RUGAMBA-NET PRESS

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LETTRE A LA NATION

BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA. 

N° 9 DU 03/08/2001 

Le chantage à l’apocalypse du Ministre de la Défense Nationale 

A la Défense, les ministres en charge de ce département y entrent toujours avec fanfare mais en sortent politiquement ou physiquement, rarement vivants.

Le Général NDAYIRUKIYE qui ; à ses heures perdues, s’intéresse à l’histoire contemporaine des disparitions de générations entières de populations dans les pays en crise, a certainement noté, qu’en moins de dix ans, quatre de ses prédécesseurs ont connu une fin de carrière ponctuée de tragédie ou de débâcle politique ! 

-     En 1992, le Colonel MAREGAREGE, faillit périr pour des raisons non encore élucidées dans un accident d’hélicoptère au dessus de la Kibira.

-     En 1993, le Colonel NTAKIJE se réfugia honteusement à l’ambassade de France pour ordonner en plein génocide tutsi, la reddition et la désertion des officiers de son armée.

Débouté puis congédié comme un malfrat, il entreprit une longue errance qui culmina par le braquage d’un coffre fort d’un ouest-africain.

-     En 1997, l’hélicoptère (encore un) du Colonel KAGAJO percuta un arbre à dix mille mètres d’altitude. Il n’y avait ni forêt, ni boisement ; une simple colline dénudée !

-     Son successeur, le Colonel NKURUNZIZA, peu brillant mais pragmatique pensa que pour la sécurité du pays et la sienne propre, il valait mieux  commander des hélicoptères qui ne voleront jamais. Il fut ex-filtré vers Beijing pour calmer la fronde qui grondait à l’armée.  

Il découle de ce qui précède, qu’à l’instar de la « mafia sicilienne » ou des cartels de Deli ou de Medelin en Colombie, Buyoya n’offre à ses élus pour survivre, qu’un terrible choix entre la tragédie et l’infamie. 

NDAYIRUKIYE fera-t-il l’exception ?

Brillant officier, populaire même jusque très récemment, Buyoya l’a politiquement grillé en lui confiant une mission impossible à deux paliers dont les objectifs contradictoires ne pouvaient que s’annihiler : 

-     Au niveau externe, il devait conclure avec ses collègues des pays disposés à envoyer des forces d’occupation du Burundi, les modalités d’expédition de ces dernières.

-    Au niveau interne, il devait administrer constamment à l’armée un calmant sur base d’un somnifère répondant à la trilogie suivante : 

a)    non au démantèlement de l’armée. (Il est en cours)

b)    non à la démobilisation ( alors que des commissions sécrètes sont à pied d’œuvre à cet effet )

c)    non à l’invasion de troupes étrangères (Buyoya l’a signée le 23 juillet 2001). 

Pendant des mois, NDAYIRUKIYE s’adonna à cet exercice périlleux de duplicité en faisant semblant d’éteindre les feux que BUYOYA ne cessait d’allumer.

L’armée et le public en général, qui ignoraient des compromissions secrètes en cours, lui accordèrent le bénéfice du doute, jusqu’au jour où son patron dévoila la face hideuse de son agenda caché.

Paradoxalement, NDAYIRUKIYE fut un des rares à s’extasier devant la pertinence de la trahison consignée dans les conditionalités traîtresses acceptées par BUYOYA le 23 juillet 2001. Le rejet unanime par la population de l’homme qui incarne la trahison d’Arusha, les remous qui s’en sont suivis à l’armée firent perdre au ministre NDAYIRUKIYE son sang froid habituel et le sens de la mesure.

Sa plaidoirie du 28 juillet 2001 selon laquelle le peuple doit accepter de force BUYOYA ou périr, relève d’un chantage abject et indigne. 

Aux termes de sa prophétie apocalyptique, des générations entières de la population pourraient disparaître, si BUYOYA perdait le pouvoir par les méthodes qu’il a utilisées pour s’en accaparer.

Si tel était le cas, un individu qui accepterait de sacrifier 80% de sa population dans l’unique souci de garder le pouvoir, mériterait-il encore d’être classé dans le répertoire des humains, ou devrait-il être relégué dans celui des monstres sans nom ?

Monsieur NDAYIRUKIYE, si friand de l’histoire, n’aurait-il plus d’autre modèle que celui de Néron qui se délectait des ruines de la ville de Rome à laquelle il avait volontairement mis le feu ?

Sous d’autres cieux, de tels propos auraient déclenché une avalanche de protestations qui auraient acculé l’auteur de ceux-ci à la retraite définitive de toute activité politique. Ici chez nous, on aime s’accrocher car l’exemple vient du haut.

Si BUYOYA a dû apprécier le soutien borné et solitaire de son ministre de la défense, il a certainement été pris de court par l’incohérence et la maladresse de son admirateur.

Les médias sont des armes redoutables que notre général devrait manier avec dextérité. En réfléchissant tout haut et sans retenue ce 28 juillet, notre ministre a exposé publiquement l’indigence de ses analyses et de sa pensée ainsi que l’étendue de son opportunisme.

Les Barundi refusent l’imposition d’un homme qui, après les avoir internationalement humiliés puis réduits à la mendicité, les contraint aujourd’hui, par un accord traître, négocié pour son unique intérêt, au suicide collectif.

Le ministre de la défense devrait se rendre à l’évidence ; la greffe de BUYOYA sur le peuple burundais n’a jamais pris car les organes n’ont jamais été compatibles. D’où les rejets de 1993, 1996 et de 2001.

L’intronisation forcée de BUYOYA s’étant heurtée à une opposition qui grandit chaque jour au sein de tous les corps sociaux, l’armée comprise, le général NDAYIRUKIYE n’a pas trouvé d’autre parade, lors de la causerie morale du 2 août 2001 , que d’incriminer à nouveau le PARENA , en l’accusant de préparer un coup d’Etat. 

Un tel scénario nous conduirait à ses yeux dans une tragédie à la rwandaise comme si nous n’y étions pas déjà !

La tragédie de ce pays n’émane pas du PARENA, mais d’un pouvoir dont le bilan en quatorze ans d’exercice ne rima qu’avec le génocide tutsi, la ruine économique et sociale et l’humiliation d’une nation entière.

Le PARENA se félicite que le peuple burundais y compris l’armée, revendique de plus en plus haut les idéaux de justice, de paix et de progrès pour lesquels il combat.

Ce n’est pas en criant au loup, en recourant au chantage, aux menaces, aux vieilles recettes de la complotite que NDAYIRUKIYE arrêtera le mouvement de révolte que la trahison d’Arusha n’a fait que galvaniser.

La répression n’a pas empêché la prise de LA BASTILLE.

Le ministre de la défense avait le privilège de ramer dans le sens de l’histoire.

Il est entrain plutôt de lui tourner le dos.

A NDAYIRUKIYE de faire le bon choix : Celui du PARENA par exemple !

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