RUGAMBA-NET PRESS

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LETTRE A LA NATION

BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA 

N° 11 DU 21/08/2001

Le PARENA manifeste, le pouvoir panique.

Nous savions que les analyses exprimées à travers la “Lettre à la Nation” confondaient et agaçaient le pouvoir. Nous ne pouvions néanmoins nous imaginer que la photo du Président du PARENA, trônant à l’entrée de la Permanence de ce parti, le traumatisait tant, au point d’envoyer un peloton de gendarmes équipés d’engins anti-émeutes pour la faire disparaître. 

Comme Caïn fuyait la voix de Dieu qui l’interrogeait sur ce qu’il avait fait de son frère Abel qu’il venait de tuer, le pouvoir semble paniquer à la vue des symboles du PARENA. Il refuse de regarder ce dernier dans les yeux parce qu’il y lit l’acte d’accusation sur la faillite et la trahison des dirigeants qui nous gouvernent. 

L’arrestation et la détention illégales du vice-président du PARENA et des membres de celui-ci dans les différents goulags des brigades de gendarmerie, au cours du week-end du 11 Août 2001, ne sont qu’une tentative malencontreuse visant à étouffer le cri d’un peuple qui refuse l’humiliation et le suicide collectif.

Nous ne nous attarderons pas sur la brutalité policière dont les militants du PARENA ont été victimes au cours du même week-end. Nous actons qu’elle a été l’œuvre d’un corps que les manifestants voulaient justement protéger contre la désintégration programmée. Nous rappelons aux officiers gendarmes qui se sont particulièrement illustrés dans la répression de la manifestation du 11 Août, qu’en cognant sur le PARENA, ils évitent et déplacent le vrai champ de bataille et se trompent d’ennemi !

La mise à tabac des manifestants pacifiques n’a jamais pérennisé un pouvoir. Elle ne fait que le discréditer et précipiter sa chute. Les intimidations multiformes auxquelles les militants du PARENA sont constamment soumis, les lourdes amendes illégales qui leur sont extorquées pour avoir exercé leur droit légitime de manifester, les menaces de toutes sortes proférées sans cesse contre le PARENA n’entameront en rien la détermination de ce dernier à briser la tyrannie du pouvoir actuel. 

Nous demandons aux forces de l’ordre que ce pouvoir instrumentalise pour son unique intérêt, de faire preuve de discernement en mettant leurs énergies, leurs moyens et leur savoir-faire au service du peuple et non à celui d’un seul homme que quatorze ans de pouvoir n’ont pas pu légitimer. Et, dans le contexte politique actuel, ce service est de laisser le peuple exprimer son opinion pacifiquement. L’époque de l’esclavage où seul le maître prenait  une position engageant tous ses sujets est révolue. Actuellement, tout dirigeant non en phase avec son peuple doit plutôt se démettre.  

Le Mouvement National de Refus se commue-t-il en mouvement de réhabilitation de Buyoya III ?

Pendant que le PARENA alertait l’opinion sur l’invasion imminente du pays par des troupes ghanéennes, nigérianes, sénégalaises et sud-africaines, les partis du G5 se bousculaient au portillon des palais du pouvoir, pour avoir un visa qui leur permet d’accéder dans la salle de dépeçage de ce qui reste du pays. D’autres se précipitaient à Arusha pour assurer le suivi d’un accord qui les condamne à la disparition physique et politique. 

Face à un comportement aussi erratique, l’opinion s’interroge désormais sur les mobiles qui sous-tendent l’activité politique de ces partis.

Entrés au gouvernement de la Convention à coups de barricades et d’opérations villes mortes, ces partis prétendaient représenter les intérêts de la communauté tutsi! Ils les ont aussitôt oubliés pour concentrer leur attention sur leurs nouveaux privilèges et sur le pillage des ressources publiques censées être le patrimoine commun de la nation.  

Les jeunes dont ils s’étaient servis au nom de la prétendue défense de l’ethnie tutsi furent abandonnés à leurs pauvres “ligalas” avec pour seul horizon, la drogue et la criminalité. Leur présence au gouvernement fondait donc ses racines sur l’escroquerie d’une communauté et sur les ruines d’une partie de sa jeunesse !

Le gouvernement de la convention sombra sans tarder sous la charge des turpitudes des partis signataires. L’échec de celui-ci consacra la faillite politique de tous ceux qui en avaient fait partie.  

Le “sauvetage” du 25 Juillet 1996 n’opéra pas de révolution. Buyoya remplaçait Ntiba mais la philosophie et la stratégie de l’entreprise demeurèrent inchangées; seules quelques modifications cosmétiques au niveau du marketing furent introduites pour endormir les moins avisés. 

Plus d’aucun se posent aujourd’hui la question de savoir pourquoi Ntiba est parti? Ne réclamait-il pas constamment l’invasion du pays par les troupes étrangères que Buyoya vient d’accepter le 23 Juillet 2001 à Arusha?

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Buyoya devrait emprunter la même voie de sortie que celle prise par son prédécesseur.

Si Ntiba est parti, c’est parce qu’il n’avait pas le sens des mutations !

Buyoya qui avait conduit la convention de gouvernement sur les fonts baptismaux rebaptisa celle-ci “Partenariat de gouvernement”. Les mêmes partis qui avaient déjà goûté aux délices du gouvernement de convention se ruèrent dans les institutions du nouveau conglomérat sous la double casquette d’alliés et d’opposants au nouveau maître. Ils ont applaudi et soutenu toutes les initiatives du pouvoir qui nous ont conduits à la dérive actuelle. L’échec de ce dernier est aussi le leur.

Parallèlement, ils contrecarraient l’action de l’opposition dont ils se réclamaient en tissant des alliances politiques qu’ils dénonçaient sur instruction et suivant les fortunes politiques de Buyoya, leur véritable mandant. 

L’association du G8 puis G10 fut sabordée par ceux-là mêmes qui, tout en s’en revendiquant, n’étaient que les yeux et les oreilles du major. 

La carte du candidat Bayaganakandi qu’ils exhibèrent un moment, s’inscrivait elle aussi dans cette logique. Elle n’était qu’un maquillage politicien destiné à façonner à Buyoya une image présentable d’un démocrate qui accepte la compétition pluraliste. La façon dont ils l’ont débarqué en pleine traversée conforte notre hypothèse. Qu’ils organisent aujourd’hui un match de consolation qui décernerait à leur candidat de façade une place au sénat revient à lui remettre un certificat de mérite pour les services de sape rendus , et à apaiser les rares sympathisants qui ont eu la naïveté de les croire un instant.

A lui de concilier la nouvelle offre et le mouvement national de refus dont il réclame la paternité ! 

Nous ne serions pas surpris de voir, au vu des tractations en cours, le “Mouvement de refus et de réhabilitation du citoyen” se métamorphoser en un nouveau front commun destiné à consolider le pouvoir chancelant du Major. Le G5, l’UPRONA et ses partis parasites formeraient ainsi un parti unique dont l’ambition serait de faire le lit aux forces négatives. 

De tels échafaudages ne tiennent ensemble que grâce à la félonie de leurs composantes. Leur espérance de vie est d’autant plus précaire que contrairement à certaines espèces animales qui se reproduisent en se coupant en deux, certains partis du G5 périssent politiquement en empruntant ce procédé de reproduction. 

Les échéances d’Arusha ont eu pour seul mérite de clarifier le paysage politique burundais. Les slogans utilisés par les partis du G5 pour se forger une force politique qu’ils ne pouvaient pas réunir, faute de projet de société s’éffondrent comme des châteaux de sable. Leur allégeance à l’homme imposé à partir de Prétoria, leur participation annoncée dans les futures institutions pour appliquer le contraire des programmes pour lesquels ils affirmaient se battre, éclairent d’un jour nouveau la carence de leur combat politique. 

La thèse généralement véhiculée selon laquelle il faut participer dans les nouvelles institutions pour les combattre de l’intérieur ne résiste pas non plus à l’analyse. Ils ne feront pas demain ce qu’ils n’ont jamais osé faire sous l’empire du gouvernement de la convention et sous celui du partenariat. Fragilisés par le jeu de dissidences internes soigneusement entretenues par le pouvoir, les partis concernés ne sont plus que des marionnettes que ce dernier manipule à sa guise. Ils n’influenceront rien parce qu’ils ne pèsent rien sur l’échiquier politique national. 

Il découle de ce qui précède que les forces politiques en présence s’articulent autour de deux pôles principaux: le FRODEBU-PALIPEHUTU avec ses auxiliaires de l’UPRONA et du G5 du côté du pouvoir, et de l’autre, le PARENA qui représente la seule opposition crédible. 

Seul ce dernier parti incarne, par la consistance de son assise politique, la pertinence de son idéologie, la viabilité des solutions puisées dans l’expérience confirmée de son leadership, la seule planche de salut pour ce pays. 

Le discours du pouvoir et de ses alliés répertoriés ci-avant ayant prouvé son inanité, le PARENA demande à tous ceux qui en ont été abusés, de le rejoindre sans tarder pour le combat qui vaille : celui de la survie et l’épanouissement du peuple burundais dans son ensemble.

« Ils ont dit »

1° A propos de l’accord d’Arusha 

Léonce NGENDAKUMANA (Président de l’Assemblée Nationale)

«  L’accord d’Arusha n’a résolu que des problèmes d’individus »

Devrions-nous continuer à s’adapter à des telles solutions dans un contexte de génocide  ?

2° A propos de ce que doivent faire les réfugiés actuellement

  Léonce NGENDAKUMANA (Président de l’Assemblée Nationale)

« La jeunesse des milieux des réfugiés doivent s’engager au côté de la rébellion pour chasser l’armée Tutsi qui a fait d’eux des réfugiés » 

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