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BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA. 

17 DU 12/11/2001 

DIS-MOI QUI TU NOMMES MINISTRE, JE TE DIRAI QUI TU ES !

Contrairement au VATICAN où l’élection d’un Pape s’accompagne d’une émission d’une fumée blanche, une fumée très noire est sortie le 1er Novembre des cheminées du palais de Kigobe pour nous annoncer l’imposition du binôme présidentiel Buyoya-Ndayizeye. 

Le protocole bordélique ayant présidé à la cérémonie de prestation de serment annonçait déjà la couleur et le calibre du nouveau gouvernement :

-        un cocktail d’improvisation et d’incompétence;

-        une alchimie de représentants du Palipehutu et du CNDD dont certains se sont déjà illustrés en 1994 dans l’enlèvement et l’exécution par les sinistres tribunaux populaires de Kamenge, des officiers de l’armée et des civils tutsi;

-        des aventuriers analphabètes convertis à l’affairisme touche-à- tout, et qui pourront enfin brandir un curriculum vitae ministériel, lequel n’affichait au 31/10/2001 sous la rubrique « fonctions exercées », que la seule mention de traficant;

-        des troubadours qui avaient déjà fait leur entrée sur la scène politique de la première république grâce à leur bouffonnerie croustillante;

-        des gens que leurs propres familles ont fini par renier et marginaliser parce que ne reculant devant aucun interdit social;

-        etc. 

Aux nouveaux venus s’ajoute le noyau dur des inamovibles dont le pouvoir ne veut plus se séparer et pour cause : 

. Le premier a été successivement élève, commis, puis héritier de l’agence NDI, une ONG spécialisée dans le maquillage des élections dans les républiques bananières. C’est elle qui homologua les résultats des élections tribales de 1993 au Burundi.

Après la déconvenue de son patron lors de ces mêmes élections, le gouvernement FRODEBU lui renvoya l’ascenseur en le propulsant ambassadeur aux Nations Unies en guise de reconnaissance du travail de sape effectué à la commission nationale électorale.

Peu de temps après, débordé, Ntibantunganya fit appel à lui pour l’aider à tenir le gouvernail du gouvernement de la convention qui n’arrêtait pas de chavirer. Quand celui-ci sombra en 1996, il rejoignit aussitôt le gouvernement de sauvetage du Frodebu. Il le sauva si bien que les poursuites judiciaires intentées contre les hommes au pouvoir, qui avaient participé dans le génocide des Tutsi non loin de Bujumbura, furent sanctionnées par un non-lieu qui est resté en travers de la gorge de tous les rescapés du génocide. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement, puisqu’à la mort de Ndadaye, notre ministre ne manqua pas de déclarer, et de surcroît par écrit, avec d’autres ambassadeurs (à l’exception de Ndayicariye), rejoindre le gouvernement en exil de Minani et appella l’intervention des troupes étrangères !

L’avalanche de projets de textes de lois amnistiant la kyrielle de putchistes et de génocidaires ont été préparés par ses soins ou sous sa supervision.

La constitution taillée sur les épaules de ces derniers porte également son sceau.

Il ne restait plus pour boucler la boucle, qu’à en faire le marketing au niveau international.

Le remaniement du 30 Octobre 2001 vient d’y pourvoir en le nommant porte-parole d’une diplomatie bancale dont il a été, en coulisse, l’un des principaux architectes. 

. Le second a migré d’un ministère à l’autre au gré des fantaisies de son mentor.

Ses discours brillent par la maîtrise de la syntaxe mais pèchent par la misère de leur substance.

Sous sa direction, les ministères qu’il eut successivement en charge se sont littéralement liquéfié à l’instar du parti qu’il dirige.

De 1996 à 1998, il fut incapable, malgré ses incessantes randonnées internationales, de convaincre quiconque à lever l’embargo illégalement décrété sur le Burundi.

Certains se sont même demandé s’il n’était pas, par conviction ou par ordre, un farouche partisan.

Devant la maigreur de ses résultats diplomatiques, il fut muté au ministère chargé de la répression des libertés d’expression et du maquillage des déboires du partenariat. 

Son successeur n’est autre que le rédacteur en chef de « Burundi-Bureau », l’agence de la haine et de l’intox qui émettait son venin anti-Tutsi à partir de Bonn. 

Dans ces circonstances, il est fort à parier que la mobilisation pour la paix et la réconciliation qu’il se voit octroyer, ne connaissent les mêmes ratées que la politique des balancements de bras de son parti. 

. Le troisième est un palipehutu pur sang et fier de l’être. Depuis Juillet 1996, il est l’Administrateur Directeur Général des pompes funèbres de l’enseignement au Burundi. Bardé de diplômes universitaires, il a réussi avec brio le tour de force d’éthniser et de crétiniser l’enseignement primaire et secondaire, de démembrer et de désosser l’Université du Burundi.

Il est à l’éducation nationale ce que les Talibans ont été à la formation de la femme afghane. Il l’a détruite comme ces derniers l’ont fait pour les statues de Bamian, pourtant sacrées par l’Unesco «Patrimoine commun de l’humanité ».

Il quittera lui aussi son ministère quand sa mission sera totalement remplie ! 

. Le quatrième enfin est un expert dans la mise en déroute des vrais-faux coups d’Etat. Son poste est cardinal dans la mesure où le pays consolide sa démocratie en maintenant au pouvoir par la force, les hommes qui y ont accédé par putsch et qui viennent d’être imposés à partir de Prétoria.

La signature du protocole d’invasion du pays par les troupes sud-africaines n’a d’autre finalité que de contrer dans une première étape l’armée burundaise contre toute vélléité putschiste, et de la démanteler ensuite, afin qu’elle renonce à jamais à ce «sinistre dessein».

Personne ne connaît les termes de la capitulation qu’il a signée devant les généraux sud-africains. L’humiliation est à son comble à l’armée !

Les officiers qui raillaient les avertissements répétés du PARENA à cet effet, et se contentaient des assurances verbeuses que leur balançaient leur ministre, découvrent bien tard, comme tous les cocus, qu’ils ont été menés en bateau.

A eux de sauver ce qui reste de leur honneur, pour autant qu’ils ne l’aient hypothéqué en contre partie de la monnaie de singe que les réseaux de corruption distribuent sans compter. Mais la reconduction du ministre vise justement à annihiler ce dernier sursaut. 

On peut légitimement se poser la question de savoir, au vu de survol panoramique qui vient d’être fait sur la stature des ministres influents du nouveau gouvernement, ce que le peuple burundais est en droit d’attendre d’une équipe dont l’ossature a connu une tripe faillite sous les gouvernements Ndadaye, Ntibantunganya et Buyoya ! 

Le Frodebu et le Palipehutu ont toutes les raisons du monde pour pavoiser.

Ils retrouvent par une amnistie négociée avec les putschistes, un pouvoir et une légitimité que le génocide de 1993 qu’ils ont planifié et exécuté leur déniait de droit.

Ils pourront achever, grâce à l’accord d’Arusha dont ils sont l’unique bénéficiaire , et le parapluie militaire sud-africain, ce qu’ils n’ont pas pu réaliser en huit ans de pouvoir réel ou déguisé : le génocide des Tutsi.

Du côté des ministres tutsi du gouvernement, le constat est on ne peut plus affligeant : leur choix semble s’être inspiré du degré de leur servilité à l’égard du pouvoir en place. Aucun ministre tutsi ne fait le poids devant les ministres voraces du Frodebu-Palipehutu. Certains se proclament ostensiblement tutsi, mais portent le flambeau du Palipehutu ou défendent depuis des années, la cause et les intérêts du Frodebu. D’autres limitent leur combat politique au seul siège ministériel sur lequel ils viennent d’être installés.

Nous n’avons donc pas, contrairement au slogan en vogue, un gouvernement d’union nationale puisque les Tutsi ne s’y reconnaissent guère, mais un gouvernement CNDD-PALIPEHUTU saupoudré de quelques tutsi d’apparât pour faire diversion et pour permettre à la machine Frodebu de parachever le génocide des Tutsi et faire définitivement main basse sur le pays. 

Il n’est pas étonnant que des massacres d’envergure visant des populations Tutsi de Ruyigi, Cankuzo, Bururi, Makamba et ailleurs reprennent de plus belle au soir de la mise en place du nouveau gouvernement !

Des enfants et des femmes meurent par centaines et le gouvernement, quant à lui, ne semble intéressé que par la médiatisation des cérémonies d’ «UKUBISIKANYA » (remise et reprise entre ministres entrants et ministres sortants). 

Le silence nonacal pendant une semaine durant de ce même gouvernement face à des boucheries d’enfants, de lycéens, de paysans et commerçants, dénote chez certains membres de ce gouvernement une insensibilité et une incompétence coupable que le PARENA n’a jamais cessé de dénoncer ; et chez d’autres une complicité agissante que le nouveau partenariat s’évertue à camoufler. 

Les Ministres du G7 se gardent évidemment de condamner avec conviction les massacres exécutés par leurs mandataires. Leurs collègues tutsi gardent le même mutisme, pour ne pas indisposer celui qui les a fait Ducs ou Vicomtes. 

L’indignité devient ce faisant, le socle sur lequel repose la bâtisse du gouvernement de transition. La communauté tutsi n’attend ni n’espère rien de ce gouvernement . Elle devra désormais faire face aux massacres de la rébellion, à la répression politique, administrative et policière d’un gouvernement issu quasi exclusivement  de la même rébellion, et à l’humiliation multiforme de l’armée nationale par l’armée d’occupation sud-africaine dépêchée spécialement pour la neutraliser. 

Nous disions dans les numéros précédants,  que le Ministre burundais de la défense et son patron nous cachaient la taille et la mission véritables des forces sud-africaines au Burundi.

Le protocole d’accord d’occupation du Burundi signé par le Ministre Ndayirukiye reste secret défense, comme si la souveraineté nationale était une affaire privée dont Buyoya et Ndayirukiye peuvent disposer à leur guise ! 

Des avions cargos débarquent quotidiennement des troupes et du matériel sans que personne n’ait le moindre droit de regard sur le contenu de ces cargaisons.

 Les avions sud-africains sont interdits aux officiers burundais et aux chiens, comme du temps de l’apartheid  outrancier en Afrique du Sud. 

L’armée sud-africaine s’installe progressivement autour des zones stratégiques (aéroport, Port, Radio etc) et en interdira bientôt l’accès aux Burundais.

Elle intimide la population de Bujumbura par des vols à basse altitude d’hélicoptères de combat. Ces survols sont souvent organisés aux heures de pointe, pour atteindre le plus grand impact psychologique possible.

Leur trajectoire n’est guère innocente. Ils survolent les zones sensibles, les camps  militaires et les quartiers réputés difficiles, c’est à dire Tutsi, pour en relever la topographie. 

La journée et certainement le soir, on observe de petits groupes de soldats sud-africains noirs (de trois à quatre unités) déguisés en civils et se fondant dans la population au centre-ville  et dans les différents quartiers pour on ne sait quelle mission !  

Nous apprenons par ailleurs, que parmi les militaires sud–africains, figureraient des rebelles hutus burundais qui auraient transité par la Tanzanie et le Zimbabwe pour remonter sur Bujumbura sous l’uniforme de l’armée sud-africaine .

Où sont donc passés les « Bashingantahe » qui décriaient le cheval de troie ? sont-ils devenus  muets après la conclusion du marchandage des postes ministériels ? 

Buyoya et Ndayirukiye peuvent-ils encore nous convaincre, que la protection d’une dizaine de bourgeois hutu rentrant d’exil, nécessite le déploiement de chars, de blindés et d'hélicoptères de combat, de lance-roquettes, d’engins de génie et de systèmes de brouillage des télécommunications ? 

Les excavateurs que nous croisons, sont-ils destinés à protéger les hutu rentrant d’exil ou sont-ils prévus pour creuser des fosses communes où l’on jettera les derniers tutsi comme le firent les commandos de l’opération turquoise ! 

Les colonels burundais détachés pour « encadrer » les militaires sud-africains devraient plutôt ouvrir l’oeil, au lieu de se transformer en garçons de course faisant la navette entre le campement et le marché parallèle des dollars au « soko » ! 

Les manifestations du PARENA, réprimées avec la brutalité que l’on sait, n’avaient d’autre finalité que d’attirer l’attention de l’armée et de la population, sur ce qui est en train de nous arriver aujourd’hui. 

Comme en Juillet 1996, lors du retour forcé de Buyoya, le PARENA avait raison, trop tôt et tout seul !

Il continuera néanmoins sa mission malgré les embûches et les oppressions du pouvoir.

Avec l’arrivée des troupes africaines à Bujumbura, le Burundi n’est plus qu’une colonie où les officiers afrikaners, qui tiraient indistinctement et sans remords sur les enfants noirs de Soweto, viennent dicter la loi.

Un débat public s’impose sur la mission des troupes sud-africaines au Burundi. 

Le 13 et 21 Octobre 2001, les actionnaires du partenariat interdisaient quiconque n’évoluant pas dans leur cercle, de déposer une gerbe de fleur sur les tombes de Rwagasore et de Ndadaye. Aujourd’hui, les soldats sud-africains cirent leurs bottes en posant leurs pieds sur la tombe de Ndadaye et sur celles des « héros » environnants.  Tel serait-il le sens du respect et de l’honneur sous le gouvernement de transition ? 

Nous exigeons du gouvernement la publication intégrale des accords scélérats que le ministre Ndayirukiye a signés avec les généraux sud-africains et qu’il cache jalousement.

Il appartient enfin à l ‘armée de tirer son propre constat sur les déclarations lénifiantes de son ministre et l’arrivée massive des sud-africains pour savoir qui du ministre Ndayirukiye ou du PARENA disait la vérité au peuple burundais. 

Ces derniers recevront bientôt l’ordre de la neutraliser.

Il n’y a pas de pire aveugle que celui qui refuse de voir, ni de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! 

« Ils ont dit » 

A propos de la violation de la souveraineté nationale  

Un citoyen :

« Si le mandat ci-après de la commission de suivi de l’Accord que préside DINKA n’est pas une violation de la souveraineté nationale, il y’ aurait alors lieu de se demander ce que recouvre finalement ce concept.

F Art 22.11 du protocole II : la commission de suivi de l’application peut se faire communiquer par le gouvernement de transition toute information relative aux activités gouvernementales, toute donnée pertinente concernant la conduite des affaires publiques ou tout renseignement nécessaire au suivi, au contrôle ou à l’application de l’accord, y compris des informations concernant une aide financière.

F Art 22.12 : la commission apporte son assistance pour solliciter ou obtenir toute aide ou assistance étrangère prévue par l’accord. D’une manière générale, elle peut donner son avis à tout bailleur de fonds et suggérer des conditionnalités pour toute aide ou assistance devant être accordées au gouvernement burundais ou accord devant être conclu avec lui. A cet effet, elle sera tenue informée des détails de tout accord international devant être conclu avec le gouvernement burundais ou tout aide étrangère devant lui être accordée. »

A propos du démantèlement de l’armée 

Pierre Buyoya, Président de la République du Burundi : 

« J’avais toujours dit à Ndadaye qu’on réforme l’armée sans le dire ». 

A  propos des troupes étrangères 

Pierre Buyoya, Président de la République du Burundi : 

« Les burundais sont allergiques aux troupes étrangères. Qu’on se réfère à leur réaction rien qu’à l’idée de Ntibantunganya de les faire venir». 

Un citoyen s’interroge à ce sujet : Qu’est-ce qui a véritablement changé entre-temps pour que les burundais se « laissent faire » maintenant 

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