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BULLETIN
D’INFORMATION DU PARTI PARENA
SILENCE !
ON DEMANTELE
Le
25/08/2001, un millier d’assaillants des FDD et des FNL, épaulés par les
sinistres Interahamwe, envahissaient la province de Cibitoke. Le lendemain, le
porte-parole du Ministère de la Défense Nationale annonçait gaillardement le
renvoi de plus de 300 militaires accusés d’avoir tenté, dans la nuit du 22
au 23 Juillet, de renverser le Major Buyoya, lui-même plusieurs fois
putschiste.
Instruit
dans le secret et à l’ombre des bananeraies de Ngozi, le procès des prétendus
putschistes aura brillé par son caractère expéditif, par la négation du
droit de la défense et par le recours aux vieilles méthodes de la torture dont
ce régime est si fier d’avoir usé et abusé depuis Mars 1989.
Des
étudiants de l’Université du Burundi raflés dans le sillage de cette
affaire sont torturés à longueur de journée dans le secret des cachots.
Géné
par l’indignation que l’accusation de tentative de coup d’Etat par des étudiants
a soulevé au sein de l’opinion, le pouvoir change son fusil d’épaule et
arrête à tour de bras ce 29/08/2001 de nouveaux étudiants sous un nouveau
chef d’accusation : la détention illégale d’armes.
La
seconde accusation est aussi grotesque que la première. Elle s’inscrit dans
le cadre de la politique de répression tout azimut que le pouvoir a décidé de
mener contre le PARENA ou ce qui lui ressemble.
Nous
notons que ces arrestations s’opèrent après une campagne savamment orchestrée
par des étudiants hutu ayant décidé de ne plus loger au campus sous le
fallacieux prétexte que certains de leurs confrères tutsi y auraient récemment
introduit des armes.
Le
nouveau partenariat, se fera-t-il sur les cadavres des étudiants de
l’université dont le seul crime est d’appartenir au parti PARENA ?
Les
associations des droits de l’homme d’habitude si promptes à voler au
secours des génocidaires se sont emmurés dans un silence assourdissant. Comme
sous Ponce Pilate, on crucifie le Christ pour libérer Barabas.
Ngozi
est donc devenu le goulag de prédilection où la machine de répression affame
et torture à l’envie, à l’abri des regards et des oreilles indiscrets.
En
1997, le Colonel Ntako mourait dans les géôles de Muyinga. D’autres membres
du PARENA arpentent aujourd’hui les couloirs de la mort disséminés à
travers les brigades, les camps militaires et les prisons de Ngozi.
Certains
applaudissent lorsque la répression s’abat sur les membres du PARENA.
D’autres encouragent, par leur silence complice, la dérive policière du
pouvoir. Que les uns et les autres ne s’y méprennent pas. Si la folie
dictatoriale se déchaîne aujourd’hui sur le PARENA, le monstre dévorera
demain ses alliés, puis ses propres rejetons !
S’agissant
des procédures utilisées lors de l’arrestation et de l’interrogatoire des
prévenus, nous retombons dans le déni du droit qui a toujours caractérisé ce
régime. N’est-il pas frappant qu’une commission de quelques militaires dont
on connaît les limites de leur bagage juridique ait bouclé en moins d’un
mois l’interrogatoire de plus de 400 personnes ?
Le
putsch du 18 Avril 2001 qui dormait dans un coma avancé, faute d’éléments
probants contre les auteurs pré-désignés, reprend quelques couleurs et
revient subitement à la vie ! Il trouve curieusement ses racines, ses
justifications et ses solutions dans un putsch qui lui est postérieur !
Les potentialités du pouvoir dans la manipulation stalinienne des procès
politiques semblent infinies !
Le licenciement de militaires par bataillons entiers pendant que des assaillants envahissent le pays par vagues successives atteste du peu d’intérêt que le pouvoir éprouve pour la sécurité des citoyens. Ce désintérêt contraste singulièrement avec le soin méticuleux dont nos dirigeants s’entourent lorsqu’il s’agit de protéger leurs familles et leurs biens.
Pendant
que des écoles abritant des milliers d’élèves restent sans protection, des
villas inhabitées appartenant aux seigneurs qui nous gouvernent sont gardées
jour et nuit par des militaires issus des troupes d’élite de l’Armée
Burundaise. Le menu peuple qui n’a ni villa, ni compte numéroté n’ a qu’à
périr pour que vivent ceux qui l’ont spolié !
Face
à ce traitement indigne, le peuple réagit jusqu’à présent, par un désaveu
cinglant qui oblige les tenants du pouvoir actuel à recourir au bricolage de Prétoria
et d’Arusha pour asseoir une légitimité que les citoyens de ce pays lui ont
refusée à plusieurs reprises.
Au
lieu de résoudre les problèmes fondamentaux qu’ils ont générés ou aggravés
par incompétence ou par maladresse politiques, nos dirigeants actuels érigent
autour d’eux, une muraille de Chine juridique, incorporant de nouvelles normes
selon lesquelles tout putsch ou toute tentative de putsch dirigé contre eux
sera considéré comme un crime contre l’humanité !
Le
renvoi en pleine guerre de quatre cents militaires obéit lui aussi à cette
logique. Il vise un triple objectif :
-
Il se forge des prétextes
pseudo-légaux pour démanteler à peu de frais une armée qui lui est devenue
manifestement hostile. Hier, c’était l’ISCAM, aujourd’hui c’est le
reste du corps de l’armée qui est entamé.
-
Il croit exercer sur
le reste de l’armée un chantage dissuasif qui lui accorderait un répit
momentané dont il tirerait profit pour retourner à son avantage une situation
qui ne fait qu’empirer.
-
En faisant preuve de
fermeté, il rallie la confiance de ses amis du FRODEBU et des parrains de ces
derniers qui restent dubitatifs sur la faisabilité des conditionnalités
qu’il a signées le 23 Juillet 2001.
De
toute cette entreprise, une constante demeure : l’intérêt et la sécurité
du pays se limitent aux contours de l’ «AKAZU» nationale.
Ce
ne sont pas les manifestations folkloriques du 20 au 25 Août 2001, pour soit
disant soustraire la population de la misère qui changeront la donne.
On
constatera, si les statistiques ont encore un sens, que quatorze ans de pouvoir
n’auront réussi qu’ à paver 15 m ou presque, d’une ruelle de Bujumbura.
Le
score était nettement plus éloquent sous d’autres administrations.
Malgré
cette impasse et le péril au coin de la rue, bien des Burundais refusent de
regarder la situation en face et d’adopter un comportement conséquent.
Pour
les uns, la situation semble gérable aussi longtemps que leurs petits intérêts
ne sont pas encore touchés. Leur univers se limite à leur propre personne, à
leur famille et à leur patrimoine. Ils sont comme ces vaches qui, sur le chemin
et dans la périphérie de l’abattoir, continuent à brouter avec appétit
comme si aucun danger ne se profilait à l’horizon !
D’autres
s’emmitouflent dans leur confort douillet, en attendant que d’autres se
sacrifient à leur place.
Les
plus mesquins croient tirer leur épingle du jeu en courtisant pour d’hypothétiques
strapontins ministériels, les commanditaires du génocide de leurs propres frères.
Certains par lassitude, par manque de courage ou de clairvoyance estiment que
les dés sont jetés, qu’il n’y a plus rien à sauver. Ils abandonnent leur
sort aux fausses divinités que les sorciers, les escrocs et les charlatans du
partenariat leur désignent.
Le
PARENA refuse que l’esprit de résignation que le pouvoir a inoculé dans le
psychique des Burundais soit la réponse à l’impasse et au chaos actuels. Gémir,
pleurer et prier constamment sur les malheurs que ce pouvoir nous fait endurer,
sans que rien ne soit entrepris pour prendre notre destin en mains, ne semble
pas non plus être d’une quelconque utilité.
Il
existe une autre alternative au suicide collectif que le pouvoir nous impose.
Elle s’inscrit dans une lutte multiforme sur fond de sacrifice, de lucidité,
de courage et d’abnégation.
En
1996, Buyoya nous a interdit de manifester contre l’embargo que Nyerere venait
de nous imposer parce que ses protégés venaient de perdre le pouvoir.
L’argument avancé à cette époque est que ce genre de protestation nuirait
à nos relations avec la Tanzanie. Il fallait, nous disait-on alors, confondre
nos ennemis par notre dignité et laisser la gestion de l’embargo aux
professionnels de la diplomatie.
Nous
avons obtempéré et pendant deux ans, Nyerere s’est royalement moqué de
notre dignité, les relations de son pays avec le nôtre se sont empirées et
nos experts diplomates se sont révélés être de vulgaires amateurs.
Allons-nous
répéter les erreurs que nous avons commises en 1996 ? Notre silence à
cette époque fut interprété comme un acquiescement à une punition bien méritée.
Notre
inaction aujourd’hui sera considérée comme un aval aux accords d’Arusha
qui viennent d’amnistier et de légitimer les bourreaux de nos propres
enfants.
Le
pouvoir en place ayant jeté son dévolu sur le démantèlement de l’armée
qui constituait le dernier rempart contre les visées génocidaires de ses
partenaires politiques, le peuple burundais a le choix entre se laisser immoler
comme un agneau sur l’autel du FRODEBU, ou se lever comme un seul homme, pour
combattre afin de survivre dans la dignité.
Le
PARENA vous propose la deuxième alternative parce qu’il croit en votre sens
de l’honneur et à votre attachement à la souveraineté et à l’indépendance
nationales.
Venez
donc NOMBREUX manifester contre le démantèlement de votre armée.
Venez
CRIER à la face du monde votre rejet d’un pouvoir qui n’incarne que la tragédie
de ce pays.
Lors
de l'appel du Parena du 11/08/2001 pour manifester contre le démantèlement de
l'armée, les militaires chargés de convaincre leurs frères d'armes de la nécessité
de réprimer cette manifestation l'ont expliqué en disant que les propos du
Parena sont fondés, mais que ce dernier n'a pas à créer de la confusion au
sein de l'armée, car, il est lui-même signataire du même accord consacrant ce
démantèlement.
Le
Parena tient à rappeler à tous ceux qui ne le savent pas que l'accord dit de
"paix" est un texte du Gouvernement du Major BUYOYA et du Docteur Jean
MINANI agissant pour le compte du G7(Hutu).
Le
Parena n'a apposé sa signature qu'à la condition que les questions en rapport
avec l'intervention des troupes étrangères, le démantèlement de l'armée,
l'amnistie du Génocide et toutes les autres questions faisant objet de réserves,
ne soient mises en application avant qu'un compromis y relatif ne soit trouvé.
Que
les militaires ne soient donc pas désinformés. C'est le Major BUYOYA et tous
ceux qui acceptent de participer à son gouvernement qui se sont engagé avec
les 11 conditions de Prétoria à les démanteler et non le Parena.
1°
A Propos des FDD
Séverin
NTAHOMVUKIYE
(Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération)
"Le
Gouvernement n'a aucune intention de les neutraliser ou de les écraser."
2°
A propos du Frodebu
A)
Pierre BUYOYA (Président de la République
du BURUNDI)
« Je
ne suis pas de ceux à qui on demande de combattre le FRODEBU »
« Le
chef de l’Etat Rwandais accuse les membres du FRODEBU d’avoir trempé dans
le génocide de 1994…..le gouvernement Rwandais vient de lancer des
accusations à l’endroit de quelques membres du FRODEBU (G7), une formation
politique burundaise, d’avoir été au centre de ce génocide qui a endeuillé
des milliers de familles dans la sous région des Grands lacs. Les membres du
FRODEBU qui sont indexés ne vont certainement pas échapper à la justice, même
si celle-ci demeure lente comme le souligne Carla Del Ponte (procureur général
auprès du TPIR) »
2°
A propos d'un éventuel Accord de Paix
Un
Ministre Hutu
(se confiant à un politicien Tutsi)
"
Les Tutsi n'ont pas à se faire d'illusion. Il n'y aura pas d'accord de paix.
Les Hutu feront tout pour pousser les Tutsi hors du territoire national."
