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RECONSTRUIRE LA NATION N° 68 Lettre du Comité Central du Parti UPRONA 31 juillet 2002

QUAND LE MINISTRE DE LA DEFENSE FAIT MOUCHE, LE G7 EXPRIME SON COURROUX.

Le 21 juillet 2002, le Général Major Cyrille NDAYIRUKIYE "a mis les points sur les i" en ce qui concerne la problématique de la guerre génocidaire qui continue à prolonger les souffrances du peuple burundais. Il a fustigé la mollesse et/ou l'insouciance de certains partis du G10. Il a surtout fustigé la complicité et le soutien du G7 aux groupes terroristes. Du coup, ce groupe est sorti de ses gongs pour réfuter "avec sa dernière énergie ces allégations mensongères et sans fondement du Ministre de la Défense". Leur déclaration est sortie le 25 juillet 2002. Qu'en est-il?

Le Ministre de la Défense Nationale a fait mouche.

Tout le monde sait en effet qu'aucune personnalité du G7 n'a jamais osé réclamer des sanctions contre les groupes terroristes comme cela a été convenu au niveau de l'article 2 du chapeau de l'Accord. Pourquoi le G7 tient-il à ménager des tueurs qui rivalisent à semer la terreur et la désolation après la conclusion d'un accord politique, lors même que tout le monde les appelle à rejoindre la table des négociations? Il est aussi de notoriété publique que les tueurs de la KIBIRA et d'ailleurs bénéficient d'un soutien logistique de la part de certains lobbies du G7 dont des personnalités qui participent dans les institutions de la République. Le Ministre de la Défense Nationale n'a pas mâché ses mots sur la question.

La déclaration du G7 confirme le soutien de celui-ci aux groupes armés.

Tout au long de leur déclaration, les partis du G7 font des clins d'oeil fort significatifs aux groupes génocidaires. Premièrement, à quatre reprises dans un document de deux pages, le G7 ne parle pas de négociations sur le cessez-le-feu sans évoquer " la formation de nouveaux corps de défense et de sécurité". Comme pour leur dire: "votre cause est bonne, vous devez vous battre pour entrer dans les corps de défense et de sécurité". Deuxièmement, le G7 met dans le même sac les forces armées nationales qui protègent la population et les groupes armés qui l'exterminent. Ils vont jusqu'à accuser l'Armée nationale, instrument du Gouvernement dont ils font partie, de privilégier la victoire militaire. On lit dans la déclaration que le G7 condamne "ces manoeuvres dilatoires visant clairement le refus d'une solution négociée" ou "la recrudescence des violences et les positions extrémistes". Qui ne sait la disponibilité maintes fois exprimée par le Gouvernement pour la négociation d'un cessez-le-feu global et permanent? Qui ne sait les navettes déjà accomplies à Prétoria, Libreville et ailleurs par la délégation gouvernementale qui comprend chaque fois en son sein des membres des forces armées? Certainement pas le G7 qui a des représentants au sein de cette délégation. Et alors? Ensuite, est-ce un extrémisme de fustiger le silence coupable, la complicité ou le soutien du G7 aux groupes armés?

LE FAUX ARGUMENT DE JAKAYA KIKWETE.

Le 16 juillet 2002, réagissant aux accusations du Ministre de la Défense burundais, le Général Cyrille NDAYIRUKIYE, le Ministre des Affaires Etrangères Tanzanien, M. Jakaya KIKWETE a dit que c'était ridicule d'accuser la Tanzanie d'aider "les rebelles burundais" alors que ce pays supporte un lourd fardeau de réfugiés en provenance du Burundi. Nous lisons cela dans une dépêche d'IRIN (agence d'information des Nations Unis basée à Nairobi), datée du 16 Juillet. Pour lui , aider les "rebelles", ce serait créer l'insécurité en Tanzanie.

Loin d'être un lourd fardeau, la présence des réfugiés a encouragé le développement et le désenclavement d'une région jusque-là inaccessible et délaissée.

Nous voudrions nous pencher ici sur cette théorie selon laquelle les réfugiés constituent un lourd fardeau pour la Tanzanie. D'après une dépêche publiée le 28 juin par IRIN, la présence des réfugiés a encouragé les investissements de développement et permis le désenclavement d'une région jusque-là inaccessible et délaissée. "Je pense que les gens qui disent que l'impact de la présence des réfugiés est seulement négatif ne sont pas honnêtes" a déclaré Jesse Kamstra Coordonnateur des programmes de Kibondo pour le compte du Tanganyika Christian Refugee Service (TCRS). Il a ajouté que l'afflux des ONG'S dans la région a eu un impact significatif sur les communautés locales, le revenu national et les infrastructures de la région. "A TCRS nous employons à nous seuls 350 personnes qui payent taxes et impôts et dépensent leurs revenus ici à Kibondo" a-t-il dit. Il a ajouté que les camions qui apportent la nourriture aux réfugiés amènent aussi du maïs ou des arachides qui sont vendus en dehors des camps de réfugiés. "Avant, le voyage Kigoma-Kibondo durait plus de 3 h 30, actuellement le trajet dure juste une heure. Maintenant nous avons droit à trois bus par jour alors qu'autrefois il n'y avait qu'un seul par semaine" a observé un habitant de Kibondo. Les statistiques relatifs à la scolarisation et à la santé se passent de commentaires. Le taux de fréquentation des écoles primaires est passé de 30 % en 1998 à 88% en 2002. Le taux de malnutrition est passé quant à lui de 10% en 1998 à 2% en 2002. Après avoir minimisé l'impact négatif de la présence des réfugiés sur l'environnement et la sécurité, le Coordonnateur des programmes de la TCRS conclut: "En définitive, la venue des réfugiés a été bénéfique". Voilà. La présence des réfugiés est une très bonne chose pour les habitants de l'Ouest de la Tanzanie. L'argument de Jakaya KIKWETE est un faux argument. Le citoyen burundais comprend pourquoi on pose souvent des entraves au rapatriement volontaire. Dans notre dernière livraison nous avions indiqué que l'actuelle recrudescence des violences procédait aussi de cette logique. Nous n'avions pas tort comme on peut le constater.

DES CONSTATS LOURDS DE CONSEQUENCES SUR LA QUESTION DU CESSEZ-LE-FEU.

 La médiation sud-africaine semble s'être effacée.  La Tanzanie a décidé de monter au créneau en tant que médiateur.  La Tanzanie a décidé d'intensifier son appui aux groupes génocidaires.  Les groupes génocidaires ont posé deux conditions pour aller à la table des négociations: (1) elles doivent se dérouler en Tanzanie, (2) la Tanzanie doit jouer un rôle prépondérant dans la médiation.  Les groupes terroristes rejettent la médiation de Jacob Zuma sous prétexte qu'il aurait des sympathies pour leur rival Jean-Bosco Ndayikengurukiye

 

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