Le
Parti PIT-Abakerakivi observe avec beaucoup d’inquiétude la détérioration
progressive des relations entre le gouvernement et les syndicats et plus
particulièrement entre le gouvernement et la confédération
la plus représentative des syndicats, la COSYBU.
Au
moment où il devrait plus que jamais soutenir les travailleurs et
leurs représentants pour leur courage et leur abnégation
en cette période de crise et de flambée des prix alors que
le salaire ne bouge plus depuis belle lurette, le gouvernement s’enfonce
dans un processus de dénigrement, de muselage, de division et de
démantélement des syndicats.
Ce
faisant, le gouvernement viole allègrement tous les textes de loi
nationaux (code du travail, statut général des fonctionnaires)
et internationaux (la convention 87 de l’OIT sur la liberté et le
droit syndical) que lui- même a édictés ou ratifiés
et se substitue simplement et purement aux syndicats.
En
témoigne le refus aux Représentants des travailleurs de prendre
la parole le premier mai, jour de la fête du travail et des travailleurs.
Le
PIT rappelle que, normalement, ce n’est pas le gouvernement qui invite
aux manifestations du 1er mai, mais bien les syndicats qui appellent leurs
membres à exprimer leurs revendications librement dans l’ordre et
le lieu qui sied à chaque syndicat. Telle est la coutume dans les
pays démocratiques.
Nous
saluons en passant les syndicats des travailleurs du Zimbabwe qui ont refusé
de défiler devant le dictateur et usurpateur R. Mugabe qui se plaît
à écraser toutes les lois et toutes les conventions.
Pour
semer la confusion, le gouvernement du Burundi mandate à la 88ème
conférence de l’OIT une personne dont la qualité de représentant
des travailleurs lui a été retiré par ses pairs. Voilà
une gifle inoubliable pour les syndicalistes !
Le
licenciement abusif du Président élu de la centrale la plus
représentative COSYBU ne fait que confirmer la volonté du
gouvernement de refuser à ce dernier de diriger cette centrale et
d’humilier les responsables syndicaux à défaut de les emprisonner!
Voilà
quelques signes évidents d’ingérence du gouvernement
dans l’organisation interne des syndicats et de violation flagrante
des droits des travailleurs organisés dans les syndicats.
Cette
attitude obstinée du gouvernement de violer les droits des travailleurs
s’est manifestée encore lors de la dernière grève
organisée par les syndicats au mois de février 2000 pour
protester contre la hausse vertigineuse des prix et des taxes. La chasse
aux syndicalistes a été orchestrée par l’appareil
répressif du gouvernement alors que la revendication syndicale est
juste et légale. Un tel comportement d’un âge révolu
est le propre de régimes dictatoriaux.
Sous
d’autres cieux, le Ministre ayant le travail dans ses attributions aurait
du présenter sa démission sans autre forme de procès
!
Face
à cette situation, le PIT ne saurait garder le silence.
Il
demande par conséquent au gouvernement ce qui suit :
*
De cesser toutes les tracasseries et toutes les mesures d’intimidation
des représentants des travailleurs et des autres corps organisés
sous peine de se discréditer définitivement et de ternir
son image déjà fortement entachée par ses mesures
arbitraires et dictatoriales ;
*
De reconnaître publiquement, à travers le ministre de tutelle,
l’usurpation flagrante du droit des travailleurs de prononcer leurs messages
et leurs revendications le 1er mai ; journée internationale du travail
et des travailleurs ;
*
De réintégrer sans délais dans ses fonctions et ses
droits à l’INSS le Dr Hajayandi Pierre-Claver licencié abusivement
pour des raisons syndicaleset non
pour faute grave comme le prétend le Directeur Général
de l’INSS dans sa lettre de licenciement;
*
De cesser le démentélement et la démobilisation des
forces organisées (partis politiques, syndicats ,associations )
qui osent revendiquer leurs droits élémentaires reconnus
par la loi ;
*
Et d’instaurer plutôt un climat de dialogue et de libérer
la presse et l’opinion, notamment en permettant aux syndicats et aux partis
politiques leurs émissions dans les médias publiques.
Le
PIT soutient toutes les organisations qui luttent pour les intérêts
de leurs membres et la survie de la société.
L’émancipation
des travailleurs est l’oeuvre des travailleurs eux- mêmes !
Pr
NDIMURUKUNDO NICEPHORE
Président
du PIT
Bujumbura,
le 09/06/2000