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BULLETIN D'INFORMATION DU PARTI PARENA
N° 34 Du 14/08/2002
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NEGOCIATIONS DE DAR-ES-SALAAM OU LE MONOLOGUE INTER-HUTUS AGREMENTE PAR DES TAUPES HUTU DU FRODEBU PRESENTE COMME DES TUTSI.
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Le PARENA l'a observé, dit et répété : la politique menée au Burundi par le pouvoir en place s'apparente à une tragi-comédie écrite par un auteur peu talentueux, et jouée par des acteurs médiocres, dans un café de banlieu ! Les Barundi s'en indignent, la rébellion l'applaudit et la communauté internationale s'en amuse en la manipulant.
La délégation gouvernementale aux causeries inter-hutu de Dar-Es-Salaam sur l'hypothétique cessez -le- feu au Burundi en est une fâcheuse illustration.
Les mêmes paramètres ayant guidé l'action gouvernementale tout au long de ces quinze dernières années ont inspiré sa composition à savoir : le culte de la médiocrité, le recours à une échelle des non-valeurs dans le choix des hommes et des priorités et le renforcement de l'alliance des putschistes et des génocidaires élargie à des fins d'impunité aux détourneurs, aux intriguants, bref à tous ceux qui ont quelque chose à se faire pardonner dans la mise en faillite de ce pays.
C'est pour s'assurer de cette impunité que le processus d'ARUSHA, fut dévié de sa trajectoire normale, en engageant des négociations entre de faux belligérants, en ignorant volontairement les vrais et en considérant l'opposition non armée comme quantité négligeable.
La problématique de la coexistence des Bahutu et des Batutsi qui était et reste le cœur même du conflit burundais, fut véritablement escamotée pour être transposée dans la logique et la dynamique du conflit de la société sud-africaine sous l'apartheid dont les ébauches de solution ont conquis, aux yeux du médiateur, une telle universalité qu'il suffit de les appliquer sans discernement à la situation du Burundi pour engranger la paix.
Le conflit burundais fut subitement réduit à une opposition entre deux hommes, Buyoya et Minani, le premier incarnant l'ancien président sud-africain DE KLERK, le second son célèbre successeur : MANDELA. Seulement voilà, la réalité est têtue car " vérité en deça des pyrénées, erreur au-delà "
Le diagnostic était si grossièrement posé que le remède proposé ne pouvait être que fatal, ou complétement inopérant. L'inanité des accords d'Arusha procède de cette logique.
L'on avait pensé que les Bahutu et les Batutsi tireraient une leçon de l'échec d'ARUSHA pour poser correctement les enjeux du conflit qui les oppose, afin d'y apporter ensemble, une solution raisonable concertée, viable et pérenne.
Force est de constater que l'aveuglement d'Arusha se reflue vers Dar-Es-Salaam pour enfermer de nouveau les Barundi dans la même impasse politique afin de mieux parachever le génocide de 1993.
Comme à Arusha, les négociations de DAR-ES-SALAAM ne seront qu'un autre jeu de cirque où pendant des semaines, les prétendus négociateurs amuseront la galérie pendant que les véritables négociations si elles ne sont pas déjà terminées, se déroulent sous d'autres cieux entre ceux qui ont pris le peuple en otage : BUYOYA et MINANI.
La question qui se pose est celle de savoir qui négocie quoi, au nom de qui et avec qui ?
Un constat s'impose déjà : le processus de DAR-ES-SALAAM procède de la même exclusion que celui d'ARUSHA, lorsqu'il s'agit d'identifier les véritables négociateurs ! Les mêmes erreurs sur le même sujet produisant fatalement les mêmes fiascos, les négociations de paix n'aboutiront à quelque chose qui vaille que le jour où elles rassembleront l'actuel gouvernement, les groupes armés et l'opposition non armée.
La machine semble à cet effet déjà grippée dans la mesure où rien ne prouve que le FNL soit malgré les derniers soubressauts à sa tête, intéressé par les négociations en cours pendant que l'opposition non armée reste totalement ignorée.
Le gouvernement, composé à trois quarts par les représentants et les commanditaires de la rébellion s'est adjoint une équipe de figurants, militaires et civils que nous rangerions dans trois grandes catégories :
- Les premiers sont désignés en fonction et pour cause de leur incompétence : leur rôle est de faire accréditer l'idée que toutes les composantes de la société burundaise ont été représentées aux négociations . Ils sont priés d'avaliser un accord négocié à leur nez et à leur barbe mais ils ne saisiront jamais ni les enjeux, ni la portée.
- Les seconds le sont en vertu de leur servilité poussée au pouvoir en place. Ils sont généralement intélligents, certains se sont même opposés un moment à la dérive du régime, ont connu la prison pour être ensuite récupérés afin d'être les porte-parole de la politique de leur ancien géolier.
- Les derniers sont les plus dangereux parce qu'ils brouillent les pistes en arborant la casquette tutsi tout en ayant vendu leurs âmes au FRODEBU ;
- Le chef de la délégation gouvernementale aux négociations de DAR-ES-SALAAM relève de cette dernière catégorie. Le lecteur se reportera au n° 26 de la LETTRE A LA NATION pour être au fait du descriptif que nous avons brossé de lui. Nous disions en substance qu' il est génétiquement FRODEBU, membre fondateur de ce dernier et délégué permanent du FRODEBU au comité central de l'UPRONA etc.
Pour étoffer la délégation du FRODEBU, le gouvernement a fait appel à un ancien Conseillé Principal de SIBOMANA( dont le comportement post-électoral a révélé où bat son cœur) et Secrétaire d'Etat à la Sécurité Publique sous le gouvernement Frodebu de 1994. Le nouvel oiseau rare était tellement compromis avec les génocidaires qu'il hyberna chez lui des années durant, et de peur d'être lynché par les survivants du génocide qui lui reprochaient sa collusion traîtresse avec les tenants de la démocratie de la machette. Il sombra un temps dans la déprime parce que les dollars que le Frodebu lui avait versés pour acheter sa trahison s'étaient révélés être de vulgaires faux : " Amakoryo ". Il ne revit le soleil qu'après ce coup d'Etat pas comme les autres" désigné sous le nom de code " opération de sauvetage d'un pays en danger " alors que celle-ci n'était destinée qu'à sauver la mise à un Frodebu que les rescapés de Kibimba, Teza-Butezi et Bugendana et ailleurs allaient disqualifier. Pour boucler la boucle de ce jeu de cache-cache, le gouvernement a dépéché à DARES-ES-SALAAM un ancien vociférateur de publiciter à la RTNB et le même quarteron d'officiers habitués aux palaces de Prétoria et sur lesquels nous avons déjà eu l'occasion de nous exprimer dans le numéro 26 de la Lettre à la Nation
Nous ajouterions simplement que pour témoigner du profond respect que le pouvoir ressent vis-à-vis de l'armée à qui il doit quinze années de règne, ce dernier a inclus dans la délégation de l'armée un officier supérieur dont les hauts faits de guerre se limitent à la gestion de quelques casiers de primus et d'amstel au mess des officiers. Il s'agit d'un affront et d'un mépris que le corps des officiers de l'armée mettra du temps à digérer.
En définitive, sont uniquement présents aux négociations de DAR-ES-SALAM, les Bahutu représentés par le gouvernement , les différentes branches du CNDD-FDD, bientôt le FNL Palipehutu ainsi que le reste de la panoplie des groupuscules hutu armés.
Les Batutsi, à l'exception des taupes que le pouvoir s'est choisies au sein de cette communauté, y sont complètement absents.
Chaque peuple a ses Judas, ses Ganelons et ses " Collabos ". Les Batutsi ne font pas exception. Sous le III ème Reich, des juifs ont livré leurs semblables à la GESTAPO. Des résistants français sous l'occupation allemande ont été trahis et livrés par leurs concitoyens.
Les Batutsi négociant à Arusha pour le compte ou en renfort du Frodebu se sont probablement insipirés de ces anti-modèles. Leur choix n'est pas sans risque : si la rébellion gagne, ils subiront le sort de Bwana Kweli et autre NDAZARO , les tutsi du Rwanda qui après avoir aidé le Parmehutu à massacrer leurs frères tutsi, furent condamnés après la victoire de la sinistre " révolution sociale " à être enterrés vivants par ceux qu'ils croyaient être leurs nouveaux amis.
Si la rébéllion perd, ils goûteront au traitement qu'ont connu les collabos en France après la libération. Pourquoi donc les Batutsi reconnaîtraient-ils un accord négocié sans eux et contre eux ? Le projet de cessez le feu en discussion, rédigé apparemment par les parrains de la rébellion, va au-delà des espérances folles de cette dernière puisqu'il ne s'agit, à l'observer, qu'une reddition humiliante et sans condition de l'armée burundaise . C'est pourquoi le gouvernement qui n'a pas présenté de contre-projet connu, tenait mordicus à ce que ledit projet ne soit guère porté à la connaissance du public et encore moins à celle des membres des forces armées.
La Radio Publique Africaine qui avait, dans un élan que nous saluons, commencé à en diffuser quelques extraits, fut sommée d'y renoncer immédiatement.
Si le gouvernement bataillait aprèment pour soustraire au public le projet de cessez -le- feu en circulation, il se gardait bien de le contredire ou de le dénoncer puisqu'il en était co-auteur même si visiblement il souhaitait rester dans l'anonymat et filer la paternité du bébé à ses auteurs officiels : l'Afrique du Sud, la Tanzanie, le Gabon et les Nations-Unies.
Le gouvernement est donc plus qu'embarrassé que le pot aux roses ait été découvert et que son agenda caché ne soit plus qu'un secret de Polichinelle.
En analysant le projet de cessez-le feu sous examen, l'on constate d'emblée que l'article II du projet décrète sans ambiguïté la libération des prisonniers de guerre et de toutes les personnes arrêtées en raison ou pour cause de cette guerre. Il s'agit ni plus ni moins d'une amnistie générale et d'un blanchissement du crime de génocide.
Le cessez-le-feu sera précédé par la mise sur pied d'une série de commissions au rôle non encore défini :
- Une mission des Nations-Unies et de l'Union Africaine chargée de la vérification et du contrôle du cessez- le-feu.
- Une équipe mixte de liaison opérant au niveau local, provincial et national. Celle-ci sera responsable uniquement devant la mission des Nations Unies. Son rôle sera de partager les informations et de faciliter les communications entre les parties signataires ainsi que l'établissement de la confiance entre ces dernières.
- Une commission mixte sur le cessez-le-feu composée de représentants de tous les belligérants des Nations-Unies et de l'Union Africaine.
Actons au passage que le gouvernement du Burundi sera éclipsé au profit d'une kyrielle de commissions au rôle encore vague et dont les membres jouiront d'immunités et de privilèges diplômatiques et ne rendront compte qu'aux seules Nations-Unies.
Notre gouvernement assurera le rôle qui semble lui aller comme un gant ; celui d'un gouvernement fantoche pendant que son pays sera remis sous la tutelle d'une nébuleuse commission des Nations-Unies.
L'accord de cessez -le- feu sera appliqué en plusieurs phases. Retenons principalement :
- La signature d'un cessez-le-feu global - La déclaration de la cessation des hostilités - Le déploiement d'une mission des Nations-Unies - Le retour et la consignation des militaires dans les casernes - Le désarmement des militaires et la destruction des armes appartenant à l'armée burundaise.
Le jeu ici est extrêmement périlleux pour qu'on le souligne : on exigera des militaires burundais de quitter toutes les positions qu'ils occupent à l'intérieur du pays et autour des points stratégiques pour être consignés dans les camps militaires qu'on leur désignera.
La commission des Nations-Unies créée à cet effet procèdera alors au désarmement et à la démobilisation des militaires . Bace bataha nk'abavuye kuragirira bayinarume(ils vont rentrer bredouille). La fraction de la rébellion qui n'aura pas négocié le cessez-le-feu ne sera pas tenue par un accord dont elle n'est pas partie prenante. Elle comblera donc aussitôt le vide laissé par l'armée nationale et procédera allègrement au massacre des derniers rescapés tutsi sur les collines, dans les centres des déplacés, les écoles et les agglomérations puisque l'armée nationale désarmée ne fera plus le poids.
Une fois le jeu des massacres commencé, même les rebelles soit disant cantonnés rejoindront la danse. Les forces d'interposition resteront l'arme au pied comme elles l'ont tristement démontré lors du génocide rwandais de 1994.
Les Ghanéens détaleront comme d'habitude au premier coup de feu, les Nigérians pilleront et violeront comme ils l'ont si bien fait en Sierra Léone et au Libéria. Et ce ne sont pas les Sénégalais qui n'ont pu rien faire en Casamance qui se feront massacrer pour les beaux yeux des Batutsi du Burundi. Telle sera l'attitude de nos " sauveurs " que le Président Buyoya nous a fièrement annoncés à son dernier retour de Prétoria .
Il est plus que temps que les Batutsi ouvrent les yeux et comprennent qu'un complot se trouve sur leurs têtes. La rébellion ne s'est jamais intéressée à la prise du pouvoir puisque Buyoya le lui a offert sur un plateau d'argent. L'urgence pour elle est d'éliminer physiquement ce qui reste de tutsi. Les paysans de Busangana,de Rumonge, de Nyanza-Lac et de Vugizo, les élèves de Kibimba, les enfants de Teza, Butezi, Buta, Bugendana, les malheureux déplacés peuplant les camps mouroirs disseminés à travers le pays n'étaient manifestement pas au pouvoir et n'en ont jamais profité.
Les dix officiers supérieurs de l'armée qui par escroquerie, ont berné MANDELA en faisant accréditer l'idée que pour l'armée, point de salut en dehors du leadership actuel, doivent maintenant mordre la poussière en lisant le projet de cessez le feu et le sort que leur candidat vénéré voue à l'armée et par ricochet à leurs propres enfants.
Après avoir économiquement ruiné le pays et exclu de fait les Batutsi des négociations d'Arusha et de Dar-Es-Salaam, les auteurs de ce gâchis ne songent qu'à la conversion prochaine de leur carrière en consultants internationaux. Au moindre pépin, ils se réfugieront dans les chancelleries sur instruction desquelles ils ont " démocratisé " le pays . Ce dernier flambera mais cela ne les empêchera pas de dormir.
Les Batutsi ne devraient pas se laisser distraire par les pseudo coups d'Etat intervenus au sein du FNL-Palipehutu sur financement ou en complicité avec le pouvoir. RWASA ou MUGABARABONA c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Ils ont tous été sevrés à l'idéologie du génocide.
Inutile donc de baisser la garde parce qu'hier le pouvoir nous promettait qu'avec Minani au perchoir et ses amis au gouvernement, la guerre s'arrêterait aussitôt. Depuis lors les Barundi ne font qu'enterrer les leurs.
Devant la futilité de ses arguments, le pouvoir change de fusil d'épaule et jure la main sur le cœur qu'en incorporant les hordes du FNL et des FDD dans l'armée nationale le Burundi aura la paix pour mille ans. Rien n'est moins faux, car en additionnant deux armées on ne les pousse qu'à se battre. Tel est le scénario que les négociations de Dar-Es-Salaam nous font entrevoir.
Rien de bon pour les Barundi n'est sorti des négociations d'Arusha malgré les maquillages dont on les affabule. Rien ne viendra non plus de celles de Dar-Es-Salaam. Tout se décidera au pays lorsque tout un chacun prendra conscience du danger qui le guette et agira en conséquence. Le temps n'est pas à la tergiversation car demain risque d'être trop tard.
" ILS ONT DIT "
A propos de l'appui du G7 à la rébellion
Gaëtan NIKOBAMYE(Ministre de l'Environnement et Porte-Parole du G7)
" Au G7 tout comme au G10, il y en a qui appuient la rébellion ". Le problème ne se trouve pas au niveau des appuis. Le problème se situe au niveau de l'armée. Depuis la tentative impunie de castration de quelques militaires à Kamenge en 1992, l'armée est devenue masochiste. Elle ne renforce que son propre ennemi.
A propos des forces étrangères au Burundi
Un Citoyen : " Quelque chose ne va pas au Burundi. Quand Buyoya est revenu au pouvoir en 1996, il disait en substance que les Barundi sont allergiques aux troupes étrangères. Ce qui ne lui a pas empêché de les emmener. Le Ministre de la défense actuel a eu lui aussi peur de ce projet au point qu'il a préféré dire à propos des troupes Sud-Africaines qu'elles ne seront que des " policiers ". Maintenant, Buyoya, pour nous faire accepter d'autres troupes, préfère dire que ceux qui disent qu'il y aura des troupes régionales au Burundi sont des menteurs. Il n'y aura que des troupes Sud-Africaines, Nigérianes, Sénégalaises et Ghanéennes. Face à l'évolution de cette question, il y a lieu de s'interroger si dans l'entre-temps, les Burundais ont appris à aimer les troupes étrangères. Dans le cas contraire il est temps de faire comme on a fait pour NTIBANTUNGANYA qui initia le projet le premier. "
A propos des négociations de Dar Es-Salaam
Laurent NDAYIHURUME(Journalise à la BBC)
" Avec le désarmement de l'armée nationale projeté à Dar Es-Salaam, les tutsi vont dire que c'est la fin du monde, alors que c'est la fin d'un monde, un monde à eux "
A propos des négociations avec la rébellion
Domitien NDAYIZEYE(Vice-Président de la République)
" Moi je n'ai rien à négocier avec la rébellion, si je devais négocier avec elle, je lui donnerais tout ce que elle réclame. " c'est ce qui va se faire à Dar Es-Salaam.
