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REPUBLIQUE DU BURUNDI
PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA
A Madame Mary ROBINSON
Haut Commissaire des Nations Unies
pour les Droits de l'Homme
à GENEVE.
Madame le Haut Commissaire,
J'ai l'honneur de m'adresser à votre haute autorité pour vous parler de la violation des Droits de ma personne et des autres membres de notre organisation PA-Puissance d'Autodéfense-Amasekanya . Je suis Président de l'Organisation PA-Puissance d'Autodéfense- Amasekanya, une organisation pour résister au génocide des Tutsi et le massacre des autres citoyens au Burundi. Ce génocide est conçu, planifié, organisé et exécuté par le Frodebu et ses alliés depuis Octobre 1993. C'est un fait flagrant reconnu par la commission des Nations Unies dans son rapport n° S/1996/682.
Notre organisation est depuis longtemps opposée au terrorisme et au génocide. C'est pour cela qu'elle est contre les négociations, le partenariat, l'accord ou l'alliance avec les terroristes génocidaires ou autres criminels. Cette position n'est pas celle du Gouvernement en place dominé par les mêmes terroristes tribalo-génocidaires. Raison pour laquelle moi et les membres de notre organisation sommes persécutés par ce même Gouvernement.
Depuis que ce Gouvernement a initié les négociations et le partenariat avec les terroristes tribalo-génocidaires qui continuent à tuer des innocents il s'est fixé comme priorité de harceler les membres de notre organisation en commençant par moi-même et sans oublier ceux des autres organisations ou partis opposés à l'impunité du crime qui est le génocide.
Depuis 1998, j'ai été arrêté et emprisonné plus de 10 fois. Beaucoup de nos membres ont subi le même sort. Le Gouvernement en place nous a refusé, à plusieurs reprises, d'organiser des conférences publiques ou de presse. Il nous interdit d'organiser des manifestations pour protester contre l'amnistie des terroristes tribalo-génocidaires et autres criminels. Nous avons payé une somme colossale d'amendes.
Chaque fois que ce Gouvernement se prépare à franchir un pas dans cette amnistie, il cherche des prétextes pour m'emprisonner, me prendre en otage. Pendant la semaine du 22 janvier 2001, des discussions importantes étaient sensées se faire à Arusha pour décider notamment de la mise en place du leadership de la transition. C'est avant cette réunion que la police de la Présidence (documentation nationale) m'a convoqué dans ses bureaux. Sachant bien qu'ils veulent encore une fois me détenir et m'emprisonner injustement et arbitrairement comme ils ont souvent l'habitude de le faire, je suis parti demander refuge à l'Office du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi.
Je suis burundais et Président d'une organisation soutenue par beaucoup de citoyens et je proteste contre le fait que je suis poursuivi à cause de mon opinion qui est contre le terrorisme, le génocide et les autres crimes contre l'humanité.
Le Gouvernement en place, qui me torture physiquement et moralement, est dominé par les organisateurs du génocide des Tutsi déclenché en 1993 et qui continue. Ces derniers s'expriment, organisent des conférences et des manifestations sous la protection et avec les moyens de l'Etat, et sont en train de préparer des dispositions légales et réglementaires pour s'auto-amnistier et amnistier leurs hommes de main.
Je vous écris parce que mes droits et ceux des membres de notre Organisation sont violés à plus d'un titre et que vous pouvez faire quelque chose pour que cette violation des Droits de l'Homme cesse, pour mon intérêt, celui de notre Organisation et de tout le peuple burundais.
La déclaration universelle des Droits de l'Homme, adoptée et proclamée le 10 décembre 1948 ainsi que le Pacte des Nations Unies sur les Droits Civils et Politiques que notre pays a ratifié le prouvent bien.
Pour la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :
Art.3. Tout individu a le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Art.5. Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Art.19. Tout individu a le droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelques moyens d'expression que ce soit.
Art.21. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
Pour le Pacte des Nations Unies sur les Droits Civils et Politiques:
Art.9. Alinéa 1 du pacte international relatif aux droits civils et politiques dit que: "Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut faire l'objet d'une arrestation ou d'une détention arbitraire. Nul ne peut être privé de sa liberté, si ce n'est pour des motifs et conformément à la procédure prévues par la loi"
Moi et les membres de notre Organisation sommes menacés de mort, nous sommes privés de la liberté d'expression, exclus de la direction des affaires publiques de notre pays et subissons tout le temps des tortures physiques et morales.
En venant chercher refuge dans l'Office de votre Commissariat ici au Burundi, nous voulons que vous puissiez nous aider à faire comprendre au Gouvernement du Burundi que le respect des Droits de l'Homme est inévitable et pour les dirigeants et pour les dirigés. Nos droits ont été bafoués à plusieurs reprises et sciemment par le Gouvernement en place. Nous voulons que le Burundi soit un Etat de droit.
Dans un pays où la communauté internationale se mobilise pour qu'il y ait un dialogue national, ce ne sont pas les citoyens qui refusent pacifiquement le terrorisme et le génocide qui doivent être persécutés. Nous ne faisons que décrier et dénoncer le terrorisme, le génocide et toute autre crime.
Tout en vous remerciant du rôle déjà joué par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi et du refuge que vous avez bien voulu m'accorder, Veuillez agréer Madame le Haut Commissaire, notre haute considération.
Fait à Bujumbura, le 30/01/2001
PA-PUISSANCE D'AUTODEFENSE-AMASEKANYA.
Ir Diomède RUTAMUCERO
PRESIDENT.-
COPIE POUR INFORMATION A:
- Le Ministre pour les Droits de l'Homme au Burundi,
- Partis Politiques et Organisations de la Société Civile,
- Directeur de l'Office du Haut Commissariat des Droits de l'Homme au Burundi,
- Ligue des Droits de l'Homme au Burundi, (Toutes)
- Ligue des Droits de l'Homme pour la Région des Grands Lacs,
- Amnistie Internationale.