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REPUBLIQUE DU BURUNDI
PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA
A Messsieurs les Représentants de
l'"African Center
for the Constructive resolution of disputes" (ACCORD
à
Bujumbura.
Objet :
Protestation contre la
recolonisation
du Burundi par la République Sud-Africaine
Messieurs les Représentants,
Le Mouvement PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya a l'insigne honneur de vous rappeler pour la enième fois et de percuter jusqu'au fin fond de vos oreilles son cri d'alarme face à l'activisme et au flagrant parti pris de votre pays, la République Sud-Africaine, dans la conduite des "négociations inter-burundaises" d'Arusha.
Lors de ces rendez-vous de la honte et du déshonneur, le rôle de la République Sud-Africaine et de Nelson Mandela a été déterminant et a fait la part belle aux terroristes tribalo-génocidaires du Frodebu-Cndd-Fdd, Frolina et Palipehutu-Fnl qui, aujourd'hui, se trouvent maîtres de toutes les institutions du Burundi sous la bénédiction et la protection de la République Sud-Africaine.
Par la présente, notre Mouvement PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya veut intentionnellement vous apprendre que cette initiative malheureuse prise par Mandela et votre pays, de défier irrémédiablement la morale et le droit universels dans le combat contre le génocide est lourde de conséquences et joue logiquement contre votre pays qui traîne ainsi derrière lui la responsabilité d'avoir banalisé et occulté le génocide dirigé contre les Tutsi du Burundi.
L'on apprendra plus tard que les frais émoulus de l'apartheid ont été plus simplistes et plus complaisants à telle enseigne qu'ils ont pris l'accessoire pour l'essentiel, les bourreaux pour les victimes et la majorité ethnique hutu pour une classe opprimée qu'il fallait à tout prix sauver. Cette vision erronée de Mandela a malheureusement payé au Burundi puisque les génocidaires ont été restaurés au pouvoir et que leur idéologie, de fil en aiguille, continue à ensanglanter notre pays.
Les chefs des terroristes génocidaires qui dominent toutes les institutions de notre République (gouvernement, soit-disants assemblée nationale et sénat de transition) sont, contre toute morale, gardés par votre armée et se meuvent dans tout le pays pour activer leurs adeptes et commander sur terrain leurs bandes armées afin d'en découdre avec la fameuse minorité dont la plupart vivent sous tentes et régulièrement s'en trouvent emportés par les affres de cette guerre génocidaire.
Paradoxalement, l'insensibilité morale et amnésique qui a fatalement frappé la République Sud-Africaine et ses dirigeants se révèle dangereuse pour l'histoire de l'Humanité, car il s'agit d'un crime de génocide dûment constaté par la commission d'enquête des Nations-Unies dans son rapport S/1996/682 et dont le traitement se trouve dans la loi sur la prévention et la répression du crime de génocide. Autant un tel crime est affreux, autant son traitement ne permet ni hésitation, ni tergiversation, moins encore une éventuelle confusion.
L'amalgame entretenu par Mandela et votre pays autour d'un génocide perpétré par le Frodebu et ses alliés de sang contre la minorité tutsi du Burundi jette l'opprobre sur l'Humanité tout entière et l'Afrique du Sud en porte les fruits du déshonneur ridiculement cueilli à Arusha par un vieux sage en parfait état de prostration.
Mandela et votre pays qui ont tant vécu les horreurs inouïes de l'apartheid, qui ont jadis longtemps assisté impuissants à la barbarie fondée sur l'exclusion, ne devraient en aucun cas permettre la renaissance des temps passés quels qu'en soient les mobiles.
L'intervention politique et militaire de la République Sud-Africaine dans le conflit burundais revêt un double sens : politique et économique.
Politiquement, la République Sud-Africaine a mené une médiation tendancieuse à Arusha en imposant contre toute logique la signature des accords entre d'une part, les génocidaires du Frodebu et sa mouvance et les inamovibles au pouvoir prêts à tout concéder en préservant uniquement leurs postes politiques, d'autre part. A travers cet accord, les valeurs universelles ont été sacrifiées en portant au pouvoir le Frodebu, un parti génocidaire. Les valeurs démocratiques reconnues à l'Afrique du Sud ont été éclipsées au vu de ses intérêts politiques. L'Afrique du Sud venait de ce fait de parrainer une classe politique peu ordinaire, incapable de gouverner un pays, car renfermant plus de vices que de vertus. Ce qui justifie la mise sous-tutelle du Burundi par la République Sud-Africaine par le biais d'institutions qui obéissent avant tout aux doigts et à l'oeil de la métropole. La présence de la République Sud-Africaine dans la sous-région est sous la commande d'une visée politico-économique devenue sa préoccupation majeure, une ambition qu'il fallait coûte que coûte réaliser et l'occasion était en or.
Economiquement, la République Sud-Africaine devrait se réserver le grand prix des promesses de Paris et Genève. Il fallait donc fournir les troupes militaires sud-africaines senties par les génocidaires comme les anges-gardiens pour protéger leurs institutions. Ce gardiennage ruine dangereusement le Burundi et annihile scandaleusement tout espoir nourri par certains aventuriers d'Arusha. L'Union Européennne pour sauvegarder ses intérêts, a accordé des crédits pour financer la mise en application de l'accord impie d'Arusha et l'Afrique du Sud en a fourni les hommes pour consommer ces fonds prétendument accordés au Burundi. Voilà les visées politiques et militaires qui ont conduit l'Afrique du Sud à intervenir militairement au Burundi.
La banalisation et l'occultation du génocide conçu et exécuté par le Frodebu et ses alliés de sang contre les Tutsi du Burundi sous l'approbation de la Communauté Internationale a été l'oeuvre de votre seul pays : l'Afrique du Sud. Celle-ci se surprend dans ses agissements politiques en train d'imposer contre toute morale l'émergence d'une idéologie sanguinaire et la démarcation sur la scène politique des partis génocidaires à l'instar du Frodebu dont les groupes armés sèment quotidiennement la mort et la désolation dans tout le pays, tout en étant traîtés comme des "combattants de la liberté" par le Médiateur. A trop vouloir mal nommer les choses, tel le crime de génocide, l'on en devient responsable(s). C'est cette responsabilité dont votre pays a préféré porter le lourd fardeau dans le traitement du génocide burundais planifié et exécuté par le Frodebu et ses alliés contre les Tutsi depuis Octobre 1993 à nos jours.
Tous unis contre le génocide des Tutsi, nous vaincrons.
Veuillez agréer, Messieurs les Représentans de l'ACCORD, l'expression de notre profonde préoccupation.
Fait à Bujumbura, le 15 Juillet 2002
PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya
Ir. Diomède Rutamucero
Président.-
