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BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA
N°
18 DU 27/11/2001
AMNISTIEZ
UN GENOCIDAIRE, IL REVIENT TOUJOURS AU GALOP
Depuis
la mise en place le 1er Novembre 2001 du gouvernement Palipehutu de transition,
en vertu de l’accord-tromperie d’Arusha, les Barundi découvrent, petit à
petit, l’étendue de la tragédie qui les attend.
Le
maquillage savamment élaboré pour cacher les vices ou gommer les aspérités
dudit accord, fond comme neige au soleil, face à l’émergence du pacte secret
conclu entre le pouvoir de l’AKAZU et les commanditaires de la rébellion.
Les
promesses de paix qu’on avait fait miroiter à la population pour vaincre les
réticences de nombreux sceptiques, volent en éclat parce qu’après tout,
elles n’engageaient que ceux qui avaient la naïveté d’y croire.
La
rébellion décime les derniers rescapés de la communauté Tutsi dans les différentes
provinces du pays.
Alors
que sous d’autres cieux, la mort d’innocents, sous quelque prétexte que ce
soit, suscite l’indignation et la nausée, le génocide des Tutsi du Burundi
est rangé sous la rubrique de simples dommages collatéraux qu’aucun regret
n’accompagne de surcroît.
C’est
sur fond de complicité avec le pouvoir et de bénédiction par la prétendue
communauté internationale que le Frodebu, blanchi de ses crimes, déguste la
victoire que Buyoya vient de lui offrir sur un plateau d’or.
Il
renoue avec l’arrogance, les provocations, les menaces et les humiliations qui
avaient sonné le prélude du génocide de 1993.
La
réunion de son comité directeur élargi organisée le 18/11/2001 dans les
locaux du gouvernement, alors que les partis d’obédience Tutsi sont
formellement interdits de réunion, nous rappelle l’ambiance des meetings du
parti CDR au Rwanda, au cours desquels le président de ce parti, Mr BUCYANA,
proposait à ses militants de se débarrasser des Tutsi de son pays en les
jetant dans la rivière NYABARONGO.
Ce
qui fut fait !
La
tactique semble bien rodée : elle consiste, désormais que le Frodebu
semble bien ancré sous le parapluie de l’armée de Pretoria, à provoquer
l’armée nationale pour la pousser à la faute, afin de faire intervenir les
troupes sud-africaines qui semblent déprimer au cimetière des « héros ».
Les
déclarations incendiaires du même Minani selon lesquelles l’armée nationale
serait responsable des tueries et des pillages survenus à Kamenge dans la nuit
du 17 au 18 Novembre 2001, renouent indéniablement avec la politique de
diabolisation à outrance que le Frodebu avait mise en chantier pendant la période
électorale de 1993 et sous le gouvernement de la Convention.
L’incitation
des militants du Frodebu de refuser tout contrôle d’identité par les agents
de la police, n’est qu’un avant goût de l’appel prochain à une révolte
généralisée ou à un nouveau « code Juin ».
Le
message est bien clair : la présence des troupes sud-africaines autorise
le Frodebu à passer de l’insurrection surnoise et clandestine, à la révolte
déclarée.
Désormais,
l’armée nationale et les Tutsi devront boire l’humiliation jusqu’à la
lie.
A
cet effet, grisé par une victoire obtenue à si bon compte, Minani ne met même
plus les gants en déclarant que les Tutsi doivent désormais accepter sans
broncher que « le Frodebu les dirige parce que c’est un grand parti »
Dans
le paradoxe démocratique Frodebu, la grandeur d’un parti se mesure à
l’ampleur des massacres qu’il a su organiser !
Le
cessez-le feu dont les chances d’obtention, nous disait-on, étaient
conditionnées par l’imposition de Buyoya et la formation du gouvernement
aujourd’hui en place, se dissipe comme un mirage dans le désert.
Minani
le balaye d’un revers de sa main et justifie l’hécatombe en cours comme une
résistance à l’assassinat de Ndadaye. La carte du cessez-le feu n’était
donc qu’un slogan creux, que le pouvoir et ses complices au gouvernement
manipulaient pour endormir une communauté, lassée d’enterrer chaque jour ses
enfants.
Le Frodebu qui affirmait, pour accaparer l’essentiel des postes au
gouvernement, pouvoir peser sur la rébellion pour l’amener à observer un
cessez-le feu, se rétracte, se dissocie tactiquement d’une rébellion,
pourtant fruit de ses entrailles, et déclare cyniquement que son combat se
limite au seul aspect politique, qu’il n’a, ce faisant, aucun ordre à
intimer à la rébellion.
Si la force du Frodebu ne se limite, comme il le prétend, qu’à son rôle
de boîte à lettres de la rébellion, pourquoi alors a-t-on négocié avec lui ?
Pourquoi lui a-t-on fait tant de concessions ? Quelle justification
pourrait-on encore donner à un gouvernement dont il contrôle plus de 60% de
membres ?
Dans l’autre cas de figure, bien que pouvant influer sur la rébellion,
Minani refuse, en vertu d’une répartition des tâches établie entre le
Frodebu et ses branches armées, de jouer le jeu, pour permettre à la rébellion
de décrocher les concessions que la branche politique n’a pas pu obtenir.
Quelle que soit l’hypothèse envisagée, le processus d’Arusha
n’aura été qu’une regrettable escroquerie où le maître chanteur Frodebu,
engrange coup sur coup ;
-
un accord dont il a
été le seul à dicter les clauses ;
-
une amnistie pour
son génocide commis depuis 1993 à nos jours ;
-
un gouvernement à
sa dévotion, dont le rôle n’est point de ramener la paix, mais plutôt de
servir d’intendance à la rébellion et de préparer d’autres élections
ethniques.
Le gouvernement dit «de l’espoir » qui a été mis en place le
1er Novembre 2001, dans un lyrisme délirant, s’est aussitôt métamorphosé
en un gouvernement d’épouvante, puisqu’il n’aura servi qu’à rallumer
la guerre.
Il y’ a donc lieu de s’interroger, aujourd’hui que les ambitions du
Frodebu pour la communauté Hutu et par ricochet, le sort peu enviable qu’il réserve
aux Tutsi, ont été clarifiés par Jean Minani et ses militants le 18/11/2001, sur le sens et la raison de la
participation des Tutsi dans les institutions issues d’une rébellion qui ne
jure que par la disparition physique et politique de leur communauté !
Cette dernière aurait donc raison, puisque ses droits fondamentaux ont été
complètement ignorés et réduits à la simple reconduction aux affaires du président
Buyoya et à la protection du cercle de ses amis putschistes, de rejeter en bloc
le pseudo-accord d’Arusha d’une part ; et de l’autre part, de
demander des comptes à ce pouvoir qui, tout au long du processus d’Arusha, prétendait
négocier au nom des Tutsi et de l’armée, alors qu’il n’en avait reçu
aucun mandat !
Il n’aura somme toute utilisé ces négociations que pour les torpiller
et les fragiliser au bénéfice du Frodebu et de ses rébellions !
La mise en place du nouveau gouvernement aura au moins eu le mérite de
faire tomber d’un coté, les masques du pouvoir qui se range ouvertement du côté
de la rébellion, et de l’autre, ceux du Frodebu et de ses alliés qui se
sentent aujourd’hui légitimés pour raviver la campagne de génocide contre
les Tutsi.
On a beau
amnistier un génocidaire, il revient toujours au galop.
L’intensification du génocide des Tutsi, observée depuis la mise en
place du nouveau gouvernement, l’indifférence complice de ce même
gouvernement, sa précipitation à démanteler l’armée nationale alors que la
guerre fait rage, devraient faire prendre conscience aux Tutsi que leur survie
et celle de leurs enfants repose désormais uniquement entre leurs mains !
Leurs traîtres se sont identifiés lors des négociations d’Arusha. La
faillite politique et morale des fameux « Bashingantahe autoproclamés
s’est révélée au grand jour. Leur « Bushingantahe » s’est réduit
à un jeu mesquin d’intrigues visant à imposer Buyoya et à déballer le
tapis rouge au Frodebu, peu importe ce qu’il en coûte à leur communauté.
Les tirs de barrage à l ‘Assemblée Nationale pour faire échouer
un semblant d’équilibre au niveau de la représentation des communautés,
sont effectués par les députés de l’UPRONA évoluant dans l’entourage du
pouvoir. Ils caressent aujourd’hui le Frodebu dans le sens du poil pour lui
faire oublier leur putsch de 1993.
D’autres ont manifestement troqué leur résistance pour la réhabilitation
du citoyen contre des mercédès et une intendance fournies par le même pouvoir
auquel ils prétendent résister.
Les officiers qui ont vendu l’honneur de l’armée et mis en péril la
sécurité de leurs frères contre villas ou comptes en banque, sont aussi
connus et devraient reprendre leur conscience s’ils en ont encore une.
Avec la formation du gouvernement de transition, et les tripatouillages en
cours en vue de l’élargissement de l’Assemblée nationale et la formation
du sénat, la communauté Tutsi est aujourd’hui en mesure de faire le tri
entre le parti qui défend réellement sa cause et ceux dont le comportement,
ponctué de reniement et de trahisons, l’ont usurpée pour la sacrifier sur
l’autel des strapontins ministériels.
Le PARENA ne s’est pas associé à ces marchandages parce qu’il estime
qu’après le retrait unilatéral des réserves consignées dans l’Accord
d’Arusha, celui-ci n’est plus qu’une arme redoutable, pointée sur la
tempe de la communauté Tutsi, par des organisations sans scrupules.
La recrudescence du génocide des Tutsi au soir même de la prestation de
serments du nouveau gouvernement, confirme le PARENA dans son analyse selon
laquelle l’architecture du processus d’Arusha, le pseudo-accord et le
gouvernement qui en sont issus, ne reposent que sur une imposture.
Les négociations d’Arusha se sont déroulées en l’absence des véritables
protagonistes. Le Frodebu ne veut ou ne peut peser sur la rébellion, d’où la
vanité des institutions actuelles, mises en place à grand renfort de publicité mensongère !
Une mauvaise méthode n’arrivant jamais à un bon résultat, les péripéties
politiques actuelles, loin de nous tirer du précipice dans lequel le pays a
sombré depuis 1987, ne feront
osciller le Burundi qu’entre le drame et la barbarie.
La communauté Tutsi doit comprendre que le temps de la surprise, de la déception
et de l’amertume face aux multiples trahisons répertoriés plus avant est
passé.
Les Tutsi ne briseront pas l’encerclement dont ils font l’objet en érigeant
des murs de lamentations dans les cafés, dans les salons ou aux bureaux, ou en
faisant seulement du jogging en chantant.
Ils ne devront leur survie qu’à la sueur de leurs sacrifices, à la
conjugaison de leurs efforts, de leurs énergies et de leurs ressources.
Mais auparavant, ils devraient d’abord balayer devant leurs propres
portes, en tournant définitivement le dos à tous ces partis parasites qui,
d’une manière très opportuniste, se proclamaient hier les nouveaux messies
de la cause Tutsi, mais qui viennent de terminer lamentablement leur course
folle dans le lit du Frodebu-Palipehutu.
Face aux
menaces réelles d’implosion du pays, aux carences et à la faillite consommée
du pouvoir, aux louvoiements opportunistes des partis politiques qui hier, déclaraient
combattre le Frodebu-Palipehutu, mais mangent aujourd’hui dans ses mains, le
PARENA se présente comme l’unique voie de secours pour tous les patriotes déterminés
à lutter contre le génocide et à mettre fin aux séances quotidiennes
d’humiliation nationale.
Au moment où le pouvoir en place ratifie l’exclusion politique de la
communauté Tutsi et pendant que ses alliés du Palipehutu et du Cndd
s’emploient à l’éradiquer physiquement, le PARENA prône, à travers le
principe de « Deux Peuples, Une Nation », un pacte de cohabitation pacifique
entre les communautés nationales, dans le respect du droit de chacune à vivre
et à s’épanouir dans ce pays.
Incapable d’innover face à une crise qu’il a lui-même générée, le
pouvoir tire à boulets rouges contre cette initiative parce qu’il
lui sonnerait définitivement le glas.
Le PARENA réitère son appel pressant à tous les Barundi :
- de se remettre
debout, de braver les menaces, les pressions et les persécutions
d’un pouvoir conçu dans les cartons
de Pretoria ;
- de mettre de côté
les rancoeurs, les divisions et les divergences superficielles que le même
pouvoir remue et entretient pour les besoins de sa cause.
N’attendez rien des prochaines embrassades inter-hutu de Libreville.
Elles ne sont destinées qu’à mettre au point les arrangements funéraires de
votre communauté et à permettre au nouveau médiateur, de prononcer
l’oraison funèbre de circonstance !
AGAPFA KABURIWE NI IMPONGO !
« Ils ont dit »
1° A
propos du respect du serment par BAGAZA et BUYOYA.
Un citoyen :
« En prêtant serment, tout président de la République s’engage
à défendre physiquement son pays et sa souveraineté.
BAGAZA a tout fait pour honorer cet engagement peu importe que cela aille
jusqu’à lui coûter son fauteuil. BUYOYA a, quant à lui, tout fait pour que
son pays soit détruit et perde sa souveraineté, pourvu que son fauteuil soit
sauvegardé et qu’il puisse faire un chantage à la Mobutu ‘’Sans moi,
c’est le chaos’’ ; tout en sachant que même avec lui, c’est
toujours le chaos »
