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LETTRE A LA NATION
BULLETIN
D’INFORMATION DU PARTI PARENA.
Le
chantage à l’apocalypse du Ministre de la Défense Nationale
A
la Défense, les ministres en charge de ce département y entrent toujours avec
fanfare mais en sortent politiquement ou physiquement, rarement vivants.
Le
Général NDAYIRUKIYE qui ; à ses heures perdues, s’intéresse à
l’histoire contemporaine des disparitions de générations entières de
populations dans les pays en crise, a certainement noté, qu’en moins de dix
ans, quatre de ses prédécesseurs ont connu une fin de carrière ponctuée de
tragédie ou de débâcle politique !
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En 1992, le Colonel MAREGAREGE, faillit périr pour des
raisons non encore élucidées dans un accident d’hélicoptère au dessus de
la Kibira.
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En 1993, le Colonel NTAKIJE se réfugia honteusement à
l’ambassade de France pour ordonner en plein génocide tutsi, la reddition et
la désertion des officiers de son armée.
Débouté
puis congédié comme un malfrat, il entreprit une longue errance qui culmina
par le braquage d’un coffre fort d’un ouest-africain.
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En 1997, l’hélicoptère (encore un) du Colonel KAGAJO
percuta un arbre à dix mille mètres d’altitude. Il n’y avait ni forêt, ni
boisement ; une simple colline dénudée !
-
Son successeur, le Colonel NKURUNZIZA, peu brillant mais
pragmatique pensa que pour la sécurité du pays et la sienne propre, il valait
mieux commander des hélicoptères
qui ne voleront jamais. Il fut ex-filtré vers Beijing pour calmer la fronde qui
grondait à l’armée.
Il
découle de ce qui précède, qu’à l’instar de la « mafia sicilienne »
ou des cartels de Deli ou de Medelin en Colombie, Buyoya n’offre à ses élus
pour survivre, qu’un terrible choix entre la tragédie et l’infamie.
NDAYIRUKIYE
fera-t-il l’exception ?
Brillant
officier, populaire même jusque très récemment, Buyoya l’a politiquement
grillé en lui confiant une mission impossible à deux paliers dont les
objectifs contradictoires ne pouvaient que s’annihiler :
-
Au niveau externe, il devait conclure avec ses collègues
des pays disposés à envoyer des forces d’occupation du Burundi, les modalités
d’expédition de ces dernières.
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Au niveau interne, il devait administrer constamment à
l’armée un calmant sur base d’un somnifère répondant à la trilogie
suivante :
a)
non au démantèlement de l’armée. (Il est en cours)
b)
non à la démobilisation ( alors que des commissions sécrètes sont à
pied d’œuvre à cet effet )
c)
non à l’invasion de troupes étrangères (Buyoya l’a signée le 23
juillet 2001).
Pendant
des mois, NDAYIRUKIYE s’adonna à cet exercice périlleux de duplicité en
faisant semblant d’éteindre les feux que BUYOYA ne cessait d’allumer.
L’armée
et le public en général, qui ignoraient des compromissions secrètes en cours,
lui accordèrent le bénéfice du doute, jusqu’au jour où son patron dévoila
la face hideuse de son agenda caché.
Paradoxalement,
NDAYIRUKIYE fut un des rares à s’extasier devant la pertinence de la trahison
consignée dans les conditionalités traîtresses acceptées par BUYOYA le 23
juillet 2001. Le rejet unanime par la population de l’homme qui incarne la
trahison d’Arusha, les remous qui s’en sont suivis à l’armée firent
perdre au ministre NDAYIRUKIYE son sang froid habituel et le sens de la mesure.
Sa
plaidoirie du 28 juillet 2001 selon laquelle le peuple doit accepter de force
BUYOYA ou périr, relève d’un chantage abject et indigne.
Aux
termes de sa prophétie apocalyptique, des générations entières de la
population pourraient disparaître, si BUYOYA perdait le pouvoir par les méthodes
qu’il a utilisées pour s’en accaparer.
Si
tel était le cas, un individu qui accepterait de sacrifier 80% de sa population
dans l’unique souci de garder le pouvoir, mériterait-il encore d’être
classé dans le répertoire des humains, ou devrait-il être relégué dans
celui des monstres sans nom ?
Monsieur
NDAYIRUKIYE, si friand de l’histoire, n’aurait-il plus d’autre modèle que
celui de Néron qui se délectait des ruines de la ville de Rome à laquelle il
avait volontairement mis le feu ?
Sous d’autres cieux, de tels propos auraient déclenché une avalanche de protestations qui auraient acculé l’auteur de ceux-ci à la retraite définitive de toute activité politique. Ici chez nous, on aime s’accrocher car l’exemple vient du haut.
Si
BUYOYA a dû apprécier le soutien borné et solitaire de son ministre de la défense,
il a certainement été pris de court par l’incohérence et la maladresse de
son admirateur.
Les médias sont des armes redoutables que notre général devrait manier avec dextérité. En réfléchissant tout haut et sans retenue ce 28 juillet, notre ministre a exposé publiquement l’indigence de ses analyses et de sa pensée ainsi que l’étendue de son opportunisme.
Les
Barundi refusent l’imposition d’un homme qui, après les avoir
internationalement humiliés puis réduits à la mendicité, les contraint
aujourd’hui, par un accord traître, négocié pour son unique intérêt, au
suicide collectif.
Le
ministre de la défense devrait se rendre à l’évidence ; la greffe de
BUYOYA sur le peuple burundais n’a jamais pris car les organes n’ont jamais
été compatibles. D’où les rejets de 1993, 1996 et de 2001.
L’intronisation
forcée de BUYOYA s’étant heurtée à une opposition qui grandit chaque jour
au sein de tous les corps sociaux, l’armée comprise, le général NDAYIRUKIYE
n’a pas trouvé d’autre parade, lors de la causerie morale du 2 août 2001 ,
que d’incriminer à nouveau le PARENA , en l’accusant de préparer un coup
d’Etat.
Un
tel scénario nous conduirait à ses yeux dans une tragédie à la rwandaise
comme si nous n’y étions pas déjà !
La
tragédie de ce pays n’émane pas du PARENA, mais d’un pouvoir dont le bilan
en quatorze ans d’exercice ne rima qu’avec le génocide tutsi, la ruine économique
et sociale et l’humiliation d’une nation entière.
Le
PARENA se félicite que le peuple burundais y compris l’armée, revendique de
plus en plus haut les idéaux de justice, de paix et de progrès pour lesquels
il combat.
Ce
n’est pas en criant au loup, en recourant au chantage, aux menaces, aux
vieilles recettes de la complotite que NDAYIRUKIYE arrêtera le mouvement de révolte
que la trahison d’Arusha n’a fait que galvaniser.
La
répression n’a pas empêché la prise de LA BASTILLE.
Le
ministre de la défense avait le privilège de ramer dans le sens de
l’histoire.
Il
est entrain plutôt de lui tourner le dos.
A
NDAYIRUKIYE de faire le bon choix : Celui du PARENA par exemple !
