RUGAMBA-NET PRESS

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LETTRE A LA NATION

 

 

BULLETIN D’INFORMATION DU PARTI PARENA.

N° 4  DU 12/06/2001

   

EN QUOI LE PRESIDENT MANDELA DEMANDE AU PRESIDENT BUYOYA D’ETRE PLUS  COOPERATIF ?

Lors de la récente visite en Afrique du Sud du Ministre français à la Coopération Monsieur Charles JOSLIN, le Président Mandela lui a demandé de tout faire pour  amener le Président BUYOYA à être plus coopératif. En quoi ?  

De toutes les façons, sans même rien obtenir en contrepartie  pour la partie dont il est censé ou prétend être le représentant,  le Président BUYOYA, sur les dossiers sensibles et pour des objectifs apparemment personnels,  a été plus coopératif que quiconque.  

L’on se souviendra par exemple  qu’en ce qui concerne  la formation d’une nouvelle armée nationale, il est allé jusqu’à accepter la fusion de l’armée régulière avec la rébellion à concurrence de 50% de chaque côté, même si l’armée, lors de la visite de Mandela à Gitega, a  nuancé à juste titre cette offre en parlant de 50% hutu et 50% tutsi.

Aussi, pour ce qui est du maintien de la paix par des troupes étrangères, le Président BUYOYA n’a jamais été contre non plus.

En ce qui concerne la formation des Institutions de Transition, le Président BUYOYA a toujours été d’accord de former lui-même un Gouvernement de Transition et s’il le faut  un Gouvernement de Pré-Transition.

Un autre fait certain, Mandela ne doit pas lui reprocher de n’avoir pas été souvent le voir, car, il a fait trop de déplacements en Afrique du Sud avant et après  la signature de l’accord d’Arusha. Non plus, le Président Mandela ne doit pas se plaindre de l’absence à l’appel du Président BUYOYA pour discuter des réserves à l’accord, car aucune session n’a jamais été programmée à ce sujet, et que  par ailleurs, à sa décharge, tous les Partis Politiques - à l’exception heureusement du Parena-ont déjà signé l’acte d’engagement, contrairement à la clause des réserves qui stipule que «  en attendant l’adoption définitive des compromis sur ces réserves, les clauses du document y relatives ne sont pas applicables. Par conséquent, les signataires des présentes réserves subordonnent leur engagement à la poursuite des négociations dans un contexte approprié selon l’engagement formel des Chefs d’Etat Présents.»  

En quoi alors le président BUYOYA n’aurait-il pas été coopératif ? Faute d’informations précises  à ce sujet, on peut se rabattre  sur ce qu’on a  ou sur ce qu’on voit. A ce que l’on voit, pour le  Président BUYOYA, toutes les dispositions de l’accord sont applicables  - y compris l’amnistie dont il prépare déjà la loi malgré les réserves à ce sujet garanties par les Chefs d’Etat de la région-, à la seule condition  de rester en place. Et, s’il doit partir, il aurait semble-t-il posé des conditions. Ces conditions, on les retrouve dans le rapport de l’ICG AFRIQUE n° 25 où il dit : 

 « En réalité, moins que le contenu de l’accord, ce sont les divergences entre le médiateur et le Président Burundais sur l’issue de la transition(…). La direction de la transition et celle de la période intérimaire avaient en effet été mises sur la table de négociation par l’ancien Président Sud-Africain dès l’arrivée des délégations à Arusha(…). Face à un Mandela intraitable, convaincu que la transition devait être dirigée par une personnalité incarnant le changement(…), Pierre BUYOYA avait posé trois conditions nécessaires à sa signature et à son retrait volontaire après la période d’intérim.

1° Que ce soit un successeur tutsi, approuvé par lui-même, seul habilité à négocier avec la rébellion les garanties de la minorité et la conduite des différentes réformes préconisées

2° Qu’il obtienne des garanties pour son avenir et celui de ses proches !

3°  Qu’on lui assure l’impunité de ses collaborateurs »

(Burundi : Ni guerre ni paix. Une évaluation du processus de paix après la signature de l’accord d’Arusha du 28 août 2000, Rapport ICG Afrique n° 25 pp18-19)  

Nous sommes à six mois après la publication du document, c’est-à-dire le 1er décembre 2000. Mais Monsieur BUYOYA est toujours Monsieur le Président de la République. Les conditions qu’il a posées lui ont-elles été refusées ; en tout ou en partie ? Si elles lui ont été accordées, en a -t-il trouvé d’autres et lesquelles ? si seulement une ou quelques-unes  lui ont été accordées, quelles sont celles qui lui ont été refusées, et par qui ? et pourquoi ? Est-ce sur ces conditions que Mandela demande le concours de la France pour que BUYOYA soit plus coopératif ?  Pour combien de temps ces conditions maintiendront-ils le Burundi dans un état de ni guerre ni paix ? Aaah ! Si l’ICG pouvait nous en dire plus !  

JE COGNE SUR LE PARENA, DONC J’EXISTE 

Depuis 14 ans,  le Burundi oscille entre le drame et la médiocrité. Cela n’empêche pas les responsables de ce gâchis de rêver d’une place au panthéon local voire d’une consécration internationale. Ils espèrent entrer dans l’histoire comme les leaders messianiques ayant réussi la métamorphose d’un pouvoir qui incarnait à leurs yeux, l’apartheid nègre, vers un régime démocratique.

La réalité est plutôt nuancée car après plus d’une décennie au pouvoir, le Burundi se retrouve quasiment sans Etat ni économie. La population à qui on avait fait miroiter la démocratie, n’a eu droit qu’aux massacres et se trouve réduite à l’état d’errance et de mendicité.

Le jeu politique se résume à l’intrigue, aux trahisons, aux scandales et à la corruption. C’est dans cette optique que nous avons assisté à la floraison de certains partis politiques dont l’idéologie se limite à quémander les prébendes d’un pouvoir qu’ils prétendent combattre tout en le servant assidûment.

On les retrouve ainsi dans toutes les institutions de ce pouvoir aux côtés de ceux qu’ils qualifient de bourreaux de leurs membres.  

A cette dérive opportuniste, le Parena a toujours opposé une constance, une vision, une idéologie et un projet de société.  

Il a dénoncé la myopie politique de ceux qui, hier, manipulaient lors de leurs campagnes électorales, la corde ethnique et se plaisent à prêcher aujourd’hui, après l’échec de leurs aventures, l’utopie d’une unité de façade que les événements récents ont vidé de toute substance.  

Pour sortir le pays de l’impasse et des tragédies cycliques, le Parena plaide pour un pacte de cohabitation pacifique entre les communautés ethniques dans le respect du droit des uns et des autres de vivre et de s’épanouir dans ce pays.  

Ce pacte suppose la mise en place d’institutions politiques viables, pilotées par un leadership éclairé et conséquent, et garantissant à long terme les droits fondamentaux de chaque communauté.  

Pour des raisons évidentes, le pouvoir a farouchement combattu le concept de « deux peuples une nation » parce qu’il était l’antithèse de la  « mission possible ». Au lieu d’en débattre, il s’est précipité pour le disqualifier. Il préfère s’en inspirer mais en le déformant ou en copiant certains principes qu’il applique en dehors de leur contexte originel. D’où le fiasco de son entreprise.

Le dilemme du pouvoir est que l’approche du Parena est la seule alternative viable pouvant tirer le pays du bourbier actuel. L’adopter constituerait un reniement déchirant qu’il n’ose envisager, un aveu cinglant que les quatorze années de pouvoir n’auront été qu’une erreur tragique pour le pays. L’ignorer conduirait au pourrissement actuel qui ne saurait perdurer.

L’examen de conscience a certainement eu lieu, mais le courage lui manque pour accepter la piteuse image que lui renvoie le miroir. D’où les multiples fuites en avant, les gesticulations politiques désordonnées et l’enlisement que nous observons.

Hier, le Gouvernement ne jurait que par Arusha. Aujourd’hui il panique à l’idée d’être emporté par le monstre qu’il a lui même enfanté.

Son gynécologue l’avait pourtant averti qu’il portait en son sein un monstre hybride. Il avait un choix entre l’avortement et la conduite de cette grossesse à terme nonobstant les risques qu’elle sous-tendait. Comme d’habitude, il a fait un mauvais choix et se fait dévorer par son propre rejeton.

Le Parena n’a cessé d’attirer l’attention des Barundi sur le fait qu’un accord aussi tronqué et déséquilibré que celui d’Arusha, qui allait jusqu’à ignorer les véritables protagonistes ne pouvait pas être porteur de paix.

Comment pouvait-il l’être alors qu’il ne règle en rien les questions de fond comme celles relatives au leadership, à la composition , à la durée, à la mise en place, au fonctionnement des institutions ainsi que les relations existant entre ces dernières ?

La situation est d’autant plus inquiétante que rien n’a été fait pour négocier les multiples réserves qui jalonnent cet accord.

Et quand le Parena rappelle ces quelques vérités, il s’attire les foudres de tous ceux qui ne voyaient dans cet accord qu’un tremplin pour occuper les postes ministériels ou ceux prévus à l’Assemblée Nationale ou ailleurs.

Au lieu de négocier un accord viable qui leur permette de mettre en place un programme de gouvernance alternative, les partis qui accourent à la moindre injonction de DINKA, pour assurer le suivi d’un accord inexistant, donnent à l’opinion publique l’impression déplorable que le principal souci de leurs leaders est de chasser les autres pour prendre uniquement leur place et s’enrichir à leur tour ; le sort des populations étant le dernier de leurs soucis.

Ces derniers jours, ils concentrent leurs énergies pour tirer à boulets rouges sur le Parena afin de maquiller leurs propres insuffisances. Ils transposent sur ce dernier les maux qui les rongent de l’intérieur ; confirmant par le même biais, l’analyse selon laquelle les gens incapables de faire quoi que ce soit qui vaille la peine pour le bien et le progrès social du pays, sont inexorablement appelés à continuer d’exacerber les tensions dans la société.

Comment peut-on prétendre jouer un quelconque rôle politique avec un si lourd handicap ?

Leur absence dans certains forums de consultation n’est pas le fruit d’une combinaison politicienne régionaliste mais plutôt le  reflet de leur influence réduite lorsqu’il s’agit de peser sur le cours des événements.

Le Parena  ratisse large parce qu’il a une vision qui manque cruellement à ceux qui le diabolisent.

Lors de la convention de gouvernement, le Parena a refusé de participer dans ses Institutions parce qu’il n’y voyait rien de salutaire,  surtout que l’idée de deux peuples une nation qu’il défend n’était pas bien comprise par ses partenaires.

Suite à l’appel des troupes étrangères par le gouvernement de la convention, le Parena a mobilisé la population pour s’y opposer et pour faire tomber le gouvernement.

Avec le Putsch du 25 juillet, le Parena l’a qualifié de « coup de poignard dans le dos à l’endroit du peuple Burundais et au mouvement de résistance civile ». Malgré cette vérité, cela n’a pas empêché les autres partis d’entrer  au Gouvernement du partenariat en considérant l’attitude du Parena comme une haine individuelle à l’endroit du Président BUYOYA.

Maintenant, les mêmes partis, avec un retard de plus de six ans sur la vision du Parena  sont d’accord pour le départ du partenariat, mais au profit du même partenariat. C’est absurde.

Lors de la signature de l’accord d’Arusha, le Parena, de commun accord avec le G10, a mis en avant les réserves. Après avoir réalisé qu’il est impossible de participer dans les Institutions de Transition sans signer l’acte d’engagement, tous les cosignataires se sont vite précipités pour le signer oubliant même la clause des réserves qui le leur interdit.

Le Parena, conséquent avec lui-même, n’a pas, pour des raisons invoquées ci-haut, signé l’acte d’engagement. Il a été exclu abusivement de la commission de suivi de l’application de l’accord avec la complicité de certains du G10.

Ils ont même répandu un peu partout avec jubilation on sait pour quelle raison, que le Parena ne pourra  plus être éligible aux Institutions de Transition pour avoir refusé de signer l’acte d’engagement.

Maintenant, la commission de suivi vient de constater qu’elle ne peut en aucun cas  avancer dans l’application de l’accord sans d’abord vider les réserves, rejoignant ainsi les positions du Parena.  

Si tous les acteurs politiques ne mettaient pas autant de retard pour rejoindre les idées du Parena, le pays pourrait être sauvé avant qu’il ne soit trop tard.

Malheureusement, certains partis n’ont d’existence politique que lorsqu’ils cognent sur le Parena. Une voie royale pour se marginaliser davantage en démocratie. 

MAIS OU EST DONC PASSE L’ARGENT DU CONTRIBUABLE !

Il n’y a plus ni médecin, ni médicament dans nos hôpitaux. Point de livres dans nos bibliothèques. Nos internats sont devenus des sanatoriums où la tuberculose tue faute de nourrir correctement nos élèves.

La police n’a plus les moyens pour détecter la fraude, la corruption et  les détournements. En guise de palliatif, il faut revoir toujours à la hausse les produits de grande consommation pour  créer un équilibre avec les prix des  pays voisins. Quant au mœurs, il faut faire la promotion de « Hélène et les Garçons » et « Sous le Soleil » la suite on pourra gérer le moment politiquement opportun.  

La faim et la malaria déciment des populations entières sans que leurs prétendus « Représentants » lèvent le petit doigt. Dans certaines régions, les gens ne survivent que grâce à la bouillie de la honte distribuée fièrement et à grand renfort de publicité par certaines ONGs.

Les déplacés de guerre périssent dans leurs camps-mouroir sans que le gouvernement s’en émeuve.

Même nos bananeraies disparaîtront bientôt de nos collines en raison de l’émergence de nouvelles maladies dont personne ne semble s’occuper. L’ISABU, l’ancien fleuron de notre recherche agronomique et zootechnique n’est plus en effet qu’un immense cimetière où gît la ferraille des anciens véhicules de la CTB (Coopération Technique Belge).

Mais où est donc passé l’argent du contribuable ?  

1.   Dans les festins et voyages ruineux organisés par le pouvoir. Au mois de janvier 2001, le pouvoir a organisé, sous le prétexte de présentation des vœux à l’occasion du nouvel an, des festins où dignitaires de la République, hauts magistrats, hauts cadres et d’autres courtisans se relayaient à son buffet pour être gavés au champagne, au saumon et autres spécialités importées. Depuis quelques temps déjà, le gouvernement expédie chaque semaine par charters entiers, des envoyés spéciaux sillonner les quatre coins du globe pour promouvoir l’image politique de BUYOYA et plaider sa reconduction aux affaires. Même les populations autochtones au fin fond de la Guinée Equatoriale ont eu le droit à la visite présidentielle et à un cours d’initiation au processus de paix.  

NTIBANTUNGANYA qui s’était spécialisé dans les visites inopportunes et dans les sommets sans enjeu véritable pour le pays fait désormais piètre figure face au score réalisé par son tombeur.

 

2.   D’autres fonds sont engloutis dans les intendances de nos multiples institutions du partenariat.  

Pensons notamment à l’Assemblée Nationale dont la plupart des membres multiplient les heures de sommeil dans les salles du palais de Kigobe et ne se réveillent que lorsque l’heure des jetons hebdomadaires a sonné !  

Des budgets colossaux sont dépensés pour entretenir une noria d’ex-coordonniers, charpentiers et autres boutiquiers, devenus par la grâce du pouvoir, « Représentant du peuple » et bailleurs de fonds du CNDD-PALIPEHUTU.

3.   C’est par leur canal que le pouvoir en place arrose périodiquement en dollars nos bourreaux du FNL.  L’ICG précisait à cet effet dans son rapport du 14 mai 2001 ( page 9 ) que «  des délégations composées de parlementaires du FRODEBU aile-NZOJIBWAMI se sont rendues à trois reprises à Dar es Salaam pour rencontrer  Cossan KABURA  et se seraient munis pour la dernière rencontre de 100.000.000 Fbu.  Si cela est vrai, Combien de malades aurait-on pu sauver avec cet argent ? Combien d’enfants soleil aurait-on nourri et pendant combien de temps ? Combien d’écoles aurait-on construit ou réparé ? Il y a donc des assaillants qu’on ne tue pas, qu’on entretient plutôt !

Si réellement Cossan Kabura a eu plus de cent mille dollars, combien a eu NDAYIKENGURUKIYE, le frère de « l’honorable » NZOJIBWAMI. A combien nous reviennent les MINANI et autres NYANGOMA ?

Face à l’impunité des crimes économiques, la machine administrative s’est enrayée ; on dirait que le nouveau mot d’ordre est de piller autant que faire se peut, pourvu qu’on soutienne à voix haute le pouvoir en place pour la future transition.

C’est ainsi que les détourneurs de fonds publics, les gens qui doivent des centaines de millions aux banques en liquidation ou au fisc, constituent désormais la crème des «Bashingantahe » pour prêcher aux infidèles l’évangile de la mauvaise gestion selon l’article 15 « débrouillez-vous » du régime Mobutu actuellement à l’honneur au Burundi.

Ce sont eux qui dialoguent avec les envoyés onusiens ou de la communauté européenne  et font la navette entre Bujumbura et Prétoria pour intoxiquer Mandela sur le choix du Président pour la transition.

Quand les loups s’occupent de la bergerie, les agneaux sont bien gardés !    

C’est dans ce même vivier qu’on recrute les envoyés spéciaux chargés de vendre l’image du pouvoir. Il n’est donc pas étonnant que ce produit reste invendable malgré les frais considérables consacrés à son marketing.

La confusion est telle que le gouvernement ne sait plus où donner de la tête : il vient de tuer la dernière poule aux oeufs d’or en interdisant par des taxes inconsidérées l’accès de la population aux produits BRARUDI.

A l’instar de ce paysan mal inspiré qui, pour avoir un flot plus important de lait pendant qu’il trayait sa vache, songea à agrandir au fer rouge le pis de celle-ci, le gouvernement vient de se priver stupidement des derniers revenus réguliers qui lui restaient.  

Quand on veut financer la guerre, on le fait plus intelligemment et surtout on ne le crie pas sur les toits !

Reste la distribution du sucre qui suscite des passions assassines entre les ministres du gouvernement ! Ces derniers devraient savoir que lors de l’ouverture des offres effectuées le 18 mai 2001 à l’Assemblée Nationale, une boutique spécialisée a été retenue pour la commercialisation du sucre de la SOSUMO :  le Ministère de l’Intérieur.

Nos ancêtres doivent se retourner dans leurs tombes ! 

 

BURUNDI-REBELLION-TANZANIE

A QUAND L’USAGE DE NOTRE DROIT DE POURSUITE ?

Alors que le processus de paix inter-burundais d’Arusha est en panne, l’actualité nationale de ces dernières semaines fait état d’importantes infiltrations des rebelles hutu en armes vers le Burundi, en provenance de l’ex-Zaïre via la Tanzanie. Ils sont estimés à dix mille à MAKAMBA selon la Radio Publique Africaine. Ils tuent chaque jour sur les routes et dans les foyers comme à KAYANZA. Ils envisageraient de passer à l’offensive finale afin de parachever le génocide qu’ils ont déclenché depuis 1988 contre une partie de la population burundaise.

Ce contexte de détérioration prévisible de la sécurité déjà précaire, coïncide avec la déclaration du Président Tanzanien B. MKAPA devant la délégation du conseil de sécurité en mission dans la région des grands lacs il y a quelque temps, selon laquelle il faut rapatrier les réfugiés ou à défaut leur chercher un autre pays d’accueil.

Selon plusieurs analystes, cette déclaration du leader tanzanien est l’arbre qui cache la forêt. Elle laisse croire que les rebelles hutu vont massivement rentrer au Burundi, sous le couvert d’une politique de rapatriement des réfugiés à l’instar de celle du début des années 1990 en attendant de réactiver la guerre civile sur tout le territoire national.

Cela intervient également au moment où de nombreux dirigeants tanzaniens militent depuis un certain temps ouvertement en faveur de l’annexion totale du Burundi, pour disent-ils, « civiliser ce petit pays en proie aux massacres cycliques depuis son indépendance ».

Plusieurs lobbies étrangers s’emploient à concrétiser ce projet à travers la rébellion hutu. N’eût été la bravoure des Forces Armées Burundaises et la détermination incorruptible du PARENA à sauvegarder tant soit peu ce qui reste de la dignité nationale, le Burundi serait déjà sous ce giron, depuis 1995 sous le gouvernement de la convention.

Depuis l’appel aux troupes étrangères par le gouvernement NDUWAYO-NTIBANTUNGANYA, les tensions restent vives entre le Burundi et la Tanzanie tout au long de leurs 150 kms de frontière commune.

C’est un secret pour personne, le conseil de sécurité l’a déjà dit, la Tanzanie aide militairement la rébellion. Elle s’entraîne sur le sol Tanzanien et s’y replient quand c’est nécessaire. Alors, quand est-ce qu’il sera temps pour le Burundi, d’exercer le droit de poursuite comme tous les  Etats du monde le font.

Dans tous les cas, il est  ridicule pour un Etat qui se respecte de continuer à se contenter des invariables  communiqués conjoints que la partie Tanzanienne jette dans les poubelles  aussitôt signés. 

 

«  ILS ONT DIT »

  A propos du sens de l’action des rebelles

Pierre BUYOYA (Président de la République du Burundi)

« Les rebelles n’ont plus raison de tuer la population de Ruyigi ou d’ailleurs, l’accord d’arusha a tout résolu sur leurs revendications.»

Un citoyen

« Si l’action des rebelles avait un quelque mobile politique autre que le génocide, ils ne distribueraient pas de la merde aux tutsi ou ne tueraient personne parce que NTARYAMIRA, NTIBANTUNGANYA ou BUYOYA sont des Présidents. Ils emprunteraient d’autres voies »

  2° A propos du choix du leadership de la transition

Dr Jean MINANI (Président du Frodebu)

« La recommandation des Chefs d’Etat de la région est de choisir un Président et un Vice-Président dans le G10 et dans le G7. Le Gouvernement et l’Assemblée Nationale ne sont ni dans le G10, ni dans le G7. Qu’ils nous laissent travailler. »

Nous devons rappeler que dans la lettre n° 2 il y a des upronistes qui sont convaincus que l’uprona, étant majoritairement hutu, ne devrait pas être rangé dans le G10 qui est tutsisant.

  3° A propos du cantonnement

Ascension TWAGIRAMUNGU (Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique)

 

« Ceux qui disent que MAKAMBA, RUTANA, sont des zones abandonnées aux rebelles pour leur cantonnement, sont des menteurs. Ce n’est pas là bas. »

 

4° A Propos du Gouvernement actuel

Léonidas Havyarimana (Député Frodebu)

  « Un gouvernement incapable de gérer quelques kilos de sucre n’a qu’à rendre son tablier. »

  5° A propos du maintient du Président BUYOYA au pouvoir

François Grignon (International Crisis Group)

«  Il faut inviter Pierre BUYOYA sans délais en Afrique du Sud pour négocier les conditions de son départ au pouvoir, qui devront être ensuite présentées au Conseil de Sécurité des Nations Unies et endossées par la communauté internationale. En cas de refus du Président BUYOYA, prévoir des sanctions personnelles à son encontre ( gel des avoirs étrangers, actions judiciaires, restrictions des capacités de déplacements à l’étranger, etc.,  et demander au Conseil de Sécurité de passer une résolution incitant les Etats membres des Nations Unies à appliquer ces mesures. »  

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