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BULLETIN
D’INFORMATION DU PARTI PARENA.
EN
QUOI LE PRESIDENT MANDELA DEMANDE AU PRESIDENT BUYOYA D’ETRE PLUS
COOPERATIF ?
Lors
de la récente visite en Afrique du Sud du Ministre français à la Coopération
Monsieur Charles JOSLIN, le Président Mandela lui a demandé de tout faire pour amener le Président BUYOYA à être plus coopératif. En
quoi ?
De
toutes les façons, sans même rien obtenir en contrepartie
pour la partie dont il est censé ou prétend être le représentant,
le Président BUYOYA, sur les dossiers sensibles et pour des objectifs
apparemment personnels, a été
plus coopératif que quiconque.
L’on
se souviendra par exemple qu’en
ce qui concerne la formation
d’une nouvelle armée nationale, il est allé jusqu’à accepter la fusion de
l’armée régulière avec la rébellion à concurrence de 50% de chaque côté,
même si l’armée, lors de la visite de Mandela à Gitega, a
nuancé à juste titre cette offre en parlant de 50% hutu et 50% tutsi.
Aussi,
pour ce qui est du maintien de la paix par des troupes étrangères, le Président
BUYOYA n’a jamais été contre non plus.
En
ce qui concerne la formation des Institutions de Transition, le Président
BUYOYA a toujours été d’accord de former lui-même un Gouvernement de
Transition et s’il le faut un
Gouvernement de Pré-Transition.
Un
autre fait certain, Mandela ne doit pas lui reprocher de n’avoir pas été
souvent le voir, car, il a fait trop de déplacements en Afrique du Sud avant et
après la signature de l’accord d’Arusha. Non plus, le Président
Mandela ne doit pas se plaindre de l’absence à l’appel du Président BUYOYA
pour discuter des réserves à l’accord, car aucune session n’a jamais été
programmée à ce sujet, et que par
ailleurs, à sa décharge, tous les
Partis Politiques - à l’exception heureusement du Parena-ont déjà signé
l’acte d’engagement, contrairement à la clause des réserves qui stipule
que « en attendant l’adoption définitive
des compromis sur ces réserves, les clauses du document y relatives ne sont pas
applicables. Par conséquent, les
signataires des présentes réserves subordonnent leur engagement à la
poursuite des négociations dans un contexte approprié selon l’engagement
formel des Chefs d’Etat Présents.»
En
quoi alors le président BUYOYA n’aurait-il pas été coopératif ? Faute
d’informations précises à ce
sujet, on peut se rabattre sur ce
qu’on a ou sur ce qu’on voit. A ce que l’on voit, pour le
Président BUYOYA, toutes les dispositions de l’accord sont applicables
- y compris l’amnistie dont il prépare déjà la loi malgré les réserves
à ce sujet garanties par les Chefs d’Etat de la région-, à la seule
condition de rester en place. Et,
s’il doit partir, il aurait semble-t-il posé des conditions. Ces conditions,
on les retrouve dans le rapport de l’ICG AFRIQUE n° 25 où il dit :
« En réalité, moins
que le contenu de l’accord, ce sont les divergences entre le médiateur et le Président
Burundais sur l’issue de la transition(…). La direction de la transition et
celle de la période intérimaire avaient en effet été mises sur la table de négociation
par l’ancien Président Sud-Africain dès l’arrivée des délégations à
Arusha(…). Face à un Mandela intraitable, convaincu que la transition devait
être dirigée par une personnalité incarnant le changement(…), Pierre BUYOYA
avait posé trois conditions nécessaires à sa signature et à son retrait
volontaire après la période d’intérim.
1°
Que ce soit un successeur tutsi, approuvé par lui-même, seul habilité à négocier
avec la rébellion les garanties de la minorité et la conduite des différentes
réformes préconisées
2°
Qu’il obtienne des garanties pour son avenir et celui de ses proches !
3°
Qu’on lui assure l’impunité de ses collaborateurs »
(Burundi :
Ni guerre ni paix. Une évaluation du processus de paix après la signature de
l’accord d’Arusha du 28 août 2000, Rapport ICG Afrique n° 25 pp18-19)
Nous
sommes à six mois après la publication du document, c’est-à-dire le 1er
décembre 2000. Mais Monsieur BUYOYA est toujours Monsieur le Président de la République.
Les conditions qu’il a posées lui ont-elles été refusées ; en tout ou
en partie ? Si elles lui ont été accordées, en a -t-il trouvé
d’autres et lesquelles ? si seulement une ou quelques-unes lui ont été accordées, quelles sont celles qui lui ont été
refusées, et par qui ? et pourquoi ? Est-ce sur ces conditions que
Mandela demande le concours de la France pour que BUYOYA soit plus coopératif ?
Pour combien de temps ces conditions maintiendront-ils le Burundi dans un
état de ni guerre ni paix ? Aaah ! Si l’ICG pouvait nous en dire
plus !
Depuis
14 ans, le Burundi oscille entre le
drame et la médiocrité. Cela n’empêche pas les responsables de ce gâchis
de rêver d’une place au panthéon local voire d’une consécration
internationale. Ils espèrent entrer dans l’histoire comme les leaders
messianiques ayant réussi la métamorphose d’un pouvoir qui incarnait à
leurs yeux, l’apartheid nègre, vers un régime démocratique.
La
réalité est plutôt nuancée car après plus d’une décennie au pouvoir, le
Burundi se retrouve quasiment sans Etat ni économie. La population à qui on
avait fait miroiter la démocratie, n’a eu droit qu’aux massacres et se
trouve réduite à l’état d’errance et de mendicité.
Le
jeu politique se résume à l’intrigue, aux trahisons, aux scandales et à la
corruption. C’est dans cette optique que nous avons assisté à la floraison
de certains partis politiques dont l’idéologie se limite à quémander les prébendes
d’un pouvoir qu’ils prétendent combattre tout en le servant assidûment.
On
les retrouve ainsi dans toutes les institutions de ce pouvoir aux côtés de
ceux qu’ils qualifient de bourreaux de leurs membres.
A
cette dérive opportuniste, le Parena a toujours opposé une constance, une
vision, une idéologie et un projet de société.
Il
a dénoncé la myopie politique de ceux qui, hier, manipulaient lors de leurs
campagnes électorales, la corde ethnique et se plaisent à prêcher
aujourd’hui, après l’échec de leurs aventures, l’utopie d’une unité
de façade que les événements récents ont vidé de toute substance.
Pour
sortir le pays de l’impasse et des tragédies cycliques, le Parena plaide pour
un pacte de cohabitation pacifique entre les communautés ethniques dans le
respect du droit des uns et des autres de vivre et de s’épanouir dans ce
pays.
Ce
pacte suppose la mise en place d’institutions politiques viables, pilotées
par un leadership éclairé et conséquent, et garantissant à long terme les
droits fondamentaux de chaque communauté.
Pour
des raisons évidentes, le pouvoir a farouchement combattu le concept de
« deux peuples une nation » parce qu’il était l’antithèse
de la « mission possible ». Au lieu d’en débattre,
il s’est précipité pour le disqualifier. Il préfère s’en inspirer mais
en le déformant ou en copiant certains principes qu’il applique en dehors de
leur contexte originel. D’où le fiasco de son entreprise.
Le
dilemme du pouvoir est que l’approche du Parena est la seule alternative
viable pouvant tirer le pays du bourbier actuel. L’adopter constituerait un
reniement déchirant qu’il n’ose envisager, un aveu cinglant que les
quatorze années de pouvoir n’auront été qu’une erreur tragique pour le
pays. L’ignorer conduirait au pourrissement actuel qui ne saurait perdurer.
L’examen
de conscience a certainement eu lieu, mais le courage lui manque pour accepter
la piteuse image que lui renvoie le miroir. D’où les multiples fuites en
avant, les gesticulations politiques désordonnées et l’enlisement que nous
observons.
Hier,
le Gouvernement ne jurait que par Arusha. Aujourd’hui il panique à l’idée
d’être emporté par le monstre qu’il a lui même enfanté.
Son
gynécologue l’avait pourtant averti qu’il portait en son sein un monstre
hybride. Il avait un choix entre l’avortement et la conduite de cette
grossesse à terme nonobstant les risques qu’elle sous-tendait. Comme
d’habitude, il a fait un mauvais choix et se fait dévorer par son propre
rejeton.
Le
Parena n’a cessé d’attirer l’attention des Barundi sur le fait qu’un
accord aussi tronqué et déséquilibré que celui d’Arusha, qui allait
jusqu’à ignorer les véritables protagonistes ne pouvait pas être porteur de
paix.
Comment
pouvait-il l’être alors qu’il ne règle en rien les questions de fond comme
celles relatives au leadership, à la composition , à la durée, à la mise en
place, au fonctionnement des institutions ainsi que les relations existant entre
ces dernières ?
La
situation est d’autant plus inquiétante que rien n’a été fait pour négocier
les multiples réserves qui jalonnent cet accord.
Et
quand le Parena rappelle ces quelques vérités, il s’attire les foudres de
tous ceux qui ne voyaient dans cet accord qu’un tremplin pour occuper les
postes ministériels ou ceux prévus à l’Assemblée Nationale ou ailleurs.
Au
lieu de négocier un accord viable qui leur permette de mettre en place un
programme de gouvernance alternative, les partis qui accourent à la moindre
injonction de DINKA, pour assurer le suivi d’un accord inexistant, donnent à
l’opinion publique l’impression déplorable que le principal souci de leurs
leaders est de chasser les autres pour prendre uniquement
leur place et s’enrichir à leur tour ; le sort des populations étant
le dernier de leurs soucis.
Ces derniers jours, ils concentrent leurs énergies pour tirer à boulets rouges sur le Parena afin de maquiller leurs propres insuffisances. Ils transposent sur ce dernier les maux qui les rongent de l’intérieur ; confirmant par le même biais, l’analyse selon laquelle les gens incapables de faire quoi que ce soit qui vaille la peine pour le bien et le progrès social du pays, sont inexorablement appelés à continuer d’exacerber les tensions dans la société.
Comment
peut-on prétendre jouer un quelconque rôle politique avec un si lourd handicap ?
Leur
absence dans certains forums de consultation n’est pas le fruit d’une
combinaison politicienne régionaliste mais plutôt le
reflet de leur influence réduite lorsqu’il s’agit de peser sur le
cours des événements.
Le
Parena ratisse large parce qu’il
a une vision qui manque cruellement à ceux qui le diabolisent.
Lors
de la convention de gouvernement, le Parena a refusé de participer dans ses
Institutions parce qu’il n’y voyait rien de salutaire,
surtout que l’idée de deux peuples une nation qu’il défend
n’était pas bien comprise par ses partenaires.
Suite à l’appel des troupes étrangères par le gouvernement de la convention, le Parena a mobilisé la population pour s’y opposer et pour faire tomber le gouvernement.
Avec
le Putsch du 25 juillet, le Parena l’a qualifié de «
coup de poignard dans le dos à l’endroit du peuple Burundais et au mouvement
de résistance civile ». Malgré cette vérité, cela n’a pas empêché
les autres partis d’entrer au
Gouvernement du partenariat en considérant l’attitude du Parena comme une
haine individuelle à l’endroit du Président BUYOYA.
Maintenant,
les mêmes partis, avec un retard de plus de six ans sur la vision du Parena
sont d’accord pour le départ du partenariat, mais au profit du même
partenariat. C’est absurde.
Lors
de la signature de l’accord d’Arusha, le Parena, de commun accord avec le
G10, a mis en avant les réserves. Après avoir réalisé qu’il est impossible
de participer dans les Institutions de Transition sans signer l’acte
d’engagement, tous les cosignataires se sont vite précipités pour le signer
oubliant même la clause des réserves qui le leur interdit.
Le
Parena, conséquent avec lui-même, n’a pas, pour des raisons invoquées
ci-haut, signé l’acte d’engagement. Il a été exclu abusivement de la
commission de suivi de l’application de l’accord avec la complicité de
certains du G10.
Ils
ont même répandu un peu partout avec jubilation on sait pour quelle raison,
que le Parena ne pourra plus être
éligible aux Institutions de Transition pour avoir refusé de signer l’acte
d’engagement.
Maintenant,
la commission de suivi vient de constater qu’elle ne peut en aucun cas avancer dans l’application de l’accord sans d’abord
vider les réserves, rejoignant ainsi les positions du Parena.
Si
tous les acteurs politiques ne mettaient pas autant de retard pour rejoindre les
idées du Parena, le pays pourrait être sauvé avant qu’il ne soit trop tard.
Malheureusement,
certains partis n’ont d’existence politique que lorsqu’ils cognent sur le
Parena. Une voie royale pour se marginaliser davantage en démocratie.
Il
n’y a plus ni médecin, ni médicament dans nos hôpitaux. Point de livres
dans nos bibliothèques. Nos internats sont devenus des sanatoriums où la
tuberculose tue faute de nourrir correctement nos élèves.
La
police n’a plus les moyens pour détecter la fraude, la corruption et
les détournements. En guise de palliatif, il faut revoir toujours à la
hausse les produits de grande consommation pour
créer un équilibre avec les prix des
pays voisins. Quant au mœurs, il faut faire la promotion de « Hélène
et les Garçons » et « Sous le Soleil » la suite on pourra gérer
le moment politiquement opportun.
La
faim et la malaria déciment des populations entières sans que leurs prétendus
« Représentants » lèvent le petit doigt. Dans certaines régions,
les gens ne survivent que grâce à la bouillie de la honte distribuée fièrement
et à grand renfort de publicité par certaines ONGs.
Les
déplacés de guerre périssent dans leurs camps-mouroir sans que le
gouvernement s’en émeuve.
Même
nos bananeraies disparaîtront bientôt de nos collines en raison de l’émergence
de nouvelles maladies dont personne ne semble s’occuper. L’ISABU, l’ancien
fleuron de notre recherche agronomique et zootechnique n’est plus en effet
qu’un immense cimetière où gît la ferraille des anciens véhicules de la
CTB (Coopération Technique Belge).
Mais
où est donc passé l’argent du contribuable ?
1. Dans
les festins et voyages ruineux organisés par le pouvoir. Au mois de janvier
2001, le pouvoir a organisé, sous le prétexte de présentation des vœux à
l’occasion du nouvel an, des festins où dignitaires de la République, hauts
magistrats, hauts cadres et d’autres courtisans se relayaient à son buffet
pour être gavés au champagne, au saumon et autres spécialités importées.
Depuis quelques temps déjà, le gouvernement expédie chaque semaine par
charters entiers, des envoyés spéciaux sillonner les quatre coins du globe
pour promouvoir l’image politique de BUYOYA et plaider sa reconduction aux
affaires. Même les populations autochtones au fin fond de la Guinée
Equatoriale ont eu le droit à la visite présidentielle et à un cours
d’initiation au processus de paix.
NTIBANTUNGANYA qui s’était spécialisé dans les visites inopportunes et dans les sommets sans enjeu véritable pour le pays fait désormais piètre figure face au score réalisé par son tombeur.
2. D’autres
fonds sont engloutis dans les intendances de nos multiples institutions du
partenariat.
Pensons
notamment à l’Assemblée Nationale dont la plupart des membres multiplient
les heures de sommeil dans les salles du palais de Kigobe et ne se réveillent
que lorsque l’heure des jetons hebdomadaires a sonné !
Des
budgets colossaux sont dépensés pour entretenir une noria d’ex-coordonniers,
charpentiers et autres boutiquiers, devenus par la grâce du pouvoir, « Représentant
du peuple » et bailleurs de fonds du CNDD-PALIPEHUTU.
3. C’est
par leur canal que le pouvoir en place arrose périodiquement en dollars nos
bourreaux du FNL. L’ICG précisait
à cet effet dans son rapport du 14 mai 2001 ( page 9 ) que « des délégations
composées de parlementaires du FRODEBU aile-NZOJIBWAMI se sont rendues à trois
reprises à Dar es Salaam pour rencontrer Cossan
KABURA et se seraient munis pour la
dernière rencontre de 100.000.000 Fbu. Si
cela est vrai, Combien de malades aurait-on pu sauver avec cet argent ?
Combien d’enfants soleil aurait-on nourri et pendant combien de temps ?
Combien d’écoles aurait-on construit ou réparé ? Il y a donc des
assaillants qu’on ne tue pas, qu’on entretient plutôt !
Si
réellement Cossan Kabura a eu plus de cent mille dollars, combien a eu
NDAYIKENGURUKIYE, le frère de « l’honorable » NZOJIBWAMI. A
combien nous reviennent les MINANI et autres NYANGOMA ?
Face
à l’impunité des crimes économiques, la machine administrative s’est
enrayée ; on dirait que le nouveau mot d’ordre est de piller autant que
faire se peut, pourvu qu’on soutienne à voix haute le pouvoir en place pour
la future transition.
C’est
ainsi que les détourneurs de fonds publics, les gens qui doivent des centaines
de millions aux banques en liquidation ou au fisc, constituent désormais la crème
des «Bashingantahe » pour prêcher aux infidèles l’évangile de
la mauvaise gestion selon l’article 15 « débrouillez-vous » du régime
Mobutu actuellement à l’honneur au Burundi.
Ce
sont eux qui dialoguent avec les envoyés onusiens ou de la communauté européenne et font la navette entre Bujumbura et Prétoria pour
intoxiquer Mandela sur le choix du Président pour la transition.
Quand
les loups s’occupent de la bergerie, les agneaux sont bien gardés !
C’est
dans ce même vivier qu’on recrute les envoyés spéciaux chargés de vendre
l’image du pouvoir. Il n’est donc pas étonnant que ce produit reste
invendable malgré les frais considérables consacrés à son marketing.
La
confusion est telle que le gouvernement ne sait plus où donner de la tête :
il vient de tuer la dernière poule aux oeufs d’or en interdisant par des
taxes inconsidérées l’accès de la population aux produits BRARUDI.
A
l’instar de ce paysan mal inspiré qui, pour avoir un flot plus important de
lait pendant qu’il trayait sa vache, songea à agrandir au fer rouge le pis de
celle-ci, le gouvernement vient de se priver stupidement des derniers revenus réguliers
qui lui restaient.
Quand
on veut financer la guerre, on le fait plus intelligemment et surtout on ne le
crie pas sur les toits !
Reste la distribution du sucre qui suscite des passions assassines entre les ministres du gouvernement ! Ces derniers devraient savoir que lors de l’ouverture des offres effectuées le 18 mai 2001 à l’Assemblée Nationale, une boutique spécialisée a été retenue pour la commercialisation du sucre de la SOSUMO : le Ministère de l’Intérieur.
Nos
ancêtres doivent se retourner dans leurs tombes !
BURUNDI-REBELLION-TANZANIE
A
QUAND L’USAGE DE NOTRE DROIT DE POURSUITE ?
Alors que le processus de paix inter-burundais d’Arusha est en panne, l’actualité nationale de ces dernières semaines fait état d’importantes infiltrations des rebelles hutu en armes vers le Burundi, en provenance de l’ex-Zaïre via la Tanzanie. Ils sont estimés à dix mille à MAKAMBA selon la Radio Publique Africaine. Ils tuent chaque jour sur les routes et dans les foyers comme à KAYANZA. Ils envisageraient de passer à l’offensive finale afin de parachever le génocide qu’ils ont déclenché depuis 1988 contre une partie de la population burundaise.
Ce
contexte de détérioration prévisible de la sécurité déjà précaire, coïncide
avec la déclaration du Président Tanzanien B. MKAPA devant la délégation du
conseil de sécurité en mission dans la région des grands lacs il y a quelque
temps, selon laquelle il faut rapatrier les réfugiés ou à défaut leur
chercher un autre pays d’accueil.
Selon
plusieurs analystes, cette déclaration du leader tanzanien est l’arbre qui
cache la forêt. Elle laisse croire que les rebelles hutu vont massivement
rentrer au Burundi, sous le couvert d’une politique de rapatriement des réfugiés
à l’instar de celle du début des années 1990 en attendant de réactiver la
guerre civile sur tout le territoire national.
Cela
intervient également au moment où de nombreux dirigeants tanzaniens militent
depuis un certain temps ouvertement en faveur de l’annexion totale du Burundi,
pour disent-ils, « civiliser ce petit pays en proie aux massacres
cycliques depuis son indépendance ».
Plusieurs
lobbies étrangers s’emploient à concrétiser ce projet à travers la rébellion
hutu. N’eût été la bravoure des Forces Armées Burundaises et la détermination
incorruptible du PARENA à sauvegarder tant soit peu ce qui reste de la dignité
nationale, le Burundi serait déjà sous ce giron, depuis 1995 sous le
gouvernement de la convention.
Depuis l’appel aux troupes étrangères par le gouvernement NDUWAYO-NTIBANTUNGANYA, les tensions restent vives entre le Burundi et la Tanzanie tout au long de leurs 150 kms de frontière commune.
C’est un secret pour personne, le conseil de sécurité l’a déjà dit, la Tanzanie aide militairement la rébellion. Elle s’entraîne sur le sol Tanzanien et s’y replient quand c’est nécessaire. Alors, quand est-ce qu’il sera temps pour le Burundi, d’exercer le droit de poursuite comme tous les Etats du monde le font.
Dans tous les cas, il est ridicule pour un Etat qui se respecte de continuer à se contenter des invariables communiqués conjoints que la partie Tanzanienne jette dans les poubelles aussitôt signés.
«
ILS ONT DIT »
1°
A propos du sens de l’action des rebelles
Pierre
BUYOYA (Président de la République du Burundi)
« Les
rebelles n’ont plus raison de tuer la population de Ruyigi ou d’ailleurs,
l’accord d’arusha a tout résolu sur leurs revendications.»
« Si
l’action des rebelles avait un quelque mobile politique autre que le génocide,
ils ne distribueraient pas de la merde aux tutsi ou ne tueraient personne parce
que NTARYAMIRA, NTIBANTUNGANYA ou BUYOYA sont des Présidents. Ils
emprunteraient d’autres voies »
Dr
Jean MINANI (Président du Frodebu)
« La
recommandation des Chefs d’Etat de la région est de choisir un Président et
un Vice-Président dans le G10 et dans le G7. Le Gouvernement et l’Assemblée
Nationale ne sont ni dans le G10, ni dans le G7. Qu’ils nous laissent
travailler. »
Nous
devons rappeler que dans la lettre n° 2 il y a des upronistes qui sont
convaincus que l’uprona, étant majoritairement hutu, ne devrait pas être
rangé dans le G10 qui est tutsisant.
Ascension
TWAGIRAMUNGU (Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique)
« Ceux
qui disent que MAKAMBA, RUTANA, sont des zones abandonnées aux rebelles pour
leur cantonnement, sont des menteurs. Ce n’est pas là bas. »
4°
A Propos du Gouvernement actuel
Léonidas
Havyarimana (Député Frodebu)
François
Grignon (International Crisis Group)
«
Il faut inviter Pierre BUYOYA sans délais en Afrique du Sud pour négocier les
conditions de son départ au pouvoir, qui devront être ensuite présentées au
Conseil de Sécurité des Nations Unies et endossées par la communauté
internationale. En cas de refus du Président BUYOYA, prévoir des sanctions
personnelles à son encontre ( gel des avoirs étrangers, actions judiciaires,
restrictions des capacités de déplacements à l’étranger, etc.,
et demander au Conseil de Sécurité de passer une résolution incitant
les Etats membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. »
