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Un ancien président burundais prêt à répondre devant
la justice belge

Bujumbura, Burundi (PANA) - L'ancien président burundais Sylvestre Ntibantunganya a rejeté "catégoriquement" les récentes accusations portées contre lui par une association locale de la société civile quant à sa participation au "génocide" de 1993.

M. Ntibantunganya s'est dit prêt à se défendre devant les tribunaux belges déjà saisis de cette affaire qui a été initiée par Diomède Rutamucero, un ressortissant burundais connu pour son activisme en matière de défense des droits de la minorité tutsie au sein d'une association paramilitaire dénommée Tutsi "Puissance Amasekanya" (les irréductibles, en langue nationale Kirundi).

Malgré le caractère grave de l'affaire, qui touche également deux autres dignitaires hutus en vue, l'actuel président du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU, part majoritaire), Jean Minani, M. Ntibantunganya a déclaré jeudi devant la presse qu'il s'en félicitait plutôt. 


"C'est presque pour moi une occasion inespérée de pouvoir clarifier le jeu qui se passe au Burundi sur l'affaire du génocide supposé ou réel", a-t-il indiqué, exprimant sa "disponibilité" à répondre devant la justice belge, à ses yeux "plus saine et plus équitable" que celle de son pays.

Il a par ailleurs dit qu'il avait la "conscience tranquille" avant de menacer même de déballer, devant les tribunaux belges, toute la vérité sur l'histoire cachée de la crise socio-politique de ces dernières années au Burundi.

"Des fois, ce sont les bourreaux qui sont prompts à accuser les victimes", a souligné Ntibantunganya.

On rappelle que le génocide burundais s'est traduit en 1993 par des massacres à grande échelle de Tutsis et de Hutus modérés au lendemain de l'assassinat, à Bujumbura, du premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, et d'une dizaine de ses proches collaborateurs dans un putsch manqué d'une partie de l'armée burundaise à dominante tutsie.

Une partie des membres du gouvernement Ndadaye, dont Ntibantunganye, miraculeusement rescapés d'une chasse à l'homme, restera "en exil" dans les locaux de l'ambassade de France durant deux mois.

Bujumbura - 15/11/2001 

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