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BULLETIN
D’INFORMATION DU PARTI PARENA
Le
PARENA manifeste, le pouvoir panique.
Nous savions que les analyses exprimées à travers la “Lettre à la Nation” confondaient et agaçaient le pouvoir. Nous ne pouvions néanmoins nous imaginer que la photo du Président du PARENA, trônant à l’entrée de la Permanence de ce parti, le traumatisait tant, au point d’envoyer un peloton de gendarmes équipés d’engins anti-émeutes pour la faire disparaître.
Comme
Caïn fuyait la voix de Dieu qui l’interrogeait sur ce qu’il avait fait de
son frère Abel qu’il venait de tuer, le pouvoir semble paniquer à la vue des
symboles du PARENA. Il refuse de regarder ce dernier dans les yeux parce qu’il
y lit l’acte d’accusation sur la faillite et la trahison des dirigeants qui
nous gouvernent.
L’arrestation
et la détention illégales du vice-président du PARENA et des membres de
celui-ci dans les différents goulags des brigades de gendarmerie, au cours du
week-end du 11 Août 2001, ne sont qu’une tentative malencontreuse visant à
étouffer le cri d’un peuple qui refuse l’humiliation et le suicide
collectif.
Nous
ne nous attarderons pas sur la brutalité policière dont les militants du
PARENA ont été victimes au cours du même week-end. Nous actons qu’elle a été
l’œuvre d’un corps que les manifestants voulaient justement protéger
contre la désintégration programmée. Nous rappelons aux officiers gendarmes
qui se sont particulièrement illustrés dans la répression de la manifestation
du 11 Août, qu’en cognant sur le PARENA, ils évitent et déplacent le vrai
champ de bataille et se trompent d’ennemi !
La
mise à tabac des manifestants pacifiques n’a jamais pérennisé un pouvoir.
Elle ne fait que le discréditer et précipiter sa chute. Les intimidations
multiformes auxquelles les militants du PARENA sont constamment soumis, les
lourdes amendes illégales qui leur sont extorquées pour avoir exercé leur
droit légitime de manifester, les menaces de toutes sortes proférées sans
cesse contre le PARENA n’entameront en rien la détermination de ce dernier à
briser la tyrannie du pouvoir actuel.
Nous
demandons aux forces de l’ordre que ce pouvoir instrumentalise pour son unique
intérêt, de faire preuve de discernement en mettant leurs énergies, leurs
moyens et leur savoir-faire au service du peuple et non à celui d’un seul
homme que quatorze ans de pouvoir n’ont pas pu légitimer. Et, dans le
contexte politique actuel, ce service est de laisser le peuple exprimer son
opinion pacifiquement. L’époque de l’esclavage où seul le maître prenait
une position engageant tous ses sujets est révolue. Actuellement, tout
dirigeant non en phase avec son peuple doit plutôt se démettre.
Le
Mouvement National de Refus se commue-t-il en mouvement de
réhabilitation
de Buyoya III
?
Pendant
que le PARENA alertait l’opinion sur l’invasion imminente du pays par des
troupes ghanéennes, nigérianes, sénégalaises et sud-africaines, les partis
du G5 se bousculaient au portillon des palais du pouvoir, pour avoir un visa qui
leur permet d’accéder dans la salle de dépeçage de ce qui reste du pays.
D’autres se précipitaient à Arusha pour assurer le suivi d’un accord qui
les condamne à la disparition physique et politique.
Face
à un comportement aussi erratique, l’opinion s’interroge désormais sur les
mobiles qui sous-tendent l’activité politique de ces partis.
Entrés
au gouvernement de la Convention à coups de barricades et d’opérations
villes mortes, ces partis prétendaient représenter les intérêts de la
communauté tutsi! Ils les ont aussitôt oubliés pour concentrer leur attention
sur leurs nouveaux privilèges et sur le pillage des ressources publiques censées
être le patrimoine commun de la nation.
Les
jeunes dont ils s’étaient servis au nom de la prétendue défense de
l’ethnie tutsi furent abandonnés à leurs pauvres “ligalas” avec pour
seul horizon, la drogue et la criminalité. Leur présence au gouvernement
fondait donc ses racines sur l’escroquerie d’une communauté et sur les
ruines d’une partie de sa jeunesse !
Le
gouvernement de la convention sombra sans tarder sous la charge des turpitudes
des partis signataires. L’échec de celui-ci consacra la faillite politique de
tous ceux qui en avaient fait partie.
Le
“sauvetage” du 25 Juillet 1996 n’opéra pas de révolution. Buyoya remplaçait
Ntiba mais la philosophie et la stratégie de l’entreprise demeurèrent
inchangées; seules quelques modifications cosmétiques au niveau du marketing
furent introduites pour endormir les moins avisés.
Plus d’aucun se posent aujourd’hui la question de savoir pourquoi Ntiba est parti? Ne réclamait-il pas constamment l’invasion du pays par les troupes étrangères que Buyoya vient d’accepter le 23 Juillet 2001 à Arusha?
Les
mêmes causes produisant les mêmes effets, Buyoya devrait emprunter la même
voie de sortie que celle prise par son prédécesseur.
Si
Ntiba est parti, c’est parce qu’il n’avait pas le sens des mutations !
Buyoya
qui avait conduit la convention de gouvernement sur les fonts baptismaux
rebaptisa celle-ci “Partenariat de gouvernement”. Les mêmes partis qui
avaient déjà goûté aux délices du gouvernement de convention se ruèrent
dans les institutions du nouveau conglomérat sous la double casquette d’alliés
et d’opposants au nouveau maître. Ils ont applaudi et soutenu toutes les
initiatives du pouvoir qui nous ont conduits à la dérive actuelle. L’échec
de ce dernier est aussi le leur.
Parallèlement,
ils contrecarraient l’action de l’opposition dont ils se réclamaient en
tissant des alliances politiques qu’ils dénonçaient sur instruction et
suivant les fortunes politiques de Buyoya, leur véritable mandant.
L’association
du G8 puis G10 fut sabordée par ceux-là mêmes qui, tout en s’en
revendiquant, n’étaient que les yeux et les oreilles du major.
La
carte du candidat Bayaganakandi qu’ils exhibèrent un moment, s’inscrivait
elle aussi dans cette logique. Elle n’était qu’un maquillage politicien
destiné à façonner à Buyoya une image présentable d’un démocrate qui
accepte la compétition pluraliste. La façon dont ils l’ont débarqué en
pleine traversée conforte notre hypothèse. Qu’ils organisent aujourd’hui
un match de consolation qui décernerait à leur candidat de façade une place
au sénat revient à lui remettre un certificat de mérite pour les services de
sape rendus , et à apaiser les rares sympathisants qui ont eu la naïveté de
les croire un instant.
A
lui de concilier la nouvelle offre et le mouvement national de refus dont il réclame
la paternité !
Nous
ne serions pas surpris de voir, au vu des tractations en cours, le “Mouvement
de refus et de réhabilitation du citoyen” se métamorphoser en un nouveau
front commun destiné à consolider le pouvoir chancelant du Major. Le G5,
l’UPRONA et ses partis parasites formeraient ainsi un parti unique dont
l’ambition serait de faire le lit aux forces négatives.
De
tels échafaudages ne tiennent ensemble que grâce à la félonie de leurs
composantes. Leur espérance de vie est d’autant plus précaire que
contrairement à certaines espèces animales qui se reproduisent en se coupant
en deux, certains partis du G5 périssent politiquement en empruntant ce procédé
de reproduction.
Les
échéances d’Arusha ont eu pour seul mérite de clarifier le paysage
politique burundais. Les slogans utilisés par les partis du G5 pour se forger
une force politique qu’ils ne pouvaient pas réunir, faute de projet de société
s’éffondrent comme des châteaux de sable. Leur allégeance à l’homme
imposé à partir de Prétoria, leur participation annoncée dans les futures
institutions pour appliquer le contraire des programmes pour lesquels ils
affirmaient se battre, éclairent d’un jour nouveau la carence de leur combat
politique.
La
thèse généralement véhiculée selon laquelle il faut participer dans les
nouvelles institutions pour les combattre de l’intérieur ne résiste pas non
plus à l’analyse. Ils ne feront pas demain ce qu’ils n’ont jamais osé
faire sous l’empire du gouvernement de la convention et sous celui du
partenariat. Fragilisés par le jeu de dissidences internes soigneusement
entretenues par le pouvoir, les partis concernés ne sont plus que des
marionnettes que ce dernier manipule à sa guise. Ils n’influenceront rien
parce qu’ils ne pèsent rien sur l’échiquier politique national.
Il
découle de ce qui précède que les forces politiques en présence
s’articulent autour de deux pôles principaux: le FRODEBU-PALIPEHUTU avec ses
auxiliaires de l’UPRONA et du G5 du côté du pouvoir, et de l’autre, le
PARENA qui représente la seule opposition crédible.
Seul
ce dernier parti incarne, par la consistance de son assise politique, la
pertinence de son idéologie, la viabilité des solutions puisées dans l’expérience
confirmée de son leadership, la seule planche de salut pour ce pays.
Le
discours du pouvoir et de ses alliés répertoriés ci-avant ayant prouvé son
inanité, le PARENA demande à tous ceux qui en ont été abusés, de le
rejoindre sans tarder pour le combat qui vaille : celui de la survie et l’épanouissement
du peuple burundais dans son ensemble.
« Ils
ont dit »
1° A propos de
l’accord d’Arusha
Léonce
NGENDAKUMANA (Président de l’Assemblée Nationale)
«
L’accord d’Arusha n’a résolu que des problèmes d’individus »
Devrions-nous
continuer à s’adapter à des telles solutions dans un contexte de génocide
?
2° A propos de ce
que doivent faire les réfugiés actuellement
« La jeunesse des
milieux des réfugiés doivent s’engager au côté de la rébellion pour
chasser l’armée Tutsi qui a fait d’eux des réfugiés »
