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S P A C E T E L
Communiqué
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PARTI POUR LE REDRESSEMENT NATIONAL
"PARENA"
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LETTRE A LA NAT BULLETIN D'INFORMATION DU PARTI PARENA N° 14 du 06/09/2001 |
L’arrivée des troupes
étrangères : une invasion programmée par le pouvoir mais dissimulée
dans la cacophonie au sommet de l’Etat !
Le
double attentat du 11 septembre 2001 sur les tours jumelles du World Trade
Center et sur le Pentagone a focalisé le déluge médiatique sur la tragédie
de New-York et de Washington, reléguant aux oubliettes les autres drames
humains que les guerres et les répressions politiques charrient sur les autres
théâtres tourmentés du globe.
Nous
ne saurions en vouloir aux faiseurs des médias de faire passer au compte de
pertes et profits, le génocide que les Tutsi du Burundi subissent depuis bientôt
huit ans, quand nos propres dirigeants et les médias publics qu’ils
commandent et contrôlent l’ont tour à tour nié, banalisé, puis légitimé
par l’amnistie et la protection généreusement accordées aux auteurs du génocide
de 1993 à ce jour.
Tout
au plus constatons-nous que le pouvoir en place, malgré son engagement à ne
plus persécuter ses opposants politiques, a profité de l’accaparement
des médias par la couverture quasi exclusive des horreurs de New-York pour mâter
et réprimer à l’aise, à l’abri des oreilles et des regards indiscrets,
les militants du PARENA dont le crime est d’éclairer le peuple burundais sur
l’absurdité et la nocivité de la politique menée par le régime actuel et
sur les conséquences dramatiques qui se profilent à très brève échéance à
l’horizon.
La guerre civile dont on mesure l’effet dévastateur sur tous les plans se doublera bientôt d’une invasion quadripartie du pays par :
- des troupes sud-africaines qui viendraient prêcher la bonne parole d’une intégration qu’elles n’ont pas encore réussie chez elles;
- des troupes sénégalaises dépêchées pour rétablir au Burundi une paix qu’elles n’ont pas été en mesure d’imposer en Casamence;
- des forces nigérianes invitées à garantir l’harmonie entre les Hutu et les Tutsi du Burundi pendant que chez elles, les Ogoni, les Haoussa, les Yoruba et les Ibo règlent dans le sang leurs différends;
-
et enfin les militaires ghanéens dont on se rappelle la médiocrité de
leurs prestations lors de la sécession congolaise des années soixante.
Pour
endormir l’opinion, le ministre de la défense nationale dont on ne reconnaît
plus l’étoffe, joue à l’exégèse des mots, refuse d’appeler un chat un
chat et suggère plutôt que la notion d’ « INTEKO MVAMAKUNGU »
- troupes étrangères, soit désormais bannie de toute discussion à cet effet.
Pour
le ministre de la défense, ce qui semble périlleux pour la nation, ce n’est
pas tant la venue des troupes étrangères dont on nous cache soigneusement la
taille et le mandat, mais plutôt les manifestations pacifiques de ceux qui
refusent que de telles forces ne s’érigent en une cinquième colonne, chargée
de prêter main forte aux rebelles hutu dont l’ambition n’est ni la prise,
ni le partage du pouvoir, mais le parachèvement du génocide des Tutsi.
La
communauté Tutsi est d’autant plus révoltée que la négociation de la venue
de ces troupes est menée soit disant en son nom par des gens auto désignées,
qu’elle n’a jamais mandatés à cette fin, et qui n’ont jamais cessé de
la trahir au cours de cette dernière décennie.
Toute l’architecture d’Arusha repose sur une imposture. On ne peut valablement représenter une communauté qui vous récuse. Le pouvoir actuel recourt à la répression pour gommer cette vérité. Mais aucune répression politique, si brutale soit-elle, aucun Accord ou Arrangement, obtenus même avec la bénédiction d’un médiateur qui fait autorité, ne pourraient contraindre indéfiniment toute une communauté au suicide collectif.
Et ce ne sont pas les encouragements truqués de la communauté internationale, ponctués de chantage à l’aide économique qui changeront la donne. Hier au Rwanda, la même communauté internationale assistait l’arme au pied au massacre des Tutsi. Aujourd’hui, elle applaudit des deux mains un accord qui aboutira au même résultat si pas pire au Burundi. Elle est prête à financer sous couvert d’un élan de générosité et de compassion, des contingents de militaires destinés à en hâter l’achèvement. Tout ne serait pas arrivé si le Burundi n’avait pas souffert au cours de ces quatorze dernières années d’un déficit chronique d’un leadership. Nous payons aujourd’hui le prix d’une politique aventureuse marquée par la cécité politique de nos dirigeants.
L’incohérence
et la cacophonie au sommet de l’Etat ne font qu’empirer une situation déjà
chaotique. C’est ainsi que le gouvernement burundais sera le premier au monde
à déballer le tapis rouge aux troupes qui se proposent d’envahir son pays.
Le
ministre de la défense vient de balader deux semaines à travers tout le pays
les Généraux sud-Africains, Sénégalais, Nigérians et ghanéens devant
commander les futures forces d’occupation. Sous d’autres latitudes,
pareilles démarches tomberaient sous le coup de la trahison et de la
collaboration avec l’ennemi. A la libération, le châtiment fut extrêmement
sévère.
Les conclusions que le ministre tire à l’issue de la visite de ses « amis » précités sont aussi opaques que la politique qui les soutend. Quelle que la gymnastique verbale utilisée, la vérité ci-après crève les yeux :
- le gouvernement burundais a bel et bien planifié l’arrivée des troupes étrangères. Il hésite seulement à trop en parler pour ne pas affoler la population et pour éviter une insurrection généralisée. Il fait semblant de jouer à la fermeté pour endormir l’opinion tout en préparant en coulisse les conditions politiques, psychologiques et matérielles de cette invasion. Nous retombons dans la sempiternelle dualité de nos dirigeants qui changent de langage selon les interlocuteurs en face. Mais la réunion du 11 octobre 2001 risque de mettre fin à ce jeu de cache-cache politique en révélant au public les promesses que Buyoya et son ministre de la défense ont clandestinement faites à la médiation et à la rébellion.
-
Les derniers soubresauts des mois d’avril et de juillet 2001 à l’armée
ont consommé le divorce entre celles-ci et le pouvoir en place. Ce dernier a
besoin d’une force (fusse-t-elle étrangère) sur qui compter pour assurer sa
survie politique.
Il n’hésitera donc pas à démanteler une armée qui lui est devenue hostile. L’arrivée des troupes étrangères s’inscrit vraisemblablement dans ce cadre.
Comment répondre aux exigences de ceux qui l’ont intronisé par force le 23 juillet dernier tout en contenant la grogne et le mécontentement de plus en plus grandissants dans tous les corps sociaux du pays ?
La situation est d’autant plus délicate que les promesses et les compromissions que le pouvoir a consenties à la médiation l’ont souvent été à l’insu et sur le dos du peuple burundais.
C’est
pourquoi à la moindre réaction de ce dernier, le même pouvoir se rebiffe,
renie, contourne ou interprète à sa façon les engagements auxquels il a
solennellement souscrits. La dernière séance des travaux du comité de suivi
en fournit un témoignage suffisamment éloquent.
Il
en ira d’ailleurs continuellement ainsi dans l’application de l’Accord
d’Arusha. Comme nous le disions dans un des numéros précédents, Buyoya
appliquera les dispositions de l’Accord qui lui conviennent, avec des
partenaires qu’il se sera choisi et suivant une cadence qu’il aura lui-même
rythmée.
Fondé
sur le double mensonge du pouvoir et de ses partenaires, l’Accord d’Arusha
n’est, dans son état actuel, et nonobstant les qualificatifs dont on
l’encense, qu’un prélude à une autre tragédie encore plus macabre. Tout
observateur honnête le pressent et tous ceux qui s’y accrochent désespérément
pour n’hériter en définitive que le nouveau ministère du Sida, ne font que
creuser leurs propres tombes et celles des leurs.
Le PARENA en appelle au bon sens de tous les patriotes de ce pays pour qu’ils prennent dûment conscience de la catastrophe imminente qui se pointe déjà à l’horizon.
Il
serait absurde et insensé de sacrifier la vie de nos enfants et l’avenir de
notre nation pour que règne une secte de putschistes et de génocidaires.
Buyoya
ne disait-il pas lui-même en 1987 que « Lorsque la révolution populaire
est trahie et que les droits des citoyens sont violés dans un pays de justice,
les forces militantes doivent s’engager à redresser la nation ».
Le
moment est donc on ne peut plus approprié.
Nous voudrions enfin rappeler aux gouvernements qui se proposent d’envoyer des troupes au Burundi contre la volonté de la population de celui-ci, qu’il existe d’autres canaux pour jouer un rôle crédible sur la scène africaine sans passer par la voie du mercenariat.
Si
leurs troupes viennent sous le manteau de coopérants, elles seront traitées
comme des conquérants.
"Ils ont dit ":
A
propos de l’Indépendance et de la souverainté nationales :
Léonce
NGENDAKUMANA (Président de l’Assemblée Nationale)
"Le parti UPRONA, pas plus que le parti FRODEBU, n’est pas soustrait aux tentations extérieures."
Il
est donc devenu légitime pour tous les citoyens de chasser ces partis du
pouvoir.
A
propos du respect des lois :
Un
citoyen s’interroge :
« Le PARENA ne serait-il pas concerné par les dispositions du code pénal puisque ses militants sont régulièrement incarcérés en violation flagrante des procédures en matière d’arrestation, des délais de détention préventive, ainsi que de la fixation du niveau des amendes ?
