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REPUBLIQUE DU BURUNDI                                                            Bujumbura, le 21.07.2002

  CABINET DU PRESIDENT

 

COMMUNIQUE DE PRESSE.

            A suite de la déclaration des partis politiques ANNADE, M.S.P.-INKINZO, PIT, PRP, RADDES datée du 14 juillet 2002 contenant les allégations de graves violations de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, et menaçant de suspendre leur participation à toutes les institutions de transition, la Présidence de la République publie le communiqué de presse suivant :

  1.      Des responsables politiques de ce niveau devraient parler du Président de la République d’une manière plus digne. Cela les rendrait aussi plus respectables.

  2.      S’agissant des allégations graves violations de l’Accord d’Arusha, la Commission de Suivi de l’Application de l’Accord (la CSA) est l’organe prévu par l’Accord pour traiter de telles matières. En date du 28 juin 2002 le Président de la République s’est largement exprimé devant la CSA, sur toutes les allégations de violations de l’Accord connues à ce jour. Il a également indiqué son entière disponibilité, celle du Vice-Président de la République et de tous les membres du Gouvernement, à répondre positivement à toute démarche de dialogue et de conciliation que cet organe voudra initier. C’est cette voie qui est raisonnable, constructive et conforme à l’Accord.

  3.      La menace de retrait des institutions par des partis signataires, est une démarche qui n’engage que ceux-là qui l’ont brandie. Un lecteur avisé peut déjà juger du niveau de responsabilité des auteurs de la déclaration.

  Il est à retenir en tout cas, que toutes les mesures seront prises pour que l’Etat fonctionne normalement en se basant sur l’Accord de Paix, la Constitution et les autres lois nationales. Il n’y a pas à craindre un vide institutionnel.

4.      L’évocation par les cinq chefs de partis des principaux problèmes du moment, à savoir la persistance de la guerre et l’état de pauvreté de la population appelle deux commentaires :

a.      Tous les Barundi, et particulièrement tous les signataires de l’Accord d’Arusha, devaient serrer les rangs devant le danger réel que court la Nation Burundaise, et suspendre les chicanes sur des questions secondaires.

b.      Le Président de la République a invité toutes les formations politiques à contribuer à la recherche de solutions en vue d’obtenir le cessez-le-feu. C’est une occasion de renouveler cet appel. Les cinq partis signataires de la déclaration sont davantage interpellés dans la mesure où leur coordonateur est membre de l’équipe gouvernementale de négociation du cessez-le-feu.

5.      La participation aux institutions de transition confère des droits mais aussi les devoirs aux personnalités choisies pour servir la République. Ainsi lorsqu’on est membre du Gouvernement doit-on s’astreindre à la discipline et à la solidarité gouvernementale, telles qu’elles sont définies par règlement intérieur de cette institution. Le rôle du Chef du Gouvernement est de veiller à ce qu’il en soit ainsi.

6.      Une des expressions de la crise burundaise est la tendance à l’anarchie. Toutes les parties de l’Accord d’Arusha sont interpellés pour laisser gouverner les institutions qu’ils ont eux-mêmes mises en place. La sortie de la crise passera forcément par le renforcement de l’autorité de l’Etat. Toutes les consultations, notamment pour régler les questions en suspens comme les réserves, doivent se dérouler dans les cadres prévus par l’Accord ou la loi de son adoption, et avoir pour objectif de déboucher à temps sur des solutions utiles.

7.      La Présidence de la République en appelle au sens de responsabilité et au respect des engagements pris par les chefs de partis signataires de l’Accord. Peut-on rester crédible en effet, lorsqu’on dénigré la Constitution de transition neuf mois après lui avoir, soi-même ou par mandataire interposé, juré publiquement fidélité ? Les problèmes issus de la gestion quotidienne du Pays, notamment ceux qui découlent de la nomination des différents responsables peuvent être abordés et résolus autrement.

8.      La Présidence de la République réitère enfin sa disponibilité et son engagement à résoudre les conflits relatifs à l’application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi par le dialogue et la consultation directe ou par l’intermédiaire du cadre prévu par l’Accord à savoir la CSA.

Fait à Bujumbura, le 21 juillet 2002.

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