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BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA 

16 DU 26/10/2001   

 

FACE A UN POUVOIR EN LAMBEAUX, L’AMBASSADEUR DE FRANCE AU BURUNDI DISTRIBUE LES CARTONS ROUGES ET LES POSTES AUX LEADERS POLITIQUES BURUNDAIS !   

 

Au BURUNDI, la politique en vigueur depuis bientôt une décennie, ressemble étrangement à une pièce de théâtre écrite par un auteur sans vision ni talent, jouée dans un café de banlieue par des acteurs médiocres. 

Les hommes au pouvoir et les partis parasites qui gravitent dans leur sillage « ont livré en pâture aux chiens » l’honneur d’une Nation naguère fière et jalouse de son indépendance. 

Nous sommes arrivés au stade où l ‘ambassadeur de France à Bujumbura convoque pour invectiver et admonester les leaders politiques récalcitrants, conseiller les « modérés » sur la conduite made in France à tenir, et distribuer des bombons et des chocolats aux élèves modèles qui ont intériorisé les charmes de la démocratie de la machette ! 

Voici quelques jours, Augustin NZOJIMBWAMI, Vice-Président de l’Assemblée Nationale, était convoqué à l’ambassade de France pour recevoir les instructions sur la conduite à tenir lors des élections du Bureau de la future Assemblée Nationale de transition.

Il lui fut signifié qu’il avait plu à l’ambassadeur de France, de désigner à la présidence de ladite Assemblée, Jean MINANI, l’homme qui ordonna en 1993 sur Radio Kigali, le déclenchement de la « solution finale » des Tutsi du Burundi.

Le président actuel du perchoir, Léonce Ngendakumana serait, toujours selon le même ambassadeur, débarqué à la SOBUGEA , pour veiller sur les bagages, les marchandises et autres colis en transit qu’un trafic aérien, revigoré par la mise en place des nouvelles institutions, ne manquera pas de générer ! 

Quelques jours plus tard, les rescapés du G5 étaient à leur tour convoqués à la même ambassade pour s’entendre dire courtoisement que la récréation était terminée, que leurs volte-faces permanents risquaient de porter ombrage à l’imposition du couple Buyoya-Ndayizeye.

L’ambassadeur faisait insidieusement comprendre aux partis du G5, qu’ils étaient mal placés pour exiger quoique ce soit d’un président qu’ils avaient bruyamment combattu ! 

Ayant eux-mêmes ruiné leur propre crédibilité par des changements d’alliances quasi journaliers, ces partis étaient dans la position délicate de quémander à quelqu'un qu'ils avaient si mal éconduit (gusaba uwo watutse !). 

Ils devraient donc, dans l’entendement de l’ambassadeur de France, se contenter des miettes que Buyoya voudra, dans sa magnanimité, leur réserver, car avec ou sans eux, il l’aurait de toutes façons imposé par MANDELA interposé. 

A voir l’activité fébrile de l’ambassadeur de France au niveau de l’Assemblée Nationale, les pressions qu’il exerce sans même mettre les gants d’usage sur certains leaders politiques, son engouement à ramener au pouvoir ses hôtes d’octobre 1993, sa détermination à injecter dans le circuit du soit disant processus de paix, la médiation gabonaise dont le chef rêve d’être sacré roi des bantous des Grands lacs, on s’interroge sur les intentions véritables de son pays et sur le rôle que celui-ci entend jouer dans l’imbroglio politique burundais. 

Agit-il sur mandat ou se laisse-t-il emporter par sa sympathie débordante envers les valeurs qu’incarnerait le G7 ?

L’aide que son pays consent de temps à autre au Burundi, l’autorise-t-elle à se substituer aux Barundi et à décider ce qui lui semble désormais bon pour ces derniers ? 

Quand le pouvoir se trouve en lambeaux, l’ambassadeur de France comble le vide, distribue les cartons rouges et les postes politiques aux leaders burundais ! 

Les barundi, réduits au silence par une répression sans nom que le représentant du pays qui enfanta la déclaration universelle des droits de l’homme n ‘ a jamais condamnée, digèrent mal l’humiliation d’une immixtion éhontée des étrangers dans les affaires qui relèvent de leur seule souveraineté.

Imposer à un peuple des dirigeants que celui-ci récuse revient à créer et entretenir un chaos sanglant. 

L’on aurait espéré que l’expérience peu glorieuse de la France au Rwanda, eut mieux inspiré le comportement de son représentant au Burundi. Tel ne semble malheureusement pas être le cas. 

Les reproches que nous convions à l’ambassadeur de France sont également adressés à tous ceux qui, d’une manière peu voyante peut-être, s’activent tout autant pour remettre le Burundi sous tutelle par l’entremise du gouvernement fantoche désigné. 

La commission de suivi de l’Accord, dont le président fut tiré des placards des Nations unies pour être sacré gouverneur général du Burundi, constitue une autre humiliation que le peuple burundais ne tolerera pas longtemps. 

Que les uns et les autres ne se méprennent ni du calme apparent que les Barundi affichent face au complot dont ils sont aujourd’hui victimes, ni des certitudes mensongères que les bénéficiaires de celui-ci ne cessent de distiller à la médiation pour la convaincre de l’acceptation par les Barundi des décisions tragiques qu’elle vient de prendre à leur endroit.

Les barundi ne tarderont pas à divorcer avec une équipe dirigeante qui aura regagné le pays dans les soutes des aéronefs militaires sud-africaines et à l’ombre des baîonnettes nigérianes. 

Le BURUNDI a besoin d’un leadership fier de son pays et de lui même et non des commis marqués au fer rouge de la vassalité.

C’est cette fierté nationale que le gouvernement actuel a délibérément choisi de piétiner en faisant appel à des troupes étrangères dont certaines viennent de s’illustrer tragiquement par des massacres ignobles de leurs propres populations. Feront-elles preuve à l’égard du peuple Burundais de plus de respect qu’elles n’ont manifesté à l’endroit de leurs propres frères ?

Ces comportements répréhensibles ne sont qu’un avant goût de leur conduite dans ce qui sera à leurs yeux un pays conquis.

Ils illustrent à suffisance les craintes et les inquiétudes maintes fois exprimées par le PARENA lorsqu’il s’oppose à la venue des forces étrangères. 

Le secret et le flou qui entourent ces expéditions, le soin que le gouvernement met pour désinformer la population et pour étouffer toute voix discordante à cet effet, présagent d’un agenda caché dont les Barundi ont toutes les raisons de se méfier. 

Buyoya justifie l’envoi de ces troupes en se référant à l’expérience de la MONUC en RDC, de la MINUAR au Rwanda et des forces des Nations Unies en Sierra-Léone. Il n’est donc pas étonnant que le navire burundais prenne l’eau de partout quand son capitaine n’a d’autres repères pour le diriger, que les anti-modèles qu’il aurait fallu éviter.

Pour lui, les turpitudes de nos voisins justifieraient ses propres errements. 

Tout laisse donc supposer, étant donné que le comportement de la MINUAR au Rwanda semble être son repère préféré, que la communauté Tutsi du Burundi se fera massacrer comme sa jumelle du Rwanda, pendant que les troupes sud-africaine, ghanéenne, nigériane et sénégalaise seront en train de jouer au casino !

Les troupes ghanéennes qui ont assisté, l’arme au pied, au génocide Rwandais, ne manqueront pas de partager leur riche expérience à leurs confrères précités. 

Lors de son dernier « focus », Buyoya justifie l’invasion du pays sous le prétexte que les dirigeants hutu rentrant d’exil ne se sentiraient en sécurité que sous le parapluie des quatre armées « invitées ».

Et pourtant au Burundi, ce sont les Tutsi qui périssent massacrés chez eux, dans les centres de déplacés, dans les écoles, sur les routes, par la machette, les fusils et autres engins de guerre aux mains des « démocrates » des FDD et du FNL. 

Le Tutsi meurt, mais c’est son bourreau qu’il convient de protéger !

Tel est le paradoxe que la médiation et les chefs d’Etat invités aux cérémonies de mariage du prince BUYOYA avec l’ « infante » NDAYIZEYE viendront sacraliser !

On aura tout vu sur cette terre de nos aîeux ! 

« Ils ont dit » 

A propos des troupes étrangères 

Un citoyen : 

« Qui a réellement besoin de troupes étrangères ? Certainement celui qui a besoin de l’immunité à cause des crimes politiques qu’il a commis.

Et il ne peut être que celui qui est en charge de la politique et disposant des moyens officiels de celle-ci. »

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