RUGAMBA-NET PRESS

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BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA 

N° 10 DU 09/08/2001 

MONSIEUR LE PRESIDENT, LAISSEZ MON PEUPLE MANIFESTER 

Il y a bientôt quatorze ans, vous entamiez votre longue marche pour le sauvetage d’un peuple que rien ne menaçait alors ! 

Les propagandistes de ce qui est devenu notre « AKAZU » nationale vous faisaient passer pour le nouveau Moïse mandaté par YAHVE(Dieu) pour conduire le peuple burundais vers la terre promise. 

De celle-ci, nous ne vîmes qu’une succession de tragédies que vous n’avez pu ni prévenir, ni circonscrire, ni maîtriser. 

L’oracle du Parena l’avait pourtant prédit : c’est par vous que la colère des dieux s’abattra sur son peuple. 

Aussi semble-t-il légitime, que les Barundi victimes de votre myopie politique, s’interrogent sur la viabilité de vos objectifs, la pertinence de votre démarche et l’ambivalence de votre politique. 

Ils revendiquent le droit de s’exprimer en se basant sur un cadre légal que vous leur avez fait voter en 1992, que vous avez abrogé en 1996 puis repris en l’émasculant, dans ce que vous avez rebaptisé l’acte constitutif de la transition. 

Les Barundi souhaitent que cesse cette duplicité consistant à vous forger à l’intention de la communauté internationale, une image attrayant d’un grand bâtisseur de la démocratie pendant qu’à l’intérieur, la répression judiciaire, politique, administrative et policière vous fait apparaître comme le fossoyeur de cette même démocratie. 

Contraints et forcés, nous sommes descendus au stade FFB pour applaudir votre putsch du 3 septembre 1987. Onze mois plus tard, nous n’avons même pas eu le droit de pleurer publiquement les nôtres, jetés dans les fosses communes, les latrines et les marais de NTEGA et MARANGARA.  

Vous avez adoubé leurs bourreaux en faisant d’eux , vos partenaires politiques privilégiés.

Vous leur avez laissé, après les avoir amnistiés, les moyens de l’Etat, pour préparer en toute quiétude, l’hécatombe de 1993. 

Cette attitude crée la confusion et rend tout le monde coupable faute de n’avoir pas laissé la justice séparer  le bon grain de l’ivraie. 

Délégitimés par un génocide qu’ils traînaient derrière eux comme les  bagnards traînaient leurs boulets, vous avez mis en marche tous vos réseaux pour briser ces chaînes et pour éviter la disqualification politique définitive du Frodebu. 

La convention de gouvernement de 1994 fut donc le fruit de vos entrailles. 

C’est curieusement sous ce dernier, que les Barundi purent crier haut et fort leur colère et leur indignation. 

La révolte du peuple remonta jusqu’à vous parce qu’il apparut à celui-ci, que vous étiez l’architecte de l’aventure politique qui venait de faire basculer le pays entier dans l’horrible chaos. 

Vous sentant interpellé, vous fîtes appel une fois de plus à vos réseaux civils et militaires pour casser et réprimer le soulèvement populaire qui venait de contraindre NTIBANTUNGANYA à la fuite peu glorieuse vers l’Ambassade des Etats-Unis. 

Votre opération de « sauvetage » du 25 juillet 1996 ne visait qu’à vous sauver, vous et votre système. Vous eûtes droit à la tranquillité et aux privilèges d’une fonction dont vous veniez de vous accaparer une fois de plus par la force. 

Quant à nous, nous eûmes droit à la misère de l’embargo décrété en principe contre vous.

Vous vous êtes même servi de ce dernier pour casser les reins de ceux qui avaient encore l’énergie de s’opposer à votre politique. Il ne restait plus, après les avoir réduits au silence, qu’à remettre en scelle votre alliance avec le Frodebu : le Partenariat était né. 

Bâti sur les turpitudes de ses composantes, celui-ci allait subir, n’eût été votre répression, le sort de la convention de gouvernement. 

Prévoyant sa fin prochaine, vous avez décidé de le réanimer par les accords traîtres d’Arusha par lesquels, une poignée d’étrangers viennent de vous imposer contre le gré du peuple burundais.

Vous avez affirmé à chaque prestation de serment que vous exercerez vos fonctions au nom et pour le compte du peuple , l’unique source de légitimité du pouvoir ! 

L’ironie du destin fait que ledit peuple s’est détourné de vous, chaque fois que l’occasion lui en a été offerte.(Rappelez-vous des élections de 1993)

Votre imposition par Mandela est aussi illégitime que vos putschs de 1987 et de 1996. Permettez aux Barundi, à qui vous avez tout pris, même l’honneur, de vous le prouver en leur autorisant une seule manifestation pacifique ! 

Ne vous réfugiez point derrière l’argutie de la sécurité ambiante, le peuple burundais n’est pas un ramassis de skin heads, ni de casseurs déboussolés. 

Empêcher cette manifestation reviendra à refuser de vous regarder en face et à rejeter le reflet de l’image peu flatteuse que vous renvoie la population de ce pays. Ce serait aussi condamner toute expression ou toute revendication à la clandestinité porteuse de tous les dangers.  

Nous demandons aux Ministres en charge de la répression multiforme (Intérieur, Défense, Justice, Travail) de faire le bon choix entre la protection d’un individu dont le système en perdition finira par les emporter et la sauvegarde de l’intérêt supérieur de la Nation. 

Aux commandes de la répression, ils devront un jour rendre des comptes à la population qu’ils oppriment aujourd’hui.

A eux d’appliquer le principe de la baïonnette intelligente ou d’affronter le moment venu, le jugement du peuple et de l’histoire. NTIBAGIRE NGO NTITWABABARIYE. 

A la jeunesse de ce pays, nous lui demandons de ne point souiller sa générosité, ni de gaspiller ses énergies dans des combines politiciennes sans lendemain, qui ne font que boucher l’horizon de son avenir.  

A vous Hutu et Tutsi, cet appel vous concerne. Venez ensemble exprimer le rejet que vous ressentez pour un dirigeant qu’on vous impose du perron d’un palais de Pretoria. 

Les troupes d’invasion et d’occupation ne feront pas le tri entre vous. Confrontées à un milieu qui leur garantit l’hostilité, elles tireront au moindre incident dans le tas. 

Venez enfin démontrer à BUYOYA qu’à  la somalisation qu’il propose, il existe une politique alternative de cohabitation pacifique dans le respect du droit de chacun. 

                                                  A bientôt !   

ILS ONT DIT

A PROPOS DE LA RESISTENCE DES TUTSI 

Pierre BUYOYA (Président de la République du Burundi) 

« Pierre BUYOYA a fait savoir que l’appui des puissances occidentales lui est indispensable pour mettre au pas les extrêmistes tutsi » 

(Jeune Afrique n°1856 du 31 Juillet au 6 Août 1996)

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