceptant de financer et de soutenir sous forme d’un parrainage les négociations aux mobiles d’amnistier le génocide des Tutsi conçu, planifié et exécuté par le FRODEBU, l’ONU a cédé sur l’un de ses principes fondateurs à savoir le banissement des génocides sur la surface de la terre. Le courant négationniste inspiré d’Arusha et dans lequel l’ONU s’est inscrit est de nature à lui ravir toute force morale lui permettant d’empêcher le génocide qui se perpétrerait quelque part ailleurs dans le monde. En somme, c’est un précédent préjudiciable à l’humanité entière en général. En particulier, pour le Burundi, le parrainage onusien des négociations d’Arusha s’identifie au soutien du génocide des Tutsi que commettent chaque jour les terroristes tribalo-génocidaires du FRODEBU – CNDD – FDD – FROLINA - PALIPEHUTU - INTERAHAMWE, ex-FAR…

 

Le démantèlement de l’armée nationale au profit de ces bandes de criminels ainsi que la mise sur pied  d’institutions génocidaires, qui se profilent à l’horizon des compromissions d’Arusha en passe d’être signées sous la bénédiction onusienne, ouvre la voie au complet parachèvement du génocide des Tutsi.

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, le contexte des compromissions d’Arusha rappelle tristement celui des négociations inter-Rwandaises au même endroit et qui ont abouti à un génocide sans précédent des Tutsi Rwandais. Au cours de ce génocide, l’ONU s’est comporté en complice. Pour le cas du Burundi, la récidive est plus que prévisible avec la circonstance aggravante tenant au fait qu’une large opinion intérieure ne cesse de pousser des cris d’alarme qui, malheureusement tombent à une oreille sourde des responsables onusiens. Si aujourd’hui ces derniers se mettent à adresser leur mea culpa tardif au peuple Rwandais, oseront-ils faire la même chose, demain, à l’égard du peuple burundais et espérer une chance d’être compris ? C’est dire que la responsabilité de l’ONU est d’ores et déjà engagée vis-à-vis du génocide des Tutsi en cours et en perspective.

 

            Monsieur le Secrétaire Général, si nous avons tenu à vous écrire la présente qui s’ajoute à beaucoup d’autres restées sans suite, et surtout celle signée par 900 personnes, c'est aussi pour attirer votre personnelle attention. Car, toute la catastrophe risque de se réaliser sous Votre mandat. Il serait dommage que, sous chaque mandat d'un ressortissant africain, il se commette, avec le soutien de l'ONU, au moins un génocide des Tutsi sur le continent africain, dans la région des Grands-Lacs. Deux génocides au Burundi et au Rwanda sous le mandat de Votre prédécesseur Butros Ghali. Le prochain en perspective au Burundi se commettra certainement sous le Vôtre.

 

3

 

Pour ce qui Vous concerne, il Vous souviendra que le génocide des Tutsi Rwandais a été perpétré au moment où parmi vos principales attributions figuraient les opérations de maintien de la paix au niveau de l’ONU. Il ne faudrait donc pas que les catastrophes burundaises dont Arusha est l’inspiration soient interprétées comme une récidive personnelle à votre charge. Ceci est d’autant plus préoccupant que le rapport n°S/1996/682 de la Commission Internationale d’enquête de l’ONU a été gelé par vos services pour les besoins d’une amnistie des génocidaires des Tutsi.

 

            Monsieur le Secrétaire Général, malgré les spéculations d’Arusha où l’on tente de coller au conflit burundais une nature de type politique, nous persistons et signons que le conflit burundais est un conflit de génocide. Et toute impunité de génocide est un crime contre l’humanité. Seule la justice tant nationale qu’internationale est à même de résoudre l’équation burundaise. La Communauté internationale devrait être conséquente avec elle-même et considérer que le Burundi n’est pas une île isolée.

 

Il évolue dans une sous-région infestée par une idéologie de génocide. Les accords de Lusaka sur la RDC ont sans doute eu le mérite de la mettre en exergue en envisageant l’isolement et le démantèlement des groupes tribalo-génocidaires dont le CNDD-FDD-INTERAHAMWE, ex-FAR. Au nom de quelle logique ce groupe peut être traité de génocidaire à l’Ouest du Lac Tanganyika alors qu’à l’Est il est considéré comme un partenaire politique important et incontournable ? Jugez-en Vous-même ?

 

            Au demeurant, la position de P.A.-Amasekanya vis-à-vis des compromissions d’Arusha Vous est déjà connue. Elle reste inchangée. Nous mobilisons toutes les forces vives de la Nation burundaise civils et militaires, toutes ethnies confondues, à y opposer un refus sans appel et ce, par tous les moyens.

 

            Vous devriez donc réaliser, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, que l’heure est grave ; que votre institution gagnerait à se mettre à l’écart de ces compromissions d’Arusha qui ne diffèrent en rien d’une promotion concertée d’un génocide certain et à grande échelle contre les Tutsi du Burundi. Cette mise à l’écart signifie orienter l’ONU vers le chemin de la justice en réservant une suite favorable au rapport N°S/1996/682 précité. Vous seriez également très bien inspiré si Vous pouviez mettre l’institution que Vous dirigez à la diapason du peuple burundais pour condamner ensemble, le régime de Bujumbura qui a érigé le racisme ethnique et le génocide en mode de Gouvernement. C’est Vous qui devez demander au Conseil de Sécurité de l’ONU de se réunir et prendre les mesures nécessaires pour arrêter le génocide des Tutsi au Burundi.

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Excellence Monsieur le Secrétaire Général, au niveau de P.A.-Amasekanya, nous sommes d’avis que la vie d’un pays est faite de perpétuelles négociations. Les négociations inter-burundaises sont d’autant plus souhaitables que notre pays se trouve en crise. Néanmoins, pour arriver à quelque chose d’utile et de profitable à la nation, elles doivent se faire non pas entre et par les criminels, terroristes et autres génocidaires comme c’est le cas aujourd’hui, mais entre les burundais dépourvus de tout contentieux de sang avec le peuple burundais.

 

            Vos représentants à Arusha savent bien que les rescapés du génocide n’y sont pas représentés. Vous recevez et Vous écoutez les Chefs des génocidaires ; quand viendra le tour d’écouter de vos propres oreilles la plaidoirie des associations qui sont opposées aux négociations d’Arusha qui amnistient les génocidaires ? Au lieu d’encourager les accords d’Arusha qui ne sont autre que la continuation du génocide, l’ONU ferait mieux de condamner ce crime des crimes.

 

            Les pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU qui financent aussi le faux processus de paix d’Arusha doivent appliquer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. C’est la seule voie qui peut ramener la paix au Burundi. Tout le reste n’est que gaspillage du temps, d’argent et d’espoir.

 

            Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de nos sentiments hautement distingués.

 

  Fait à Bujumbura, le 31/7/2000.

                  PA – Puissance d’Autodéfense – Amasekanya

                                                       Ir. Diomède RUTAMUCERO. 

                                                                                                                                                         Président.

COPIE POUR INFORMATION A :

 

-         Son Excellence Monsieur le Président

du Pays de la Sous-Région (Tous).

 

- Son Excellence Monsieur le Président Nelson MANDELA

-         Monsieur le Secrétaire Général de l’OUA.

-         Mission  Diplomatique (Toutes)

-         Parti Politique (Tous)

-         Association Civile (Tous).

-         Confession Religieuse (Toutes

-         Ligue de droits de l’homme (Toutes).